Après la publication : dépression post-scriptum, articles, mots-clés, sérendipité

En reprenant mon blog auteur le 11 mars, j’ai vu que j’avais omis de publier un article qui aurait dû l’être le 2 février, le jour de la sortie du dernier guide pratique Kermen, Scrivener 3 plus simple : guide francophone de la version Mac 3.0. Quarante jours, c’est le temps qu’il m’aura fallu pour reprendre des forces intellectuellement et physiquement. C’est une réalité après la sortie de mon dernier livre. Je ne sais pas comment font les auteurs pour assumer leur promo après la sortie de leur livre, comme le recommandent les guides d’autoédition, pour moi c’est impossible.


Quand j’écris, mets en forme et publie un livre, je vais au bout de mes forces en donnant le meilleur de moi-même et de mes connaissances. Il m’est impossible d’en faire plus après la publication. Les batteries sont à plat. Je n’ai plus aucune énergie. Je suis abrutie, sans ressort. L’idée même de me mettre devant mon ordinateur pour envoyer des messages et solliciter l’intérêt des gens me fatigue et me fait baisser les bras. Je tombe dans la dépression post-scriptum, ce sentiment de vide absolu après avoir porté avec intensité et mis au monde un ouvrage dans les meilleures conditions possibles.

Après la sortie, c’est comme si le livre ne m’appartenait plus, comme s’il vivait sa propre vie et ne dépendait plus de moi, comme si je ne devais plus intervenir. Je ne sais pas comment les auteurs parviennent à faire leurs campagnes marketing après la sortie de leur livre. Cela m’est physiquement et intellectuellement impossible. Dès le premier livre publié en janvier 2010, Aquamarine 67, je n’ai jamais réussi à faire le moindre envoi par mail à mes correspondants, nombreux pourtant, collectés depuis 1995, pour les aviser de la sortie de mon livre et des suivants. Je parviens par courtoisie à envoyer un service de presse aux personnes citées dans mon ouvrage et c’est tout.

Il faut que je fasse des activités physiques comme tailler des branches dans le jardin, sortir à vélo, faire du ménage. Ou au contraire je dois me mettre en boule sous la couette comme un chat frileux en lisant des livres reposants. Cette année, j’ai eu une panne de ligne téléphonique et j’ai été déconnectée de l’internet quinze jours. C’était presque une chance, je l’ai bien vécue et me suis reposée en prenant des notes tranquillement pour d’autres projets. Après ce passage à vide, je peux reprendre courage, idée et dynamisme.

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Thaï et Toy, les petites siamoises sauvages recueillies pendant le Camp NaNo de juillet 2017, veillent désormais sur mon repos et ma sérénité intérieure.

Après la période de précommande et la sortie du livre, je ne suis plus en mesure d’informer mes correspondants par des envois de courriels. Je n’aime guère en recevoir moi-même. Les auteurs qui pratiquent de cette façon me détournent de leur livre au lieu de m’encourager à le lire. Mon intérêt personnel à cliquer sur un lien et à acheter un livre numérique est inversement proportionnel aux nombres de fois où je le vois partagé. Une bonne présentation sur Facebook ou Twitter peut m’y inviter si le sujet m’intéresse. Son partage ad libitum m’agace et finit par m’ulcérer.

Impossible donc pour moi de faire des mails répétés que je juge invasifs à la limite du harcèlement.

Alors comment se fait-il que, malgré cette carence de ma part, cette faute professionnelle selon tous les critères de lancement, mes livres se fassent quand même connaître ?

  • Sans doute parce que je publie des articles sur des sujets qui intéressent mon lectorat potentiel.
  • Sans doute parce que je ne ménage pas ma peine pour dépanner les auteurs francophones qui veulent maîtriser Scrivener.
  • Sans doute parce que les mots-clés des métadonnées de mes livres et articles permettent de bons référencements dans les moteurs de recherche.

La période de précommande me permet de caler toutes ses mises au point, invisibles pour nos yeux, détectables par les moteurs de recherche. Mon expérience de vieille routarde du web me permet de tabler sur ces algorithmes bénéfiques.

Si je lançais mon livre dans l’océan numérique sans autre accompagnement en amont ou en aval, je n’aurais aucune retombée, le livre serait comme une bouteille à la mer, sans grand espoir d’être trouvée par un navigateur solitaire.

Les ressources numériques offrent des possibilités d’être trouvé même par des gens qui n’ont jamais entendu parler de nous. La sérendipité fait parfois des merveilles. Beaucoup de lecteurs m’ont connue comme ça par hasard, en cherchant autre chose. Souvent, ils m’écrivent personnellement. Je réponds tout de suite aux questions, ne laissant jamais un lecteur actuel ou potentiel sans réponse.

Établir une relation directe avec le lectorat est une priorité que j’apprécie dans la publication numérique indépendante. Construire un capital confiance est ce qui m’est le plus précieux dans ma démarche d’aide aux auteurs. Ma récompense ultime est de recevoir des messages d’auteurs me tenant au courant de l’avancée de leurs travaux d’écritures. Ces échanges n’ont pas de prix. Ils donnent vie et sens à tout mon travail.

Donc, pour être bien répertoriée par les moteurs de recherche, j’écris des articles et des livres. Plus je publie, plus se multiplient les occasions d’être mise en avant lors de recherches dans les pages Internet.

La vie m’a appris qu’on ne pouvait pas tout faire, qu’on ne pouvait pas être bon partout, que rien n’était parfait ! Mais tout est perfectible. Alors j’organise ce qui est à ma portée, dans mes cordes, me convient et me ressemble. Avec naturel et sincérité, en partageant mes compétences en toute assistance.

Demandez-vous ce que vous avez à apporter à la communauté. Partagez vos centres d’intérêt, vos sources d’inspirations, vos témoignages d’expériences différentes, apportant un regard nouveau sur certains sujets. Partagez vos connaissances et compétences. Avancez dans la confiance que vous êtes unique et sachez le dire.

Belles écritures !

Gaelle Kermen,
Kerantorec, le 13 mars 2018


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La sérendipité est un anglicisme. Fiche Wikipedia. Appliqué d’abord au domaine des sciences, le mot est devenu courant depuis l’ère Internet. C’est la faculté de faire des découvertes à l’occasion de circonstances fortuites. On trouve autre chose que ce que l’on cherchait et on est content du résultat.


L’auteur
Gaelle Kermen est l’auteur de plusieurs guides francophones sur le logiciel et l’application Scrivener (Mac, Windows, iOS).

Page auteur sur Amazon (format mobi)
Page auteur sur Apple (format epub)
Page auteur sur Kobo (format epub)
Page auteur sur Smashwords (formats : PDF, epub, mobi.
Page auteur sur Iggybook (trois formats : PDF, epub, mobi, paiement direct à l’auteur)

 

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