Préparation du NaNoWrimo en octobre

Le NaNoWriMo se prépare à l’avance. Après trois camps et un NaNo, je le constate une fois de plus.

Pour mon dernier livre sur Mai 68, tel que je l’ai vécu à la Sorbonne, j’avais fait les recherches dans mes archives historiques en février et mars avant le camp NaNo d’avril. Le 28 mars, je faisais la carte mentale du plan du livre qui commençait à bien se structurer au fil des saisies informatiques et de ce que j’y découvrais en résonance avec les événements du printemps des grèves et occupations 2018. J’ai fait la rédaction au cours du camp de printemps. J’ai relu et corrigé l’ouvrage avec des bêta-lecteurs au mois de mai. Quatre mois en tout pour un livre de près de 300 pages.

En rédigeant récemment ma bibliographie complète depuis 2010, j’ai vu que j’avais publié trois livres par an, sauf les quatre ans sans MacBook, avec PC et Android, où je n’ai rien publié. Trois livres par an, c’est un bon rythme, qui peut correspondre aux trois mois de NaNo, deux camps au printemps et en été, un mois en automne. Maintenant que la pratique m’a montré que l’organisation était efficace, féconde, productive, je vais adapter mes années à ces objectifs précis.

Qu’est-ce que je fais pour préparer le NaNo de novembre prochain ? C’est une question posée sur Twitter par les responsables de l’organisation de ce mois consacré à l’écriture : https://twitter.com/NaNoWriMo


Du côté de l’organisation pratique

Je prépare des plats cuisinés selon la saison des récoltes actuelles. Je les congèle en portions prêtes à sortir le matin pour le midi lors de mes sessions matinales de rédaction. Je ne veux pas réfléchir, il faut que je sache que je peux manger tout de suite quand je m’arrête d’écrire. Des plats prêts à être réchauffés après décongélation au frigo.

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Je nettoie le jardin des orties et ronces qui ont poussé en plus grande ampleur que les autres années. Je fais ce travail à la cisaille, à l’ébrancheur et je passe la tondeuse électrique pour broyer ce que j’ai rabattu à terre. Je laisse sur place pour couvrir le sol sans avoir à m’en occuper. D’habitude, je fais ce travail trois mois plus tard, après le solstice d’hiver, quand la sève est au plus bas. Cet été exceptionnellement chaud a bouleversé les rythmes de la nature qui m’entoure, je dois m’y adapter. J’ai besoin de marcher dans la beauté. Il faut que partout où je me pose pour écrire, partout où je pose mes yeux, le paysage soit harmonieux.

Mes nettoyages ne sont pas ceux des jardins à la française, plutôt ceux des jardins anglais. J’applique une maxime apprise d’amis jardiniers en Cornouailles anglaises : « Cut the drieds, the deads, the deceaseds. » Couper tout ce qui est sec, mort, malade. Retrouver les lignes d’horizon pour que le regard se prolonge, comme dans les fenêtres des tableaux de Dürer, vers des perspectives que j’ai travaillées entre les talus, les haies, les sous-bois, les grands arbres. Restaurer l’harmonie autour de moi, pour écrire dans la sérénité et l’inspiration du lieu préservé.

Je fais aussi des courses pour prévoir les aliments ou boissons que l’on peut stocker, comme du vin, de la bière et tout le fond des placards nécessaires pour imaginer des repas en complément du frais saisonnier.

Je suis aussi allée avec une amie à la source faire le stock d’eau pour la boisson, les café, thé, soupes quotidiennes. Privilège absolu que d’avoir encore une source d’eau potable au goût délicieux non loin de chez nous. Source entretenue et analysée par les voisins du village.

Je prévois des travaux de réparation à faire avant le mois de novembre. Il est possible que mon temps ne soit pas aussi disponible que je le voudrais, parce qu’une partie de mon toit de chaume doit être changé en ardoise courant octobre si le planning du couvreur est respecté. Événement vital, attendu depuis des années, qu’il me faudra accompagner. Je devrai intervenir à l’intérieur selon les travaux. J’aime ces chantiers où je dois m’impliquer. Je n’en avais pas fait depuis 2014, quand j’avais fait mes meubles de bureau, plus une table et des bancs de cuisine. Je crois que ça me manquait un peu, même si j’avais le bonheur de cuisiner dans un décor organisé à ma guise et de travailler dans un bureau répondant à mes besoins, y compris à la sieste sacro-sainte de l’après-midi sur un divan conçu dans le style du bureau mobile, des dessertes et de la bibliothèque de mes archives.


Du côté de l’entraînement physique

Pour bien écrire, il est important d’être en forme. La forme, ça s’entretient. Pas de temps en temps en faisant un exploit, mais un peu tous les jours. Je fais du yoga depuis mon extrême jeunesse et je garde une séance d’exercices au lever. Cet été, il faisait si beau que je suis descendue dans la prairie pour fêter le lever du soleil.

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Depuis deux ans, je me suis remise au vélo et je tiens la distance. Cet été, je suis beaucoup sortie à vélo, cherchant de nombreux chemins de traverse pour aller nager le plus souvent possible dans mes criques secrètes.

En plus, depuis le dernier NaNo d’avril, je cours le matin pieds nus dans ma prairie. Il faisait même si chaud en juillet que je me suis mise à courir nue dans le petit matin sous le regard étonné des chattes siamoises qui m’avaient donné envie de bondir comme elles dans l’herbe.

Bon, c’est un peu spartiate comme activité, il faut être stoïque, j’ai ramassé beaucoup d’épines dans mes pieds, parfois de façon invalidante. Mais j’ai toujours réussi à les enlever en mettant des emplâtres d’argile sur les points sensibles. J’ai aussi attrapé une écharde sur le sentier côtier, le bout d’une petite branche s’était plantée sous mon pouce de pied gauche, ce qui ne m’avait pas empêchée de courir sur la terre, pensant que ça allait empêcher le sang de couler, en effet, puis d’aller me baigner et de revenir à pied jusqu’au vélo garé sur un parking. Quand j’ai pu sortir l’écharde, elle avait 70 mm de long, quand même ! Je dois être coriace. J’ai laissé passer un jour sans course pour cicatriser et je repartais goûter l’herbe plus ou moins mouillée selon les jours, sentir l’air sur ma peau nue, en bien meilleure forme qu’avant d’ajouter ces courses à mes séances de vélo et de nage.

L’entraînement me réussit bien, je le continue aussi longtemps que j’y trouverai du plaisir. Je ne fais pas de compétition, je me lance juste des défis personnels, sans outrepasser mes limites. Je suis mes progrès sur Strava, pour me motiver. J’ai aussi investi dans une carte IGN dans l’application VisoRando, pour savoir où je suis, à force d’explorer des chemins hors des routes, je me suis parfois trouvée dans des endroits sauvages avec l’impression d’être dans une forêt primaire sous des arbres vertigineux. Sensations extraordinaires à quelques encablures de ma chaumière. Sentiment de faire corps avec la nature.


Du côté de l’organisation intellectuelle

Je m’aperçois depuis quelques jours que j’ai déjà commencé le NaNo. J’ai commencé à prendre des notes sur les chantiers, des notes qui sont devenues des chapitres, qui iront alimenter le livre que je vais sans doute travailler en novembre. Je vais tenter la même organisation que pour Des pavés à la plage, elle m’a bien réussi.

J’ai pris les notes de cet article dans mon Journal de vie 2018, l’organisation que je suis depuis le début de l’année et qui me convient. J’ai tous mes projets en cours dans un seul projet et je n’ai pas besoin de refermer le projet sur l’application Scrivener iOS pour insérer un premier jet de chapitre ou de partie. Je ne passe pas mon temps à chercher tel ou tel projet pour y envoyer mon chapitre ou ma section. Il me suffit de descendre dans le projet pour le déplacer. C’est un peu long parfois, parce que j’ai un livre de recettes de cuisine qui commence à prendre de l’ampleur et je dois passer sur tous les documents de ce gros projets jusqu’à trouver son emplacement, mais ça me permet de revoir ce que j’ai écrit. La manipulation est plus facile sur Scrivener 3, mais j’aime travailler sur l’iPad pour rester mobile, alerte, dynamique et écrire dehors.

J’écris toujours sur l’iPad, jamais sur le logiciel de bureau où je corrige, formate et compile.

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Quel projet vais-je travailler au mois du NaNo de novembre ?

Je pensais travailler le livre commencé en juillet 2016 et travaillé en novembre 2016, avant la sortie du logiciel Scrivener 3 qui a alors mobilisé mes forces, et que j’ai revu au mois de juillet 2017 sur La vie créative plus simple. Mais ce projet s’est scindé en cinq projets et je ne veux pas bâcler l’un d’entre eux. Chacun de ces livres sont des fondamentaux pour moi, ils sont les témoignages que je veux transmettre sur la philosophie de mon écriture créative, sur la pratique de la publication numérique indépendante, sur les recettes de cuisine qui me permettent de bien manger en période créative, sur les chantiers qui me permettent de créer, conserver et entretenir un environnement sain pour pouvoir écrire en toute santé et sérénité, enfin sur les pratiques de jardinage que j’ai mises au point pour marcher dans la beauté.

Ces livres sont le résultat de cinquante ans d’écriture et de soutien aux artistes, de plus de quarante ans de travaux de maçonnerie, menuiserie, plomberie, électricité, plantations, cultures, entretiens, pour être capable d’autogérer à moindres frais mon patrimoine bâti dans son paysage et le « transmettre en meilleur état que je l’avais reçu« , une réflexion de Marguerite Yourcenar m’ayant donné cet impératif kantien qui a guidé ma vie et l’anime encore.

Pour l’instant, je ne m’impose rien, je prends des notes, selon les inspirations. Je range la note au mieux. Je reverrai tout ça plus tard. Je sais que fin octobre, une carte mentale s’imposera à moi et sortira d’un jet en un quart d’heure, rarement plus, et le projet entier sera structuré.

Je pensais donc consacrer le mois de novembre à la révision et au formatage de mes deux premiers livres sur l’écriture et la publication. Mais je les reverrai en janvier ou février, au cœur de l’hiver, dans la concentration nécessitée par la mauvaise saison. J’ai changé d’avis après un événement concernant les chantiers à faire sur ma maison pour la réparer.

J’ai eu des problèmes récents pour obtenir des subventions de restauration de mon toit de chaume qui met en péril une partie de la maison. Ce blocage inattendu (je croyais mon dossier déposé le mois d’avril) m’a obligée à analyser ce que je voulais vraiment. Devais-je suivre les indications de la responsable d’agence privée en contrat avec la communauté de communes pour gérer la transition énergétique, afin d’obtenir des subventions, avec des obligations sans doute valables pour de nouvelles constructions, mais sans grand rapport avec les besoins d’une maison construite avant la révolution française. Ma chaumière bénéficie de murs de pierre montés à la terre qui perdraient leur inertie thermique s’ils étaient isolés en feuilletage de composants synthétiques comme on le fait en construction nouvelle. Cela fait plus de 40 ans que je réfléchis à ces questions et que j’observe le résultat dramatique de solutions modernes sur un bâti ancien.

Un matin de fin août, j’ai tenté de visualiser les travaux intérieurs que ces obligations demandées pour les subventions impliquaient chez moi. Impossible de visualiser quoi que ce soit. Or tous mes chantiers commencent d’abord par une vision. J’ai su que je ne devais pas accepter les compromissions exigées. Je n’allais pas défaire des aménagements qui me convenaient si bien quand la maison était protégée par un toit étanche.

C’est un peu comme si j’étais allée consulter mon médecin pour un grave problème cardiaque mettant ma vie en péril et qu’il exigeait, avant de me soigner, que je m’engage à faire arracher toutes mes dents, pourtant saines, pour les remplacer par des fausses dents, prises en charge par la sécu pour un peu plus de la moitié de leur valeur… J’avais le temps de mourir sur place.

Il y a un an, je montais un dossier pour faire réparer une partie de mon toit et on exigeait de moi que je refasse toute la maison.

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L’état du toit de ma chaumière après le coup de vent du 20 au 21 septembre 2017, qui a arraché d’un coup la bâche posée par les couvreurs. Il y a urgence à réparer cette partie. Mon dossier de subventions n’a toujours pas été déposé après un an de tractations diverses. Je laisse tomber ces solutions inadaptées à mes besoins. Je ne compte que sur moi-même et sur l’artisan- couvreur.

Je connais bien ma maison, elle est solide, comme moi, malgré les apparences. Elle m’a permis de retrouver ma santé comme la nature travaillée autour d’elle. Je veux garder la maîtrise. Je ne veux surtout par m’engager sur un budget mégalomane, que je ne pourrais pas compléter, juste pour que mes travaux rentrent dans le cadre formaté des subventions ! Non seulement je n’avais pas le budget pour le complément exigé en plus des subventions, mais j’allais devoir effacer sur certains murs tout le travail fait d’abord avec mon mari, puis amélioré par moi-même. J’allais devoir défaire ce que j’avais tant aimé faire. Sans raison technique vitale, juste pour répondre aux critères des subventions de transition énergétique. Absurde ! Car malgré les problèmes de toit d’une partie de la chaumière, celle-ci reste mieux isolée que bien des maisons récentes !

J’ai mis de côté le budget pour réparer la partie du toit vraiment abîmée. Cela ne suffira pas pour refaire aussi le toit de chaume sur l’arrière de la longère. Mais je préfère assurer mon budget à la mesure de mes moyens, pas à pas, un poste après l’autre. J’ai fonctionné comme ça toute ma vie, sans avoir assez de souffle pour respirer, sans avoir assez d’argent pour vivre sans souci. Si j’avais dû attendre d’avoir assez d’argent pour faire quelque chose ou de souffle pour avancer, je serais morte depuis longtemps. La vie m’a appris à faire les choses au fur et à mesure, par tranches, convenant à mon rythme. Seule  le plus souvent parce que mon cœur bat trop vite quand je dois suivre le rythme des autres. J’ai su gérer mes forces et mes moyens pour refaire une grande partie de ma maison, selon un style simple, sain, qui me convient parfaitement. Et j’ai en plus amélioré ma santé et mon souffle ! Rien n’est impossible à l’optimiste que je suis.

J’ai modifié tous mes projets immédiats. J’ai réalisé à quel point j’aimais ma maison, pas en valeur matérielle, mais pour ce qu’elle représente en témoignage de travaux simples à la portée de tous et toutes, puisque j’ai réussi à les faire moi-même. J’aime ma maison parce que j’ai travaillé sur elle et qu’elle a une longue histoire avant moi qui n’en suis que la gardienne du seuil.

J’ai donc décidé de témoigner sur le bâti breton refait en respect des travaux des anciens avec des valeurs modernes non polluantes, qui ne sont pas celles des normes industrielles, plus dans l’intérêt des lobbies que celui des usagers. Je vais raconter l’histoire de mon domaine breton. C’est sur ces sujets que je vais concentrer le mois de novembre du NaNo.

Quand les phrases commencent à danser dans la tête, c’est que le livre veut naître et grandir. Et là, les phrases dansent, il faut les cueillir.

Voici quelques réflexions sur ma pratique d’avant NaNo. Et vous ? Que faites-vous pour préparer votre mois d’écriture de roman ou essai ? Partagez vos idées, c’est stimulant pour tout le monde.

Belles écritures ! Bon vent de pré-NaNo !

Gaelle Kermen,
Kerantorec, le 1 octobre 2018

Strava : https://www.strava.com/athletes/17692897

Autres articles sur le NaNoWriMo : Répertoire des articles sur le NaNoWriMo avec Scrivener

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Gaelle Kermen est l’auteur des guides pratiques Scrivener plus simple, le guide francophone pour Mac, Windows, iOS et Scrivener 3, publiés sur toutes les plateformes numériques.

Diariste, elle publie les cahiers tenus depuis son arrivée à Paris, en septembre 1960. Publications 2018 : Journal 60 et Des Pavés à la plage Mai 68 vu par une jeune fille de la Sorbonne.

Vaguemestre depuis 1997, blogueuse des années 2000, elle publie plusieurs blogs sur ses sujets de prédilection, l’écriture sur gaellekermen.net, les chantiers d’autoconstruction sur kerantorec.net, les archives d’un demi-siècle sur aquamarine67.net et les voyages ici ou ailleurs sur hentadou.wordpress.com.

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Scrivener 3 : modèle de collection de recettes en cadeau

Bonne année 2018 !

Découvrant Scrivener 3 depuis sa sortie du 20 novembre 2017, j’ai eu l’idée de consulter ses modèles actualisés pour la dernière version.

Il se trouve que j’avais commencé un nouveau livre : La cuisine plus simple en accompagnement de l’essai sur la vie créative en écriture que j’ai écrit pendant le Camp Nano de juillet 2017 et corrigé au début du NaNo de novembre avant de commencer un nouveau guide Scrivener 3 plus simple pour les francophones.

En regardant le modèle proposé dans le tableau de bord de Scrivener 3, j’ai constaté que le plan en était déjà bien conséquent, il me suffisait de le traduire et j’avais la trame de mon futur livre, que j’espère publier assez vite pour aider certains de mes jeunes amis autoconstructeurs à bien gérer leurs chantiers 2018. Il est important de bien manger quand on entame des chantiers conséquents, que ce soit en écriture ou lors de travaux sur nos maisons ou jardins.

J’ai pensé que ce modèle pourrait servir à d’autres que moi et je l’ai traduit avec l’aide de Google Traducteur, qui a fait un bien meilleur travail initial que je ne le pensais.

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Pour vous donner une idée de ce que je veux publier, de l’esprit dans lequel va être ce nouveau Guide Pratique Kermen, j’ai ajouté quelques recettes déjà publiées sur mes blogs. La cuisine simple fait partie de mon art de vivre.

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Désormais, vous avez un lieu où vous pouvez collecter vos propres recettes, importer des pages Web pour les consulter selon vos besoins. Vos notes ne seront plus éparpillées dans tous les coins. Vous les aurez à disposition en un seul projet.

Ce modèle est avant tout là pour vous aider à voir les nouvelles fonctions de Scrivener 3, puisque le créateur du modèle a mis tous les éléments nécessaires à une bonne gestion du Classeur, des Collections, des champs de l’Inspecteur, en particulier dans les Types de sections qui préparent une bonne Compilation finale en plusieurs formats numériques. C’est un bon apprentissage utile.

Sentez-vous libre de changer ce que vous voulez dans ce modèle, j’ai ajouté des dossiers et fichiers, vous pouvez le faire et supprimer tout ce qui ne vous est pas utile, y compris mes quelques recettes ajoutées.

Bon appétit et belles écritures !

Gaelle Kermen,
Kerantorec, le 2 janvier 2017


Pour télécharger le modèle ou le projet version Scrivener 3

  • Le modèle ira se mettre dans le dossier Application Support de votre ordinateur, accessible depuis le menu Scrivener. Il suffit d’appeler Importer des Modèles en bas du tableau de bord.  Il sera accessible dans la rubrique Divers du tableau de bord à l’ouverture de Scrivener. Vous pourrez le modifier autant que vous le souhaitez pour d’autres usages.
  • Le projet est immédiatement utilisable. Il s’ouvrira avec Scrivener 3. Vous l’enregistrerez sur votre Mac ou votre dossier Dropbox de synchronisation avec iPad ou iPhone qui saura le lire.

Pour télécharger en version Scrivener 2 pour Mac ou 1.9 pour Windows

  • Le projet est lisible sur toutes les plateformes : Mac, Windows et iOS.
  • Pour le lire sur iOS, glissez le fichier dans le dossier Dropbox depuis le bureau de votre Mac ou PC.

Avant de partir
N’oubliez pas de vous abonner à ce blog, un courriel vous avertira dès la parution d’un article. Et j’en ai beaucoup en réserve sur Scrivener 3, l’écriture, la publication numérique. Bonne année 2018 !

Ecrire un ebook en un mois #3 une routine alimentaire simple

#écrire #manger #vivre #régime 

L’écriture est un art de vivre

Qu’il faut manger pour vivre et non vivre pour manger, disait Valère à Harpagon dans L’Avare de Molière.

On ne peut pas se passer de manger. Cette nécessité revient plusieurs fois par jour, sans pouvoir éluder. Quand on est en phase d’écriture intense, de conception d’ebook ou de manuscrit, on a besoin d’avoir des solutions rapides et efficaces, pour reprendre des forces, tout en gardant sa concentration.

Pour bien vivre pendant la conception du guide Scrivener plus simple, j’ai gardé mon régime habituel, qui me permet de rester en bonne santé, indispensable pour tenir la route de l’écriture, épreuve de force autant physique qu’intellectuelle.

Depuis que je ne suis plus obligée de préparer à manger pour plusieurs personnes, j’ai une routine alimentaire simple pour ne plus me compliquer la vie. Cette routine est encore plus drastique en période de travail intellectuel intense comme l’a été la construction du guide. Elle a été productive. C’est pourquoi j’ai le plaisir de la partager avec vous, non pas en modèle, car chacun a son propre métabolisme et son propre contexte de vie, plutôt pour vous inspirer à trouver la vôtre.

Une routine alimentaire simple

Je vis à la campagne, au bord de la mer, en Bretagne sud. Mes voisins partagent avec moi leur panier AMAP (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne). Avec ma famille ou mes amis, je vais à la pêche à pied au moment des grandes marées. C’est l’occasion de faire quelques agapes et de socialiser un peu.

Je n’aime pas sortir pour aller faire des courses, aussi je ne vais faire de grosses courses que toutes les quatre ou six semaines. Ainsi je garde ma concentration pour l’essentiel, l’écriture, et quand il ne reste plus grand chose, je fais preuve d’imagination.

Je fais le maximum de choses moi-même, pain, yaourts, congélations et conserves.

Le pain, c’est la base. J’avais été impressionnée il y a très longtemps, en 1971 ou 72, par une émission de l’ORTF (Office de radiodiffusion-télévision française) sur Marguerite Yourcenar, par Mathieu Galey, à Petite Plaisance, dans l’île de Mont Desert aux États-Unis, où notre première académicienne a fini sa vie. On l’y voyait faire son pain elle-même. L’image s’est gravée en moi, avec une phrase où elle déclarait se demander avant chaque achat si vraiment elle avait besoin de ce bien de consommation. Quand je suis dans un supermarché, je me demande toujours si j’ai réellement besoin d’acheter telle ou telle chose. Souvent la réponse est non et je me concentre là aussi sur l’essentiel, la liste que j’ai fait sur Simplenote quand je manquais d’un produit indispensable. Merci à Marguerite, qui m’a appris à ne jamais consommer inutilement, car je sais bien vivre avec peu.

Après ma période de vie parisienne entre 1960 et 1975, j’ai vécu en Ariège, au Bosc, en petite montagne, il fallait faire plusieurs kilomètres pour acheter du pain, on achetait des gros pains au marché de Foix, mais s’il fallait compléter en cours de semaine, je faisais du pain. J’ai appris à faire les conserves avec les vieilles du village. Je pense souvent à elles qui m’ont appris la survie en conditions difficiles. Mes vieilles amies du Bosc et Marguerite Yourcenar ont été des guides de bonne vie, simple et saine. Gratitude !

Pour pouvoir enfin gérer mes projets d’écriture mis de côté près de cinquante ans,  j’ai opté pour une vie érémitique et je sors le moins souvent possible de mon domaine. Faire mon pain tous les cinq jours permet ce choix. Un ami m’avait offert une machine à pain pour mes 60 ans, ça m’a permis de devenir autonome, de n’être pas obligée de ressortir pour le pain ! Maintenant, je préfère faire ma pâte à pain au mixer avec des crochets en queue de cochon dans un cul de poule et je la fais cuire sur une plaque réfractaire dans le four de ma cuisinière. Je fais aussi mes brioches ou mes petits gâteaux.

Je prépare aussi mes yaourts dans une yaourtière. Je fais égoutter les yaourts, le petit lait est récupéré pour les brioches ou le pain, rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme, selon Lavoisier.

J’ai investi dans une trancheuse. Je tranche mon pain et le congèle, je sors les tranches au fur et à mesure. J’achète le jambon sec en quart et le fromage à pâte cuite en gros morceaux, que je tranche aussi selon la finesse désirée. Solutions économiques pour des produits toujours bien présentés.

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En été, je fais des confitures et des sorbets, en automne je congèle des fruits, des châtaignes. Je les consomme en hiver.

Le régime alimentaire d’écriture

Le matin, après une première séance de travail d’écriture, j’ai besoin de protéines au petit déjeuner. Je prends donc du jambon de pays, du saucisson ou du fromage, avec du café noir, un grand bol à la bretonne, du pain, de la brioche et des marmelades maison.

Le midi, ou plutôt vers treize ou quatorze heures, je me fais une salade de crudités fraichement râpées, complétée par ce que j’ai sous la main, puis du fromage avec un verre de vin.

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En hiver, je fais germer des lentilles, pour avoir des vitamines fraîches tous les jours. Je les ajoute aux salades. Un œuf si j’en ressens le besoin. Des pissenlits qui poussent sur mes terrasses, de la bourrache, un peu d’oseille, des orties dès que le printemps revient.

Après les fêtes de Noël, qui ont interrompu trois jours la rédaction du Guide Scrivener, je me faisais des sandwichs à base de blanc de chapon, cuisiné à Noël avec les enfants. Un délice, économique lui aussi.

S’il fait froid, mais il n’a pas fait froid ce mois de décembre 2015, je me fais une à deux fois par semaine un bon gros plat familial. Je viens d’une famille nombreuse, j’aime les plats paysans qui tiennent au corps, pas les plats de chefs dressés à la pince à épiler, qui arrivent froids en salle, soi-disant parce que ce sont des tableaux. Les tableaux je les mets sur mes murs, pas dans l’assiette.

Je fais réchauffer ces gros plats par portion individuelle au micro-ondes, trois ou quatre jours de suite, en changeant éventuellement les garnitures, selon ce que j’ai en légumes. Je fais cuire aussi souvent des pâtes, on a besoin d’hydrates de carbone quand on est en chantier, et l’écriture est un chantier.

Le dessert est en général un fromage frais, avec un carré de chocolat, jamais deux, comme le verre de vin, un seul, pas deux. Un seul carré de chocolat quotidien me permet d’être bien, de savourer le goût, sans créer de dépendance. Un café expresso.

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Au goûter, un thé anglais, avec un scone ou de la brioche maison, ou un gâteau, préparé par ma fille Ana, fine pâtissière.

Le soir, je mange toujours une soupe d’au moins cinq légumes, avec parfois des lentilles mixées, ou des pois cassés, ou de la semoule, pour un bon liant. J’ai aussi des légumes congelés, prêts à être utilisés à la machine à soupe, avec un bouillon de volaille pour assaisonner et de l’eau chauffée à la bouilloire pour aller plus vite. Les légumes sont mixés ou pas, selon les plats du moment. S’ils sont entiers, ils servent dans les salades du lendemain midi ou de garnitures pour un plat.

En dessert du soir, je mange du porridge au lait et de la compote de pommes maison.

C’est le régime d’hiver qui me permet d’être bien en période d’écriture intense, comme l’a été celle du Guide Scrivener. Pendant le chantier de bûcheronnage, qui terminera l’hiver, je ferai des plats plus conséquents comme des pâtes en sauces, du bœuf bourguignon, du pot au feu, de la choucroute, du chou farci aux châtaignes.

Les jours de fêtes, je cuisine des fruits de mer pêchés par nos soins (huîtres, coques, palourdes).

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Dans l’ensemble, j’ai un régime sobre, qui me convient bien. Des amies s’inquiétaient de ce que je ne mangeais pas assez, ne comprenant pas que je ne sorte jamais de chez moi, sauf pour faire des courses toutes les trente-six du mois ou pour aller à la pêche à pied au moment des grandes marées, sept à huit fois dans l’année.

Pas de quoi s’inquiéter : mes analyses de sang sont bonnes, ainsi que me l’avait dit mon amie-médecin : Je ne sais pas quel est ton régime, mais c’est un bon bilan !

Je ne me laisse pas abattre, j’aime trop les bonnes choses. Et puis, j’ai très faim quand je sors de quatre à six heures de travail intellectuel, qui parfois me fait plus transpirer que mes séances de tronçonneuse sur les haies du domaine.

Quand je suis en plein travail, j’ai besoin d’avoir une routine simple. Pas de prise de tête pour savoir ce que je vais manger. Donc des plats préparés d’avance, en partie congelés, pour être réchauffés quand j’en ai besoin ou envie, en assiette au four micro-ondes.

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Je vous ai transmis quelques petits secrets de cuisine personnelle pour être en forme au cours d’une période de création.

Et vous, avez-vous des secrets pour bien écrire ?

Partagez-les, c’est stimulant.

Sans Marguerite Yourcenar, peut-être n’aurais-je jamais eu l’idée de faire mon pain. Maintenant, c’est un de mes facteurs d’équilibre et d’harmonie de vie.

Bon appétit à vous !

Gaelle Kermen,

Kerantorec, le 12 janvier 2016

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Mes recettes de cuisine simple et mes trucs de vie sobre feront l’objet d’autres Guides Kermen. Certains articles sont déjà disponibles sur mon blog de chantiers Kerantorec ou sur le blog de voyages.

Sur la yaourtière Figuine

Un chapon pour les fêtes

Recette du chou farci aux châtaignes

Sur Flickr quelques photos :

Pierre à pain et à pizza

Cuisine simple de pêche à pied

Marguerite Yourcenar : https://fr.wikipedia.org/wiki/Marguerite_Yourcenar

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Gaelle Kermen est l’auteur de Scrivener plus simple, le guide francophone pour Mac, publié par ACD Carpe Diem, 2016.

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