ScrivenerApp : un an avec l application Scrivener pour iPad

Un an avec l’application Scrivener pour iPad et iPhone

Il y a un an aujourd’hui que j’ai acheté un iPad mini 4 et un iPhone 5c et que j’ai téléchargé l’application Scrivener for iOS sur ces deux supports. Quel est le bilan de cette année ?
Après plus de quatre ans sur des PC et des tablettes Android, j’achetais l’iPad et l’iPhone d’Apple sous système iOS parce que Literature & Latte sortait l’application de Scrivener sur ces supports. Je n’avais pas un budget assez conséquent pour acheter l’iPad pro sur lequel le développeur de Scrivener nous montrait les différents avantages de l’application dans des articles annonçant sa sortie. Je me suis contentée d’un iPad plus ancien, plus petit, mais aussi plus léger, ce qui pour moi est un atout majeur, je cherche à alléger ma vie à tous points de vue.
Après un an d’utilisation effrénée et enthousiaste, je peux affirmer que cet outil est un des meilleurs investissements que j’aie faits de ma vie. Il a changé mon mode de vie, comme l’avait fait ma première connexion à l’Internet en août 1995. Il a changé ma relation à l’écriture comme le Kindle avait changé ma relation à la lecture en septembre 2010.

Comme l’iPad mini 4 est léger, je l’ai toujours sur moi ou avec moi, aussi bien dans une poche, qu’un sac à main ou un sac à dos. C’est aussi ce que je faisais avec le Kindle, maintenant, je n’en ai plus besoin, je peux aussi lire sur l’iPad mini dont l’écran fait la taille d’un livre de poche, en gardant la page ouverte sans que je sois obligée de forcer des deux mains comme pour un livre en papier.

Ma relation à l’écriture a changé. Je n’imagine plus l’écrivain comme quelqu’un d’assis à un bureau fixe devant un papier et un stylo ou devant un ordinateur avec un clavier. L’écriture s’est libérée. On peut écrire partout, sans contrainte majeure, sur ses genoux, dans un creux de rocher, un coin de plage, un talus, un banc ou une terrasse de café.




Trois coffrets, deux nouvelles éditions

Après avoir essayé l’application, convaincue très vite de son intérêt, j’ai décidé d’en faire un guide pour les francophones comme j’en avais fait un pour le logiciel d’écriture Scrivener pour Mac et Scrivener pour Windows, le premier fait sur un Mac mini branché sur un écran LCD (je choisis toujours des solutions Apple de base) et le deuxième sur un notebook Asus sur Windows. J’ai commencé à écrire le guide dans une chaise-longue sur ma terrasse à mi-ombre. J’ai continué à l’écrire au bord de la mer. Quand j’allais me baigner à vélo, j’emportais mon picnic et l’iPad mini dans le sac à dos. Je prenais des notes dès que l’idée se manifestait.

Au début, j’éprouvais le besoin de reprendre les chapitres sur un Mac de bureau. J’ai fait des erreurs dans le formatage des photos, parce que je restais encore accrochée à mes habitudes d’avant. J’ai dû recommencer certaines illustrations et j’ai mis du temps à faire ce guide iOS. Au passage, je précise que ce guide est le premier livre écrit sur l’application. Je n’en connais pas d’autres, même en anglais, à ce jour, treize mois après la sortie de l’application. C’est une première mondiale. Fière, je suis !

Je n’ai publié le guide que fin octobre 2016. Mais après, j’ai continué à travailler sur ce support, et bien vite j’ai vu que je pouvais manipuler des dossiers très conséquents, y compris avec de multiples illustrations. J’avais tellement galéré sur Word ou Open Office que j’avais renoncé à publier plusieurs ouvrages, restés en attente sur mes disques durs. Comme j’aime pousser les applications ou les logiciels que je teste dans leurs retranchements, j’ai essayé de faire un « boxset », un coffret reliant deux guides en même temps, puis les trois guides. Le guide complet des deux logiciels et de l’application fait plus de six cents pages avec plus de cinq cents illustrations. Aucun problème. Un jeu de construction. Un amusement.

Pour Noël 2016, j’ai sorti les trois guides en trois coffrets, tenant compte des dernières mises à jour de Scrivener.

Les seuls moments où j’interviens avec le logiciel de bureau pour Mac est le moment où je glisse un projet Scrivener écrit sur le Mac dans un dossier Dropbox et quand je compile à la fin les publications en plusieurs formats de base sur plusieurs plateformes numériques.

Dans la foulée j’ai fait une nouvelle édition des deux premiers guides avec les mises à jour, en révisant l’ensemble des ouvrages, toujours sur l’iPad si pratique pour lire un chapitre après l’autre.


Un nouveau guide Smashwords plus simple et Aquamarine Revisited

L’écriture devenait si facile sur l’application et l’iPad que j’ai décidé de faire un guide pour que les auteurs francophones accèdent plus facilement à la première plateforme numérique américaines (depuis 2008) : Smashwords dont le site est seulement en anglais. Cette fois, je maîtrisais bien les illustrations et le guide s’est construit rapidement. Il était publié le 3 mars.

J’avais aussi revu mon premier roman dont l’histoire se passait en 1967, et j’en ai fait une édition du cinquantenaire Aquamarine Revisited, publié le 28 mars.

Deux publications dans le même mois, c’était beaucoup. La fatigue m’est un peu tombée dessus. J’ai continué à écrire et corriger, mais sans publier, ce qui implique une autre énergie. Les formatages et publication se feront d’ici la fin de l’année 2017.




De l’accompagnement d’écriture

J’ai aidé une amie à réécrire un livre écrit il y a vingt-cinq ans et j’ai dû laisser de côté mes propres écrits en avril et mai. En juin, j’ai repris des travaux sur mon domaine en profitant du beau temps. J’ai eu l’idée d’un nouveau livre dont j’ai posé les bases dans une mindmap (carte mentale ou heuristique). J’ai récupéré le plan dans un nouveau projet Scrivener sur iOS et j’ai écrit le livre tout le mois de juillet dans le cadre du Camp NaNoWriMo, dont je compte les péripéties dans d’autres articles.

Ce mois d’août, mon amie reprend son roman, je lui prête mon bureau, je la conseille et l’aide à travailler la matière même du livre qui prend beaucoup plus de forces et de sens avec de nouveaux chapitres explorant des pistes qu’elle n’avait pas osé explorer. Mes journées ne sont pas réservées à mes écrits que je vais reprendre après le 15 août.


Un budget d’écriture à moins de 500 euros

Mon amie qui avait écrit son livre sur un PC en MSDos en 94, impressionnée de me voir travailler comme je le fais avec mes outils légers, en me posant et me posant comme un papillon ici ou là dans le jardin, va se récompenser de son dur labeur en achetant, selon mes conseils, un iPad à 409 euros (l’équivalent Samsung vaut 449 euros), une application Scrivener for iOS à 22 euros, un clavier Bluetooth de chez Pearl à 23 euros, un support et une housse autour de 29 euros. Pour moins de 500 euros, elle aura de quoi écrire tous les manuscrits qu’elle a laissé toute sa vie dormir dans des tiroirs !


Ecrire en liberté

Tous les jours, après le petit déjeuner, dehors sous la pergola au soleil, ou dans mon lit quand le temps est couvert, j’écris mon journal, prends des notes et ajoute des paragraphes au nouveau livre, qui s’étoffe lui-aussi. Plus tard dans la journée, je reprends des notes, selon l’inspiration.

Je ne sais plus comment je faisais avant quand j’écrivais au stylo sur des cahiers en papier, quand je tapais sur un clavier de bureau fixe ou sur un clavier de Macbook ou de notebook. Maintenant j’écris, j’écris, j’écris et rien d’autre ne compte pendant ce laps de temps où je me concentre sur le petit écran de l’iPad mini 4, sans aucune distraction, sans rien voir à côté, en coupant le téléphone, en fermant les notifications, en ne pensant qu’à mon sujet en cours.

Dans le nouveau livre sur la Vie créative plus simple, je détaille de nombreuses pratiques permettant la créativité et l’aboutissement des projets. Je voulais déjà, à l’occasion de l’anniversaire de l’iPad et de Scriv for iOS, partager avec vous ma sérénité d’écriture grâce à un outil abordable et à une application géniale.
Maintenant, je ne fais plus d’effort, j’écris, c’est tout. Et je publie.

Je vous souhaite le même bonheur. Surtout, mes ami-e-s, ne faites pas comme nous, n’attendez pas cinquante, trente, vingt-cinq, ni même deux ans, pour écrire et publier les écrits qui vous tiennent à cœur et vous rendent uniques.

Bel été d’écriture.
Gaelle Kermen

Kerantorec, le 12 août 2017


L’application Scrivener pour iOS est disponible sur le site de l’App Store au prix de 19,99 euros.

Iggybook : http://gaelle-kermen.iggybook.com/fr/

Amazon : https://www.amazon.fr/Gaelle-Kermen/

Smashwords : https://www.smashwords.com/profile/view/gaellekermen

 

Publicités

Camp NaNoWriMo juillet 2017 organisation du projet

Le programme défini pour le Camp est un exemple concret et aussi une mise en abîme, qui me donne un peu le vertige.

J’écris souvent mes réflexions dans mon Journal de Vie, au quotidien. Parfois, je me dis que cela concerne complètement le sujet du livre enregistré dans le Camp de Juillet 2017. Alors je copie un paragraphe, parfois plus, et je le colle dans un nouveau chapitre du livre. Tout se fait avec facilité et fluidité sur l’iPad. Je vois déjà, au 4ème jour de Camp, avancer mon projet de guide pratique sans fatigue, sans me prendre la tête dans les mains comme le Penseur de Rodin.

IMG_1499

Bien sûr, ce ne serait peut-être pas la même chose pour un roman, où il faudrait déterminer qui fait quoi, le passé des personnages, les lieux de l’intrigue. Mais tout peut servir.

Un modèle de roman pour le NaNoWriMo traduit en français

Vous pouvez trouver un modèle de roman conçu par Scrivener pour le NaNoWriMo traduit en français sur le site de autoedite.net qui assure des formations au logiciel Scrivener pour Mac ou Windows : http://autoedite.net/modele-scrivener-camp-nanowrimo/

Références personnelles

Depuis que j’ai acquis iPad et iPhone, après la sortie de l’application Scrivener for iOS, en août 2016, je n’écris plus que sur ce support nomade. Mes références seront donc essentiellement liées à cet outil d’écriture qui a libéré ma créativité dans des proportions que je n’aurais jamais imaginées. Par contre, je fais toujours la vérification générale et les corrections finales sur les logiciels Scrivener pour Mac et Windows.

Organisation du travail

Le fait de m’inscrire dans le Camp m’a donné un cadre de travail et une obligation de résultat. Je suis heureuse et rassurée de me tenir à un projet défini et structuré, au lieu de prendre des notes sur plusieurs projets à la fois, sans en mener aucun à bien. Je le vois en ouvrant mon Scrivener d’iPad ou d’iPhone : plusieurs projets attendent, des articles qui sont moins d’actualité à force d’en différer la publication. On finit par ne plus voir ce qu’on a sous les yeux et à ne rien avancer. C’est ainsi qu’on apprend.

Je ne dois garder sur Dropbox, dans le dossier SCRIVENER créé au départ, que ce qui est utile dans l’immédiat. C’est à vous de choisir votre dossier lors de la session de Dropbox Settings quand vous enregistrez Scrivener sur iOS (voir mes articles de blog ou mes guides sur Scrivener).

Les autres projets peuvent être mis en attente dans le dossier du Mac ou du PC de Bureau, mais ne doivent pas apparaitre sur l’iPad, où je travaille le plus souvent, l’iPhone servant surtout à prendre des notes lorsque je me réveille et que je veux juste ajouter une idée, avant de me rendormir comme une bienheureuse.

Pour bien avancer sur la route, il faut y voir clair. Mettre seulement les projets en cours dans Scrivener et les synchroniser sur tous les supports permet de mieux concentrer ses forces mentales.

IMG_1500

Objectifs du projet

Pour la longueur du projet : j’ai diminué le nombre de mots de 50 000 à 31 000 pour ne pas stresser sur l’objectif à atteindre.  Ce qui fait 1 000 mots par jour, défi facile à remplir. J’écris souvent plus que 1 000 mots tous les jours dans mon Journal de Vie et mon Cahier de Chantier. Disons que c’est un minimum. Si je fais plus de mots, tant mieux. C’est juste une base pour suivre les progrès chaque jour, encouragement notoire à la poursuite des idées.

Et puis, j’écris un guide pratique pour mieux s’organiser. Donc pour gagner du temps. Il ne faudrait pas trop en perdre à lire le livre.

Pourtant, je ne voudrais pas non plus donner à mes lectrices et lecteurs le sentiment de vide, de redondance ou de déjà vu qu’on a souvent dans des guides pratiques, qui compilent ce qui est déjà publié sur Internet.

Je vais axer principalement mes exemples sur des témoignages concrets, tirés souvent de l’histoire personnelle. Après tout, j’ai des années d’expérience derrière moi. On me demande souvent conseil. Je suis arrivée au stade de ma vie où je dois partager mes connaissances et transmettre mes compétences.

Point en cours de route

Au septième jour, il me semble avoir bien avancé la construction globale dans d’excellentes conditions. Je n’ai toujours pas trouvé de camarades de cabanes pour le Camp NaNoWrimo, mais j’ai l’habitude de la solitude du coureur de fond des bois.

Je n’ai pas écrit le sixième jour, j’avais trop de choses à faire en dehors du livre. Mais le repos est aussi salutaire. Je vais relire le projet entier et en entamer la rédaction proprement dite.


Belles écritures estivales !

Gaelle Kermen
Kerantorec, le 8 juillet 2017


Articles du blog sur l’application Scrivener pour iOS https://gaellekermen.net/scrivenerapp-repertoire-des-articles-du-blog-sur-lapplication-scrivener-pour-ios-2/


Gaelle Kermen est l’auteur de Scrivener plus simple, les guides francophones pour Mac, Windows et iOS, publiés par ACD Carpe Diem, 2016 (1ère édition) -2017 (2e édition).

scrivener_wordpress_banner

Fiche auteur Gaelle Kermen

Gaelle Kermen, auteur numérique francophone

Née en 1946 en Bretagne sud, France, Gaelle Kermen a reçu à Paris de 1964 à 1972 une formation en philosophie, sociologie et droit aux universités de la Sorbonne, Droit-Assas et Vincennes-Paris-8.

De Portraits

Portrait de Gaelle Kermen par Ana Le Doze-Samson, 2010

L’internet et Gaelle Kermen, une belle aventure humaine

Gaelle Kermen est une pionnière du Web depuis 1995 dès les débuts sur Compuserve, alors que rien n’existe encore en français, considérant qu’il faut s’impliquer en tant qu’auteur, pour que le Web ne reste pas anglophone.

Elle publie son roman de jeunesse Aquamarine 67 en février 1997 sur son premier site internet du Club-Internet, puis sur ceux de Wanadoo et Free (archives de 1997 à 2009.

Elle ouvre une des premières boutiques en ligne francophones (chronodynamie.com, service en gestion du temps) dès mars 1998 sur un serveur américain implanté en Europe, ce qui permet de lever l’interdiction française de cryptage des données, réservé encore aux militaires.

Le réseau de l’Internet a bien évolué depuis les débuts. Désormais Gaelle Kermen blogue sur WordPress, selon ses sujets de prédilection : chantiers maison et jardin, voyages, écriture.

Elle expérimente les réseaux sociaux comme une expérience sociologique et une discipline quotidienne d’écriture, dans les statuts Twitter de 140 signes et les profils Facebook en 420 signes.

Fidèle d’Apple™ depuis 1992, elle rêve d’avoir un iPad®, dont l’innovation lui parait une révolution aussi importante que lui apparaissait celle de l’Internet en 1995, alors que peu de gens y croyaient et se formaient à ce changement de comportements.

Pour l’instant elle a un Kindle®, qui lui permet de voyager avec tous les grands auteurs de l’humanité, elle retrouve ce que Barthes appelait Le Plaisir du Texte en lisant près d’un livre par jour et elle corrige ses livrels avec une précision inégalée jusque là.

De Amazon Kindle 3

Auteur indépendant ou Indie Author

Lorsque Amazon ouvre sa plate forme d’édition numérique aux auteurs et éditeurs non anglophones le 18 janvier 2010, elle publie immédiatement Aquamarine 67 sur ce support de diffusion dès le 20 janvier. Elle s’y sent un peu seule comme auteur francophone, étant entourée de gens éminents certes, mais tous morts, comme Verne, Hugo, Dumas, Racine, Corneille, Zola…

Aussi lorsque Steve Jobs présente l’iPad la semaine suivante, elle décide d’être présente sur ce support révolutionnaire dès les débuts. Grâce à l’éditeur numérique Mark Coker, créateur de Smashwords Inc, le pari est tenu (pour l’instant sur l’iBookstore US, UK, CA, DK mais non FR, IT, etc).

http://itunes.apple.com/us/book/aquamarine-67/id365939934?mt=11

Pour trouver aquamarine67_on_iPad_Us
Pour trouver aquamarine67_on_iPad_Us

Les oeuvres sont publiées sans DRM (Digital Rights Management ou bloquage désagréable des fichiers numériques). La publication des oeuvres en numérique permet de les rendre accessibles de tous les pays du monde. Leur bas prix les met à la portée de tous. Enfin, Gaelle Kermen reste propriétaire de tous ses droits. Matriarche bretonne de 64 ans, elle apprécie de n’avoir de compte à rendre qu’à ses lectrices et lecteurs.

Relation directe de l’auteur au lecteur

L’auto-édition est une notion courante chez les anglo-saxons (Indie Authors) mais peu crédible en France, où on se laisse empeser par des structures que l’on croit immuables, alors qu’elles sont obsolètes. Gaelle Kermen fait le pari de l’indépendance des auteurs. Elle appelle les auteurs francophones à investir le réseau en sortant des chemins balisés pour de nouveaux paradigmes, de meilleurs droits et une meilleure relation avec le lectorat, but premier de l’écriture.

Oeuvres publiées

Aquamarine 67
#01 Au Loin un Phare 1960-1965

Oeuvres en cours de correction

Cahiers de 1965 à 1970. Publication prochaine.

De Gaelle Kermen Journal

Les premiers cahiers comprennent les années de formation, dans un ensemble qui couvre 50 ans d’écriture. 50 ans d’écriture en cahiers 1960-2010

Gaelle Kermen écrit sur la vie, le rythme des saisons, la politique, l’histoire du monde, les technologies qui améliorent la vie des êtres vivants, la littérature, la musique, la peinture, le jardin, le travail du bois ou du chanvre, pour la construction d’un cadre de vie permettant l’épanouissement de chacun en harmonie avec le monde qui le porte.

Gaelle Kermen, 64 ans, vit en ermite sur un domaine en Bretagne qu’elle restaure et entretient volontairement seule. Elle y écrit ses cahiers (1960-2010) et reste connectée au monde par internet et les réseaux sociaux. Elle fait le choix de ne publier ses écrits qu’en mode numérique.

Détenteur du Copyright numéro 00049431

© gaelle kermen 2010

Une autre ecriture #1

Dans le bandeau de mon blog gaellekermen.net, j’ai écrit :
eWriter une autre conception de l’écriture .

Une autre ecriture #1

Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours écrit, dès huit ans, dix ans, quatorze ans. J’ai gardé mes cahiers et carnets à partir de 14 ans, l’année 1960, à mon arrivée de Bretagne à Paris. J’ai toujours su qu’un jour je les publierai.

De Blogs gaelle kermen

Pourquoi ne pas les avoir soumis à des éditeurs ?

J’avais l’impression que je n’avais pas ma place dans le monde de l’édition parisienne, cotoyée un temps quand j’ai été chroniqueur littéraire à France-Culture en 1970. J’avais arpenté alors les grandes maisons qu’étaient (sont encore pour combien de temps ?) Gallimard, Grasset, Le Seuil, Robert Laffont, il y en avait une cinquième recommandée par mon directeur d’émission au Panorama Culturel de la France, je l’ai oubliée.

Je n’ai pas fait long feu dans ces milieux, ni de l’Edition ni de la Culture. J’étais trop extraterrestre pour des gens qui campaient sur leurs acquis et s’accrochaient à leur privilèges, appliquant le système de la « reproduction » des « héritiers » formulé par Bourdieu et Passeron, ce dernier ayant été mon directeur de maîtrise de socio à la Fac de Vincennes-Paris VIII en 1972.

Plus tard, l’été 1995, quand nous avons ressorti de la cave mes archives, »sous l’oeil du soleil, à la face du monde », comme disent les Druides, j’ai retrouvé le manuscrit d’aquamarine 67, écrit ces années-là. Mais que je n’avais pas jugé bon de montrer alors à Michel Polac dont je partageais quelques nuits. Il était pourtant critique littéraire et animait l’émission Post-Scriptum.

De Blogs gaelle kermen

ORTF : Photo de plateau , émission sur Malcolm Lowry, Antenne 2.

En 1995, j’ai tenté d’envoyer à quelques éditeurs des extraits papier du macuscrit, des extraits seulement parce que je n’avais pas les moyens d’imprimer un manuscrit complet, avec une disquette comprenant la version Word, dont je savais que c’était le format exigé par les éditeurs. J’avais ajouté un format eBook sur HyperCard, car je croyais déjà au livre numérique.

Les réponses reçues étaient atterrantes de banalité, genre « n’entre pas dans nos collections » etc. Je n’ai pas insisté. Je ne pouvais pas payer plus de frais postaux que je ne l’avais fait. Mes ressources étaient consacrées à nourrir mes enfants, que j’étais seule à élever, et à conserver un toit, toujours menaçé de saisie. J’avais dû supprimer tout ce qui n’était pas indispensable à notre survie, dont le téléphone et la voiture.

Par contre, j’avais un ordinateur Mac, un LCIII, acheté avec une rentrée d’argent imprévue, la liquidation par la Société Rannou de Quimper d’actions achetées par mon grand-père dans les années 20, revenant à ses petits-enfants.

Internet commençait à arriver en France, par Compuserve. J’ai fait remettre le téléphone pour aller sur internet. J’ai su tout de suite que j’y serais plus à l’aise que dans un monde où je me sentais toujours en décalage, parlant des années à l’avance de choses que les gens autour de moi ne pouvaient même pas imaginer.

Mon amie Martine Moore, peintre à Arles, qui a inspiré le personnage d’Hélène dans Aquamarine 67, m’a dit alors que déjà, au Pot de Fer, je leur parlais d’une base de données qui serait mondiale, où on irait chercher les informations dont on avait besoin.

Le moment arrivait enfin. Je participerais à cette nouvelle aventure de découverte d’une terrae incognitae.

De Images Blogger

Sur ce nouveau support, j’ai écrit des centaines et des centaines de pages.

Et je n’ai plus jamais éprouvé le besoin d’être éditée sur papier.

Pourquoi ?

Parce que j’avais des lecteurs, enthousiastes dès que j’ai publié aquamarine 67 sur mon premier site, intéressés par ce que j’exprimais dans mes nombreuses pages. Des lecteurs qui savaient bien me le dire, ce qui me soutenait bien lors des quelques découragements qui parfois m’ont saisie devant les difficultés matérielles ou morales.

Alors qu’est-ce qui fait l’écrivain ?
Le support en papier ?
Son contenu ?
Le fond ou la forme ?

C’est le lecteur.
Pas l’éditeur.

La seule chose qui compte, après qu’on ait écrit, c’est d’être lu.

A défaut d’être éditée, j’ai toujours été lue. Sur internet.

A suivre…

© gaelle kermen 2010