Scrivener : le point sur les publications numeriques 3 plateformes 3 formats

Lorsque j’ai découvert les immenses possibilités de Scrivener, en janvier 2015, il dormait sur mon Mac mini depuis plus de six mois et  je n’avais pas encore ouvert le capot pour voir le moteur, je n’imaginais pas tout ce qui est arrivé ces deux dernières années. J’avais pourtant toujours écrit, mais jamais je n’avais aussi bien lié l’outil à son résultat, sauf, peut-être, lorsque je faisais mes premières publications sur Internet, il y a vingt ans avec le logiciel wisiwig (ce que je vois est ce que j’obtiens) Adobe Page Mill, qui était un formidable outil d’écriture et de publication html pour Macintosh, dans les années 90.

En janvier 2016, j’ai publié le premier guide Scrivener plus simple pour Mac, le guide que j’aurais aimé trouver moi-même quand j’essayais de comprendre un an plus tôt, l’abondante documentation en anglais, fournie avec le logiciel Scrivener, touffue comme un roncier inextricable.

Après tout ce temps, je peux faire le point des publications numériques permises par Scrivener. J’ai publié huit livres en seize mois, sur plusieurs plateformes, ce qui impliquaient chaque fois un formatage différent. J’ai désormais l’expérience et le recul nécessaires pour établir un bilan, inspirant et constructif pour les auteurs francophones qui me liront.

Scrivener a changé ma vie d’auteur et d’éditeur. Je ne veux pas me répéter, beaucoup d’articles de mon blog l’expliquent déjà. En écrivant sur Scrivener, je suis fière d’avoir contribué à changer aussi la vie de certains auteurs francophones qui m’ont dit avoir pu débloquer leur travail grâce à mes explications. Je suis fière d’avoir mieux fait connaître ce fabuleux logiciel d’écriture et de publication, majestueux vaisseau amiral et son annexe, la subtile application Scrivener for iOS, si légère qu’on se demande comment elle peut gérer des livres entiers avec illustrations, sans jamais renâcler. Elle est là, sous mes doigts sur le clavier de l’iPad mini où j’écris la plupart du temps, pour être au cœur du texte. Sans distance, en immersion, en création. Le recul vient quand je me mets au bureau devant l’écran LCD 21″ relié à mon Mac mini au moment des dernières corrections du projet et de son formatage avant les publications que je fais sur trois plateformes différentes.

Mon dernier guide pratique est le guide Smashwords plus simple pour les francophones. Comme les guides Scrivener ont bien marché, ouvrant l’utilisation du logiciel et de l’application même à des gens déjà bilingues, habitant par exemple au Canada, au Quebec, j’ai jugé utile de mieux faire connaître la plateforme de publication numérique Smashwords aux auteurs francophones.

Beaucoup d’auteurs indépendants ne jurent que par Amazon. Certains signent même un contrat d’exclusivité avec la plateforme en validant KDP Select (le contrat ne dure que trois mois et est renouvelable ou pas). Ce n’est pas mon cas. Je n’imagine pas donner l’exclusivité à une seule plateforme. De plus en plus de lecteurs me disent ne pas vouloir acheter sur Amazon. Je veux donc offrir à mon lectorat plusieurs formats numériques pour les différentes tablettes, iPad, Kobo, ou Android. Scrivener me permet les meilleures compilations dans les trois formats numériques les plus courants : mobi, epub et pdf.

Du côté de l’auteur, c’est se priver d’intéressantes sources de revenus que de se limiter à une seule plateforme. Si je n’avais publié mes guides pratiques que sur Amazon, ma vie matérielle serait restée frugale et spartiate, comme elle l’était depuis dix ans, quand, ex-femme d’artisan-commerçant non déclarée par le chef de famille (oui c’était encore le statut marital à l’époque), ma retraite, prise à 60 ans pour des raisons de santé était amputée de dix ans de labeur. Ma vie est nettement améliorée depuis plus d’un an, par les redevances perçues pour mon travail, diffusé non seulement par Amazon, mais aussi par Smashwords et maintenant par Iggybook.  J’en suis aussi très fière.

Voici quelques réflexions sur les différentes formes de publication que je fais avec Scrivener pour un formatage final professionnel avec table des matières.


Les compilations finales durant la période de précommande

Je mets les publications en précommande pour être sûre de publier une version aboutie de mes ouvrages lors de leur sortie. On peut faire les essais dans la version brouillon d’Amazon, mais on est moins stressé quand on prend le temps d’envoyer son livre en correction et en beta-lecture, afin de s’assurer que l’ouvrage ne sera pas lu avec coquilles et compagnie qu’on aurait oublié de draguer. C’est une question d’organisation professionnelle et de respect du lectorat. Je me préoccupe moins du classement sur Amazon que de la qualité de ce que je publie. Mes lecteurs trouvent mes livres par des recherches en ligne qui aboutissent à mes articles de blog, pas en cherchant sur le top 100, même si mes guides sont toujours en bonne place dans leurs catégories.

Pour moi la précommande est un passage obligé. Il m’est arrivé de ne pas pouvoir le faire, lors de périodes où je n’étais pas assez sûre de mes forces pour me projeter un mois plus tard. Je remarque que mes guides publiés en précommande font une meilleure carrière sur Amazon que ceux dont je n’avais pas pu prévoir la sortie à l’avance. Et je me sens plus sereine ainsi.

Publication sur Amazon : compiler en mobi

Amazon reste une plateforme pratique, bien organisée et en français. Lorsque mon manuscrit est terminé, bien vérifié sur l’application iOS,  je le compile sur le logiciel Scrivener pour Mac au format mobi. Je coche la case Table des matières en html. C’est tout. Ensuite je vérifie le livre sur l’outil de vérification en ligne pour m’assurer que tout est bien là : Table des matières et fichier NCX qui gère les métadonnées de l’ebook sur le Kindle ou l’application Kindle pour tous les supports.

En cliquant sur Affichage NCX, je vérifie la table des matières.


L’inconvénient d’Amazon est de ne fournir qu’un seul format de fichier numérique. Aussi, je ne saurais m’en contenter. Le service dû au lecteur est une priorité absolue de l’édition numérique telle que je la conçois.

Publication sur Smashwords : format doc

Pas une seule seconde, je n’imagine fournir un seul format de lecture à celles et ceux qui me font l’honneur d’acheter mes livres. Je fais les publications que j’aime trouver quand je télécharge un livre, en plusieurs formats pour lire sur plusieurs supports.

Dans le guide Smashwords plus simple pour les francophones, je raconte tout le bien que je pense de cette excellente plateforme, Smashwords, dont les conversions sont les meilleures que je connaisse après en avoir testé plusieurs depuis sept ans.

Un document .doc

Pour publier sur Smashwords, il suffit d’un seul format, le document .doc. Sur Scrivener, je compile au format Microsoft Word 1997-2004. Je fais tous les paramétrages nécessaires pour que ça passe la première barrière automatique de Smashwords, AutoVetter.

Avec Word, en 2010 et 2011, j’avais souvent des problèmes. Je n’en ai plus depuis que j’utilise Scrivener pour créer mon document final au format Word, en respectant les exigences de formatage de Smashwords pour que l’ouvrage soit lisible sur tous les supports après conversion.

J’exporte mon document .doc tel qu’il sort de Scrivener. Je ne l’ouvre pas. Je n’y touche pas. J’ai déjà tenté de retravailler le document sur Open Office. Le travail était long et fastidieux, le résultat catastrophique. Plus jamais !

Un document .epub

On peut aussi publier un document ePub. J’ai  récemment publié sur Smashwords la deuxième édition des trois premiers guides, actualisés après la sortie de la première mise à jour de l’application qui avait nécessité les mises à jour du logiciel sur Mac et sur Windows.

J’ai tenté la version .epub, qui a bien marché pour deux guides, le guide Mac et le guide iOS. Ça n’a pas marché pour le guide Windows, qui avait été écrit sur un notebook Asus, tournant sur Windows10. Je ne sais si ça a une relation de cause à effet. L’EPUBcheck Validator révélait des erreurs, que je n’avais ni le temps ni l’envie de corriger. J’ai donc compilé la version Windows du guide Scrivener plus simple en un document .doc, sans y toucher. C’est passé à l’AutoVetter.

Sur Smashwords, après le premier passage automatique, le document est vérifié par l’équipe et on attend le verdict : sera-t-il accepté au Catalogue Premium ? Ou faudra-t-il revoir la copie ?

Oui, ça a marché. J’ai d’abord eu un premier courriel sur le passage à l’EPUBcheck si on met un document epub en téléchargement.

Puis, j’ai eu le bonheur de recevoir le courriel de Smashwords m’avisant que l’ouvrage est accepté sur le Catalogue Premium. Voici celui de mon dernier ouvrage.

Le statut Premium est visible dans le Tableau de bord (Dashboard), Premium Status qui valide le fichier, et Retailer Tickets, dont j’ai déjà parlé à propos du refus d’Apple qu’on parle des concurrents dans un livre !

Si tout est vert, c’est bon.

Je peux donc vous assurer que Scrivener marche vraiment bien et que son investissement (léger par rapport à celui de Word) vous permettra de faire des publications fructueuses, avec des formatages en epub ou doc en quelques clics, sans passer par des logiciels extérieurs de conversion d’ebooks.

Publication sur Iggybook : 3 formats issus directement de Scrivener

Ma troisième plateforme de publication est désormais Iggybook. Elle est francophone, avec un site d’accueil également en anglais. J’ai pu offrir des services de presse aux Auteures américaines que je citais dans mes guides pratiques ; elles ont géré facilement la création de compte et le téléchargement des Scrivener plus simple pour Mac, Windows et iOS.

Iggybook a le grand mérite d’offrir trois formats de fichiers. Je peux télécharger directement les fichiers compilés par Scrivener en ePub, mobi et PDF.

Certes, il faut payer 49 € pour chaque livre, en Premium, mais cet investissement est léger pour une location sans limite de temps d’une boutique en ligne. C’est rentabilisé par les ventes faites sur la plateforme directement à l’auteur.

Le paiement par PayPal ou carte bancaire est très simple pour l’acheteur. L’auteur est réglé tout de suite et l’acheteur télécharge immédiatement ses trois formats.

C’est une formule idéale pour les deux parties. Elle est souvent l’occasion d’échanges entre l’auteur et le lecteur, ce qui est très rassurant. On a des relations humaines vivantes.

On peut trouver mes sept guides pratiques (Scrivener et Smashwords) sur la plupart des librairies numériques en ligne. On ne les trouvera pas en papier. Je laisse l’impression papier aux grandes maisons traditionnelles. Chacun son métier. Ma petite maison d’édition bretonne est compétente en publication numérique, elle était bien en avance sur le milieu français de l’édition traditionnelle, mais depuis que je lis en numérique, je trouve le papier lourd, inutile, encombrant, étouffant. Je m’en voudrais de contribuer au pilonnage (technique utilisé dans les librairies et les maisons de la presse pour résoudre le problème des invendus) ou au désherbage (technique des bibliothèques pour aérer leurs rayonnages en supprimant les livres qui sont « obsolètes » !).

Un document au format PDF

Pourtant, je peux comprendre que certaines personnes aient besoin de s’appuyer sur un support papier pendant la période d’apprentissage numérique. C’est pourquoi je tiens à publier une version PDF de mes guides pratiques. On peut ainsi imprimer les chapitres essentiels comme les raccourcis ou certaines manipulations qu’on n’a pas encore bien assimilées. On trouvera cette version PDF sur Smashwords et Iggybook.


Voila, j’ai fait un peu le tour de la question des formats et des plateformes de publication numérique. J’espère vous informer, documenter et inspirer. À vous de jouer ! Belles écritures et bonnes publications !

Gaelle Kermen,
Kerantorec le 10 mars 2017, publié le 31 mars 2017


Scrivener est diffusé par Literature & Latte, pour Mac et Windows. Scrivener for iOS est diffusé sur iTunes pour iPhone et iPad.
Les illustrations sont les copies-écrans des publications de mon roman de jeunesse, qui a cinquante ans ce mois-ci, Aquamarine Revisited. Scrivener ne sert pas qu’à faire des guides pratiques. Grâce à Scrivener je peux enfin envisager la publication de mes écrits littéraires sur un demi-siècle.

Page auteur sur Iggybook
Page auteur sur Smashwords
Page auteur sur Amazon

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Scrivener plus simple : deuxieme edition des trois premiers guides pour Mac, Windows et iOS

Sur ce blog auteur, j’avais parlé début janvier de la deuxième édition des trois premiers guides Scrivener, publiés, pour la version Mac le 10 janvier 2016, la versionWindows le 21 juin 2016 et la version iOS le 28 octobre 2016. J’ai publié la deuxième édition le 10 janvier 2017 sur Iggybook et sur Amazon. C’est l’occasion de faire le point sur les pratiques d’édition indépendante, avec le point de vue de l’auteur et celui de ses lecteurs.

La deuxième édition porte le bandeau rouge 2e édition 2017. La date d’édition reste la même. L’ISBN ne change pas. C’est le même livre qui évolue, suivant l’avantage de la publication numérique. Ils gardent la première date d’édition.

Amazon n’a pas voulu informer mes lecteurs de la mise à jour des fichiers. Leurs explications étant peu probantes, j’ai laissé tomber la discussion.

Chez Apple, dès qu’une édition est mise à jour, le lecteur en est avisé sur son iPhone ou iPad. Tout se fait en un clic.

Le refus d’Amazon est une des raisons qui m’ont incitée à publier les guides sur Iggybook. Grace à ce support que je gère moi-même, je pourrai toujours fournir aux premiers lecteurs qui le désirent, le lien vers un coupon Iggybook leur permettant le téléchargement du guide en trois formats. Iggybook permet de faire des coupons gracieux en service de presse, une fonction très pratique. Le site est en anglais et en français.

Page auteur sur Iggybook

L’avantage d’Iggybook est de mettre en contact direct l’auteur et le lecteur. En me payant directement, par PayPal ou carte bancaire, certaines personnes m’ont fait part de leur enchantement et de la facilité de la plateforme.

Il est en effet rassurant de savoir que l’auteur n’est pas loin et qu’il peut répondre aux questions, si besoin en était. Le blog est là aussi pour ça, mais savoir qu’on peut écrire à l’auteur en toute intimité est rassurant. Beaucoup de lecteurs n’aiment pas que leurs commentaires soient exposés à tous les vents de l’Internet.

D’autres supports qu’Amazon

Beaucoup me font part aussi de leur volonté de ne plus acheter sur Amazon, pour des raisons d’éthique souvent, mais aussi parce qu’ils lisent sur iPad, liseuse autre que le Kindle ou support Android, préférant le format ePub au format propriétaire d’Amazon, le mobi.

Trois formats de fichiers sur Iggybook

Je tiens donc à fournir à mon lectorat plusieurs formats de fichiers, au moins les trois de bases : ePub, mobi et PDF.

Les trois guides 2e édition 2017 sont aussi sur Smashwords

Ce n’est que récemment que j’ai fait la mise à jour sur Smashwords, après la sortie du guide d’utilisation de cette plateforme numérique américaine par les auteurs francophones : Smashwords plus simple pour les francophones.

Je viens de publier la deuxième édition des trois premiers guides sur Smashwords. Ils ont été compilés par Scrivener pour Mac, acceptés par l’AutoVetter, sans erreur de formatage, enregistrés sur le catalogue Premium. Ils sont donc disponibles sur Kobo, Nook et Apple et quelques librairies en ligne.

Demandez-moi la deuxième édition

Si jamais la plateforme de téléchargement ne vous fournissait pas cette mise à jour automatique, veuillez me contacter, kerantorec at icloud point com. Envoyez-moi une preuve d’achat de votre guide dans sa première édition (masquez votre adresse, je ne vous écrirai jamais, je n’écris plus en papier depuis que je suis sur Internet, ça fait plus de vingt ans). Je vous enverrai le lien à ma page auteur Iggybook avec un coupon gracieux pour un téléchargement en trois formats.

Truc sur Iggybook

Après le premier téléchargement, pensez à revenir en arrière (flèche du haut à gauche sur votre navigateur) pour télécharger un deuxième, puis un troisième format. Ces trois formats seront stockés dans votre espace Lecture.

Opinion

Une de mes lectrices, enchantée de me payer directement, m’a confié :

Très simple et fluide cette plateforme.

Contact plus facile

Et, si jamais vous bloquiez sur une question que je n’aurais pas abordée, ou pas assez développée, dans le guide, n’hésitez pas à me contacter, j’essaie d’être réactive. Priorité au service :)

Les articles du blog sont complémentaires des chapitres du guide. Les deux sont utiles. Travaillez bien ! Belles écritures et bonnes publications !

Gaelle Kermen,
Kerantorec le 11 mars 2017, publié le 23 mars 2017


Page auteur sur Iggybook
Page auteur sur Smashwords
Page auteur sur Amazon

Sortie du guide pratique Smashwords plus simple pour les francophones

Ce 3 mars 2017 a été publié mon nouveau guide pratique : Smashwords plus simple pour les francophones ou comment publier sur la plateforme numérique américaine quand on écrit en français.

L’expérience de l’édition traditionnelle

Autrefois, quand j’étais encore parisienne, j’ai connu l’édition traditionnelle, lorsque j’ai été chroniqueur littéraire et artistique au Panorama culturel de la France, sur la radio France-Culture, ou quand j’ai assisté aux émissions littéraires de Michel Polac qui tenait le mythique Post-Scriptum. Je ne suis pas restée longtemps dans ce milieu, où on préférait toujours un chroniqueur homme à une chroniqueuse femme. Et puis, je suis partie vivre le retour à la terre en Ariège, dans les Pyrénées, où j’ai participé à la construction de nouveaux modes de vie et de pensée, héritages du Mai 68 que j’avais vécu au sein du Comité d’occupation de La Sorbonne libre, après avoir été étudiante sorbonnarde des années 60.

Quand Internet est sorti, j’ai pensé que j’y serais plus à ma place que dans les salons germanopratins des grandes maisons d’édition dont j’avais pu apercevoir quelques couloirs.

Vingt ans d’expérience de publication sur Internet

Dès 1995, je me connectais sur Compuserve pour être reliée au monde entier, sans quitter mon terroir breton. Dès le mois de février 1997, je publiais mon roman de jeunesse Aquamarine sur mon premier site web personnel. J’ai fait de belles rencontres à cette occasion et j’ai gardé quelques amitiés, maintenant via Facebook, de cette période pionnière.

Quand les plateformes numériques ont ouvert leurs espaces aux auteurs francophones, j’étais une des premières à publier sur ce support que j’attendais depuis ma jeunesse. Amazon a ouvert sa plateforme DTP (Digital Transfert Publishing) le 9 janvier 2010. Le 10 janvier, car je m’y préparais depuis l’annonce faite en décembre 2009, je publiais Aquamarine 67.

Le 21 janvier 2010, Steve Jobs annonçait la sortie de l’iPad pour le 21 avril suivant. Cette annonce me semblait une révolution dans la conception de l’écriture et de la publication aussi importante que l’Internet par rapport à l’imprimerie traditionnelle.

Les nouveaux comportements des grands lecteurs : le numérique

Un ami m’avait dit lire sur le Reader de Sony depuis trois ans, c’était génial de lire des ebooks sur un support dédié, il lisait beaucoup plus qu’avant, le seul problème était qu’il ne trouvait pas assez de livres en français.

J’ai fait des recherches sur Sony Reader. Et là, magie, magie, je suis tombée sur une page de publication américaine : Publish de Smashwords. C’est ainsi que j’ai connu la plateforme numérique américaine Smashwords.

Magie supplémentaire : Smashwords venait de passer un contrat de diffusion avec Apple. Les livres publiés sur Smashwords le seraient sur Sony Reader, mais aussi sur Apple, sur l’iBookstore, dès la sortie du premier iPad. La révolution était en marche et bien sûr, je voulais en être.

J’ai donc publié mon premier livre sur Smashwords le 10 mars 2010, livre qu’on pouvait télécharger de son iPad au format ePub.

Sept ans d’expérience de publication numérique 

Si je me permets d’écrire des guides pratiques sur l’édition indépendante, c’est que j’ai quelque expérience de la publication numérique : onze livres en sept ans, en ayant fait le tour de tous les outils disponibles. Ma production s’est accélérée récemment depuis que j’ai enfin trouvé des outils adaptés à l’écriture, au formatage et à la publication numérique : Scrivener pour Mac et Scrivener for iOS. J’ai fait six guides pour que les auteurs francophones puissent eux-aussi utiliser ces outils, comme les auteurs anglophones, fans enthousiastes de Scrivener depuis dix ans.

Depuis cette période, j’ai expérimenté d’autres plateformes, comme Draft2Digital et Iggybook. Mais je reste fidèle à Smashwords pour sa belle philosophie humaine, sa défense de l’indépendance des auteurs numériques et la qualité de ses conversions d’un document doc en ePub, mobi, PDF, LRF, html, Plain text.

Un guide permafree

Le guide de publication numérique sur Smashwords est et restera gratuit, comme le sont les livres d’initiation de Mark Coker, le créateur de Smashwords, ou leurs traductions en français ou d’autres. C’est ma contribution pour aider les auteurs francophones à utiliser une autre plateforme qu’Amazon.

La plateforme de publication Amazon est devenue Kindle Digital Publishing, KDP, qui peut être Select en contrat d’exclusivité, ce que je ne saurais conseiller, au motif qu’il vaut mieux ne jamais mettre tous ses œufs dans un seul panier. Si le panier tombe, tout se casse et on perd tout. On a déjà vu Amazon fermer des comptes d’Auteurs.

J’ai une grande confiance en Mark Coker et en son équipe. Smashwords est une valeur sûre.

En plus, la plateforme s’est simplifiée pour les auteurs hors des États-Unis d’Amérique, pour ne plus avoir à payer 30% de taxes sur leurs redevances, et, depuis le début de 2017, les paiements sont mensuels par PayPal, une excellente formule, qui évite de payer des droits bancaires.

Tout est expliqué dans le guide que vous pouvez trouver dans plusieurs librairies numériques en cliquant sur le lien universel de Books2Read.

Le cas Apple

Ce guide n’est pas et ne sera pas sur Apple iBookstore. Pour qu’il y soit, il me faudrait supprimer toute référence aux sites et produits concurrents comme Amazon et Kindle. Or, dans mon guide, je fais une analyse critique de tout ce que j’ai utilisé en sept ans et bien sûr je fais référence à Amazon et au Kindle, qui me permet encore, après sept ans de bons et loyaux services, de lire des œuvres du monde entier, même si j’utilise aussi un iPad pour lire les livres au format ePub, dont je préfère la présentation.

Le guide est sur les plateformes plus tolérantes et ne sera pas sur Apple. Sur Smashwords, on trouvera tous les formats. Donc ce n’est pas vraiment un problème.


Le cas Amazon

J’utilise toujours Amazon, depuis sept ans. Amazon n’a pas fait de difficulté pour publier un livre qui parle des autres plateformes de diffusion numérique. Un bon point pour elle.

Par contre, pour que le guide soit aussi gratuit sur ce support, il faut lui signaler qu’on a trouvé un prix inférieur ailleurs.

En bas, dans Détails sur le produit : cliquer sur nous signaler un prix inférieur.

https://www.amazon.fr/Smashwords-plus-simple-pour-francophones-ebook/dp/B06WD8YJYT/

Amazon décidera demain le 6 mars si elle aligne son prix sur celui de Kobo que je lui ai transmis moi-même. Si vous voulez cliquer sur « nous signaler un prix inférieur », vous soutiendrez ma demande. Merci.

Je vous souhaite de belles écritures et de belles publications.

Maintenant que j’ai écrit les Guides pratiques d’aide aux auteurs francophones, je vais pouvoir m’occuper de mes propres projets qui piaffent d’impatience sur mon iPad dans Scrivener for iOS.

Gaelle Kermen, Kerantorec, le 5 mars 2017

***

Post-Scriptum du 7 mars 2017

Amazon a changé le prix sur le site du Canada. On trouve désormais le guide avec ceux de Mark Coker, quand on tape Smashwords.

Mais, comme Amazon se réfère au site d’Apple pour aligner ses prix en France, il n’est toujours pas gratuit ce 7 mars. Si vous pouviez les contacter, il serait possible de mettre ce guide en permafree aussi en France. Merci à vous.

Enfin, le 8 mars 2017 au soir, Amazon France a aligné le prix sur celui de Smashwords, Nook, Kobo et les autres. Désormais, ce livre est en permafree. En tapant Smashwords, vous le trouverez avec les Guides de Mark Coker, en particulier le Guide des Styles traduit en français.

Lien universel : https://books2read.com/u/baPVGy

https://www.smashwords.com/books/view/700440

https://www.kobo.com/fr/fr/ebook/smashwords-plus-simple-pour-les-francophones

https://www.amazon.fr/Smashwords-plus-simple-pour-francophones-ebook/dp/B06WD8YJYT/

Belles éditions et bonnes publications !

ScrivenerApp : mes expériences de publication numérique 2016

La découverte de l’application Scrivener sortie le 20 juillet 2016 a été une passionnante aventure qui m’a bien occupée dès que j’ai eu les outils Apple permettant de l’utiliser à la mi-août. La rédaction du guide s’est faite aisément sur l’iPad avec un clavier externe, sur l’iPhone avec la Dictée de Siri.

Par contre la publication numérique a été compliquée et a retardé la sortie du livre, bien plus que je ne l’imaginais.

Je voulais bien tester l’application pour en trouver les limites. Je faisais tous les essais possibles et imaginables pour faire gagner du temps aux auteurs qui me liraient.

J’ai d’abord testé les outils compatibles avec l’application en restant sur les outils mobiles, sans utiliser le logiciel de bureau Scrivener.

Premiers essais depuis Scrivener App par PagesApp

J’ai donc fait des exports en Word, récupérables par l’application Pages, qui fait aussi des exports en PDF, Word et ePub.

Rappel : Pages est gratuit, fourni en standard sur les Macs pour le logiciel de bureau, téléchargeable sur App Store pour l’application, à la différence des outils Word, qui nécessitent de payer des rentes à vie.

Après les essais de publication sur les trois plateformes numériques, Amazon, Draft2Digital et Smashwords, j’ai vu que les titres des pages intérieures des sous-dossiers n’étaient pas exportés par l’application Scrivener.

Parenthèse : pour un roman, ce manque d’export de titres de sous-sections ne serait pas important, il n’y en aurait sans doute pas. Pour un guide pratique, ça me semblait indispensable. Je tiens à ce que le lecteur ou la lectrice retrouve rapidement l’information dont il ou elle a besoin. J’ai trop galéré moi-même quand je débutais sur Scrivener à trouver la bonne réponse dans les 500 pages denses du Manual en anglais. C’est d’ailleurs pourquoi j’ai écrit trois guides pratiques cette année 2016 au lieu de m’occuper de mes propres écrits.

Pour que tous les titres apparaissent, j’ai préféré faire l’effort de recopier chaque titre en tête de page. Je les ai formatés en allant dans le Pinceau, puis dans Style > descendre dans Formatting Options > Heading 2.

style

Parenthèse : formater un fichier directement sur l’application de l’iPad est vraiment agréable à faire. C’est comme un jeu d’enfant et je pense qu’il serait plus utile et efficace d’apprendre cette application Scrivener pour iOS aux enfants et étudiants que de leur imposer Word, qui était bien au temps de l’impression papier, mais n’est plus adapté à la publication numérique.

Sans ce formatage, les titres issus des pages dans les dossiers de l’application n’étaient pas exportés. Tout le reste était impeccable.

Mais je préfère quand même formater à la compilation dans le logiciel de bureau Scrivener. Cet été, je testais l’application et je n’ai pas ménagé ma peine ! C’est comme ça qu’on apprend, en se trompant, en essayant et en recommençant.

Formatage par le logiciel de bureau Scrivener pour Mac

Si la mise en forme est impeccable sur l’application, puis sur le logiciel de bureau Scrivener, il faut passer par le biais d’un traitement de texte de type Word ou Open Office pour formater un document .doc acceptable par Draft2Digital et Smashwords. Les retards dans la publication du guide viennent en partie de la question du formatage.

Les meilleurs formatages sont faits par le logiciel de bureau Scrivener pour Mac en ePub et mobi. Je n’ai jamais repéré de problème de lecture, de navigation, de repérage par table des matières, en lisant un ePub sur iPad ou iPhone, ou un mobi sur l’application Kindle ou sur le Kindle lui-même. Tout fonctionne bien aussi sur les tablettes Android. Les formatages de ScrivenerApp voulus par l’auteur et l’éditeur sont respectés. La lecture est fluide et agréable.


Le format mobi Kindle sur Amazon

Amazon accepte sans problème le format mobi (Kindle) issu de la compilation Scrivener et respecte tous les formatages, en gardant les illustrations au meilleur de leur qualité. La table des matières et le fichier NCX sont présents si on a pris soin de cocher la bonne case à la compilation en ebook mobi (Kindle). On le vérifie tout de suite au moment du téléchargement en cliquant sur Prévisualiser le livre.

previsualiser

Pour publier un fichier professionnel, il est essentiel de voir s’afficher quatre champs dans Table des Matières.

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Beaucoup trop de livres publiés sur Amazon Kindle n’ont que les deux premiers champs. Je le vois tout de suite lorsque je feuillette un extrait ou que je le lis sur mon Kindle ou mon iPad. Je les classe dans la catégorie AAA (Auteurs Amateurs sur Amazon) et jure qu’on ne m’y reprendra plus. Je déplore ces négligences vis à vis du lectorat.

Je ne supporte pas de lire un livre sans table des matières, je m’y sens claustrophobe, comme emprisonnée dans un métro aveugle, obligée de suivre un long couloir sombre, sans pouvoir sortir, sans pouvoir respirer ni revenir en arrière. Quelle que soit la qualité d’écriture du texte, s’il est mal formaté, un texte est moins mis en valeur et apprécié. Alors qu’il suffit de quelques clics sur Scrivener pour faire une table des matières dynamiques comme je l’explique dans un précédent article.

Les problèmes de conversions numériques

Si Amazon prend bien le fichier mobi (Kindle) issu de la compilation de Scrivener pour Mac, les problèmes surviennent à la conversion par les plateformes de diffusion Smashwords et Draft2Digital qui exigent des documents formatés sous Word (ou un logiciel Open Source) avec l’extension .doc ou .docx.

Ce qui marchait très bien dans mes précédentes publications (je n’avais pas eu ce genre de problème pour les deux précédents guides Scrivener plus simple pour Mac et Scrivener plus simple pour Windows) n’est plus valable pour les actuelles versions de Scrivener et d’OpenOffice, ou les paramètres ont changé sur Smashwords. Ou je suis fatiguée de reformater sur OpenOffice, d’amoindrir un fichier qui était parfait sur Scrivener…

Sur Smashwords en ePub et doc

Le format ePub issu de la compilation du logiciel Scrivener est bien lisible directement sur iPad, iPhone ou tablette Android, mais est refusé par EbubCheck et ne passe pas sur Smashwords. C’est le genre de blocage qui fait se taper la tête contre les murs et éloigne de nombreux auteurs de cette plateforme de diffusion numérique, par ailleurs excellente.

Mon fichier du guide pour iOS reformaté sur Open Office avait bien passé le barrage du Meatgrinder et Auto-Vetter n’avait décelé aucune erreur de formatage pour ebook.

Mais, cette fois, la première en plus de six ans, Smashwords a refusé le document .doc, reformaté par OpenOffice pour le catalogue Premium.

Pourtant le formatage qu’il propose en direct sur la librairie de mon compte auteur est bon. J’ai vérifié sur tous les supports numériques que j’ai à la maison.

À regret, car j’estime beaucoup Mark Coker et son équipe de Smashwords, je suis  passée par Draft2Digital, dont le site plus récent est plus ergonomique que celui de Smashwords.

Sur Draft2Digital en .doc

Draft2Digital a bien accepté le même fichier .doc pour les boutiques iBookstore, Kobo, Barnes & Noble. 

Apple a juste tiqué sur un lien que j’avais mis vers la liseuse Kindle sur la boutique Amazon. Pas de lien vers les concurrents, c’est la devise Apple ! Cette « erreur » réparée, le fichier .doc était accepté sans autre problème.

Le fichier .doc a été immédiatement publié par toutes les boutiques proposées par Draft2Digital, qui est vraiment une plateforme agréable.

La plateforme Draft2Digital offre aussi quelque chose de très pratique pour les auteurs qui publient ailleurs que sur Kindle KDP Select : un lien universel, qui cherche tous les sites où on peut acheter le livre.

Pour mon dernier guide sur iOS, le lien est : https://books2read.com/u/me0nGV

Book2Read est aussi accessible, si on ne publie pas sur Draft2Digital.

Des fichiers moins beaux que sur Smashwords

Mais, après la conversion du fichier .doc par Draft2Digital, il y a une certaine perte de qualité, des lignes blanches au-dessus et au-dessous des images ont été supprimées, écrasant le texte. Les images ont été compressées quand il a fallu les réduire dans le document sur OpenOffice. Bref toutes ces manipulations en .doc ne donnent pas un aussi bon résultat que les fichiers issus directement du logiciel de bureau Scrivener pour Mac.

Recherche d’autres solutions de diffusion numérique

Je me suis efforcée de trouver une meilleure solution de formatage sans perte de compression des données et des images.

J’ai testé le formatage par Vellum, un outil de formatage d’ebook sur Mac OS. Joanna Penn de The Creative Penn en disait le plus grand bien, au point qu’elle portait sur Vellum tous ses romans formatés sous Scrivener, sur lequel elle continue d’écrire, bien sûr, comment se passer de Scrivener quand on l’a bien en main ? Mais elle écrit des romans et pas des guides pratiques.

Hélas ! Vellum n’importait pas les chapitres comme je les avais organisés dans Scrivener et je ne me voyais pas refaire le travail déjà fait sur Scrivener, qui me convenait parfaitement. Exit Vellum !

J’ai alors testé la publication par Iggybook et j’y suis restée.

La bonne nouvelle d‘Iggybook est que la plateforme accepte trois formats issus de Scrivener : PDF, ePub et mobi.

J’ai donc fait mes paramétrages sur le logiciel de bureau Scrivener pour Mac, avec les bons repères de compilation habituels et j’ai téléchargé mes fichiers.

Ces trois formats ont été cceptés tout de suite, y compris sur iBookstore et Kobo. Enfin, ouf !

Vérifications d’usages sur tous mes supports de lecture : tout était comme je le souhaitais.

J’ai donc payé 49 euros pour être diffusée en Premium sur le site d’Iggybook afin que mon guide Scrivener plus simple pour iPad et iPhone soit disponible sur tous les sites possibles. La liste est longue.

C’est la première fois que je paie une plateforme de diffusion, mais il y a un moment où il faut passer à la vitesse supérieure, comme je trouve normal de rémunérer un graphiste pour mes couvertures. Une partie de mes redevances Smashwords est réinvestie dans les outils professionnels.

L’intérêt d’Iggybook est qu’ensuite je garderai les 100% de mes redevances. Après cet achat Premium, Iggybook ne perçoit plus rien. Seules les plateformes de vente prendront leur commission, en général entre 30 et 45% après déduction du port et des taxes, comme je l’expliquais dans un précédent article.

J’ai gardé la gestion de mon compte Amazon, j’y suis habituée depuis janvier 2010. J’y télécharge le fichier mobi (Kindle) issu du logiciel Scrivener après compilation du travail de rédaction et d’illustration, faits sur l’application Scrivener mobile pour iOS.

L’archaïsme de Word

J’avoue que je commence à trouver le fichier .doc franchement archaïque. Le .docx est plus récent, c’est un des formats d’exportation de ScrivenerApp, mais il n’a été accepté ni par Smashwords ni par Draft2Digital.

Je comprends qu’on ait privilégié le travail d’écriture sur Word quand on travaillait pour une impression papier. Word était conçu pour ça. Mais la technologie évolue très vite. La preuve, ce qui marchait sur Smashwords en janvier et en juin, quand j’ai publié les deux premiers guides, ne marche pas en octobre.

Après des années laborieuses sur Word et sur OpenOffice, je suis heureuse de travailler sur Scrivener. Devoir reformater mes fichiers sur un autre logiciel me semble une terrible perte de temps. Je l’ai fait pour ce troisième guide, pour tout tester pour mes futurs lecteurs. Je ne le ferai pas pour mes ouvrages personnels, que j’ai hâte de retrouver après un an consacré à (tenter d’) aider d’autres auteurs à mieux formater leurs romans.

Autant le travail sur ScrivenerApp et Scrivener est un plaisir, autant il est assommant sur les autres logiciels. Je n’ai plus envie de ne pas me faire plaisir.

Si Pages a prévu depuis des années la conversion en ePub, ce n’est pas le cas de Word, pourtant beaucoup plus cher à l’achat ou à l’abonnement.

Scrivener est conçu pour la diffusion numérique. Il est très abordable, pour toutes les bourses, y compris celles des étudiants.

S’obstiner à travailler sur Word me semble un archaïsme. On est au XXIe siècle, on peut profiter d’outils dont nous n’aurions jamais osé rêver quand j’étais étudiante et rivée aux claviers de mes machines à écrire Underwood ou Olivetti, submergée par le papier.

Dans un article précédent, je raconte comment je faisais pour écrire avant Scrivener. Franchement, je n’ai pas envie de revenir en arrière. J’ai envie d’aller de l’avant, d’écrire partout quand j’en ai envie, sans être limitée ni assujettie à un logiciel obsolète.

Scrivener et ScrivenerApp permettent d’écrire et de publier numérique.

Pour ceux qui veulent encore imprimer sur papier (ce n’est pas mon cas), Scrivener permet d’excellents paramétrages en PDF.

Important : si vous n’étiez pas satisfait de la qualité visuelle de votre guide, si vous l’aviez acquis dès sa sortie sur l’iBoostore ou Smashwords, avant sa publication sur Iggybook, faites-moi un mail à l’adresse kerantorec at icloud point com avec la preuve de votre achat et je vous enverrai le fichier sous le format de votre choix. Les fichiers issus directement de Scrivener sont toujours impeccables.

Belles écritures !

Gaelle
Kerantorec, le 19 novembre 2016

Le guide d’initiation francophone Scrivener plus simple pour iPad et iPhone est disponible sur la plupart des plateformes numériques et sur Iggybook, son nouveau diffuseur.

Publication : AFNIL et ISBN

Le livre a une réelle existence quand il est publié avec un numéro ISBN.

L’ISBN

L’ISBN (International Standard Book Number) est un numéro d’identification, reconnu dans le monde entier, attaché à la seule édition d’un livre. Ce qui veut dire qu’à chaque édition doit correspondre un ISBN unique. Une édition papier aura un numéro différent de l’édition numérique. Chaque édition numérique doit avoir un numéro ISBN différent sur les différentes plateformes numériques ou d’impression à la demande.

SmashwordsISBNGuideMac

Cette numérotation en 13 caractères permet de trouver le livre en question des années après sa parution, où que l’on soit dans le monde.

L’EAN permet d’établir un code-barre au dos des livres imprimés sur papier.

afnilL’AFNIL

L’AFNIL est l’Agence Francophone pour la Numérotation Internationale du Livre. Elle attribue les ISBN à tous les éditeurs des pays francophones qui en font la demande, en Europe et en Afrique.

Site de l’AFNIL : http://www.afnil.org/

Le site vous donne les informations nécessaires pour demander vos numéros ISBN et EAN (European Article Numbering) en tant qu’éditeur (imprimé Société) ou en tant qu’auto-éditeur (imprimé Particulier).

Il suffit de remplir un formulaire sur la page http://www.afnil.org/default.asp?Info=3

Vous imprimez le PDF ou le fichier Word, vous le remplissez, le signez, le scannez et le renvoyez par courriel à l’AFNIL, en joignant les justificatifs professionnels selon votre situation.

Mon expérience

Par exemple, j’ai un cabinet-conseil déclaré à l’URSSAF depuis plus de vingt ans. Ses activités sont complétées désormais par l’édition numérique. Pour obtenir le numéro AFNIL d’éditeur et ma liste des 50 premiers numéros ISBN, j’ai rempli le formulaire, l’ai signé et scanné, et je l’ai envoyé par courriel en y joignant des pièces justificatives professionnelles :  l’imprimé délivré par l’INSEE (Institut National de Statistiques et des Études Économiques) lors de l’enregistrement de mon cabinet libéral attribuant à mon Entreprise un numéro SIREN (Système Informatique du Répertoire des Entreprises) et le dernier relevé annuel de l’URSSAF (Union de Recouvrement des cotisations de Sécurité Sociale et d’Allocations Familiales).

J’avais envoyé mon dossier (formulaire, imprimés INSEE et URSSAF) le 5 mai 2012. J’ai reçu la réponse le 16 mai 2012 par courriel, puis par courrier postal.

Courriel afnil acd

La liste se présente ainsi :

ListeISBN

On la remplit au rythme des parutions.

ISBNutilises

Publication sur Amazon KDP

La plateforme d’édition numérique Amazon KDP n’exige pas d’ISBN et traite le livre, papier ou électronique, comme n’importe quel produit mis en vente. Le livre ou l’ebook est référencé sous un ASIN (Amazon Standard Identification Number) en dix caractères au lieu de treize.

Par exemple, le numéro ASIN de mon guide francophone, Scrivener plus simple pour Mac, est ASIN: B019XR6JQE. Il diffère peu de celui de la baratte à beurre que j’envisage d’acheter !

Amazon ASIN
Amazon ASIN d’une baratte à beurre.

Néanmoins lorsqu’on est un éditeur ou un auteur-éditeur sérieux, on peut – ou doit – attribuer un numéro ISBN au livrel publié sur Amazon. Il n’apparaît pas dans la fiche publique. L’ebook peut sans doute être retrouvé dans les catalogues internationaux des parutions, grâce à son ISBN enregistré dans les métadonnées. Ce ne sera jamais le cas d’un ebook uniquement publié sur Amazon KDP avec un ASIN.

Les autres plateformes numériques

Je n’ai pas testé la publication directe sur les plateformes numériques d’Apple ou de la Fnac. Je publie mes livrels sur l’iBookstore ou sur Kobo par l’intermédiaire de deux agrégateurs : Smashwords et Draft2Digital.

Smashwords et Draft2Digital attribuent un numéro ISBN à chaque livrel d’auteur n’ayant pas ses propres ISBN.

CreateSpace attribue un numéro ISBN à chaque livre imprimé à la demande, si l’auteur-éditeur ne fournit pas son propre numéro.

Dépôt légal obligatoire pour les livres imprimés

Pour les livres papier, le dépôt légal est obligatoire depuis le règne de François 1er en France. Vous trouverez les liens vers le dépôt légal en France et en Belgique sur le site de l’AFNIL.

Site de l’AFNIL : http://www.afnil.org/

Directives pour l’attribution aux livres électroniques

Attention
Vu le délai nécessaire pour recevoir les numéros ISBN, prenez vos précautions avant de lancer votre parution. Autant bien faire les choses tout de suite.

La publication est un acte grave, qui engage votre responsabilité morale et légale. La déclaration de votre activité d’éditeur ou d’auteur-éditeur donne du sérieux à votre travail.

Votre numéro ISBN fera de votre livre une œuvre unique et pérenne, lui donnant la réalité qu’il mérite, car vous avez mis toute votre âme dans son écriture.

Belles écritures !
Gaelle
Kerantorec, le 10 juin 2016

***

Scrivener_simple_pour_Windows_Final_2

Gaelle Kermen est l’auteur de Scrivener plus simple, le guide francophone pour Mac, publié par ACD Carpe Diem, 2016.
Fin juin 2016 : bientôt la sortie de Scrivener plus simple pour Windows.

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Au-delà de David récit par Muriel Martinella

Ce livre n’est pas un roman, c’est un récit, courageux, obstiné, de la quête de sens après le drame de la perte d’un proche. La narratrice rencontre une passeuse d’âmes corse, qui va l’initier à l’invisible, au paranormal, aux sciences dites occultes et lui permettre de s’épanouir dans une meilleure vie, plus riche.

couverture au-delà de David

Quand j’avais lu l’argument de l’éditeur, je m’étais méfiée. Non pas par souci de rationalisme cartésien forcené, bien plutôt parce qu’ayant moi-même fait des expériences spontanées de décorporation depuis mon enfance et même une NDE (Near Death Experience) en 84, je n’avais pas envie de voir dévoyer ou vulgariser ce qui est encore pour moi de l’ordre du Sacré.

Mais j’ai été séduite par la démarche, le style du récit et surtout les personnalités des deux protagonistes essentielles de cette histoire, la narratrice, Muriel, la passeuse d’âme corse, Ina.

J’ai aussi perdu mon jeune frère avant ses 40 ans, blessure incicatrisable, réactivée à chaque deuil successif. J’étais concernée.

Choc de départ : la mort d’un frère

Après le suicide de son jeune frère, Muriel tente de comprendre ce qui est devenu trop douloureux. Elle traine sur Google, trouve des forums sur la perte d’un proche. Une Annonce lui saute aux yeux : J’aide les défunts à partir. Le service est gracieux.

Commence alors le Travail occulte sur David, le frère tant aimé, pour l’aider à quitter le plan terrestre et progresser dans son nouvel état.

La passeuse d’âme

Le récit s’intéresse alors au personnage d’Ina, la passeuse d’âmes corse.

Une enfance corse dans un petit village rural

La petite fille est particulière : parler avec les morts dans le cimetière, nettoyer les statues des saints, masser les pieds des vieux du village et les écouter raconter leurs souvenirs d’autrefois sont ses plaisirs, à l’âge où les autres pensent à jouer sans souci.

L’initiation à la nature se fait par la Vieille, auprès du chêne.

La révolte ado genre punkette à Bastia

Elle aimerait bien être comme les autres, car ses dialogues avec l’au-delà sont difficiles à croire par ses camarades. Elle finira par se taire.

Mais les révélations sur ses vies antérieures continuent. Les rêves prémonitoires lui annoncent des morts.

Devenue jeune femme, Ina entretient ses facultés paranormales

Elle essaie de comprendre pourquoi elle a ses visions, ses intuitions, ses connaissances. Elle fait des régressions dans ses vies antérieures, des séances d’hypnose, du yoga, de la visualisation. Elle étudie la graphologie, l’astrologie…

Elle fait des recherches dans des librairies ésotériques, lit Shri Aurobindo, Edgard Cayce, Elisabeth Kübler-Ross, Carl Jung, L’ange…

Elle suit des enseignements dans un centre de métaphysique appliquée, initiée par des maîtres spirituels, elle étudie les chakras.

La tare secrète d’Ina, car il y en a toujours une, est la cigarette, qui diminue son niveau vibratoire, lui évite peut-être de ne vivre qu’avec les morts…

Un style direct

C’est Muriel qui raconte son expérience depuis la perte de son frère, jusqu’à la rencontre avec Ina.

Il y a beaucoup de dialogues. Quelques narrations au passé simple dont je ne suis pas fan, mais ça passe. Quelques narrations à l’imparfait que j’aime mieux.

Muriel se fait la plume d’Ina. L’écriture du livre serait inspirée par sainte Julia, la patronne de deux villages corses où a habité Ina. Sainte Julia se révèle même une vraie geek et sait faire des smileys dans la page !

Un ton souvent léger

Muriel se veut journaliste d’investigation, cartésienne, sceptique, et se révèle souvent terre à terre, au ras des pâquerettes même. Elle ne laisse aucune place à l’intuition, à sa propre quête intérieure, rien à une éventuelle croyance. Il faut que tout lui soit carré, fini, assuré. Tout est décrypté. Une attitude à la Saint-Thomas, qui a sans doute permis au livre de se construire. Et à sa narratrice d’ouvrir les champs des possibles.

Vacances en Corse : rencontre avec Ina dans la vraie vie

La deuxième partie du récit se fait sur les lieux réels des expériences rapportées en mail ou téléphone par Ina à Muriel.

La visite des lieux réels nous fait découvrir un village hanté depuis une vendetta terrible, que Ina pourra libérer. Son séjour dans une maison hantée lui permet aussi d’aider une revenante à partir.

Alors que les vacances corses s’achèvent, la visite d’une église où se trouve une statue de Sainte-Julie fait ressentir à Muriel la Présence de Sainte Julie.

Le décryptage des données de Sainte Julie par Ina révèle à la narratrice que le livre n’est pas sincère dans sa forme actuelle, Muriel ne s’est pas assez impliquée, elle est restée en surface, par peur de l’inconnu.

Très vite, la narratrice comprend. Elle fait preuve d’une vraie humilité d’auteur. Au moment où elle se décourage, en désespoir de cause, elle invoque Sainte Julie. C’est alors que le téléphone sonne, un journaliste d’arte a lu son premier manuscrit et lui donne un nouveau point de départ.

La réécriture du livre se fait alors pour la forme que nous pouvons lire maintenant.

Fin du livre

Des témoignages de personnes aidées par Ina clôturent le livre. L’adoucissement du deuil se fait par la relation avec Ina.

L’initiation ésotérique d’Ina enseigne une vraie philosophie de la vie. Cette expérience a changé la vie de Muriel. Sa lecture peut changer nos perspectives sur la vie après la mort d’un proche et nous aider à préparer la nôtre. Pour ce que vivre est apprendre à mourir, disait Montaigne.

Comme La vie après la vie du Dr Murphy ou La source noire de Patrice van Eersel, ou les ouvrages de Castaneda qui ont marqué ma génération, Au-delà de David est un livre-référence qui fera date et deviendra un classique.

***

Au-delà de David de Muriel Martinella, récit, Amazon, 11 mars 2016, 299 pages, 4,99 €

couverture au-delà de DavidBelles lectures !
Gaelle
Kerantorec, 8 avril 2016

***

ScrivenerSimpleCover

Gaelle Kermen est l’auteur de Scrivener plus simple, le guide francophone pour Mac, publié par ACD Carpe Diem, 2016.

Une valeur sûre : depuis sa sortie, le guide est en tête des meilleures ventes dans les catégories Logiciels, Bureautique et publication, en France, au Canada et aux USA, chez Amazon et Informatique et Internet chez Apple. Il remplit donc sa mission d’aide à l’écriture et la publication.

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pourquoi je ne lirai plus de polar mais j’ai suivi la voie du bateleur

Après les carnages de Charlie Hebdo et du Bataclan, j’avais décidé de ne plus lire de romans policiers, de thrillers gore, dégueus, qui contribuent à la noirceur de notre inconscient collectif. Mais j’ai rencontré La voie du bateleur et je l’ai suivie…

La voie du bateleur de Zabe Quinez, Amazon, 2015, format Kindle ou broché

Depuis les années 80, j’ai lu beaucoup de romans policiers dans leurs versions culturelles, historiques et ethnologiques. J’ai lu tous les Arthur Upfield (sur les aborigènes australiens), lu, et relu en version originale, tous les Tony Hillerman (sur les Indiens navajo et hopi à la frontière du Nouveau Mexique), lu et relu certains en V.O. tous les Lilian Jackson Brown (The Cat who, le Chat qui…), lu aussi la plupart des Robert van Gulik (le Juge Ti), tous les Dona Leon (Commissaire Brunetti à Venise) en V.O. au fil de leurs sorties, bien sûr les classiques Agatha Christie, Arthur Conan Doyle, ou les Ruth Rendell et autres romancières anglaises, et un de mes plus chers héros, Brother Cadfael d’Ellis Peters, moine herboriste du XIIe siècle anglais.

Depuis six ans que je lis sur Kindle, j’ai lu quelques thrillers. J’en ai apprécié quelques uns, comme Au coeur du Solstice et les Pierres couchées de Jacques Vandroux, ou les polars mayas de Cécile Chabot, Le cycle de Xhol.

Mais, lorsque j’ai lu la scène de carnage dans Notre-Dame de Paris du Projet Anastasis de Jacques Vandroux, avec tous les détails sur la façon dont le meurtrier pouvait s’échapper sans risque en démontant tranquillement son matériel, j‘ai eu un flash, une vision d’horreur, j’ai vu la scène se passer, je savais que ça allait arriver. Et j’ai eu peur qu’à force de décrire ce type de scènes elles deviennent réelles comme « le Verbe se fait Chair », comme s’incarnent les formes-pensées, comme le mal attire le mal.

J’ai eu cette vision le 30 décembre 2014. Le 7 janvier 2015, c’était le carnage à Charlie Hebdo et à l’Hyper Cacher, le début de l’horreur devenue quasi quotidienne.

Quelques semaines plus tard, j’ai lu le même genre de scène, se situant encore à Notre-Dame de Paris, dans un roman de Nick Stephenson, Wanted.

Ça suffisait. Ce n’était pas bon pour mon karma personnel de lire des choses aussi abominables, d’entretenir dans mon mental des visions abominables, ça ne m’apprenait plus rien. Je contribuais moi aussi à la noirceur de notre inconscient collectif. Il n’était pas sain de se délecter d’une lecture qui devenait aussi cruelle réalité.

J’en avais assez. J’avais l’impression de lire toujours le même livre. Tout le monde écrit des thrillers ou des polars dans tous les domaines.

La lecture est une grande part de ma vie. Je ne lis pas pour passer le temps, je lis pour me nourrir, respirer, apprendre, voyager, comprendre comment vivent les autres, ailleurs ou tout près, découvrir des horizons inconnus ou revoir des paysages connus, je lis pour me cultiver, souvent pour rêver et oublier mes propres difficultés, parfois pour me reconstruire, m’améliorer, toujours pour tenter de progresser.

J’ai beaucoup appris en lisant les livres dont je parle plus haut. La littérature a constitué le fondement essentiel de ma culture générale.

Mais je n’ai pas besoin de savoir comment on démonte une kalachnikov pour passer inaperçu dans le métro.

J’ai donc décidé que je ne lirai plus de romans policiers trash, gore, destroy, sordides, dégueus, nauséabonds. Et si je me suis encore laissée piéger par trois ou quatre autres romans du genre, maintenant je dis non !

A fortiori depuis le 13 novembre 2015 à Paris, depuis le stade de France, les terrasses du XIe, le Bataclan, je hurle non !

Je veux lire désormais des écrits plus positifs.

Tout cet hiver, j’ai lu la série des Maigret de Georges Simenon, les 103 romans de la série, l’hiver est la période de lecture idéale sous la couette ou au coin du feu, quand le temps ne permet pas de travailler dehors. Je me sentais bien quand je terminais un ebook. Je ne sortais pas salie de ma lecture, poisseuse, ni nauséeuse, comme après celle des romans violents et déprimants. Retrouver un Paris connu dans les années 60-70 était un vrai régal sociologique, un régal littéraire, un régal culinaire. Comme boire un bon vin ou faire un bon repas entre amis chers.

Que lire après un tel voyage dans le temps entre la fin des années 20 et le début des années 70 ?

Que lire pour fêter ce printemps qui illumine la nature qui m’entoure ?

J’ai trouvé la proposition printanière de Zabe Quinez sur sa page Facebook. J’ai suivi la voie du bateleur. Et j’ai bien fait !

Voie du bateleur par Zabe Quinez

Car, oui, je sors de la lecture de La voie du bateleur revivifiée, heureuse de vivre, joyeuse comme les oiseaux qui ce matin à 6:44 m’indiquaient que le soleil allait se lever.

Zabe Quinez restitue une vie belle, simple, saine, sensuelle, où j’ai envie de me replonger, sans craindre d’être souillée et dégradée par des éclaboussures de sang et d’ordures. Une vie où l’amitié a un sens, où la réflexion sur les affaires en a un aussi. La façon d’enquêter de son héros est intelligente. On pourrait dire qu’elle est spirituelle, dans le sens initiatique du terme puisque le héros suit la voie du tarot de Marseille, dont il fait une analyse précise et fidèle, celle des symboles qui permettent de descendre en soi, de découvrir le sens caché du chemin.

Il se trouve qu’un des livres les plus précieux de ma bibliothèque est Le tarot des imagiers du Moyen Âge de Oswald Wirth, de la fin du XIXe siècle, dans la réédition de Tchou éditeur, 1966, qui m’a bien accompagnée à certaines époques incompréhensibles de ma vie.

Tarot Oswald Wirth

Alors quand Zabe Quinez décrit le jeune homme échappé de l’hôpital avec son chapeau en infini et ses couleurs dépareillées, oui, je l’ai suivi, sans hésiter…

Je n’en dirai pas plus sur l’histoire, elle rappelle un certain jeune homme bigouden qui essaie désespérément de se défendre contre les gros requins du grand banqueditisme…

Un roman sans mort ni kalachnikov. Oui, c’est possible. En fait, ce n’est pas un roman policier, mais un roman justicier… Une façon de restaurer l’harmonie dans un chaos imprévu.

À chacun de suivre la voie des lames. Moi j’y crois et je vais lire le deuxième tome de la deuxième lame, Les sources de la Papesse, comme je lirai les vingt prochains tomes issus des vingt-deux lames des arcanes majeurs du Tarot, prévus par l’auteur. Une belle façon d’enquêter, originale, précieuse, respectueuse. Avec une écriture simple et sobre, sans effet de style. Tout ça sur le fond des marchés de Provence. Comme une chanson du Bécaud de mon enfance. Avec des recettes qu’on peut trouver sur le site de l’auteur : La voie des lames, l’épicurisme sans prise de tête.

Ouf ! ça fait du bien.

Beau printemps et belles écritures !
Gaelle
Kerantorec, 22 mars 2016

P.S. Non, je ne lirai plus de polar, la réalité est trop dure. Au moment où j’écrivais ces lignes, des explosions avaient lieu à l’aéroport et dans le métro de Bruxelles en Belgique. La joie matinale de la lecture a été anéantie par les insupportables nouvelles. Ne restent que les larmes, impuissantes. Les lames XIII et XV sont sorties ce matin. La Mort et le Diable.

Au moins, Zabe Quinez n’a pas contribué à l’égrégore anxiogène, mais a fait sa part du colibri pour apporter un peu de joie et de bonheur dans le monde littéraire. Merci !

La voie du bateleur

***

ScrivenerSimpleCover

 

Gaelle Kermen est l’auteur de Scrivener plus simple, le guide francophone pour Mac, publié par ACD Carpe Diem, 2016.

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