Mai 68 : la Une du Nouvel Observateur, le film de Michel Cournot à Cannes

Première Une de Mai 68 : le Nouvel Observateur du 30 avril au 7 mai 1968

Le film de Michel Cournot à Cannes

Très émue de commencer cette série de publication de Unes de journaux d’archives par la couverture de la revue Le Nouvel Observateur avec le profil de Cournot.

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Au cours de ma vie, il m’est arrivé de raconter certains éléments essentiels de mes années 60, je parlais alors de l’importance qu’avait eu, au début de mes études, ma lecture hebdomadaire des articles de Michel Cournot sur le cinéma dans Le Nouvel Observateur auquel j’étais abonnée. Parfois, j’ai rencontré des gens qui lisaient aussi le Nouvel Observateur rien que pour les chroniques de Cournot. Nous nous reconnaissions admirateurs de Cournot, soudain émus et nostalgiques d’une époque révolue. Les adorateurs de Cournot sont aussi décalés en cinéphilie que les fans de Kevin Ayers en musique pop des années 70 ou les lecteurs de Malcolm Lowry en littérature anglo-saxonne des années 50. Une espèce à part, avide de champs inexplorés, de découvertes enthousiastes, hors des chemins balisés par la mode imposée. Nous formions presque une société secrète.

Michel Cournot fait partie des personnes qui m’ont donné envie d’écrire et m’y ont encouragée. Son univers était toujours hors des sentiers battus, mais il nous faisait, dans un simple article, vibrer de tant de façons qu’on se sentait régénéré pour la semaine, dans l’attente du jeudi suivant pour le prochain article.

En avril 68, juste avant les événements de Mai qui allaient annuler le Festival de Cannes pour la première fois depuis sa création, Michel Cournot n’était plus critique de cinéma au Nouvel Observateur. Il avait été viré dès 1966, parce que les lecteurs normaux n’aimaient pas qu’il «  parle de tout, sauf de cinéma ».  Il avait été remplacé par Jean-Louis Bory, qui avait eu le prix Goncourt pour son roman Mon village à l’heure allemande.

Michel Cournot avait tourné un film Les Gauloise bleues. Il devait être projeté au Festival de Cannes. Le Festival n’a pas eu lieu. Cournot n’est pas entré dans l’histoire du cinéma. Mais il est resté dans le cœur et la mémoire de quelques uns d’entre nous, qui lui rendons encore hommage après plus d’un demi-siècle.

De la revue, je n’ai gardé que la couverture dans mes archives.

Les hasards des déménagements impliquaient des choix, j’ai arraché la couverture de ce numéro de Mai, sans doute quand, au mois de juin 1968, j’ai brûlé beaucoup de papiers avant de quitter la rue Visconti où j’habitais avec mon révolutionnaire malgache, Michel Bablon. Il m’a fait brûler des revues cubaines qui pouvaient être compromettantes si une descente de police arrivait dans l’appartement que nous avions prévu de quitter par les toits… Je ne pouvais pas brûler Cournot !

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Je regrette de n’avoir pas conservé la collection des numéros du Nouvel Observateur, restées chez mes parents à Saint-Leu-la-forêt, qui ont dû aussi faire des choix quand ils sont revenus habiter en Bretagne.

J’ai gardé les livres de Michel Cournot dans ma bibliothèque, près de ceux de son neveu Patrice Cournot. Tous deux ont été des phares dans ma vie.

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Bibliothèque : livres de Michel et Patrice Cournot (archives personnelles)

J’aimerais tellement pouvoir relire tous les articles de Cournot.

Ils mériteraient une réédition dans un recueil dédié à son souvenir, rien que pour lui.

Gaelle Kermen,

Kerantorec, le 30 avril 2018


Livres de Michel Cournot : Le premier spectateur et Enfants de la Justice

Livres de Patrice Cournot : Le jour de gloire, Le bonheur des autres, Le retour des Indiens Peaux-rouges


Mes cahiers sur cette époque : Le vent d’Avezan et Le soleil dans l’œil.


Gaelle Kermen, Kerantorec, le 30 avril 2018

Blog auteur : gaellekermen.net

Extrait de Des pavés à la plage, Mai 68 vu par une jeune fille de la Sorbonne


Pour en savoir plus sur le film de Cournot à Cannes :

https://www.festival-cannes.com/en/films/les-gauloises-bleues

Sur l’attitude de Michel Cournot pendant les événements de Mai 68, voir :

http://www.cannes.com/fr/culture/cannes-et-le-cinema/le-festival-de-cannes/histoire-du-festival-de-cannes/de-1939-a-nos-jours/les-annees-70-un-nouveau-depart-apres-la-crise-de-mai-1968.html

« Les réalisateurs Milos Forman, Jan Nemec, Michel Cournot, Salvatore Samperi et Mai Zetterling ont un film engagé en compétition mais, témoins de la scène, ils se rangent immédiatement aux côtés des contestataires et se retirent du concours, encourageant les autres candidats et les membres du jury à les rejoindre. »



4 ans sans MacBook c est trop dur mais j ai sauve le mien avec un kilo de riz

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4 ans sans MacBook c’est trop dur, mais j’ai sauvé le mien avec 1 kilo de riz

Ces dernières années, mes blogs ont été bien négligés. Le naufrage de mon MacBook en mars 2011 avait stoppé toutes mes velléités d’écriture de blog ou de publication de photos. Je n’ai quasiment rien écrit ni publié pendant quatre ans. J’en ai profité pour faire d’autres choses, comme saisir 15.000 pages de Journal et de Chantier sur un eMac de 2004. Ou abattre 210 arbres à la tronçonneuse. Ou faire tous les meubles dont j’avais besoin pour être confortablement installée pour écrire. Mais ça m’a manqué de ne pouvoir bloguer quand j’en avais besoin, ni de publier aisément les photos que je continuais à prendre.

1 an d’essais de Windows

J’ai bien essayé d’autres solutions proposées par des amis sincèrement désireux de m’aider, en me prêtant, l’une un NoteBook Sony, l’autre un PC portable HP. Hélas ! trois fois hélas ! Windows n’a pas l’ergonomie de Mac OS X, j’y ai perdu mon temps et mon inspiration s’est tarie. Des essais, mais rien de concret.

3 ans d’usages d’Android

Puis j’ai passé trois ans sur des tablettes Android et là j’ai perdu de l’argent, de l’énergie et encore beaucoup de temps.

Android, c’est bien au début, c’est tout beau, tout neuf. Ça fait même semblant d’être comme Apple.

Deballage de la tablette Cube2, installation des applications. © gaelle kermen 2015
Déballage de la tablette Cube2, installation des applications. © gaelle kermen 2015

On ajoute les applications dont on a besoin et là ça commence à coincer. Très vite on a des écrans noirs nous avisant que l’application en question ne veut pas s’ouvrir, juste quand on voulait l’utiliser.

Si on met une application de nettoyage pour optimiser la batterie, on risque de devenir cardiaque par les messages de mauvaise santé affichés sur l’écran dès le réveil, alors qu’on n’a encore rien fait avec la machine. Et on devient parano avec des messages de vol de mémoire. Et on piaffe pendant les mises à jour quotidiennes avant de commencer quoi que ce soit.

Alors on est obligé de désinstaller les applications dont on a vraiment besoin (Facebook, ou un dictionnaire Latin que j’étais si contente de mettre sur mes tablettes) et on finit par se demander à quoi ça sert.

Je n’ai jamais tant juré de ma vie, tant ça marche mal. Une vraie charretière.

Copie d'écran de tablette © gaelle kermen 2015
Ecran noir au moment d’écrire, le flip. © gaelle kermen 2015
Copie d'écran de tablette © gaelle kermen 2015
Copie d’écran de tablette : ça ne marche pas. © gaelle kermen 2015
Ecran de tablette. Vol de mémoire. Parano ambiante. © gaelle kermen 2015
Ecran de tablette. Vol de mémoire. Parano ambiante. © gaelle kermen 2015
Copie d'écran de tablette © gaelle kermen 2015
Copie d’écran de tablette © gaelle kermen 2015
Copie d'écran de tablette © gaelle kermen 2015
Copie d’écran de tablette : juste quand on a besoin de son e-billet. © gaelle kermen 2015
Copie écran de tablette © gaelle kermen 2015
Copie écran de tablette : Facebook trop lourd ! devenu ingérable… © gaelle kermen 2015

Pour que Android marche correctement, il faudrait changer de tablette ou de smartphone tous les six mois ou tous les ans, ce qui devient très onéreux.

Je trouve dommage qu’Android soit devenu un standard et que tant de gens pensent faire une bonne affaire en achetant moins cher une tablette ou un smartphone Android qu’un produit Apple. C’est deux fois moins cher, peut-être,  mais ça marche dix fois moins bien et moins longtemps, ça c’est sûr.

Pour avoir pratiqué d’autres systèmes pendant quatre ans, je sais maintenant que rien ne remplace un MacOs ou un iOS.

Sauvetage du MacBook par un simple sac de riz d’un kilo

Heureusement pour ma créativité, j’ai récupéré mon MacBook. En l’enfermant pendant quatre jours dans un grand sac plastique avec un kilo de riz dans une pièce bien sèche, ma chambre, il est ressuscité de son oxydation, alors que les experts qui l’avaient vu à l’époque du naufrage avaient diagnostiqué une carte mère grillée, que mon modeste budget n’avait jamais permis de remplacer, les assurances ayant trouvé une clause d’exclusion pour ne pas prendre l’accident en charge.

J’ai eu l’idée du sac de riz en regardant un épisode de Meurtres au Paradis où le premier inspecteur anglais préconisait de mettre un portable tombé dans l’eau de mer dans du riz, sans l’allumer, et ça marchait. Moi, j’avais tenté d’allumer le MacBook. J’ai essayé quand même, je n’avais rien à perdre, le MacBook était inerte depuis quatre ans. Ça a marché. Je n’oublierai jamais le bonheur d’entendre le bruit du MacBook qui se réveille de son long sommeil.

Résurrection du MacBook après 4 ans d'oxydation. © gaelle kermen 2015
Résurrection du MacBook après 4 ans d’oxydation. © gaelle kermen 2015

J’ai récupéré mon MacBook en bonne forme, sa batterie reste chargée comme autrefois, j’ai retrouvé mes petits là où je les avais laissés.

Il a juste perdu la lettre t en cours de route, t sans doute parce qu’il avait été noyé par une tisane, comme me l’a suggéré Frédéric Daubagna de l’agence Aestetype de Toulouse, dont je conte la visite sur mon blog de voyage.

— Il manque un t parce qu’une tisane l’a noyé, dit Frédéric.
— Avec un café, il manquerait un c, dit Jacques.
— Et avec du whisky il manquerait un w, ajoutai-je.

Alors, j’ai offert un petit clavier acheté chez Pearl, comme celui que j’avais pour écrire plus vite sur mes tablettes Android. Je le pose sur le clavier du MacBook et je travaille aussi bien qu’avant son naufrage, car même âgé de sept ans, mon MacBook marche mieux que ma dernière tablette de six mois seulement.

Toujours est-il que depuis le 18 mars, date historique de mes retrouvailles avec mon cher MacBook, j’ai pu aussi récupérer mes photos (je n’avais plus de système me permettant d’ouvrir iPhoto 09′) quelque chose comme 25.000, plus celles que j’avais prises en quatre ans, stockées sur mes tablettes. Elles s’affichent en un clic, alors que j’attendais des minutes pour moins de 2000 sur les tablettes. Je les ai classées et sauvegardées, sur Google Photos pour partager les albums privés et sur Flickr pro pour les albums publics pour illustrer mes blogs.

5 ans d’attente et enfin 1 iPad

L'iPad rêvé est arrivé. Cinq ans d'attente. © gaelle kermen 2015
L’iPad rêvé est arrivé. Cinq ans d’attente. Désormais mon meilleur ami d’écriture de notes. © gaelle kermen 2015

J’ai aussi un iPad depuis juillet, donné par une amie, qui, m’entendant râler une fois de plus contre les tablettes Android qui ne marchaient jamais, a pensé que je ferai meilleur usage qu’elle de son iPad. C’est vrai. C’est mon meilleur ami d’écriture de notes de départ. C’est le premier iPad, l’historique, celui qui a bouleversé le paysage des tablettes. Mais même obsolète avec son système iOs 5.1.1, mon vieil iPad one marche mieux que toutes les tablettes que j’ai eues entre les mains en trois ans.

Au mois d’août 2015, j’ai repris l’écriture de blogs et la publication des albums photos. J’ai publié quelques articles sur mon blog de voyages : hentadou.

L’inspiration est revenue avec l’iPad pour la prise de notes sur Simplenote pour mon Journal et sur SimpleMind+ pour construire les articles. Tout s’exporte vers le  MacBook pour la mise en forme des articles, ou des cahiers que je suis en train de travailler, sur Scrivener. Je n’ai plus à me soucier de technique, tout roule, tout marche, tout fonctionne. Je peux avoir tous les programmes dont j’ai besoin ouverts en même temps. Rien ne me ralentit. Je n’ai plus qu’à écrire, à reprendre des notes restées en brouillon, des projets restés en instance, quand tout était si compliqué que les bras m’en tombaient, que le désespoir me guettait, que la dépression m’accablait.

Maintenant je peux aller au bout de mes rêves, juste portée par de bons outils, dans l’harmonie retrouvée.

Je vous dis donc à bientôt pour de nouvelles lectures. Bel équinoxe d’automne 2015 !

Gaelle

23 septembre 2015 Kerantorec

Extrait du Journal de vie 2015 Sauvetage du MacBook apres 4 ans d’inaction

Mercredi 18 mars 2015 21:19

Un miracle a eu lieu aujourd’hui, 18 mars, entre la Saint Patrick hier et la Saint Joseph demain. Le MacBook est revenu à la vie. Incroyable, mais vrai ! Après quatre jours de repos dans un sac en compagnie d’un kilo de riz Basmati, j’ai rechargé la bête ce matin. Cet après-midi, après ma sieste, j’ai tenté de la démarrer. Et j’ai entendu le doux bruit de rallumage du MacBook, pas entendu depuis le 2 mars 2011 de sinistre mémoire. Je croyais au miracle et le miracle est arrivé. J’ai vu l’écran s’allumer, restant blanc d’abord, puis un dossier s’afficher avec un point d’interrogation, il cherchait un système d’exploitation et ne le trouvait pas, j’avais dû mal remettre le disque dur d’origine dans le boitier. Alors j’ai branché l’ancien disque dur sur un port USB. J’ai vu une pomme, puis un écran bleu, un peu trop longtemps à mon goût, l’adrénaline montait, car je ne savais pas si l’ordinateur allait remarcher, mais en définitive j’ai attendu moins longtemps que chaque fois que j’allume la tablette, surtout quand je dois la redémarrer parce que l’écran reste noir. Et j’ai retrouvé mon environnement d’autrefois, le tableau de Samson, Carribean Moon en fond d’écran et tous les dossiers tels que je les avais laissés. Enfin, je vais pouvoir reprendre mon vrai travail d’écriture. Ouf !

Le MacBook avec le tableau d'Yves Samson en hommage à Kevin Ayers Carribean Moon. © gaelle kermen 2015
Le MacBook avec le tableau d’Yves Samson en hommage à Kevin Ayers Carribean Moon. © gaelle kermen 2015

Mes autres blogs
Chantiers : kerantorec
Voyages : hentadou.

Sites cités
Pearl : clavier pour iOs, clavier pour Android
Agence aestetype Toulouse
Scrivener
Simplenote
SimpleMind+

© Gaelle Kermen 2015

Bilan 2014 3 restauration du salon

Les travaux du bois avaient été les principaux projets de l’année 2014, entre l’abattage de la haie de palmes, la menuiserie du mobilier de bureau, et celle en bois de palette. Comme j’étais dehors la plus grande partie de la journée, j’avais laissé de côté un élément essentiel de la chaumière, le salon.

Restauration du salon de septembre à Noël

Ce salon avait été sinistré par les eaux et portait des traces douloureuses. Une fuite d’eau, décelée seulement au bout de… 32 ans, avait sali un mur dans le coin sud-est de la cheminée et des infiltrations d’eau avaient coulé depuis le toit de chaume, que nous avions réparé l’été 2013.

Coin du feu au chat dans le salon restauré. Noël 2014
Coin du feu au chat dans l e salon restauré. Noël 2014

J’avais tenté de garder cette pièce en état de salubrité en mettant un poêle à granulés, une occasion vieille de 20 ans, qui a au moins permis d’enlever de l’humidité lors des tempêtes de l’hiver 2013. Mais il n’était plus performant, je voulais le changer. J’ai opté pour un poêle très peu cher (à la mesure de mon modeste budget), un Taïfun de Moderna, fabriqué en Bulgarie. En voici les aventures.

Début septembre, après le départ des enfants, j’ai entamé le rangement des livres qui attendaient sur la grande table du salon, par terre, dans tous les coins, depuis que j’avais démonté la grande bibliothèque Monta Bruynzeel pour la changer de côté et gagner de la place dans la pièce, en permettant une meilleure expositions de tableaux grands formats. J’avais fait ce démontage début 2013 et commencé le rangement des compacts discs et des disques vynile. Je tenais entre mes mains les disques de Kevin Ayers, musicien pop anglais que j’avais connu en décembre 1972 à Londres, et revu à Montolieu en mai 2011. J’allais les ranger au début de la collection vynile pop, bien classée de A à Z, de Ayers à Zeppellin, quand je me suis arrêtée, troublée par sa présence. C’était comme si Kevin avait été dans la pièce auprès de moi. Il se passait quelque chose. J’avais déjà eu ce type d’intersignes. J’étais dans un état second. J’ai rangé les disques à leur place et j’ai cessé les réinstallations du salon. Impossible de m’y remettre. Un peu plus tard, j’ai appris la mort de Kevin, au moment où le temps s’était suspendu.

Rangement de la grande bibliothèque

Il a fallu la visite de ma camarade de classe du lycée Hélène Boucher à Paris, ma voisine de table l’année scolaire 1960-61, pour que je fasse l’effort immense de ranger mes livres. Nous ne nous étions pas vues depuis 54 ans et je ne pouvais imaginer lui montrer mes livres en désordre, c’est ensemble que nous avions appris leur valeur. Grâces soient rendues à mon amie Liliane Willefert-Bénard, philosophe. Le salon était à peu près présentable quand elle est arrivée avec son mari.

Ils m’ont emmenées me reposer à Erdeven et j’ai pu continuer les travaux au retour, rechargée par les grandes pierres, la mer et leur chaleureuse amitié au-delà du temps.

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Rangement du salon début septembre avec le nouveau poêle

Démontage du poêle à granulés et installation du poêle Taïfun

Les deux poêles attendaient dans le coin de la cheminée. C’est là qu’est arrivé un petit miracle. Car je ne pouvais décemment les déplacer toute seule et mon cousin-voisin était bloqué !

Les deux poêles en attente dans le coin cheminée
Les deux poêles en attente dans le coin cheminée

Un extrait de mon cahier de chantier 2014

Vendredi 12 septembre 2014

21:20 Il y a des jours où je n’ai pas l’impression d’avancer, du moins pas autant que je le voudrais, quand je fais mes plannings et mes listes de tâches, toujours trop longues et abondantes. Mais certains jours comme celui-ci, un grand pas en avant se fait, alors que je ne m’y attendais pas.
Ce midi, j’étais à nettoyer la cour de la petite chaumière, en tenue de chantier, short, chaussettes et chaussures de jardin, veste bleue de travail, gants de protection et casquette Dick sur la tête, quand j’ai entendu une voiture s’arrêter. Curieuse, je me suis avancée sur le parking, car je pensais qu’il s’agissait enfin des nouveaux voisins, que nous n’avons pas encore vus.
Un monsieur sortait d’une Mercedes immatriculée en Allemagne, son iPhone à la main, et me voyant, m’a demandé l’autorisation de photographier le village. J’ai dit oui, et je repartais vers ma cour, quand il m’a appelée : « Madame ! ». Je suis revenue sur mes pas, il voulait savoir s’il était possible de passer des vacances ici. J’ai dit non, sauf peut-être dans la petite maison. Il a alors remarqué ma casquette Dick et il a dit qu’il était « carpenter », qu’il faisait des « furnitures » et qu’il se fournissait chez eux. J’ai dit que j’y trouvais mes « japanese saws ».
Et du coup, j’ai eu toute confiance en cet homme sympathique et comme il me posait des questions sur mes bâtiments et les travaux en cours, je lui ai montré mon bureau, puis la cuisine, il a dit : « It’s your living room ? », « No, my kitchen! »‘ « Oh! Wonderful ! In oak ! », puis, après hésitation, le salon.
Là il s’est passé quelque chose. Il n’a pas vu l’immense foutoir dont j’ai honte, ou il a eu la délicatesse de ne pas le signaler, mais il a vu tout de suite la cheminée, avec le poêle démonté dedans et le nouveau poêle en bas en attente. Il a proposé de descendre le poêle à granulés. « Together! ».
Il a craint un moment que je ne puisse pas soutenir la masse lourde. J’ai dit : « Tell me when. You count. » « Three, two, one, go. » Impeccable, nous avons déposé le poêle sur la palette, puis nous avons fait glisser la palette sur la marche, jusqu’au sol du salon. Ensuite, il a dit : « We put the new one ? ». « Yes, thank you ! » Cette fois, c’était nettement plus léger et le Taifun a trouvé sa place aisément.
Incroyable ! Un genre de miracle. J’espérais bien que quelqu’un m’aiderait à changer ces deux poêles de place, puisque Guenal, en maladie, ne pouvait m’aider. Mais je n’imaginais pas qu’un inconnu de passage, étranger de surcroit, serait cette personne providentielle. Je l’ai remercié. Il a pris des photos de la maison, de moi assise sur la terrasse, j’ai protesté que je n’étais guère présentable, mais il a dit : « Well, you’re a worker ! » « Yes, I am a worker. »
Il a admiré le jardin. J’ai demandé son mail, pour lui envoyer des photos du poêle quand il sera en marche. Il a parlé de revenir avec sa femme me donner sa carte. Nous nous sommes serrés la main, avec respect mutuel. Il a dit que c’était étonnant que je lui aie montré ma maison. J’ai dit que c’était parce qu’il m’avait dit qu’il était « carpenter ». Il a dit que c’était à cause de Dick qu’il m’avait parlé.
A quoi ça tient, une relation, un échange. Ici à Dick, la marque allemande qui vend de si bons outils !

Scie japonaises de bûcheronnage et casquette Dick de travaux
Scie japonaises de bûcheronnage et casquette Dick de travaux

Cette action d’Axel Seger a servi de détonateur à toute mon action de restauration du salon. Qu’il en soit ici vivement remercié. Il s’inscrit au Hall of Fame des bienfaiteurs de Kerantorec.

Très vite j’ai pu faire fonctionner le nouveau poêle, ce qui a changé la vie du salon, un coeur rebattait dans le foyer de la maison.

L'installation du poêle Taifun a réveillé le salon.
L’installation du poêle Taifun a réveillé le salon.

Pose d’une plaque en zinc dans le conduit

Premier petit déjeuner de l'an 2015, près du feu, désormais isolé du froid du conduit de cheminée par une plaque isolante.
Premier petit déjeuner de l’an 2015, près du feu, désormais isolé du froid du conduit de cheminée par une plaque isolante.

Ensuite j’ai pu effectuer de nombreux rangements, dans le salon, la petite chaumière, la réserve, profitant des derniers jours longs de soleil, période de dons à Emmaüs, ou de voyages à la déchetterie.

De la Toussaint à la fin de l’année 2014

A la Toussaint, le temps a changé, il n’étais plus question de travailler dehors. Deux gros problèmes restaient à résoudre pour que le salon redevienne vivable. La poutre devant la cheminée avait été entamée par la fuite d’eau qui avait duré 32 ans. Elle menaçait de tomber. Du moins je l’imaginais ! Il a fallu l’étayer pour la sécuriser.

Alors seulement j’ai pu envisager la réfection de l’enduit du mur abîmé par les traces d’eau, en chaux, chanvre et sable, comme les autres enduits faits dans la maison depuis 1996 et qui ne bougent pas au fil du temps.

Quand je prenais des photos sur l’avancement des rangements du salon, j’étais toujours gênée par l’état des poutres, que j’avais badigeonnées à la chaux en 1995. La chaux s’écaillait, tombait, c’était hideux. Ayant rangé les bibliothèques, je ne supportais plus d’avoir le ciel qui me tombait sur la tête. Un jour j’en ai eu assez, j’ai entrepris le décapage des poutres. Un travail sale et déplaisant, mais dont le résultat immédiat me remontait le moral. A part la première poutre, qui avait souffert de circonstances extérieures, les poutres étaient saines et en bon état. Maintenant j’oublie le plafond, il a repris sa juste place.

Décapage des poutres du salon

Début du décapage des poutres, pas simple quand la pièce où on le fait est habitée. Tout à la main, brosse métallique, grattoir, acide chlorhydrique final.
Début du décapage des poutres, pas simple quand la pièce où on le fait est habitée. Tout à la main, brosse métallique, grattoir, acide chlorhydrique final.

Enduit de chaux et chanvre dans coin cheminée abîmé par suie et infiltrations d’eau

Après l’étayage de la poutre devant la cheminée, je pouvais refaire les enduits.

Enduit de chaux, sable, chanvre (1 tiers de chaque) au dessus du linteau du passage et dans le coin de la cheminée.
Enduit de chaux, sable, chanvre (1 tiers de chaque) au dessus du linteau du passage et dans le coin de la cheminée.

Pose de rideaux dans le salon et la cuisine

Poser de nouveaux rideaux devenait une tâche facile à réaliser, eu égard aux forces qu’il avait fallu déployer dans la restauration du salon et un vrai plaisir d’avoir une grande table de cuisine pour tailler les tissus.

Pour occulter du froid, j’ai fait des rideaux avec des doublures en tissu thermique, c’est très joli et efficace.

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Finitions dans la cuisine et le salon

Tout était fini dix jours avant Noël. J’avais respecté les engagements pris vis à vis de moi-même. J’avais fait beaucoup plus de choses que je ne pensais. 2014 a été une année très productive. Ma maison d’habitation a retrouvé ses couleurs, sa chaleur, sa vie.

Désormais la cuisine vibre bien avec ses nouveaux rideaux, sa belle table en chêne et ses dessertes rénovées.
Désormais la cuisine vibre bien avec ses nouveaux rideaux, sa belle table en chêne et ses dessertes rénovées.

Me voici arrivée au bout de ce bilan 2014 des chantiers, en trois pages de blog. Au départ ce devait être juste une liste des tâches effectuées avec leur illustration. Mais le sujet a emporté mon écriture.

J’espère vous avoir donné du courage. Dîtes-vous bien que si j’arrive à mener à bien ces chantiers parfois durs, sans grandes forces ni grands moyens, c’est que tout le monde peut en faire autant. Il faut savoir ce que l’on veut, faire preuve d’imagination, regarder dans les matériaux accumulés, investir dans des outils, oser se lancer, bien s’organiser, demander conseil aux gens compétents, accepter l’aide providentielle qui peut se manifester, recommencer si on s’est trompé, et apprécier le bonheur de travailler de ses mains. C’est un grand privilège.

Bricolez ! Prenez de la peine ! La récompense sera au rendez-vous !
Excellente nouvelle année 2015 pour de nouveaux chantiers.

Gaelle Kermen 2015

Remerciements à Axel Seger, Ideen aus Holz, Königswinter, Deutschland, avec toute ma reconnaissance

Tissu thermique trouvé sur le site de Tissus-Price

Rideaux occultants rouges trouvés au magasin Leroy-Merlin de Lorient-Queven Collection Inspire Manchester Rouge N°3
Rideaux occultants argent commandés sur le site Leroy-Merlin Collection Inspire Galet N°5

Poêle à bois Taïfun de Moderna trouvé sur le site poeleaboismaison.com

Outils Dick pour le bois, le jardin et autres belles choses site de commande

Bilan 1 mobilier intérieur
Bilan 2 mobilier de jardin en bois de palette
Bilan 3 restauration du salon

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