Des pavés à la plage Mai 68 : versions papier par amitié

Et voilà, moi qui ne jure plus que par le numérique depuis que je lis sur liseuse ou tablette, j’ai franchi le pas de publier une version papier pour mon dernier livre publié en ebook sur Amazon KDP le 26 mai 2018 : Des pavés à la plage Mai 68 vu par une jeune fille de la Sorbonne archives souvenirs bilans édition du cinquantenaire.

Je dirai ailleurs pourquoi je n’aime plus le papier. Ici je veux raconter cette nouvelle aventure qu’a été la publication d’un ebook en papier. Je l’ai fait par amitié.

Une première version papier au format normal police 12

J’avais appris l’été dernier, lors de la publication de l’ebook Le festival de Wight vu par 2 Frenchies, que le photographe de ma jeunesse, Jakez Morpain, dont les photos illustraient le livre, avait une préférence pour le papier, parce qu’une maladie très invalidante ne lui permettait plus de tenir et utiliser une tablette.

J’avais désespérément essayé de formater le livre en papier, pour lui remonter le moral, le soutenir, lui faire savoir par ce geste symbolique que j’étais de tout cœur avec lui, au moins télépathiquement. J’avais renoncé, parce que je n’étais pas satisfaite de la présentation qui ne rendait pas justice à ses photos prises en août 70 à Wight avec mon petit frère Bruno et moi. Mais j’espérais revoir la question en beau livre d’art par souscription pour les 50 ans de Isle of Wight festival of music 1970.

Hélas, le photographe de ma jeunesse ne verra pas le résultat de mes efforts. Il est mort le 31 mai 2018, comme je travaillais à la version brochée. Aussi la lui ai-je dédicacée. Curieusement, comme souvent, avant la mort d’un proche, je ne cessais de penser à lui. Le portrait de la 4e de couverture est de lui. Il est dans mes itinéraires. Il a été un témoin de mes quêtes. Un témoin discret, attentif, respectueux de ma personnalité, si différente des gens qu’il côtoyait en temps habituel. Nous ne faisions pas partie de la même classe sociale. Mais chacun appréciait les qualités de l’autre.

Pendant ses derniers jours, sans savoir ce qu’il traversait, j’avais éprouvé le besoin de récoler sur mon Mac mini toutes les photos qu’il m’avait envoyées depuis la première publication d’Aquamarine 67, dès 97, au début de l’Internet, et fin 2009, quand j’étais passée à la publication en ebook sur plateformes numériques indépendantes.

J’avais particulièrement aimé retrouver une photo de lui et de mon petit frère Bruno, que j’avais prise avec son appareil en 1967 à Kerfany, sur la terrasse de notre maison d’enfance, maison construite à la fin du XIXe siècle par Marie Henry, dite Marie-Poupée (bonne hôtesse des peintres du Pouldu), rachetée par notre grand-père.

Jacques venait de m’emprunter mon chapeau de paille acheté plus tôt au marché d’Angoulême au cours du voyage autour de la France avec mes parents et mon petit frère. J’ai encore ce chapeau de paysanne.

67Kerfany-JakezBruno
Jakez Morpain et Bruno le Doze en août 1967 Kerfany-les-pins par Gaelle Kermen

Les revoir sourire tous les deux étaient un baume au cœur.

Je travaillais sur la version brochée quand j’ai appris la triste nouvelle, venue le délivrer de ses souffrances. Sortir mon dernier livre en papier était dès lors un devoir sacré. J’ai rempli mon objectif.

Ce voyage l’accompagnait vers l’au-delà.

Repose en paix, témoin de notre jeunesse.

Trugarez, Jakez !

Une deuxième version aux caractères agrandis en police 21

Et je suis allée encore plus loin. Une amie avait eu des difficultés à lire mon ebook au moment des corrections. Ses problèmes de vue (DMLA) la gênaient beaucoup pour voir certains caractères trop petits. J’ai voulu faire pour elle une version agrandie, d’abord en PDF, qui a simplifié sa tâche de lecture, pour voir les éventuelles erreurs restées après mon écriture, en plus des autres paires d’yeux qui me rendaient ce service.

Puis, j’ai décidé de sortir une version papier en grands caractères pour faciliter la lecture des yeux fatigués.

Ce n’était pas évident de faire deux versions différentes sur Amazon KDP que je testais en publication brochée. D’abord, il a été question de dépublier la première version. J’ai alors expliqué à l’équipe d’Amazon (via Bibliothèque auteur, Aide, Contacts), mon souci de proposer une version plus confortable pour le lectorat mal-voyant. Et l’idée a beaucoup plu à mes interlocutrices, qui répondaient rapidement à mes demandes. Il est possible que dans le futur, une même fiche de livre puisse être créée pour l’ebook, le broché et un autre broché, agrandi ou beau livre. Pour l’instant, on ne peut faire qu’un ebook et un broché. J’ai donc dû créer une autre fiche pour avoir une version agrandie.

Cette nouvelle collection s’appelle Police 21. Tout le texte est en 21.

J’expliquerai ailleurs toutes les étapes nécessaires pour élaborer les deux versions brochées, dans un tutoriel permettant aux autres auteurs de moins s’arracher les cheveux que moi.

Et bien sûr, j’ai créé un ebook qui complète cette version papier où j’ai éliminé les liens et les notes. Une possibilité d’Amazon KDP est de lier les deux versions, ebook et broché. La case s’appelle Matchbook dans la fiche de l’ebook. J’ai demandé à ce qu’elle soit gratuite pour les acheteurs de la version papier, afin qu’ils trouvent le complément dans l’ebook. Je souhaite que les lecteurs qui n’ont pas encore osé passer au numérique en découvre ainsi sans frais les avantages.

Dernière minute
Malheureusement, cette fonction n’existe encore que pour les achats faits sur amazon.com. Mais si vous m’écrivez avec la preuve d’achat, je me ferai un plaisir de vous envoyer le fichier ebook en mobi, epub et PDF, selon vos supports numériques.

Exclusivité estivale sur Amazon KDP Select

Les deux ebooks peuvent être acquis séparément. Ils sont en exclusivité sur Amazon KDP Select tout l’été. Comme je n’avais jamais voulu expérimenter le papier auparavant, je n’avais jamais voulu donner l’exclusivité à Amazon, tenant à publier aussi sur les autres plateformes. Cette fois, le livre m’a emportée beaucoup plus loin que je ne le pensais au départ, la fatigue m’est tombée dessus fin mai, avec deux deuils appris le même jour, je ne pouvais pas m’investir dans d’autres publications. Je reverrai la question pour la rentrée.

Et puis, j’aime bien expérimenter ce que je ne connais pas encore pour en informer d’autres auteurs francophones, moins à l’aise que moi dans le maniement des outils informatiques. Si je peux vous faire gagner du temps, j’aurai l’impression de ne pas avoir perdu le mien. Donc, je vous dis à bientôt !

Gaelle Kermen, Kerantorec, le 17 juin 2018


Liens sur amazon.com permettant d’obtenir gratuitement la version ebook

Police 21 version papier grand format
Police 12 Version papier format normal


Les couvertures sont l’œuvre d’Adam Molariss pour Indiegraphics.


Couverture rouge (écriture blanche sur fond rouge)
Police Taille normale 12

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Lien à la version ebook mobi

Lien à la version brochée 6×9

Couverture blanche (écriture rouge sur fond blanc)
Police Taille agrandie 21

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Lien à la version ebook A4_21

Lien à la version brochée A4_21

 


Mise à jour du 13 septembre 2018

Depuis ma demande de format en grands caractères au service d’aide d’Amazon, une case a été ajoutée dans les fiches de livre broché en bas de Rubriques : impression en gros caractères. Amazon KDP tient toujours compte des remarques que nous lui faisons. J’ai eu plusieurs fois l’occasion de l’expérimenter.

AMZ-Groscaractt2018-09-12 à 11.52.00

 

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Des pavés à la plage Mai 68-2018 gaelle kermen-liens-archives-bibliographie-contacts

Des pavés à la plage, Mai 68 vu par une jeune fille de la Sorbonne

Mai68Vignette

Dans mon livre sur Mai 68, publié le 27 mai 2018, je recense les liens à mes archives depuis 1997, ainsi que ma bibliographie depuis 2010.


Gaelle Kermen site archives

Le Fonds Kerantorec, site d’archives de 1997 à 2008 http://mhledoze.free.fr/site_A_V.html

cette soif jamais ressentie http://mhledoze.free.fr/ecrits/mai68/soif.html.

la chienlit c’est lui http://mhledoze.free.fr/ecrits/mai68/poesie.html.

les fresques de nanterre http://mhledoze.free.fr/ecrits/mai68/fresques.html.

telerama : article gerard pangon  http://mhledoze.free.fr/ecrits/mai68/telerama.html.

Un Souvenir de Roberto Matta en Mai  68 Paris  http://mhledoze.free.fr/requiem/celebrites/Matta.html.

la photo du Che par Alberto Korba en 67 http://mhledoze.free.fr/ecrits/mai68/che.html.

VAGABONDAGES DE MAI http://mhledoze.free.fr/ecrits/mai68/AYMai68.html.

archives d’aquamarine 67 | Flickr ». https://www.flickr.com/photos/gaelle_kermen/albums/72157623669287602.

Des Tibétains en grève de la faim en 88 http://mhledoze.free.fr/melanie/index.html

Souvenirs de mes disparus http://mhledoze.free.fr/requiem/index.html

Yves Samson http://mhledoze.free.fr/atelierdYS/


Gaelle Kermen bibliographie


Guides Pratiques

Scrivener plus simple pour Mac. ACD Carpe Diem. Guide Pratique Kermen  1. Kerantorec, 2016.

Scrivener plus simple pour Windows. ACD Carpe Diem. Guide Pratique Kermen  2. Kerantorec, 2016.

Scrivener plus simple pour iPad et iPhone, ACD Carpe Diem. Guide Pratique Kermen  3. Kerantorec, 2016.

Smashwords plus simple pour les francophones, ACD Carpe Diem. Guide Pratique Kermen  4. Kerantorec, 2017.

Scrivener  3.0 Introduction aux Tutoriels anglais, ACD Carpe Diem. Guide Pratique  5. Kerantorec, 2018.

Scrivener  3 plus simple, guide francophone de la version 3.0 pour Mac, Guide Pratique  6. Kerantorec, 2018.


Cahiers des Années 1960-70

Kermen, Gaelle.
Aquamarine  67. 2e éd. Smashwords, Inc, 2010
#01 Au Loin un Phare. 2e éd. Smashwords, Inc, 2010.
#02 Le Vent d’Avezan. 1re éd. Smashwords, 2010.
#03 Le Soleil dans l’Oeil. 1re éd. ACD Carpe Diem, 2011.
#04 Les Maquisards du Bois de Vincennes. 1re éd. ACD Carpe Diem, 2011.


Autres publications

Kermen, Gaelle.
Aquamarine Revisited, Édition du Cinquantenaire. ACD Carpe Diem. Archives. Kerantorec, 2017.

Kermen, Gaelle, Morpain, Jakez.
Le Festival de Wight vu par 2 Frenchies. ACD Carpe Diem. Archives. Kerantorec, 2017.

Kermen, Gaelle.
Des Pavés à la plage, Mai  68 vu par une jeune fille de la Sorbonne, ACD Carpe Diem. Archives. Kerantorec, 2018.


Gaelle Kermen contacts

gaellekermen.net (écriture)

aquamarine67.net (archives)

hentadou.wordpress.com (voyages)

kerantorec.net (chantiers, jardin, cuisine)

Pages auteur sur Amazon, Apple, Iggybook, Smashwords

Facebook : gaellekermen

Twitter : @gaellekermen


Gaelle Kermen, Kerantorec, le 8 juin 2018

Extrait de Des pavés à la plage, Mai 68 vu par une jeune fille de la Sorbonne

En exclusivité numérique sur Amazon tout l’été 2018
Bientôt en deux versions papier broché : format normal et format grandes lettres


Souvenir de Jakez Morpain (1947-2018) qui nous a quittés le 31 mai 2018. Cousin compagnon photographe de mes chemins en 67, 68, 70, 97. Trugarez, Jakez !

Le regard naufragé de Johnny

Le 6 décembre 2017 a été une journée de deuil national pour les Français. Mon amie Françoise, vue ce jour-là, était très émue de la mort de son « jumeau », puisque Johnny était né le 15 juin 1943, elle le 25. Elle revoyait sa vie, sa jeunesse, ses danses, ses amours, sur les chansons de Johnny.

Moi non. Je n’étais pas émue, sa mort me semblait normale, cet homme était épuisé. J’avais été choquée de voir des photos de la dernière tournée des Vieilles Canailles de juillet dernier, avec Eddy Mitchel, Jacques Dutronc et Johnny Halliday. Johnny me faisait penser à l’épuisement qui avait emporté Mozart, beaucoup plus tôt en âge, mais pour les mêmes raisons, rapportées à leur temps.

Bien sûr, Johnny a fait partie de ma vie, comme celle de tout le monde qui a connu les décennies des années 60 à maintenant. Surtout que Sylvie Vartan avait quitté notre lycée des Maraîchers, l’annexe d’Hélène Boucher, peu après les vacances de Noël 1960 quand elle avait accompagné au pied levé Frankie Jordan dans Panne d’essence. Bien sûr que nous avions suivi son histoire avec Johnny, il eût été difficile de l’ignorer.

Mais très vite dans la famille, nous étions passés à d’autres styles de musique, quand mon frère aîné, Youennick, m’avait rapporté de Londres en cadeau de Noël 1963 le premier disque intitulé Bob Dylan, où Song to Woody nous avait ouvert d’autres horizons.

Jamais je n’aurais acheté un disque de Johnny et je n’étais pas sensible à sa voix, que je trouvais forcée, alors qu’elle fait fondre encore mon amie Françoise, pour qui Bob Dylan n’est qu’un « petit chanteur » ne méritant pas le prix Nobel de littérature… Nous n’avons pas les mêmes valeurs !

Pourtant, j’ai un souvenir avec Johnny, qui m’est revenu quand je lisais les nouvelles sur mon iPad en me réveillant à 3:34 le 6 décembre 2017, une demi-heure après l’annonce de sa mort. Le souvenir d’un regard épuisé, de celui qui a tout donné à son public et va s’évanouir. Un regard naufragé qui me l’a rendu humain.

C’était le 3 octobre 1971. Mon journal de l’époque ne notait pas les dates, juste les moments, souvent intenses. J’ai dû rechercher dans mon agenda de poche 1971. Comme je suis bonne archiviste, la quête a été rapide.

J’avais été invitée au concert du Palais des Sports par Archibald Legget, le compagnon de ma meilleure amie, Martine Cassou, devenue Martine Moore, artiste-peintre arlésienne maintenant. Archie avait été le bassiste de Johnny et il faisait la première partie du concert avec Gary Wright et Mick Jones du Gary Wright Wonderwheel. J’avais pu aller en coulisse, dans leur loge et j’étais parmi les groupies du premier rang, debout devant la scène. Sylvie Vartan, très belle, très élégante, style 70′, n’était pas loin.

J’avais assisté à de grands concerts, celui de Bob Dylan le 25 mai 1966 à l’Olympia, le jour de ses vingt-et-un ans, j’avais vu Donovan en 1967, plusieurs fois Joan Baez entre 1965 et 1970, j’avais passé trois jours hors du temps au festival de Wight 70 avec les plus grands, Jim Morrison, Jimi Hendrix, Leonard Cohen…

Je ne serais jamais allée à un concert de Johnny Halliday si Archie Leggett ne m’avait pas invitée à venir l’entendre, lui, avec les musiciens de son groupe !

Mais j’étais intéressée par le show en fait sociologique, pour la même raison que j’étais allée à Wight étudier les rituels de cérémonies païennes que sont les grands rassemblements musicaux (j’étais étudiante en sociologie à la fac de Vincennes).

J’ai raconté dans un article pour la revue Esprit comment j’ai vécu le concert à grand spectacle de Johnny Halliday. Encore maintenant, je trouve bien vulgaires tous ces effets spéciaux de grands shows, ces costumes à paillettes clinquantes, alors que je garde au cœur la grâce de Mélanie faisant lever le soleil sur l’île de Wight de sa seule voix avec sa seule guitare.

Après le concert, je suis repartie en coulisse pour retrouver Archie, Gary, Mick et le manager du Wonderwheel, avec qui, d’après mon cahier de l’époque, j’ai passé la nuit quand nous sommes sortis de la boîte La bulle.

J’étais petite et menue, je me faufilais partout et j’osais parfois attendre les artistes à leur sortie de scène, en particulier Laurent Terzieff, dont je ne ratais aucune pièce, au théâtre Lucernaire ou Montparnasse. Cette fois, je n’attendais pas spécialement Johnny, je n’étais pas une fan. Un de mes amants était violoniste de l’Orchestre de Paris, j’allais très souvent aux concerts classiques et j’étais plus sensible aux interprètes et aux cantatrices qu’à Johnny Halliday.

Mais le temps s’est suspendu quand je me suis trouvée seule avec lui dans le couloir, au moment où Johnny allait rejoindre un cabinet médical où un médecin et un kinésithérapeute allaient le recevoir avant qu’il collapse comme chaque soir, ainsi que me l’avait raconté Archibald.

Nous nous sommes trouvés l’un en face de l’autre, tout proches, dans le silence soudain. Ce qui semblait incroyable quand on pensait à la folie qui venait d’avoir lieu dans la salle en surchauffe du Palais des Sports. Il vacillait d’épuisement. Une serviette éponge autour du cou, les cheveux longs mouillés comme s’il venait de survivre à un naufrage, sortant de l’eau. J’ai cru qu’il allait me tomber dans les bras. Il m’a lancé un regard que je n’ai jamais oublié, d’une grande humanité.

Un regard qui disait que cet homme n’était pas une marionnette fabriquée par le show-biz, mais un artiste qui avait donné sa fougue, sa sève, ses forces, sa vie, à son public.

Ce regard que m’a donné Johnny cette nuit-là avant que l’équipe médicale le prenne en charge dans le cabinet dont je voyais la porte ouverte proche — je pensais : « Plus que quelques mètres, Johnny, tu y es ! » comme si j’étais une mouette attentive sur le sable salvateur, je venais d’un pays qui connait les naufrages — ce regard est revenu la nuit du 6 décembre 2017 quand je me suis réveillée à 3:34, une heure après sa mort.

Ce diamant rayonne encore au fond de la mine des années.

J’ai fait un article pour le numéro de Novembre 1971 de la revue Esprit où j’écrivais dans le Journal à plusieurs voix, avec des gens comme Philippe Meyer (sur France-Inter plus tard). Le début et la fin de l’article ont été coupés. Je les ai retrouvés dans mes archives. J’y évoquais cette faiblesse humaine et légitime de Johnny.

Les rédacteurs n’avaient pas jugé utile de le mettre dans l’article.

C’est pourtant cette dimension de Johnny qui fait que je suis un peu en deuil moi aussi.

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Et l’homme qui en a le mieux parlé est celui qui jugeait qu’il n’était pas le mieux placé pour faire, Jean-Luc Mélenchon, qui comprend aussi la tristesse de mon amie Françoise, qui, en pleurant Johnny, revit et pleure les amours passées de sa jeunesse.

« Alors c’est ça qui est intéressant : ils l’aiment pour la musique, pour le personnage, pour la manière d’incarner des textes et puis ils l’aiment surtout par rapport à eux parce que celui qui a été amoureux une seule fois sur la musique de Johnny, il ne l’oublie pas plus qu’il n’oubliera son amour. En tout cas moi je comprends qu’il y ait plein de gens à qui ça fasse du chagrin. Pourtant ils ne le connaissent pas, ils ne lui ont jamais parlé, ils n’ont fait qu’écouter sa musique. Mais c’est un chagrin qu’on a sur la vie qui passe, sur la vanité des choses, sur tout ce qui dans notre propre existence personnelle a pu entrer en résonance avec les autres grâce à une musique ou une chanson. »

Jean-Luc Mélenchon

Vanitas Vanitatis ! Que cet homme repose enfin en paix ! Il a tout donné, toujours.

Gaelle Kermen,
Kerantorec, le 8 décembre 2017


Lien au fac-similé de l’article paru dans Esprit, novembre 71

Lien à l’hommage à Archibald Legget

Lien aux œuvres de Martine Moore (visite de 2009)

Lien à l’article sur le concert de l’Olympia de Bob Dylan

Liens aux articles sur Wight 70

Le festival de Wight 70 vu par 2 Frenchies de Gaelle Kermen et Jakez Morpain, 10 septembre 2017, ACD Carpe Diem