Bilan des écritures 2018

L’année 2018 a été un très bon cru, une année féconde, riche en rebondissements, jusqu’au dernier mois. Ce que j’espérais, en écrivant au printemps Des Pavés à la plage Mai 68 vu par une jeune fille de La Sorbonne, s’est matérialisé à la fin de l’année, par des chemins que nous n’aurions jamais osé rêver, ceux des Gilets jaunes, issus de toutes classes de la société, de toutes conditions, multiples et diverses, à l’image de la richesse de la France.

De mon côté plus modeste, je suis assez satisfaite du bilan que je tire en cette dernière semaine de l’année. J’ai bien avancé tous mes projets prévus et je me suis offert le luxe d’écrire deux projets imprévus, qui se sont imposés à moi au printemps et à l’automne et que j’ai pu construire lors des mois de NaNoWriMo, en avril et en novembre.

Voici un bilan des publications indépendantes que j’ai menées à bien en 2018. Je mets des liens universels, permettant d’acheter les livres sur les plateformes que vous préférez selon vos tablettes et supports de lecture numérique.


La publication de deux guides Scrivener plus simple

  • Scrivener 3.0 Introduction aux Tutoriels anglais le 19 janvier 2018. Ce guide est gratuit, il est conseillé de commencer par lui avant d’aborder le suivant, plus complet dans la prise en main du logiciel de bureau.
    https://books2read.com/u/baz5j6Tutoriels.jpg
  • Scrivener 3 plus simple Guide francophone de la version 3.0 pour Mac le 2 février 2018. Un guide pratique d’initiation au logiciel de bureau.
    books2read.com/u/31x56D
    Scrivener3.pngVersions numériques disponibles sur Amazon, Smashwords, Apple, Kobo, Iggybook

Des révisions sur Scrivener 3 pour Mac

Révision complète de deux livres précédemment publiés.
Le Journal 60, formaté sur Word en 2011, était refusé en Premium par Apple (table des matières non conforme).
Le guide Smashwords plus simple pour les francophones était également refusé par Apple parce qu’il pointait vers Amazon (concurrent) et que j’avais mal orthographié Apple iBooks Store (plus tâtillon, on meurt). Relecture en epub sur l’application iBooks, corrections sur Scrivener 3 avec Antidote 9
Republication sur Amazon et Smashwords (Apple, Kobo Fnac)


Une nouvelle aventure littéraire : la quête des archives

  • Des pavés à la plage, Mai 68 vu par une jeune fille de la Sorbonne, archives, souvenirs, bilans
    Recherches faites dans les archives en février et mars 2018
    Rédaction lors du Camp NaNoWriMo de printemps en avril 2018 sur iPad iOS
    Corrections en mai 2018 sur Scrivener 3 et Antidote 9
  • https://books2read.com/u/4Dlz2O
  • Deux versions brochées
      • Broché police 12 :
        Mai68-1.jpg
      • Broché gros caractères police 21
         
  • Mai68-2.jpg
  • Kerantorec un domaine breton (en cours d’écriture)
  • Entre Kerantorec et moi, c’est une histoire d’amour. Comme dans les histoires d’amour, il y a de la passion, des drames, des douleurs, des grandes joies, des épreuves, des réussites, des vilains, des rencontres et beaucoup de petits bonheurs.
    Je raconte l’histoire de mon village avant moi, au cours des siècles depuis la préhistoire, puis l’histoire des Travaux d’Hercule que j’y ai faits moi-même. J’y vis la vie que je rêvais dans ma jeunesse. Son histoire peut être inspirante pour d’autres créateurs, comme elle l’a déjà été pour des artistes et écrivains passant par Kerantorec.
  • KerantorecNaNo.jpg
    Kerantorec un domaine breton a été commencée lors du NaNoWriMo de novembre 2018. J’ai construit la charpente de l’ouvrage. Elle s’est actualisée lors de la restauration du toit de chaume en ardoise sur la partie la plus exposée et sinistrée de la maison. J’ai suivi les travaux des couvreurs au jour le jour, avec une belle admiration pour leur savoir-faire. L’histoire se développera en 2019 dans la relation de mes travaux précédents que j’ai faits moi-même sur mon territoire.

  • L’assistance numérique à deux auteurs francophones

    Désormais, j’ai les bons outils pour écrire mes propres écrits, mais aussi pour aider des auteurs amis à corriger et formater les leurs. J’ai donc eu l’honneur de participer à deux belles aventures littéraires.

    • La Grande Flourenn de Lise Audoin

    Version numérique publiée le 28 avril 2018 books2read.com/u/bMQ69a

    Flourenn2.jpg

    Version brochée grands caractères Police 21 publiée le 26 juin 2018 https://www.amazon.fr/Grande-Flourenn-roman-Lise-Audoin/dp/2956417312/

    La Grande Flourenn : trois marraines pour un roman

    • Waiting for Tina de Jean Azarel

    Nous avons eu différentes séquences de travail pour mettre en forme un manuscrit abouti. Avec l’auteur sur place à Kerantorec pour mettre au point les conventions de correction. Deux rencontres passionnantes.
    Puis seule. Relecture du format epub sur l’iPad (soulignement des erreurs).
    Le texte étant très riche, très dense, très documenté, avec de nombreuses citations, il a fallu plusieurs relectures. Les corrections on été faites sur Scrivener 3 avec Antidote 9.
    Quatre éditeurs étudient le manuscrit de Waiting for Tina. Nouvelles l’an prochain.

    Jean Azarel : la genèse de Waiting for Tina
    https://www.facebook.com/waitingfortina/


    Une expérience particulière : un roman collaboratif

    http://alloe.fr/

    Alloe-allez-on-ecrit : un roman collaboratif en 42 heures #1


    Des projets en cours de révisions et corrections

    • L’écriture plus simple dans la vie créative
    • La publication indépendante plus simple
    • La cuisine plus simple en période créative
    • Le bricolage plus simple dans la vie créative
    • Le jardinage plus simple dans la vie créative

    Ces livres étaient d’abord un seul projet écrit lors du premier Camp NaNoWriMo de janvier 2017, projet développé au NaNoWriMo de novembre 2017, qui a sécrété plusieurs ouvrages spécifiques. Gardés dans mon Journal_2018, sur l’iPad et l’application Scrivener iOS, ces dossiers se voient souvent étoffés de paragraphes ou chapitres supplémentaires au fils des jours et des mois. Méthode de travail particulièrement efficace que je vais expliquer dans un prochain article.


    Gaelle Kermen,
    Kerantorec, le 27 décembre 2018


    Crédit couvertures : Adam Molariss for Indiegraphics
    sauf Journal 60 : GK

    Bilan 2018

    • Nombre de mots écrits : 590 000
    • Nombre de pages écrites : 2 360
    • Nombre de livres publiés : 3
    • Nombre de livres republiés : 2
    • Nombre de livres corrigés : 3
    • Nombre de pages assistées : 1 150
    • Nombre d’articles publiés : 70

    Conclusion : vive Scrivener !

     

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    Impression à la Demande sur Amazon KDP Print : ne pas oublier de mettre le prix sur la 4eme de couverture

    Dans les mentions obligatoires du dépôt légal des livres en France figure le prix en euros.

    Je pensais naïvement que le prix était intégré automatiquement par Amazon KDP-Print dans le cartouche du code-barre à côté de l’ISBN. Je n’avais donc pas demandé à mon graphiste de le reporter au-dessous du texte de présentation du premier livre broché que je mettais en ligne.

    Mais lorsque j’ai reçu l’exemplaire auteur de mon livre sur Mai 68, le prix n’y était pas. Je l’ai quand même envoyé au dépôt légal en ajoutant le prix au crayon-bille. Je suis une grande naïve, car, bien sûr, le dépôt a été refusé.

    Nous avons bien reçu, au titre du dépôt légal, l’ouvrage suivant :Des pavés à la plage, mai 68 vu par une jeune fille de la Sorbonne : archives souvenirs bilans édition du cinquantenaire Gaelle Kermen. -…Malheureusement, j’ai le regret de vous signaler que ce document est défectueux :

    Couverture cornée, mention manuscrite en 4e de couverture.

    Je vous serais reconnaissante de bien vouloir nous faire parvenir, en franchise postale, un exemplaire de remplacement.

    Je vous rappelle à cette occasion que les exemplaires déposés doivent être identiques à ceux mis à la disposition du public (ni dédicace, ni note manuscrite, ni tampon de service de presse…), et dans un état matériel permettant une conservation pérenne, d’où la nécessité de bien consolider vos colis afin de les protéger au maximum des chocs qu’ils peuvent subir au cours de leur acheminement.

    C’est une de mes tactiques d’apprentissage : faire toutes les erreurs possibles au début, pour ne pas les reproduire ensuite et pour aviser mon lectorat de ne pas faire comme moi.

    Aussi ai-je contacté Amazon et voici la réponde d’Abbie, toujours rapide et efficace.

    Je suis désolée d’apprendre que la BnF n’a pas accepté le dépôt légal de votre livre « Des pavés à la plage Mai 68 vu par une jeune fille de la Sorbonne » (9791091577366).

    Le prix n’est pas automatiquement ajouté dans nos systèmes car nous voudrions éviter aux auteurs de changer de prix sur la couverture (ce qui impose une manipulation faite sur la couverture) à chaque fois qu’ils mettent à jour le prix sur le site web. Ceci dit, je comprends que la BnF exige que le prix soit indiqué sur la quatrième de couverture. Donc, oui, vous pouvez tout à fait demander à votre graphiste d’ajouter le prix en dehors de l’emplacement réservé au code-barre, sous la présentation de l’auteur. A ce propos, je voudrais juste préciser les points suivants. Veillez à ce que le prix n’empiète pas sur le code-barres.

    – L’espace dédié au code-barres ISBN est de 50,8 mm (2 po) en largeur et 30,5 mm (1,2 po) en hauteur.

    – Le bas du code-barres se situe à 6,4 mm (0,25 po) au-dessus de la ligne de coupe inférieure de la couverture.

    – Pour les livres qui se lisent de gauche à droite, le côté droit du code-barres se situe à 6,4 mm (0,25 po) à gauche du dos du livre.

    Je reste à votre disposition pour tout renseignement complémentaire et vous souhaite une bonne journée,

    Mon graphiste avait été surpris de ma demande d’ajouter le prix, ce qu’on ne lui demandait jamais et il travaille pour des auteurs du monde entier. Il semble qu’en France ce soit désormais nécessaire si cela ne l’était pas avant, car j’ai reçu trois avis de la Cheffe du service de la Gestion des livres de la Bibliothèque nationale de France.

    Les couvertures ont été refaites. Je dis les couvertures parce que mon livre est publié en deux formats, un format normal de livre avec une police 12 et un format aux grands caractères en police 21 pour les yeux fatigués. Comme j’étais lancée, j’ai fait la même chose sur les livres du roman La Grande Flourenn de l’amie que j’assiste en publication numérique indépendante, Lise Audoin.

    GrandeFlourennVignetteAMZ

    J’ai dû modifier les manuscrits pour intégrer un dépôt légal en septembre au lieu de juin pour nos livres.

    J’attendais en vérifiant la quatrième de couverture pour voir si le prix était visible. J’ai fait les publications hier 12 septembre 2018.

    On dira ce qu’on veut d’Amazon, leurs services sont efficaces pour les auteurs indépendants. Nos livres sont déjà disponibles en version brochée, avec le prix imprimé selon les normes demandées par la BNF. Je viens de le vérifier sur la fonction Feuilleter en cliquant sur 4e de couverture.

    Mai68_Feuilleter

    En cliquant sur Quatrième de couverture.

    Mai68-4ecover

    Ou en cliquant sur les deux images : Voir les deux images.

    Mai684ecover

    Le prix est bien là. Il était temps, j’ai reçu hier un troisième avis de la BNF pour me demander de remplacer l’exemplaire déposé en juin, arrivé abîmé, avec une mention manuscrite.

    Je viens donc de commander un exemplaire client sur le site de mon livre, afin de l’envoyer au dépôt légal parisien après l’avoir bien vérifié.

    Mission en cours.

    Belles écritures et bonne rentrée !

    Gaelle Kermen,

    Kerantorec, le 13 septembre 2018


    PS  : j’expliquerai bientôt comment publier un livre broché sans trop se prendre la tête ni s’arracher les cheveux, avec un beau fichier PDF imprimable, à partir d’un document Scrivener compilé en docx, en utilisant les modèles fournis par Amazon, revus et vérifiés sur Pages pour Mac : pas de marges à régler soi-même, juste à vérifier les en-têtes et bas de pages et les numéros de pages de table des matières.


    Règle de la BNF : le document déposé doit être semblable à celui que le lecteur aura entre les mains. Dans les mentions obligatoires figure le prix en euros.


    Mise à jour du 20 septembre

    Après vérification auprès de la Bibliothèque Nationale de France, je confirme que la mention du prix est obligatoire sur tout livre imprimé publié en France, quel que soit son mode de diffusion. Le prix catalogue suffit pour la version numérique. Pas pour la version imprimée même vendue par correspondance (Internet par exemple).
    Donc, n’oubliez pas votre prix sur votre livre, la 4e de couverture étant le support le plus habituel, si vous voulez être en règle et être un auteur indépendant légitime.
    Belles écritures et belles publications !

    Depot.legal.livres@bnf.fr

    18 sept.

    Madame,
    c’est avec plaisir que je prends le temps de vous écrire pour éclaircir le point sur les mentions obligatoires.
    Je vous confirme que les informations indiquées sur les pages « dépôt légal » du site web de la Bibliothèque nationale de France sont fiables et exactes. 
    Le prix fait bien partie des mentions obligatoires qui doivent figurer sur un ouvrage soumis au dépôt légal français, de même que les autres mentions qui sont indiquées.

    En effet, quelque soit le mode d’impression ou de vente d’un ouvrage, son prix doit être indiqué sur l’ouvrage. En revanche, l’emplacement en couverture ou en 4ème de couverture est à votre libre appréciation.

    Enfin, à toutes fins utiles, je vous précise qu’il faut bien distinguer un livre imprimé vendu en ligne d’une publication numérique,  qui est le plus souvent vendue en ligne mais sous forme de fichier informatique. Si vous vendez en ligne des livres imprimés à la demande, il s’agit bien de publications imprimées et non de publications numériques.

    Je reste à votre disposition pour toute information complémentaire.
    Avec mes meilleures salutations.

    Natalie Percher
    Service de Gestion des Livres
    Département du Dépôt légal


    Direction des services et des réseaux
    Quai François-Mauriac
    75706 PARIS CEDEX 13
    www.bnf.fr



    Lire un extrait de Des pavés à la plage Mai 68 vu par une jeune fille de la Sorbonne de Gaelle Kermen https://lire.amazon.fr/kp/embed?asin=B07DBNDQS4&preview=newtab&linkCode=kpe&ref_=cm_sw_r_kb_dp_IEJMBbBDC4VXT

    Lire un extrait de La Grande Flourenn de Lise Audoinhttps://lire.amazon.fr/kp/embed?asin=B07BN1KKKT&preview=newtab&linkCode=kpe&ref_=cm_sw_r_kb_dp_CDJMBbTYETY42

    Crédit couvertures : Adam Molariss for Indiegraphics

    Des pavés à la plage Mai 68 : versions papier par amitié

    Et voilà, moi qui ne jure plus que par le numérique depuis que je lis sur liseuse ou tablette, j’ai franchi le pas de publier une version papier pour mon dernier livre publié en ebook sur Amazon KDP le 26 mai 2018 : Des pavés à la plage Mai 68 vu par une jeune fille de la Sorbonne archives souvenirs bilans édition du cinquantenaire.

    Je dirai ailleurs pourquoi je n’aime plus le papier. Ici je veux raconter cette nouvelle aventure qu’a été la publication d’un ebook en papier. Je l’ai fait par amitié.

    Une première version papier au format normal police 12

    J’avais appris l’été dernier, lors de la publication de l’ebook Le festival de Wight vu par 2 Frenchies, que le photographe de ma jeunesse, Jakez Morpain, dont les photos illustraient le livre, avait une préférence pour le papier, parce qu’une maladie très invalidante ne lui permettait plus de tenir et utiliser une tablette.

    J’avais désespérément essayé de formater le livre en papier, pour lui remonter le moral, le soutenir, lui faire savoir par ce geste symbolique que j’étais de tout cœur avec lui, au moins télépathiquement. J’avais renoncé, parce que je n’étais pas satisfaite de la présentation qui ne rendait pas justice à ses photos prises en août 70 à Wight avec mon petit frère Bruno et moi. Mais j’espérais revoir la question en beau livre d’art par souscription pour les 50 ans de Isle of Wight festival of music 1970.

    Hélas, le photographe de ma jeunesse ne verra pas le résultat de mes efforts. Il est mort le 31 mai 2018, comme je travaillais à la version brochée. Aussi la lui ai-je dédicacée. Curieusement, comme souvent, avant la mort d’un proche, je ne cessais de penser à lui. Le portrait de la 4e de couverture est de lui. Il est dans mes itinéraires. Il a été un témoin de mes quêtes. Un témoin discret, attentif, respectueux de ma personnalité, si différente des gens qu’il côtoyait en temps habituel. Nous ne faisions pas partie de la même classe sociale. Mais chacun appréciait les qualités de l’autre.

    Pendant ses derniers jours, sans savoir ce qu’il traversait, j’avais éprouvé le besoin de récoler sur mon Mac mini toutes les photos qu’il m’avait envoyées depuis la première publication d’Aquamarine 67, dès 97, au début de l’Internet, et fin 2009, quand j’étais passée à la publication en ebook sur plateformes numériques indépendantes.

    J’avais particulièrement aimé retrouver une photo de lui et de mon petit frère Bruno, que j’avais prise avec son appareil en 1967 à Kerfany, sur la terrasse de notre maison d’enfance, maison construite à la fin du XIXe siècle par Marie Henry, dite Marie-Poupée (bonne hôtesse des peintres du Pouldu), rachetée par notre grand-père.

    Jacques venait de m’emprunter mon chapeau de paille acheté plus tôt au marché d’Angoulême au cours du voyage autour de la France avec mes parents et mon petit frère. J’ai encore ce chapeau de paysanne.

    67Kerfany-JakezBruno
    Jakez Morpain et Bruno le Doze en août 1967 Kerfany-les-pins par Gaelle Kermen

    Les revoir sourire tous les deux étaient un baume au cœur.

    Je travaillais sur la version brochée quand j’ai appris la triste nouvelle, venue le délivrer de ses souffrances. Sortir mon dernier livre en papier était dès lors un devoir sacré. J’ai rempli mon objectif.

    Ce voyage l’accompagnait vers l’au-delà.

    Repose en paix, témoin de notre jeunesse.

    Trugarez, Jakez !

    Une deuxième version aux caractères agrandis en police 21

    Et je suis allée encore plus loin. Une amie avait eu des difficultés à lire mon ebook au moment des corrections. Ses problèmes de vue (DMLA) la gênaient beaucoup pour voir certains caractères trop petits. J’ai voulu faire pour elle une version agrandie, d’abord en PDF, qui a simplifié sa tâche de lecture, pour voir les éventuelles erreurs restées après mon écriture, en plus des autres paires d’yeux qui me rendaient ce service.

    Puis, j’ai décidé de sortir une version papier en grands caractères pour faciliter la lecture des yeux fatigués.

    Ce n’était pas évident de faire deux versions différentes sur Amazon KDP que je testais en publication brochée. D’abord, il a été question de dépublier la première version. J’ai alors expliqué à l’équipe d’Amazon (via Bibliothèque auteur, Aide, Contacts), mon souci de proposer une version plus confortable pour le lectorat mal-voyant. Et l’idée a beaucoup plu à mes interlocutrices, qui répondaient rapidement à mes demandes. Il est possible que dans le futur, une même fiche de livre puisse être créée pour l’ebook, le broché et un autre broché, agrandi ou beau livre. Pour l’instant, on ne peut faire qu’un ebook et un broché. J’ai donc dû créer une autre fiche pour avoir une version agrandie.

    Cette nouvelle collection s’appelle Police 21. Tout le texte est en 21.

    J’expliquerai ailleurs toutes les étapes nécessaires pour élaborer les deux versions brochées, dans un tutoriel permettant aux autres auteurs de moins s’arracher les cheveux que moi.

    Et bien sûr, j’ai créé un ebook qui complète cette version papier où j’ai éliminé les liens et les notes. Une possibilité d’Amazon KDP est de lier les deux versions, ebook et broché. La case s’appelle Matchbook dans la fiche de l’ebook. J’ai demandé à ce qu’elle soit gratuite pour les acheteurs de la version papier, afin qu’ils trouvent le complément dans l’ebook. Je souhaite que les lecteurs qui n’ont pas encore osé passer au numérique en découvre ainsi sans frais les avantages.

    Dernière minute
    Malheureusement, cette fonction n’existe encore que pour les achats faits sur amazon.com. Mais si vous m’écrivez avec la preuve d’achat, je me ferai un plaisir de vous envoyer le fichier ebook en mobi, epub et PDF, selon vos supports numériques.

    Exclusivité estivale sur Amazon KDP Select

    Les deux ebooks peuvent être acquis séparément. Ils sont en exclusivité sur Amazon KDP Select tout l’été. Comme je n’avais jamais voulu expérimenter le papier auparavant, je n’avais jamais voulu donner l’exclusivité à Amazon, tenant à publier aussi sur les autres plateformes. Cette fois, le livre m’a emportée beaucoup plus loin que je ne le pensais au départ, la fatigue m’est tombée dessus fin mai, avec deux deuils appris le même jour, je ne pouvais pas m’investir dans d’autres publications. Je reverrai la question pour la rentrée.

    Et puis, j’aime bien expérimenter ce que je ne connais pas encore pour en informer d’autres auteurs francophones, moins à l’aise que moi dans le maniement des outils informatiques. Si je peux vous faire gagner du temps, j’aurai l’impression de ne pas avoir perdu le mien. Donc, je vous dis à bientôt !

    Gaelle Kermen, Kerantorec, le 17 juin 2018


    Liens sur amazon.com permettant d’obtenir gratuitement la version ebook

    Police 21 version papier grand format
    Police 12 Version papier format normal


    Les couvertures sont l’œuvre d’Adam Molariss pour Indiegraphics.


    Couverture rouge (écriture blanche sur fond rouge)
    Police Taille normale 12

    514hHVXA6dL.jpg

    Lien à la version ebook mobi

    Lien à la version brochée 6×9

    Couverture blanche (écriture rouge sur fond blanc)
    Police Taille agrandie 21

    51SlOfNczmL._SX352_BO1,204,203,200_.jpg

    Lien à la version ebook A4_21

    Lien à la version brochée A4_21

     


    Mise à jour du 13 septembre 2018

    Depuis ma demande de format en grands caractères au service d’aide d’Amazon, une case a été ajoutée dans les fiches de livre broché en bas de Rubriques : impression en gros caractères. Amazon KDP tient toujours compte des remarques que nous lui faisons. J’ai eu plusieurs fois l’occasion de l’expérimenter.

    AMZ-Groscaractt2018-09-12 à 11.52.00

     

    Combat Nº 7441 Mardi 18 Juin 1968

    Journal de Paris devise : « de la Résistance à la Révolution »

    Combat_18_juinRENAULT FERA TACHE D’HUILE

    Chez Citroën et Peugeot les syndicats réclament la reprise des négociations sur la base des accords ratifiés par les ouvriers de la Régie Nationale


    Le droit syndical est reconnu chez Renault

    Les problèmes d’emploi seront traités par une commission paritaire direction-syndicats

    LES DÉLÉGUÉS POURRONT CONSACRER À LEUR ACTIVITÉ 100 HEURES PAR MOIS PAYÉES PAR L’ENTREPRISE

    L’AFFICHAGE, LE COLLECTAGE ET LA DIFFUSION DE LA PRESSE SYNDICALE SE FERONT LIBREMENT


    Extrait de l’éditorial : la fin

    « Le pouvoir peut occuper la Sorbonne. Il est trop tard : le grain qui y avait été semé en Mai commence déjà à lever. »
    COMBAT


    « L’INFORMATION EST SERVE »

    Le rapport de la Commission sénatoriale d’enquête sur l’ORTF dénonce la soumission de l’Office au gouvernement (page 16).


    OPÉRATIONS LÉGISLATIVES

    Aujourd’hui une interview de Michel Rocard, secrétaire général du PSU


    18 JUIN

    par Maurice CLAVEL

    Cette année c’est net. Hors quelques héros vénérables et indignés, le 18 juin sera fêté par tous ceux qui l’auraient vomi en 40 ; (…) qui ont, qui auraient tremblé de toutes leurs tripes liquides que la patrie se libère…
    Voici le 18 juin des âmes vichyssoises et versaillaises. Voici le 18 juin des Daumier qui sortent de leur cadre et grouillent, et se vengent avec cautèle de leur trouille. Voici le 18 juin de nos enfants humiliés.
    O comme la coupole de la Sorbonne aujourd’hui est lourde !
    (…)


    LE RETOUR DES BATONS

    par Jacques-Arnaud PENENT

    Ils ont encore volé la Sorbonne !
    Pour avoir vécu, seul journaliste parisien, mais surtout seul militant journaliste, les péripéties de ce vol, je déclare bien haut que le « Comité d’occupation » n’a fait qu’opposer la force redoutable de la bonne foi aux manœuvres policières. Car, devant les CRS, on avait mis Maigret. Et toute la P.J. Mais depuis l’affaire Ben Barka, nous savons que les secrets d’Etat, que les vérités gênantes brûlent aussi dans la pipe de ces Maigret pour s’évanouir en fumée. Et, les poings serrés, les vu les rats en gabardine ronge tous nos drapeaux. Ah ! les bien-pensants peuvent pavoiser ! La Sorbonne entre en servitude. Ah ! les folliculaires aux ordres peuvent applaudir ! La Sorbonne a retrouvé son calme et les murs leur mémoire du vide. On nettoie la Sorbonne ? Voire. La jeunesse ouvrière, ces dizaines de jeunes chômeurs prêts, hier, à toutes les résistances, cette jeunesse n’a pas sali la Sorbonne. Au contraire, elle y était chez elle. C’est cela la démocratisation de l’enseignement. C’est cela la révolution universitaire. Tout le reste, tous les colloques, toutes les réformes entre initiés n’intéressent que les gens d’un même monde, l’ancien. Furieux d’avoir raté « l’opération des Katangais », furieux de subir une Faculté libérée et ordonnée par ses occupants, le Pouvoir a voulu montrer sa force aux électeurs, tandis qu’il prouvait, en fait, son hypocrisie et sa lâcheté. (…)
    Allons ! finissons-en. Nous reprendrons la Sorbonne. Définitivement. Nous la rendrons à sa destination populaire. »


    Gaelle Kermen, Kerantorec, le 7 juin 2018

    Jacques-Arnaud PENENT
    Maurice Clavel

    Extrait de Des pavés à la plage, Mai 68 vu par une jeune fille de la Sorbonne

    En exclusivité numérique sur Amazon tout l’été 2018

    Combat Nº 7440 Lundi 17 Juin 1968

    Journal de Paris devise : « de la Résistance à la Révolution »

    Combat_17_juinL’IMPOSTURE

    SOUS PRÉTEXTE D’UNE ENQUÊTE JUDICIAIRE LA POLICE INVESTIT ET FAIT ÉVACUER LA SORBONNE

    Extrait de l’éditorial

    Fort de ses victoires sociales, fier d’avoir noyauté les milieux étudiants et semé la discorde, le pouvoir se montre de plus en plus boulimique et glouton. Hier, les choses se sont pourtant gâtées : dans son impatience, la police prenant prétexte d’une sombre histoire de blessé accueilli à la Sorbonne, devait évacuer les étudiants « manu militari » et chasser les irréductibles en pénétrant de nouveau dans la cour de la Faculté des Lettres, comme ce fut le cas le 3 mai, avec l’assentiment du recteur Roche. Cette agression, à la différence de ce qui s’est passé à l’Odéon, montre bien que le pouvoir entend réprimer, et que la volonté de s’informer comme M. Ortoli, comme celle de négocier affichée par M. Pompidou est une imposture, un message éhonté. En effet, alors que les occupants de la Sorbonne avaient fait eux-mêmes leur ménage, en éliminant les « Katangais » et en déclenchant l’opération « propreté », il n’y avait aucune raison de s’attaquer aux commissions de travail, qui restaient justement en place pour préparer ce plan de réforme, en y associant les enseignants, et le personnel administratif de la Sorbonne. (…)
    Il est évident que cette fois-ci encore, le pouvoir emportera la première manche. Mais, qu’il n’ait pas assimilé la leçon, qu’il cherche à reprendre par la force les facultés occupées, qu’il croit avoir tué la contestation dans l’œuf en reprenant possession de quelques vieilles bâtisses, voilà bien qui dénote l’incorrigible aveuglement de ce régime. La jeunesse ne capitulera pas, même si elle baisse la tête devant les fusils, même si la rue devient calme. La coupure du pays redevient une menace qui précipitera la décomposition du régime, à moins que le général de Gaulle n’y instaure une dictature fasciste.  (…)
    COMBAT

    HEURTS AU QUARTIER-LATIN ET A SAINT-GERMAIN

    Après l’évacuation de la Sorbonne, les étudiants ont manifesté par petits groupes et ont été chargé par la police (en page 16 le reportage de Jacques-Arnaud PENENT)

    VOTE CHEZ RENAULT CE MATIN

    • Peugeot : le vote est ajournée
    • Citroën : la CFDT se retire des négociations
    • La vente des quotidiens parisiens perturbée ce matin par la grève des vendeurs

    LES GUEUX

    par Maurice CLAVEL

    Soyons précis. Soyons froids. Cette fois, c’est absolument injustifiable.
    Le mois dernier l’affolement d’un recteur, le vertige d’un ministre devant la nouveauté de la contestation pouvait offrir un semblant d’excuse à cet attentat unique : l’entrée de la police en Sorbonne.
    Il y a quelques jours encore le désordre du « bateau ivre » que décrivait un peur trop complaisamment un de nos confrères, pouvait offrir une apparence de motif à un « nettoyage ». Il s’agissait de glisser en fraude d’un sens à l’autre du mot « nettoyer ».
    L’ennui pour eux, c’est que la Sorbonne, les étudiants l’avaient nettoyée eux-mêmes. Dès lors, il ne leur restait plus que le prétexte d’une très bizarre histoire, que je n’ai pas encore les moyens de résoudre et que je ne saurais trancher, me méfiant de ma formation : on sait en effet combien l’affaire Ben Barka-Figon m’a éduqué sur ce régime.
    La cause est entendue. Ils récidivent et savent ce qu’ils font. Il n’y a pas de pardon. Le cri « de Gaulle assassin » n’est pas encore sorti de ma gorge, malgré le gaz et la honte qui s’y pressaient.
    Mais aussi vrai que Georges Bernanos m’a investi, quand j’avais 20 ans, pour continuer sa tâche, j’écris, je crie, comme il l’eût fait, que ce sont des gueux.
    Ceci au nom de la plus jeune et de la plus vieille France.


    Gaelle Kermen, Kerantorec, le 7 juin 2018

    Extrait de Des pavés à la plage, Mai 68 vu par une jeune fille de la Sorbonne

    En exclusivité numérique sur Amazon tout l’été 2018

    Combat Nº 7439 Samedi 15 Juin et Dimanche 16 juin 1968

    Journal de Paris devise : « de la Résistance à la Révolution »

    Combat_15-16_juinTrois promesses…

    M. DEBRÉ : l’austérité

    • Le ministre des Affaires Étrangères laisse prévoir une nouvelle répartition des masses budgétaires au détriment des programmes militaires, de certains programmes civils et de l’aide aux pays sous-développés.
    • Il n’affirme pas que la France respectera l’échéance européenne du 1er juillet.

    M. POMPIDOU : la fermeté

    • Le Premier Ministre mettra « hors d’état de nuire un certain nombre de gens qui vont essayer de troubler les élections ».
    • Il annonce que les incidences de la crise sociales sur le plan économique et financier seront lourdes.

    M. ORTOLI : une nouvelle Université conçue selon trois directions

    • une refonte de la structure des Facultés
    • une nouvelle forme et un nouveau contenu des enseignements
    • une ouverture vers des débouchés professionnels

    L’ODÉON FERMÉ APRÈS SON ÉVACUATION

    • Après l’expulsion des Katangais, la Sorbonne est livrée aux balayeurs.

    LE PATRONAT RÉCLAME DES MESURES D’URGENCE

    • et notamment des facilités financières et fiscales et la liberté des prix

    Métallurgie : négociations difficiles

    Un croche-pied de Pompidou à Giscard

    • Il oppose un concurrent UDR à M. Poniatowski.

    (p. 16) dernière page

    (extrait) ODÉON : E finita la comedia par Jean-Claude KERBOURC’H

    « Après que les étudiants ont expulsé les « Katangais » de la Sorbonne, la police fait évacuer l’Odéon

    • 2 h Tous les étudiants sont évacués de la Sorbonne par le Comité d’Occupation. Seuls demeurent les Katangais et le « service d’ordre.
    • 4 h Ultimes négociations entre le Comité d’occupation de la Sorbonne et les « Katangais ». Jacques Sauvageot, président intérimaire de l’U.N.E.F., participe aux négociations.
    • 4 h 30 Les « ‘Katangais » demandent un répit de douze heures et font savoir qu’ils accepteraient de sortir de la Sorbonne à 17 h 30 (vendredi 14 juin)
    • 5 h Dans la cour de la Sorbonne, le service d’ordre, auquel se sont jointes des équipes de différentes facultés, se rassemble, tandis que circulent des consignes d’assaut.
    • 5 h 30 Le service d’ordre des étudiants annonce un dernier ultimatum de dix minutes.
    • 5 h 40 Les bagarres commencent. Mêlée confuse, poursuites dans les couloirs, éclatement des explosifs et des cocktails Molotov qui apparaissent dans les mains des uns et des autres. Coups, hurlements, vitres qui volent en éclat, sang sur le sol.
    • 5 h 48 Plusieurs voitures de pompiers alertés par une estafette de la Sorbonne arrivent.
    • Peu après 6 heures, tandis que les pompiers éteignent des débuts d’incendies, les « Katangais » sortent un à un de la Sorbonne par une des poternes de la rue Saint-Jacques. Ils rejoignent l’Odéon où ils sont accueillis par des embrassades.
    • 9 h D’importantes forces de police cernent l’Odéon théâtre de France. M. Grimaud, préfet de police, dirige en personne l’opération.

    Quand je sors du théâtre, il n’y a cependant aucune force de police. À la Sorbonne, on a retroussé ses manches pour balayer la cour, les couloirs et les amphis. On veut faire une faculté toute propre. »


    Gaelle_68
    Photo © Jakez Morpain 1968-2018

    Gaelle Kermen, Kerantorec, le 5 juin 2018

    Extrait de Des pavés à la plage, Mai 68 vu par une jeune fille de la Sorbonne

    En exclusivité numérique sur Amazon tout l’été 2018

     

    Combat Nº 7438 Vendredi 14 Juin 1968

    Journal de Paris devise : « de la Résistance à la Révolution »

    Combat_14_juinDE GAULLE S’EXÉCUTE : IL REND SALAN

    La libération prochaine du chef de l’OAS est le prix que doit le Président de la République à l’armée pour l’avoir maintenu au pouvoir

    • Le colonel Lacheroy mis en liberté provisoire à son retour d’Espagne

    M. CHALANDON : IL FAUDRA 2 ANS POUR EFFACER LES EFFETS DE LA CRISE

    • Ouverture des négociations chez Citroën
    • Optimisme à Renault et Peugeot
    • La CGT accuse la CFDT d’avoir rompu l’unité d’action

    BAC LE 27 JUIN A PARIS

    • Les étudiants nettoient la Sorbonne – concrètement en procédant à une opération propreté – politiquement en luttant contre la « congolisation »
    • Cohn-Bendit serait autorisé à rester en Grande-Bretagne

    OPÉRATION LÉGISLATIVES : BOULOGNE-BILLANCOURT

    « Le général de Gaulle continue de payer ses dettes. Le plus urgent a été de donner aux travailleurs ce qu’ils demandaient, moyennant quoi le P.C. et la CGT ont accordé un sursis au régime. Maintenant il faut régler le second créancier : l’armée, dont la fidélité sollicitée il y a quelques semaines a permis aux gaullistes de rester en place. (…)
    Il y a assez longtemps que nous demandons l’amnistie pour nous réjouir que les événements l’aient imposée. Un groupuscule d’étudiants aura plus fait pour elle que n’importe quoi. C’est une des malices de l’histoire. Mais au fait, et les étudiants ? Pour eux, pas de cadeau, pas de rançon, pas de dette ! Ils apprendront ainsi que la révolution ne profite jamais qu’aux grandes personnes qui ont de l’expérience et l’habitude des affaires. Certains en tireront la conclusion que tous les élans spontanées sont inutiles, d’autres se convaincront qu’une révolution ne doit pas s’arrêter en chemin. (…)
    Il n’y a plus rien désormais, politiquement, à la droite du gaullisme. (…) On est très loin de la société nouvelle. Mais on ne sait jamais : le jour où cela lui sera nécessaire, le général de Gaulle s’entendra avec quelque groupuscule trotskyste ou maoiste et il abandonnera un autre de ses principes et il oubliera une autre de ses paroles… »
    COMBAT

    Dernière page

    LES ÉTUDIANTS NETTOIENT LA SORBONNE

    Communiqué du Comité d’Occupation de la Sorbonne

    « Après la campagne de presse déclenchée contre la Sorbonne et qui vise à discréditer notre mouvement, le comité d’occupation communique :

    1. Un certain nombre de groupes irresponsables qui ne sont ni étudiants ni travailleurs, profitent de la situation de la situation créée ces derniers jours, pour imposer un contrôle quasi policier de la Sorbonne.
    2. La situation sanitaire de la Sorbonne est mauvaise. Elle exige des mesures d’urgence qui ne peuvent être prises que lorsqu’un certain nombre de locaux et d’escaliers seront évacués.
    3. En conséquence le comité d’occupation a décidé, en accord avec les diverses organisation d’étudiants et d’enseignants, de fermer progressivement l’ensemble de la Sorbonne à l’exception de la cour, des cinq amphithéâtres donnant sur la bibliothèque et de l’escalier C.
    4. Cette fermeture durera 48 heures, de façon à nettoyer et désinfecter l’ensemble de ces locaux. Le comité d’occupation a, depuis plusieurs jours cherché, cherche à faire accepter cette mesure aux groupes irréductibles. Devant leur refus, il lance un appel à tous les militants pour l’aider à garder la Sorbonne au service de la lutte.
    5. Nous ne pouvons autoriser plus longtemps que soit donné au pouvoir le prétexte d’intervenir avec ses CRS.
    6. Le comité d’occupation convoque tous ceux qui veulent participer à cette réorganisation à se rendre à 17 h 30, à l’amphi Descartes.

    A l’amphi Descartes, après un « filtrage » sérieux, une centaine de militants seulement ont été admis. Dans la cour, par contre, plus de 3 000 personnes attendaient les « consignes ». Le comité d’occupation a fait voter par les militants des comités d’action la fermeture totale pour 48 heures de la Sorbonne à l’exception e la cour, du grand amphi, de l’amphi Descartes et de l’escalier C où sont groupées les commissions.

    Le comité d’occupation, exprimant la volonté des militants étudiants, vise en fait l’expulsion des Katangais et de certains autres groupes incontrôlés. Les étudiants sont bien décidés à éviter les incidents graves. Ils savent aussi que le sort de leur Mouvement est au prix de ce « nettoyage ». Réfugiés dans les locaux du rectorat, les Katangais ne semblent pas décidés à négocier. Il reste qu’en dehors de la Sorbonne, certains n’attendent que de providentiels incidents. A la Sorbonne pourtant, la décision est prise, et si nécessaire, les comités d’Action seront mobilisés

    BALAYER LA SORBONNE

    Depuis quelques jours, la Sorbonne était livrée aux insectes. Certains confrères se sont soudain intéressés « au camp retranché ». (…) Le Comité d’Occupation, approuvé et soutenu par les militants, a décidé de rendre la « Sorbonne aux étudiants ».
    Cela vise, bien sûr, les fameux Katangais. Surgis du néant, vite baptisés sur les « barricades », ce groupe s’est installé le 16 mai à la Sorbonne. D’autres groupes l’ont bientôt suivi. Sous la direction de « Jacky », une dizaine, puis une vingtaine ont servi, à leur manière, la Révolution.
    Abusant de l’atmosphère d’alors, ils imposèrent vite leur loi et leurs méthodes. Ne parlant pas, pour l’instant, de leurs trafics. Disons seulement que la présence d’un certain nombre de mercenaires en rupture de Congo, ou de prison, ne peut servir que le Pouvoir. En effet, il n’est pas évident que, moyennant finances (un mercenaire, n’est-ce-pas…), les polices du Régime ne s’en servent déjà. (…)
    Certes, en été, les fenêtres ouvertes avec la lumière attirent irrésistiblement les insectes en même temps que l’air frais. Mais, le jour venu, les insectes meurent au pied des lampes. Il suffit de balayer. La nuit de la Sorbonne a trop duré. La provocation policière devenait trop claire. Pour l’avoir compris, les étudiants permettent enfin à tous les militants de respirer. De respirer un air moins vicié.
    J.A.P.


    Gaelle Kermen, Kerantorec, le 4 juin 2018

    Extrait de Des pavés à la plage, Mai 68 vu par une jeune fille de la Sorbonne

    En exclusivité numérique sur Amazon