Nouveaux guides pratiques pour une rentrée en liberté

Deux livres utiles pour votre rentrée

S’affranchir des fuites du temps pour créer un nouvel espace de gestion des projets avec Aeon Timeline, écrire un roman, prévoir et suivre des chantiers.

S’affranchir des contraintes de l’ordinateur de bureau pour écrire un livre en liberté sur Scrivener iOS.

« Parce que c’est si sympa de pouvoir utiliser son iPad ou son iPhone dans des moments où on n’est pas spécialement attablé pour écrire. L’inspiration a beaucoup de fraîcheur dans ces moments-là. Tout paraît facile. »
Catherine Hervais, thérapeute

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Imaginez la scène

« Je m’imagine sans peine la scène. Un iPad mini transite du jardin au bureau, véritable caverne d’Ali Baba ou galerie d’art. Un iPad mini roule à vélo, puis s’arrête sur le bord des routes de campagne pour prendre une note au vol. Un iPad mini sur les plages les plus mystérieuses de Bretagne se met à briller de mots choisis, précis et porteurs de sens. Affichés sur l’écran tour à tour, Scrivener ou Aeon Timeline sont en pleine synergie d’écriture. L’essentiel, l’émotion, l’authentique. Faire jaillir l’étincelle de créativité dans le regard de ceux qui jusque là fermaient les yeux en se disant : ce n’est pas pour moi. Ouvrir tout grand un nouvel univers de possibilités. La valeur est bien là et je crois que cela va changer bien des perceptions sur l’écriture. »

Xavier Théoleyre (Créateur de Writing Spark)

C’est ma vie d’écriture que Xavier Théoleyre décrit ici. Imaginez la vôtre…

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Avoir un seul iPad comme ordinateur personnel ?

Nous sommes de plus en plus nombreux à écrire nos livres et articles uniquement sur l’iPad depuis la sortie de l’application Scrivener iOS le 17 juillet 2016.

Est-il possible d’écrire un livre entier sur l’application, sans avoir besoin de passer par le logiciel de bureau, Scrivener 3 pour Mac, bientôt pour Windows ?

La tablette nomade remplacerait-elle l’ordinateur de bureau ?

L’iPad suffirait-il à l’écriture d’un livre ou pour des travaux d’écriture comme la production d’articles, scénarios ou mémoires ?

Quels en sont les avantages, quelles en sont les limites ?

C’est ce que je vais explorer dans ce guide destiné à la maîtrise de l’application Scrivener iOS sur iPad et iPhone.

J’ai désormais une bonne expérience d’écriture et de publication. Je travaille dans d’excellentes conditions, j’ai acquis une bonne organisation et une bonne connaissance de la technique. Je vous transmets les manipulations principales que j’utilise moi-même pour faire mes livres. Appropriez-vous les fonctions de Scrivener iOS, adaptez-les à vos besoins pour vous concentrer sur l’essentiel : l’écriture et la publication.

Pourquoi ce guide

Lorsque j’ai écrit mon guide Scrivener plus simple pour iPad et iPhone, l’application était en anglais. Les captures d’écran étaient en anglais. Ce n’est plus le cas depuis la sortie de Scrivener 3 pour Mac, l’application a été francisée et mise à jour le 17 novembre 2017.

J’avais dans l’idée d’écrire une nouvelle version du guide Scrivener iOS en l’illustrant par des écrans en français. Au vu de ma belle expérience en la matière, j’ai eu envie d’aller plus loin que ce premier guide et d’écrire un livre qui permettrait aux auteurs d’utiliser leur iPad et leur iPhone autrement que pour y prendre des notes ou suivre les réseaux sociaux.

Le défi que je me lançais était de construire le guide comme je le fais d’habitude en réfléchissant sur une carte mentale SimpleMind sur iPad, puis de le construire, l’écrire, le corriger, le réécrire, le formater, le compiler entièrement sur l’application, en vérifiant si je pouvais aussi publier les différentes versions sur mes plateformes numériques habituelles, Amazon et Smashwords.

Je me donnais deux mois d’écriture, de corrections, formatages, compilation et publication. Un test in situ. Un nouveau projet plus stimulant que celui de reprendre l’ancienne version et d’actualiser les captures d’écran, ce que je n’avais pas réussi à faire.

Ce serait donc : Écrire un livre entier sur iPad avec Scrivener, dans la série Guide Kermen Pratique, catégorie Scrivener plus simple.

Je suivais mes publications dans un projet AeonTimeline sur mon iPad ou iPhone. Ce qui est estompé est déjà fait. Ce qui est en noir est encore à faire.

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Le livre a été écrit pendant le mois de janvier 2019, en trois semaines, temps idéal d’un premier jet.

Au mois de février, je l’ai laissé reposer pour écrire le guide Aeon Timeline plus simple pour les francophones, ce qui m’a semblé alors prioritaire, eu égard aux questions que me posaient des camarades scrivonautes.

La situation était la même que lorsque j’avais conçu le premier guide Scrivener plus simple : il n’existait aucune documentation francophone sur cet outil complémentaire de Scrivener pour tracer les frises chronologiques des intriques de romans, le déroulement d’un scénario ou des projets de management.

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Pendant le Camp NaNoWriMo du printemps 2019, j’ai repris les deux premiers jets de l’hiver. Le mois d’avril a été consacré à la relecture, la révision, la réécriture, les corrections et les mises en forme des deux guides écrits en hiver.

Pendant le Camp NaNoWriMo de l’été 2019, Aeon Timeline plus simple pour les francophones a été entièrement revu, restructuré, complété, illustré, corrigé, puis relu par d’autres yeux que les miens en bêta lecture.

Il est publié en ebook mobi Kindle chez Amazon et en ebook ePub chez Smashwords, qui le diffuse chez Apple et Kobo, etc.

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Forte de la belle énergie de la bêta-lecture et de la publication d’Aeon Timeline, j’ai repris le premier guide de l’année Écrire un livre entier sur iPad avec Scrivener. Je l’ai fini au mois d’août et l’ai publié depuis l’iPad mini 4, y compris pour le test de la publication de la version brochée sur Amazon Print KDP.

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Dans ces nouveaux guides pratiques indispensables pour bien maîtriser Aeon Timeline et Scrivener, je vous confie les procédures efficaces de travail sur supports fixes ou mobiles, en privilégiant les outils nomades qui changent vraiment notre vie.
Je vous encourage et vous soutiens dans votre élan créatif à toutes les étapes de l’écriture, afin que vous maîtrisiez vos outils de travail dans le but final : publier votre ouvrage.

Écrire, c’est bien. Publier, c’est mieux. Au travail !
Bon vent ! On largue les amarres ! C’est parti.

Gaelle Kermen
Kerantorec, le 24 août 2019


Crédits

Couvertures par Adam Molariss, graphiste et écrivain, co-auteur d’une anthologie de la poésie arabe Les odes du désert, auteur de Le Cercle de la sagesse

Catherine Hervais, spécialiste de l’addiction alimentaire

Xavier Théoleyre, créateur de Writing Spark

Aeon Timeline

Scrivener


« En précommande à moins de 5 €… le guide complet pour écrire et réaliser un livre entier avec un seul iPad et l’application Scrivener.
Un guide différent, pratique. À lire comme une histoire, avec plein d’informations annexes et passionnantes. Une écriture vivante et inspirante. Bravo à Gaelle Kermen ! 
C’est grâce à un de ses guides précédents que j’ai pu en quelques heures commencer à utiliser la très géniale application Scrivener.
Avis aux écrivains, mais pas que… »
Sophie Sallé


Publications 2019

Aeon Timeline plus simple pour les francophones
Amazon : Aeon Timeline plus simple pour les francophones
Apple : Aeon Timeline plus simple pour les francophones. Un nouvel espace-temps
Kobo Aeon Timeline plus simple pour les francophones. Un nouvel espace-temps
Smashword : Aeon Timeline plus simple pour les francophones. Un nouvel espace-temps

Écrire un livre entier sur iPad avec Scrivener
Sur Amazon : format MOBI Kindle
Sur Apple Livres : format EPUB
Sur Smashword : format EPUB

Camp NaNoWriMo avril 2019 Winner

J’ai fini mon projet. J’ai mis les trophées sur mes comptes Facebook, Twitter et Instagram.

Je suis la seule sur les quatre inscrits à la cabane ScrivenerFR à avoir validé mon projet sur le site du Camp NaNoWriMo d’avril 2019.

Pourtant, au cours de ce mois, j’ai eu mon lot d’embûches pour me faire trébucher.

La chute de la cabane

La cabane d’écriture a été renversée par la tempête du 5 au 6 avril, dès les premiers jours. Pendant une semaine, j’ai fait des nettoyages autour de la cabane avant d’appeler au secours mon voisin David, qui, d’un seul coup de main, c’est le cas de le dire, a redressé la cabane, puis l’a remise sur ses bases avec l’aide de son beau-père, heureux d’apporter sa contribution. Il ne me connaissait que par ouï-dire, ce fut un plaisir de nous rencontrer.

Recaler la cabane

Après ce bon coup de main amical de mon voisinage, il me restait à caler la cabane pour que les rafales de vent ne la renverse plus. Je pouvais le faire seule.

Pourtant, j’avais des lombalgies depuis le mois précédent. Après la chute de la cabane, j’avais dû nettoyer ma grosse tondeuse thermique qui faisait des manières pour redémarrer après le repos hivernal. J’avais fini par tondre la prairie (le terrain fait plus de trois mille ares, ce n’est pas un petit bout de gazon) et je me sentais plus fragile que d’habitude.

Un routine quotidien avec le soleil

Vivant désormais à l’heure solaire, je suivais le rythme naturel du jour, me réveillais avec les oiseaux et dès l’aube j’avançais mes manuscrits de deux guides pratiques sur l’écriture sur l’iPad avec Scrivener iOS et sur l’application AeonTimeline.

Je me couchais après la tombée du jour et dormais d’un bon sommeil. L’avantage d’une vie réglée sur la nature.

Quatre à cinq mois de travail

Un premier jet des deux livres avait été fait au cours des trois mois précédents.

Il s’agissait ce mois d’avril de construire de vrais livres à partir des notes déjà mises en chapitres et sections, au fil de l’inspiration.

Le premier jet rassemble les matériaux et pose les fondations.

La relecture monte les murs et le toit.

La révision apporte les aménagements intérieurs.

Une semaine de travail au jardin

Après la remise sur pied de la cabane, il a fait assez beau et chaud pour que je travaille aussi sur les aménagements des terrasses, en créant une pergola en auvant pour caler la cabane du côté sud, d’où était venues les rafales de tempête.

Du côté nord, j’avais tout de suite contreventé la cabane par des chevrons récupérés sur les lucarnes du toit de chaume réparé en ardoise à l’automne dernier.

Après la pergola, il fallait aménager les parterres devant la terrasse de la cabane d’écriture.

C’était un peu fatiguant. Certains jours, je ne pouvais plus me lever.

Pendant une semaine, je n’ai pas pu travailler aux deux guides en cours.

La reprise finale

Et puis, le mauvais temps revenu, je n’avais plus que ça à faire : finir de relire et réécrire le manuscrit.

Je l’ai fini et validé ce matin.

Parce que je ne supporte pas l’idée d’avorter encore et encore.

Le complexe de l’avortement

Le 25 Mai 1973, j’ai subi un avortement à Londres.

C’est un des plus douloureux souvenirs de ma vie.

Depuis, je ne supporte plus de ne pas aller au bout des projets entrepris.

Je pourrais élaborer un concept sociologique du complexe de l’avortement.

Si je m’engage, je finis ce que j’ai accepté.

Même si je mets du temps pour le faire, je ne renonce pas à faire ce que j’ai commencé.

Aller au bout du chemin

Malgré les imprévus et les fatigues, je suis allée au bout du chemin. Je suis légitimement fière de moi.

C’est le travail de quatre mois intenses, qui va se prolonger au mois de mai pour la mise en forme en ePub pour la bêta-lecture d’abord, en différents formats pour les publications ensuite.

Car un livre n’existe vraiment que s’il est publié.

L’engagement dans le Camp NaNoWriMo m’a permis d’écrire plusieurs livres depuis 2017.

Écrire ces livres me donnent du bonheur.

Le bonheur, ça ne se refuse pas.

Je ne boude pas le mien.

Je vous souhaite de trouver le vôtre.

Gaelle Kermen,

Kerantorec, le 25 avril 2019

P.S. Ne me dites pas que j’ai de l’énergie !

Je n’en ai pas beaucoup. L’expérience de la survivance m’a appris à la gérer au mieux.

C’est pourquoi je transcris mes divers chantiers intellectuels et physiques. Tant qu’il m’est possible, je veux transmettre les stratégies qui marchent pour moi.

Si j’ai de l’énergie, c’est souvent celle du désespoir.

Au lieu de renoncer, j’en fais un bon carburant pour réparer, entretenir, construire et conserver ce lieu qui me porte et m’inspire, dont je suis responsable et gardienne du seuil.

Et j’aime ça !

Scrivener iOS : écrire un scénario sur iPad

#scriptwriting #script #scénario #ScrivenerApp #ScriveneriOS

Le mode Scriptwriting ou Composition proposé par Scrivener, dans son logiciel comme dans son application, n’est pas seulement réservé aux scénaristes ou aux auteurs de pièce de théâtre. Il peut aussi être utile aux vidéastes pour construire leurs projets.

Il est très simple d’écrire un scénario sur l’application Scrivener iOS pour iPad et iPhone, de deux façons :

  1. On crée un Nouveau projet réservé au script.
  2. On coche une case dans une Nouvelle page à l’intérieur d’un autre projet.

Dès lors que ces deux éléments sont paramétrés en mode Composition, sont accessibles les formats des : Titre (dit Vedette de la scène), action, dialogue, transition, action, ainsi que le Remplissage automatique de la liste des personnages au fil de l’écriture.


Paramètres de composition

On paramètre le projet si on ouvre un Nouveau projet réservé à l’écriture d’un scénario.

On clique sur la petite roue dentée, en bas, à gauche du Classeur.

1-Projet_Parametres

Paramètres des Options

On fait les réglages des OPTIONS en cliquant sur chaque champ : Classeur, Tableau d’affichage, Éditeur et Dark mode si le fond noir soulage vos yeux.

2-Projet_Options

Paramètres du Classeur

3-Projet_Classeur

Paramètres du Tableau d’affichage

4-Projet_Tableau

Paramètres de l’Éditeur

C’est ici que se décide l’écriture du script ou du scénarion par Composition.

5-Projet_Editeur

J’ai coché toutes les cases de toutes les Options. Voyez ce qui vous convient et décochez-en certaines le cas échéant.


Page de Composition

On paramètre la page de script si on écrit cette page dans un autre projet d’écriture. Toujours en cliquant sur la petite roue dentée des Paramètres en bas du classeur.

7-Page_Parametres

 En cochant la case Composition dans une nouvelle page, l’icône de la page devient jaune. Vous savez qu’elle est formatée selon les normes du métier de scénariste.

6-Page_Script

Puis vous pouvez affiner les réglages des Options comme cela vient d’être exposé.

Ensuite, on embarque pour l’écriture.


Création d’un Acte 1

Dans l’Ébauche, on crée un Nouveau dossier, en cliquant sur le Dossier + en bas du Classeur.

8-Nouveau_Dossier

Vous rangez bien le Dossier dans l’Ébauche, vous l’ouvrez et créez une Nouvelle page, qui dès lors est jaune, signifiant sa destination de script.

Vous titrez le Dossier en Acte 1 et la Page en Scène 1, avec les titres que vous désirez.

11-Projet_Scene

Création des scènes dans l’acte

Dans le Classeur, appuyez sur le titre de Scène 1 pour ouvrir l’Inspecteur (ou cliquez sur le I dans la barre du haut de la page. Vous y écrivez le Titre, l’éventuel Résumé, vous sélectionnez l’Etiquette (j’ai mis jaune pour avoir un repère visuel différent de mes pages habituelles), le Statut. Toutes choses qui simplifient la gestion des manuscrits sur le long terme.

9-Scene_Inspecteur

Vous vérifiez que l’icône par défaut de la Composition est l’icône jaune. La case de compilation est cochée pour une bonne compilation finale.

Écriture des scènes

Vous mettez le point d’insertion dans la page. L’icone Texte est activée en haut de la page par un T blanc dans un rond noir. Vous commencez à écrire d’abord le titre de la scène qui sera paramétré selon les habitudes de la profession.

12-Scene_Titre

Dans l’application Scrivener iOS, le titre est traduit par Vedette de la scène.

On est toujours surpris par la traduction de certains termes sur Scrivener.

  • Vedette de scène serait plus aisément traduit par Titre de la scène.
  • Composition serait mieux traduit en Script ou Scénario qui sont tombés dans le langage courant depuis les années 50 au moins.
  • Composition prête à confusion avec d’autres modes de travail sur Scrivener. Il serait bienvenu dans une page d’écriture musicale, moins dans des pages d’écriture de pièces de théâtre ou de scènarios de films ou séries télévisuelles.

Bon ! Passez outre et ne vous agacez pas sur ces détails, car le job est bien fait.

Formats d’écriture de scénario

Vous avez dans le menu au-dessus de la page de script, tous les formats nécessaires à la bonne écriture de votre projet : Titre, Action, Personnage, Parenthèses, Dialogue.

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Un script Test

Testez et vous verrez, c’est très ludique à faire. Je me suis prise au jeu et en un quart d’heure j’avais rédigé deux scènes, un peu niaises, mais c’était juste pour voir comment marchait la fonction. On m’a souvent dit que l’histoire d’Aquamarine 67 fera un joli film. L’idée est revenue en testant le Scriptwriting de ma fidèle application. Voici ce que ça a donné.

Acte 1 et Scène 1.

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Scène 1, trois personnages, liste de remplissage automatique de 3 prénoms.

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Scène 2, deux personnages, liste de remplissage automatique de 5 prénoms.

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Classeur et Tableau d’affichage. Les cartes affichent le début des scènes.

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Compilation du scénario

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Formats de fichier

Le script se compile dans tous les formats, PDF, Word, RTF, Texte brut, plus celui de Final Draft (fdx), traduit par Ebauche finale.

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Lecture aisée

Le scénario se lit aisément.

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Un avis autorisé

Récemment, j’ai été honorée de pouvoir répondre sur Scrivener et Antidote à un auteur français célèbre, Pierre Lemaître, prix Goncourt 2013 pour son très beau roman picaresque Au revoir là-haut. Je n’avais pas lu le roman, mais j’avais eu le bonheur de l’écouter, raconté par la voix de son maître, Pierre Lemaître lui-même. Un pur régal !

J’ai demandé à Pierre Lemaitre, qui écrit des scénarios s’il utilisait aussi Scrivener pour ses scénarios. Réponse : « Pour les scénarios, Scrivener n’est pas assez performant, j’utilise Final Draft. »

Du coup, j’ai eu envie de tester Scrivener dans cette fonction. Un prix Goncourt a plus de moyens que nous n’en avons en général. Scrivener coûte si peu cher par rapport à ses possibilités que cela vaut la peine d’essayer. Je me suis amusée à le faire. Et je crois que je vais continuer quand j’aurai fini tous les projets en cours (cinq livres en chantier pour 2019).

Il existe une application Final Draft Mobile à 10,99€ sur App Store. Le logiciel Final Draft 11 coûte 219€ au moment où j’écris ces lignes, disponible sur store.finaldraft.com. On peut le tester avant achat.

Je rappelle que Scrivener ne coûte que 21,99€ pour l’application et 42,33€ pour le logiciel de bureau Scrivener 3 pour Mac. Pas de rente à vie à payer comme tant d’autres logiciels. Des prix dérisoires pour le travail permis aux auteurs de toutes catégories.

L’application Scrivener iOS et le logiciel Scrivener permettent de bien gérer les premiers jets de tous les projets d’écriture à moindre coût, ce qui, par les temps qui courent, devient une immense richesse.


Bonnes fêtes de fin d’année ! Belles écritures !

Gaelle Kermen
Kerantorec, solstice d’hiver 2018


Post-Scriptum du 21 janvier

Je viens de mettre un lien aux modèles Scrivener 2019 sur mon site, à télécharger sur un ordi, décompresser, faire glisser dans un projet Scrivener et modifier selon besoins.

  • Modèle de projet d’essai
  • Modèle de script ou scénario

http://mhledoze.free.fr/Modeles2019.zip


Crédits

Au revoir là-haut, Pierre Lemaitre, Goncourt 2013, version audio lue par l’auteur, Audible
Aquamarine 67 https://books2read.com/u/mVB12P
Site de litterature&latte

Alloe-allez-on-ecrit : un roman collaboratif en 42 heures #2

La première session francophone d’un roman collaboratif en un week-end a eu lieu le samedi 20 et le dimanche 21 octobre 2018. J’ai raconté la semaine dernière l’essai du chapitre-test. Voici le témoignage de l’écriture d’un chapitre du roman Les mystères d’Arhane, organisé, stimulé, rassemblé, récolé, mis en forme, corrigé, formaté et compilé sur Scrivener3 par Mathieu Nicolas, admin du groupe ScrivenerFR et vaguemestre du site alloe.fr.

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Samedi 20 octobre


 Gaelle Kermen   20 octobre, 07:22

Découvrant mon personnage sur Scrivener iOS au réveil. Impressionnée par l’imagination et l’organisation cérébrale de Mathieu.

AlloePersonnage

#alloe2018 c’est reparti pour la rédaction matinale du #chapitre qui m’est alloué pour #Alloé. Cette fois les deux chattes sont venues s’installer près du support bambou qui soutient l’iPad. Ma prima ballerina impériale Thaï a même tenu à se mettre contre mon épaule, celle qui parfois est douloureuse. Soutien indéfectible de mes deux muses félines siamoises. #ThaïtheWise and #JoyofaToy dites #Thaï et #Toy

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 Gaelle Kermen 20 octobre, 13:24

#Alloé 1ère session francophone d’un roman collaborarif en un week-end : décryptage à 4 mains de deux fiches sur carte mentale.

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Lise Audoin (auteur de La Grande Flourenn) m’a rejointe au bureau pour que nous analysions ensemble les fiches reçues. Je lui montre comment utiliser SimpleMind, en commençant à mettre les mots-clés sur la carte mentale de départ, comment l’exporter en TXT et récupérer le plan dans son projet Scrivener sur iPad. Ensuite nous nous séparons jusqu’au lendemain après-midi pour écrire chez nous notre propre chapitre.


La carte mentale s’étoffe. Les scènes commencent à se visualiser. Les personnages prennent de la chair et des sentiments.
Magie de l’écriture. #simplemind #alloé2018 #roman #chapitre

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Et la carte mentale devient Plan quand elle est exportée en .txt sur Scrivener…

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Et si la carte mentale était le projet d’un livre entier, je l’exporterais en OPML et j’aurais tous les chapitres prêts à être rédigés.

Exemple sur mon Mac mini de bureau et Scrivener3.
L’opml ne marche pas sur l’iPad ou iPhone, aussi j’exporte en .txt quand je fais des articles pour mes blogs WordPress.
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L’export en OPML m’a été initiée par Marie Bo dans une de ses vidéos sur son blog Marie Bo Solutions. Dans mes guides Scrivener je l’appelle la « méthode Marie Bo » qui a sacrément changé ma vie d’écriture.

Dimanche 21 octobre

Quelques recherches sur l’histoire de la pollution pour préciser quelques idées au réveil.
Yoga, course pieds nus dans la rosée fraîche de la prairie au lever du soleil. Petit déjeuner solide. Et au boulot !


 Gaelle Kermen 21 octobre, 11:46

Et voila, le chapitre est écrit, en une heure et demie et 2166 mots, je crois avoir fait le tour du cahier des charges. Quand les idées sont bien préparées, la rédaction coule de source. Je peux préparer mon picnic et partir à la côte à vélo pour fêter l’événement ! Trop beau ! Excellente expérience. Merci à Mathieu Nicolas !
Je relirai en fin de journée avec Lise Audoin qui revient cet après-midi ici pour passer nos textes à l’Antidote sur mon Mac de bureau et les envoyer à Mathieu.

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Je me suis fait plaisir, le titre du chapitre est L’insoumise.

En exportant la carte mentale en .txt, j’obtiens un texte qui est le plan du chapitre.
En exportant la carte mentale en OPML, j’obtiens un dossier avec plusieurs chapitres.


#Alloé2018 c’est fait, lise audoin et gaelle kermen ont participé. La fête avec un bon thé…


Bientôt le roman collaboratif corrigé !


Icone Facebook : portrait de l’auteur au bandana et panama par Martina Theis (2017)


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Gaelle Kermen est l’auteur des guides pratiques Scrivener plus simple, le guide francophone pour Mac, Windows, iOS et Scrivener 3, publiés sur toutes les plateformes numériques.
Diariste, elle publie les cahiers tenus depuis son arrivée à Paris, en septembre 1960. Publications 2018 : Journal 60 et Des Pavés à la plage Mai 68 vu par une jeune fille de la Sorbonne.
Vaguemestre depuis 1997, blogueuse des années 2000, elle publie plusieurs blogs sur ses sujets de prédilection, l’écriture sur gaellekermen.net, les chantiers d’autoconstruction sur kerantorec.net, les archives d’un demi-siècle sur aquamarine67.net et les voyages ici ou ailleurs sur hentadou.wordpress.com.

Alloe-allez-on-ecrit : un roman collaboratif en 42 heures #1

Il y a un an, à quelques jours près, j’ai rencontré Mathieu Nicolas, le créateur du groupe ScrivenerFR. Nous nous connaissions depuis la fin du mois d’août 2017, mon mail lui avait été confié par quelqu’un de l’équipe Literature & Latte avant la formation du groupe. J’avais décliné l’invitation à être admin, ne voulant pas m’engager sur plus de choses que je ne pourrais en tenir, mais en fait je m’implique bien dans ce groupe d’entraide à l’utilisation de Scrivener pour les francophones.

Mathieu Nicolas, l’admin du groupe Scrivener FR, avait demandé à me rencontrer pour boire un café, quand il passerait une semaine en Bretagne à Brandivy pour une retraite d’écriture aux vacances de la Toussaint. Nous avions convenu de nous voir le dimanche 1er novembre pour discuter du lancement du NaNoWriMo. Il repartirait en Morbihan après notre rencontre.

Je vis en louve solitaire, mais quand on doit faire près de 200 kilomètres dans la journée pour me rencontrer, je ne me contente pas d’offrir un café ou un thé à mes visiteurs. J’ai donc invité Mathieu à déjeuner avec moi le dimanche midi. Vu son jeune âge, j’avais fait un solide risotto aux légumes. À 28 ans, on a besoin de se sustenter. Mathieu est arrivé à Kerantorec et c’était comme si on s’était toujours connu. Cet état de grâce arrive parfois. Il est vrai que par Internet, par le groupe ScrivenerFR, nous avions déjà échangé et commencions à nous connaître.

Si j’insiste sur ce moment, c’est parce que Mathieu avait vécu la veille un événement peu courant, une performance littéraire en anglais, A Novel in a Day, NiaD. Et il en était tout rayonnant, comme transformé.

Il avait écrit deux ou trois billets sur Facebook pour transmettre son émerveillement de pouvoir écrire sur son iPad installé à la terrasse d’un café d’un port du Golfe du Morbihan. Je comprenais son excitation, je la vivais depuis que j’avais acquis un iPad mini 4 avec Scrivener for iOS pour pouvoir écrire dehors dans mon jardin ou sur les chemins.

Mais il y avait plus que l’utilisation d’un matériel informatique, aussi performant fût-il. Mathieu venait de vivre une expérience particulière.

Nous étions au coin de la cheminée du salon-bibliothèque. Le feu brûlait joyeusement dans le poêle. Je l’écoutais me raconter son expérience, là où j’avais reçu des gens comme les Badinter, les Groult-Guimard, Pierre Richard, Jean Carmet, Yves Robert et tant d’autres. Surtout je revoyais, assis à sa place, Gwench’lan le Scoezec, médecin-sophrologue et Grand-druide de Bretagne, m’expliquer tant de choses sur la subtilité des énergies captées entre les deux mondes, celui des vivants et celui des morts, que nous allions fêter le lendemain.

Mathieu avait senti que « quelque chose » s’était passé. Il avait éprouvé le besoin d’en faire un article tout de suite sur son blog. Mais certaines expériences intérieures ne se traduisent pas, elles se vivent, Gwench’lan aussi me l’avait appris.

https://mathieunicolas.net/2017/10/22/novel-in-a-day/
https://mathieunicolas.net/2017/10/28/novel-in-a-day-mission-accomplie/


Cet octobre 2018, Mathieu a décidé d’adapter l’expérience anglaise en français et a lancé l’idée sur le groupe ScrivenerFR pour trouver le nom. C’est Alloé qui l’a emporté : « Allez, on écrit ! »

Le titre m’a tout de suite donné envie d’y participer. J’aime particulièrement cette stimulation que nous vivons au moment des NaNoWriMo, quand je sens l’égrégore de l’écriture rayonner autour de la planète.

Mais je pensais qu’un roman ne me concernait pas. Je suis une diariste, je sais écrire des chroniques, des essais, des articles, des fiches et guides pratiques, mais je ne suis pas romancière. Je l’avais décidé très jeune après avoir passé beaucoup de temps à écrire Aquamarine de 1969 à 1973, pendant mes études à la fac de Vincennes-Paris 8, qui va fêter son cinquantenaire en janvier prochain.

Je trouvais que les gens qui écrivent leur journal sont moins bons quand ils romancent leurs histoires. C’était le cas pour Anaïs Nin et pour Benoîte Groult, que j’avais eue comme cliente à la Crêperie à la ferme de Kerantorec, crêperie artistique, musicale et littéraire tenue de 1976 à 1986.

J’avais renoncé à la forme romanesque et j’avais décidé que je n’étais pas douée pour l’imagination et que je ne saurais jamais m’impliquer dans un projet collaboratif en écrivant un chapitre imaginé selon quelques directives et consignes de personnages, lieux, intrigues.

Par certains proches, j’avais été traitée de « rêveuse » qui devait « redescendre sur terre » et j’avais sans doute eu à cœur de montrer que je n’étais pas l’irréaliste qu’on croyait en réalisant des ouvrages en maçonnerie, menuiserie, terrassement, bûcheronnage ou tous Travaux d’Hercule révélant mes talents bien concrets et pragmatiques.

J’ai d’abord négligé l’invitation de Mathieu sur le groupe alloe.fr qui lançait une première session francophone d’un roman en 42 heures les 20 et 21 octobre 2018.

Puis il a lancé un chapitre-test. On pouvait donc essayer sans risque de se mettre en situation et de voir si on pouvait s’impliquer dans un projet commun. J’ai donc fait le chapitre-test.


Le samedi

Au réveil, j’ai ouvert les fichiers envoyés la veille au soir par Mathieu pour m’entraîner à écrire un chapitre en un week-end.

Résumé

En Hiver. L’après-midi touche à sa fin.
Erwin est sur une route de terre battue qui traverse une forêt dense et a priori hostile, surtout en hiver. La route est également peu sûre car elle est largement empruntée pour se rendre à la ville, et les voyageurs sont souvent la cible de personnes mal intentionnées.
Il cherche activement un endroit où établir son campement pour la nuit. Il a froid, il est trempé, et le temps presse.
Il doit rejoindre son maître, Shaya, le lendemain matin. Elle l’attend dans une auberge de Sidhr, une petite ville qui se situe à moins de quatre heures de marche.

Fin du chapitre : Erwin trouve la mort à côté de son feu de camp.

Version : document réalisé le 04/10/18.

J’étais un peu confuse en lisant le résumé avec un vieux doute sur mes capacités à imaginer quelque chose. Je m’étais interdit le roman pour me cantonner aux chroniques d’un journal tenu au long cours, où je savais écrire sur tous les sujets en restant toujours dans la réalité.

Erwin

État Civil : Erwin est un homme d’une vingtaine d’années.
Description Physique : Grand, allure dégingandée. Cheveux blonds et suffisamment longs pour lui tomber régulièrement devant les yeux. Il a le teint pâle et ses grands yeux lui donnent parfois un regard un peu naïf.
Famille/Passif : Inconnu.
Caractère, Points Forts/Faibles : Il est très heureux et s’estime chanceux d’avoir été accepté par Shaya, son maître. Il la respecte énormément. Elle lui enseigne une technique de méditation, le keito, qui permet de percevoir les êtres vivants aux alentours et d’avoir avec eux des échanges primaires (images, sensations…).  Il est cependant un peu perdu et éprouve quelques difficultés avec les exercices qu’elle lui impose.

Version : document réalisé le 04/10/18.

Pourtant, dès la lecture des consignes, les idées ont commencé à arriver, je visualisais le personnage (je le voyais un peu comme Mathieu), j’essayais d’apprécier le stade où il en était sur son parcours et je devais imaginer sa fin, une fin triste, on le retrouvait mort près de son feu de camp le lendemain.

Cette idée de la mort du personnage me perturbait au fil de la journée. Je ne voulais pas de cadavre dans mon texte, je déteste de plus en plus ces livres qui nous présentent la vie comme un danger permanent alors que ce n’est pas le monde dans lequel je vis. Il fallait trouver autre chose.

Des images se formaient et je voyais déjà la conclusion d’une vie après la vie, comme je l’ai déjà expérimentée aussi.

J’avais déjà envie de reporter mes idées sur une carte mentale. C’était plutôt bon signe. Je faisais les prises de notes sur SimpleMind et prévoyais d’écrire le chapitre sur Scrivener dans mon Journal comme je le fais pour des articles de blogs ou des parties de livres en cours.

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Première carte mentaleSimple Mind faite sur iPad 2017

Je ne me sentais pas efficace le samedi pour écrire. Il me fallait faire comme les chattes, dormir, me reposer, rêver. J’ai fait une première carte mentale sur l’iPad prêté par mon ami Bruno pour m’apercevoir que je ne pouvais pas la partager, l’application n’étant pas enregistrée sur son compte iCloud. J’ai exporté la copie écran sur mon iPad mini pour la recopier sur ma version payée.

Image2mindmap Alloe
Deuxième carte mentale plus étoffée, faite sur Simplemind sur iPad mini 4
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Report du texte de la carte mentale dans une page de l’application Scrivener for iOS comme première trame du chapitre

Je pensais toujours au sujet du chapitre en me disant que ce n’était pas mon truc ce genre d’exercice de style. Pourtant, je continuais à avoir des idées, des visions, et des phrases et des paragraphes dansaient dans ma tête.

J’ai décidé de laisser passer la nuit. Si l’inspiration venait le dimanche matin, j’écrirais. Si ça m’ennuyait d’écrire, je laisserais tomber et aviserais Mathieu que je ne participerais pas à la performance littéraire.


Le dimanche

Avant de me concentrer sur ma page Scrivener de l’iPad, j’avais fait quelques recherches rapides sur la barbacane du château de Foix et sur le Col des Marrous, qui s’imposaient dans mes visions.

En fait toutes ces images sont dans ma tête, il suffit de les évoquer pour m’y retrouver à distance, même après des décennies. Mais l’écriture m’a fait voyager plusieurs jours dans ces contrées ariégeoises par la grâce du personnage, du décor et du thème proposés par Mathieu. Force et magie de l’écriture en voyage astral au-dessus des montagnes.

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Le col des Marrous (09000 LE BOSC) est un lieu de randonnées pédestres et cyclistes. Le Tour de France y passe parfois, pour mon grand régal.

L’inspiration était venue, qui m’a menée là où j’avais eu quelques visions, dans la forêt primaire dont j’ai eu quelques aperçus cet été au cours de mes randonnées côtières à vélo, mais aussi de la barbacane de Foix jusqu’au Col des Marrous où j’ai vécu dans les années 73-83.

J’avais continué à prendre des notes sur Scrivener pour la trame. Soudain la conclusion s’était imposée au cours de la rédaction alors que j’ignorais au départ de quoi serait fait le chemin parcouru par Erwin.

L’initiation (titre devenu La dernière étape)

Personnages : Erwin le disciple, Shaya le maitre keito

Fin du chapitre : Erwin est trouvé mort près de son feu de camp
Recherches des assistants de Shaia
Battue dans les bois de feuillus

Lieux : Un feu de camp pour la nuit. Erwin seul.
Une route peu sûre. Le col des marrous (des voleurs).
Une auberge : Vallée de Massat. Shaya et ses assistants

La fin : Expérience de Mort Approchée. Au-delà des apparences. Présence intérieure.

Temps :
Jour : Erwin sur la route. Shaya à l’auberge
Soir/Nuit : Feu de camp près d’un oratoire en contrebas de la route

Initiation: Questionnement sur son discipulat. Interrogations. Méditation devant l’immensité du ciel. Demande d’un signe.

Chute d’une météorite : Shaya est réveillée dans la nuit

Matin : Shaya attend Erwin. Recherches au devant vers le col des Marrous

Un cratère s’est creusé devant l’oratoire.
Il ne reste plus d’Erwin que des poussières d’étoile.
On y vient depuis en pèlerinage pour trouver l’illumination, le questionnement sur son destin, on y cherche la fusion cosmique avec le grand Tout. On dit même que la terre magnétisée y est guérisseuse.

Franchement, je ne me croyais pas capable d’imaginer ce genre de fable, mais c’est venu d’un seul jet.

J’avais eu des visions la nuit précédente avant de m’endormir ; le matin au réveil, elles étaient encore là, plus précises. Un seul remède pour me vider la tête : les écrire. Plus de 2000 mots en deux heures. Un bon rendement : à 11:35, j’avais fini l’histoire. J’avais mis deux heures à la rédiger. Il fallait relire l’ensemble un peu plus tard, le passer à l’Antidote et l’envoyer à Mathieu.

En fin de journée, j’envoyais le fichier du chapitre à Mathieu. À l’heure dite à quelques minutes près. J’aurais dû revoir tout de suite ma copie parce qu’en fin d’après-midi j’ai toujours un gros coup de barre. Je le saurai pour la vraie performance d’un Roman collaboratif en 42 heures. Alloé !


La veille de alloe 2018

Cette performance m’a transformée comme celle de l’an dernier semblait avoir transformé Mathieu quand il est arrivé chez moi tout auréolé de lumière. Je suis myope, depuis ma petite enfance j’ai pris l’habitude de voir les gens en intensité de lumière. Je peux dire que Mathieu rayonnait. Je ne sais pas s’il a été conscient de sa transformation, je veux le croire, parce qu’il a publié Les contes de la nuit des marmites cette année et réalisé de belles choses.

Moi aussi, je suis désormais transformée par cette expérience intérieure. J’envisage de romancer certaines parties sensibles de mon Journal que je ne peux publier in extenso. Je peux raconter des histoires sans être trop littérale, mais plus littéraire. Et ça fait toute la différence du monde !

Ce week-end-là, je lisais La trilogie marseillaise de Jean-Claude Izzo et je comprenais que la forme du roman permettait aussi de transmettre des idées, philosophiques, sociologiques, politiques, économiques, écologiques. Jusque-là, je ne l’avais pas cru possible pour mes écrits.


Week-end du 20-21 octobre 2017

Je m’étais donc limitée moi-même. Les barrières sont toujours dans nos têtes.

Ne vous limitez jamais. Jetez-vous à l’eau, nagez, écrivez ! L’adrénaline est aussi forte en performance littéraire qu’elle peut l’être en art ou en sport.

Rendez-vous dans la nuit du 20 au 21 octobre, copies à rendre le dimanche 22 avant 18 heures à mathieu@alloe.fr.

Et un peu plus tard pour voir le résultat final de nos contributions.

Gaelle Kermen,
Kerantorec, le 20 octobre 2018

PS pour le texte écrit pendant ce chapitre-test, il est possible que Mathieu publie un bonus où il figurera. A plus tard donc !

Et d’ici là, écrivez, participez !


groupe ScrivenerFR
Literature & Latte (Scrivener)
A Novel in a Day, NiaD (idée de Pigfender)
blog de Mathieu Nicolas
https://mathieunicolas.net/2017/10/22/novel-in-a-day/
https://mathieunicolas.net/2017/10/28/novel-in-a-day-mission-accomplie/
allez on écrit ! alloe.fr
http://alloe.fr/participer-2018
http://alloe.fr/chapitre-test



portraitGaelleKermenparAnaLDS
Gaelle Kermen est l’auteur des guides pratiques Scrivener plus simple, le guide francophone pour Mac, Windows, iOS et Scrivener 3, publiés sur toutes les plateformes numériques.

Diariste, elle publie les cahiers tenus depuis son arrivée à Paris, en septembre 1960. Publications 2018 : Journal 60 et Des Pavés à la plage Mai 68 vu par une jeune fille de la Sorbonne.

Vaguemestre depuis 1997, blogueuse des années 2000, elle publie plusieurs blogs sur ses sujets de prédilection, l’écriture sur gaellekermen.net, les chantiers d’autoconstruction sur kerantorec.net, les archives d’un demi-siècle sur aquamarine67.net et les voyages ici ou ailleurs sur hentadou.wordpress.com.

Publications 2017

Depuis que j’ai acquis l’application Scrivener for iOS en aout 2016, mes publications et écritures ont pris de l’élan et de l’ampleur.


Trois rééditions en janvier 2017 des guides francophones Scrivener

  • Scrivener plus simple pour Mac, guide francophone, 2e édition, janvier 2017
  • Scrivener plus simple pour Windows,  guide francophone, 2e édition, janvier 2017
  • Scrivener plus simple pour iPad et iPhone,  guide francophone, 2e édition, janvier 2017

Trois coffrets aux prix attractifs en janvier 2017 des guides francophones Scrivener

  • Scrivener plus simple pour Mac et iOS
  • Scrivener plus simple pour Windows et iOS
  • Scrivener plus simple pour Mac, Windows et iOS

Les guides Scrivener plus simple sont régulièrement en tête des ventes sur Amazon de la catégorie Logiciels.


Trois parutions en mars et septembre 2017

  • Smashwords plus simple pour les francophones, guide pratique gratuit le 3 mars 2017
  • Aquamarine Revisited (collection Archives), cahier de 1967 annoté pour le cinquantenaire, publié le 30 mars 2017
  • Le Festival de Wight 70 vu par 2 Frenchies (collection Archives), cahier de 1970 publié le 10 septembre 2017

Écritures au cours des mois de NaNoWriMo en juillet et novembre 2017

  • Construction et premier jet d’un essai sur l’écriture et la créativité en juillet pendant le Camp NaNoWriMo d’été.
  • Revu et corrigé en novembre, il se scinde en trois autres guides : Chantier, Jardin et Cuisine plus simple.

Ces projets sont abandonnés temporairement pour permettre l’écriture d’un guide pratique sur le logiciel Scrivener 3 sorti le 20 novembre 2017. Le livre sortira le 2 février 2018.


Les guides Scrivener plus simple pour les francophones sont régulièrement en tête des ventes d’Amazon dans les catégories Bureautique et publication et Logiciels.


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Gaelle Kermen est écrivain diariste, experte du logiciel anglais Scrivener. Sociologue polyvalente, diplômée es Sciences Humaines et Sociales des Universités françaises de Paris : la Sorbonne (66) et Paris-8 Vincennes (1969 à 74)

Chris Simon (auteur de Memorial Tour et Lacan et la boite de mouchoirs) :
«  Les guides de Gaelle Kermen sont complets, faciles à utiliser et vous feront gagner des heures de recherches et d’essais ! »

Gaelle Kermen,
Kerantorec, le 17 juin 2018
ACD Carpe Diem


L’auteur
Gaelle Kermen est l’auteur de plusieurs guides francophones sur le logiciel et l’application Scrivener (Mac, Windows, iOS, Scrivener 3). Les ebooks sont disponibles sur les plateformes numériques en plusieurs formats de lecture pour liseuses et tablettes.

Page auteur sur Amazon (format mobi)
Page auteur sur Apple (format epub)
Page auteur sur Kobo (format epub)
Page auteur sur Smashwords (formats : PDF, epub, mobi.
Page auteur sur Iggybook (trois formats : PDF, epub, mobi, paiement direct à l’auteur)

Après le livre et sa publication : reflexions sur la sante en ecriture et la necessite de faire du sport pour bien vivre

Extraits du Journal de vie après l’écriture et la publication en précommande de Scrivener 3 plus simple : guide francophone de la version 3.0 pour Mac
Réflexions sur la santé en écriture et la nécessité de faire du sport pour bien vivre

Vendredi 26 janvier 2017

J’aimerais bien ne rien faire en travail pour décompresser. Je vais essayer de faire un tour à vélo jusqu’à Trenez pour m’aérer et méditer devant la mer. Besoin de voir un horizon plus large après deux mois d’intense concentration dans mon cocon laborieux. J’imagine déjà mon itinéraire, je ne peux pas passer par les chemins qui doivent être complètement embourbés en ce moment. Donc, ça va être la route ! Je visualise mon parcours.

Maintenant que je me suis arrêtée, après deux mois d’exercices intellectuels intenses, je sens la fatigue me tomber dessus. Tous mes muscles crient, épaules, nuque, bras, mains, dos, torse, cuisses, jambes, tout a été tendu comme un arc avant la décoche de la flèche. Dans ces cas-là, la meilleure thérapie, c’est de continuer à exercer le corps dans une autre activité physique. Si je m’arrêtais, ce serait beaucoup plus dur. Mais si je fais une bonne virée à vélo et que je prends l’air en oubliant les soucis et angoisses de publication, je sais que tout ira bien. Le soleil est là, le vent est tombé, j’en profite. En route avec Strava !

Samedi 27 janvier 2018 7:17 lit clavier iPad

Je l’ai faite ma virée ! Et j’en suis transformée. Physiquement d’abord, parce que les tensions se sont déplacées, j’ai toujours mal partout, mais de façon uniforme et confortable. Intellectuellement, je me sens ressourcée, renforcée dans mes convictions qu’il faut une vie équilibrée entre les efforts physiques et les efforts psychiques. J’ai eu beaucoup d’idées en pédalant, j’écrivais dans ma tête, je n’ai pas pris de notes, je sais que les phrases et paragraphes reviendront. Je ne m’inquiète pas. Je me sens bien. Fatiguée et heureuse de l’être. Ce que j’ai produit, pendant ces deux mois, depuis la sortie de Scrivener 3, le guide qui va sortir le 2 février, personne d’autre que moi ne l’a fait. Il est mon ouvrage, le fruit de mon travail. En plus, je suis la première Française à écrire un livre sur Scrivener 3, comme je l’avais fait pour Scrivener for iOS. C’est bon pour le moral.

Hier, je pensais au réveil être trop fatiguée pour travailler encore. C’est souvent dans ces cas-là que j’en fais le plus, une fois l’instant de découragement dépassé.

En descendant au bureau, j’ai vu que Smashwords avait accepté le guide dans le Catalogue Premium. Il serait donc publié chez Apple, Kobo et toutes les librairies numériques en contrat avec la plateforme de Los Gatos. Cela voulait dire que mes paramétrages de compilation en .doc avec Scrivener 3 étaient bons et remplissaient toutes les conditions d’exigence du catalogue. J’ai alors décidé de publier le module des tutoriels anglais, en permafree, en introduction à l’apprentissage du nouveau logiciel.

Là, au moment de remplir la fiche d’enregistrement du livre sur le site de Smashwords, j’ai vu que ma couverture, bâclée pour le PDF envoyé aux bêta-lecteurs, ne remplissaient pas les conditions demandées par Smashwords. Je l’ai copiée, mise sur clé USB, branchée au vieil iMac de 98, le premier iMac de l’histoire d’Apple, qui me sert toujours. J’ai ouvert Photoshop, la version antique aussi, 4 je crois, j’ai converti la taille (1400 px de large) et la définition de l’image (300 dpi). La couverture a été acceptée sans façon par Smashwords.

J’ai fait un mail à Adam, mon cher graphiste, pour lui dire que j’avais besoin de sa pâte ou de sa patte professionnelle pour harmoniser cette couverture avec les précédentes. Il était d’accord. Je passerais commande après une virée à vélo devenue vitale pour aller voir la mer et prendre l’air.

J’ai publié le module des Tutoriels anglais, sans problème avec les paramètres enregistrés dans mes Formats sur Scrivener 3, et j’avais fini à 11:29. Il était temps de partir. Je m’arrêterais à Kergroës pour prendre un sandwich et de quoi grignoter à Trenez. Il faisait beau, mais des nuages commençaient à obscurcir le ciel. Facebook m’avait avisée que la pluie arrivait et que je devais rester à l’abri !

Après avoir fait quelques achats au Proxi de Kergroës, que j’aime bien parce qu’il est à échelle humaine, j’ai tourné sur un chemin évitant la remontée après le tournant de la route de Trenez. Je restais sur le haut de la courbe de niveau, en trottinant parfois pour ne pas descendre de vélo, c’était praticable.

J’ai vu la mer. Toujours un choc dans le plexus solaire. Puis j’ai senti l’odeur particulière de la terre des champs alentours, du varech et des embruns. Arrivée au-dessus de « l’île des marches » comme l’appelait Samson dans son dessin au rotring et laque sur Canson, j’ai discuté avec une dame à cheveux gris qui remontaient la côte venant du parking de la plage, à pied, en tenant son vélo à la main. Elle n’habite Moëlan que depuis deux ans et découvre aussi la commune à vélo. Parfois elle attache son vélo à un poteau, comme j’allais le faire pour le mien, et continue à pied sur les sentiers côtiers. Je ne suis pas encore assez entraînée pour en faire autant. Elle a des jumelles et observe les Glenan, où elle est allée en avril dernier avec un naturaliste, une sortie pour l’observation du narcisse des Glenan, que je devrais faire moi aussi, pour revoir le site important d’un épisode de ma jeunesse, avec Simone Morand et ses enfants.

Nous nous reverrons peut-être au fil de nos virées à vélo. Elle habite près de Kergroës. J’étais heureuse de voir que je ne suis pas seule à faire ce genre de sortie en intimité secrète avec la nature à l’heure où les gens mangent chez eux. C’est stimulant.

Je voyais les nuages s’accumuler sur la mer, il était temps que je mange mon picnic. Je suis restée en haut, sans descendre sur la plage sud à l’abri du vent d’ouest, sur un banc dédié à la mémoire de Jennifer Lewis, 1941-2014. J’ai eu une pensée de paix pour elle. J’avais pris des photos d’en haut, la mer avait des nuances de bleu et de vert incroyables. Les vagues rugissaient. De mon banc, je voyais l’île du dessin de Samson et je rendais grâce à mon grand homme de me permettre de mieux voir le monde grâce à son œuvre. Des cormorans palabraient sur un rocher plein ouest où les vagues venaient se fracasser. Ils ne bougeaient pas, là où nous aurions été balayés comme fétus de paille dans le vent de fin de moisson.

J’ai mangé mon sandwich poulet-crudités, puis des abricots secs. Je retrouvais les habitudes que j’avais autrefois quand, à la même saison dans un chalet de montagne à Bogève en Haute-Savoie, pendant la saison des crêpes sur le bord des pistes, je partais faire des randonnées à ski de fond avec les chiens, Brasses le bouvier bernois et Reine, la grande pyrénéenne. Finalement, j’avais toujours fait du sport. C’est sans doute ce qui m’a sauvée.

Toute ma vie, sauf quand j’étais petite fille, où j’avais fini par être dispensée de gym, ce qui me rassurait bien, car j’étais terrifiée de toujours faire perdre mon équipe quand on faisait un relais. Maintenant, je pense que je pourrais en battre pas mal ; à l’époque c’était mon angoisse de faire perdre les autres. Une des raisons qui m’ont inscrite dans la solitude.

Entre le yoga depuis l’âge de 16 ou 17 ans à l’internat de Paris, suite à la lecture d’une fiche dans le Journal Elle, les séances quotidiennes de gymnastique dans une salle des Champs Elysées, quand je travaillais chez Balmain, Courrèges ou Féraud, les séances dominicales à la piscine de Pontoise, puis plus tard, du tir à l’arc et un peu de course à pied, quand le jogging n’existait pas encore et toujours, chaque été, les longues séances de nage dans la mer depuis que j’étais revenue au pays, je n’avais jamais cessé de m’exercer dès que ma santé me le permettait. Au moins, chaque matin, je faisais quelques asanas de yoga.

Certes, je n’avais jamais fait d’entrainement sportif. Mais j’avais gardé l’habitude de faire des efforts, ce qui m’a bien servi plus tard, quand j’ai décidé de restaurer et entretenir seule mon domaine, entreprenant mes Travaux d’Hercule. Le vélo, je l’avais pratiqué à Saint-Leu-la-forêt autrefois, comme moyen courant de déplacement, qui nous était coutumier et nous menait parfois en bande dans des virées post-baccalauréat jusqu’à l’église d’Auvers et son cimetière où reposaient Vincent et Théo van Gogh, un des premiers lieux de ma reconnaissance artistique, une de mes premières prises de conscience de mon besoin d’expression littéraire.

Mais le moment où j’ai décidé de reprendre un vrai entraînement physique a eu lieu il y a presque deux ans.

Je venais d’avoir 70 ans après une maladie pulmonaire assez grave dont j’étais sortie affaiblie, sans muscles, sans élan. Je me suis dit que je ne pouvais pas rester comme ça, sinon j’allais vieillir trop vite. Je voyais des gens décliner quand ils ne faisaient plus assez d’exercice., réduisant les efforts et les activités. Je ne suis pas bonne marcheuse. Je me fatigue trop vite. J’aime mieux courir ou pédaler et bien sûr nager. J’ai alors décidé de reprendre mon vélo que je prenais de temps en temps pour faire quelques courses au bourg voisin de 3 km et aller me baigner dans un port non loin à 3 km aussi. Je ne pensais pas pouvoir faire plus de 6 km par jour.

L’été de mes 70 ans, j’ai passé trois semaines à Plœmeur en Morbihan à garder le petit chat de mes enfants en vacances. J’avais emporté mon vélo pour reprendre un entraînement physique plus conséquent que ces allers-retours au bourg ou à la côte. J’ai découvert la commune à vélo. Du centre-ville où je séjournais, je rayonnais de tous les côtés. Mes buts étaient simples, j’avais envie d’aller me baigner, c’était l’été indien de septembre, et de découvrir des mégalithes. Munie des cartes de l’office du tourisme, et de l’application Cyclometer, pour avoir une idée des kilomètres parcourus, j’ai arpenté les chemins de traverse de Plœmeur, le plus souvent vers la mer. J’ai découvert que je pouvais faire bien plus que 6 km par jour, puisqu’il m’arrivait d’en faire trois fois plus et que j’étais en pleine forme ! J’écrivais le guide Scrivener plus simple pour iPad et iPhone avec une belle allégresse.

De retour chez moi, j’ai pensé qu’il serait intelligent de ma part d’explorer de la même façon ma propre commune à vélo. Comment n’y avais-je jamais pensé plus tôt ? Et j’ai commencé à me perdre dans les chemins creux. A Cyclometer, j’ai ajouté l’application Strava.

J’ai conquis une bonne santé que je n’avais jamais eue avant, qui enchante mon amie médecin, quand elle me voit arriver en tenue de cycliste à l’une des deux visites médicales annuelles auxquelles je me soumets depuis ma décision de rouler régulièrement à vélo. Je lui ai dit que je refusais d’avoir une vie médicalisée comme celle de trop de mes contemporains dépendants. Je ne suis plus en ALD, je respire bien. Certes, je reste asthmatique chronique. Je prends un traitement suffisant pour me permettre une vie normale. J’évite les réunions et les risques microbiens. Je ne saute plus au cou des gens comme une vieille médaille. Je vis mieux qu’en aucune autre période de ma vie.

Si Robert Marchand, le champion du monde cycliste qui vient d’arrêter sa carrière à 106 ans, avait commencé la sienne à 67 ans, à l’heure où ses « contemporains s’arrêtaient, commençaient à jouer aux cartes et à décliner », je pensais que la mienne, commencée à 70 ans, ne me mènerait sans doute pas aussi loin que la sienne, mais me permettrait des découvertes que jamais je n’aurais pu faire en restant assise dans une auto à voir le monde de loin en passant rapidement.

Je n’essaie pas de battre des records. J’essaie juste de dépasser mes limites. Un peu plus chaque jour. Chaque sortie est un émerveillement. Je roule dans la beauté du monde. Et j’écris, comme je l’avais promis à Vincent et Théo à Auvers… J’avais 14 ans. Je suis restée fidèle aux rêves et espoirs de ma jeunesse.

Quelques gouttes de pluie ont commencé à tomber comme je repartais. Un grain passait. J’ai pris des chemins sous le couvert des arbres pour rentrer. Quand j’ai roulé sur la route, j’ai apprécié la visière que mon réparateur de vélo avait ajusté sur le casque que je lui achetais en guide de cadeau de Noël : la pluie ne tombait pas sur les lunettes. Progrès subtil.

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Les primevères fleurissent déjà sur les bords du chemin. Après un hiver de tempêtes, le printemps se prépare dans le secret de la terre.

Gaelle Kermen,
Kerantorec, le 27 janvier 2018


Crédits

Applications cyclistes : Cyclometer et Strava

Adam Molariss, graphiste pour Indiegraphics

Alain Gouyec, marchand de cycles au bourg de Moëlan

L’île des marches, Trenez, dessin au rotring et laque sur papier Canson, 50 x 65, Yves Samson, 1987, période Kerantorec, coll. part.

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