ScrivenerApp et iOS11 : mises à jour de rentrée 2017

ScrivenerApp et iOS 11 : les mises à jour de la rentrée de septembre 2017

Une nouvelle version du système iOS 11 pour iPad a suscité une Mise à jour de l’application Scrivener pour iOS au mois de septembre 2017. Elle met en valeur les possibilités offertes par l’iPad pour l’écriture.

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La mise à jour de Scrivener est supposée être 1.1.3.

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Chez moi, la version reste en 1.1.2.

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Le guide de MacGeneration écrit par Nicolas Furno m’a permis de mieux comprendre en quoi ces nouvelles fonctions allaient permettre une meilleure utilisation de l’application Scrivener pour iPad et iPhone.

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Cet écran nous montre déjà une des spécificités de iOS11 : avoir deux fenêtres l’une sur l’autre (ou l’une à côté de l’autre).

J’ai retenu quatre grands axes pouvant améliorer la pratique de l’application Scrivener sur iPad : le Multitâche, le Glisser-Déposer, le dossier Files ou Fichiers et Notes.

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Une citation du guide iOS11 par Nicolas Furno, Mac Generation, copiée sur une page de ScrivenerApp

J’en ai analysé les nouvelles possibilités pour ScrivenerApp :

  •   Facilités de lire des notes dans une fenêtre et d’écrire dans l’autre
  •   Rapidité d’intégration des photos dans une page
  •   Notes devient une vraie application et un précieux auxiliaire
  •   Petits trucs du clavier virtuel

Comme d’habitude, j’ai conçu mon article sur les mises à jour sur une mindmap de réflexion, c’est le plan que je suis pour les explications. L’exportation au format texte a permis la structure de cet article.

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Plan élaboré sur Simplemind sur iPad mini 4
iOS11_dock
La structure du texte permet une rédaction plus rapide de l’article sur Scrivener (in Journal de vie 2017, puis sur WordPress)

Par glissement du bas vers le haut, on fait apparaitre le Dock, une des nouveautés de iOS11, pratique à utiliser avec Scrivener.


Compatibilités des appareils

Cette nouvelle version d’iOS11 est compatible avec les appareils à partir de l’iPhone 5S (il ne marche pas avec l’iPhone 5C ni les 4 et les 3). Elle est compatible avec l’iPad mini 4, l’iPad Air 2 et les iPad récents : iPad 2017 et iPad Pro.

Importance des gestes

Beaucoup d’éléments nouveaux sont accessibles par des appuis, des sélections, des frottements, des glissements, à droite comme à gauche, en haut comme en bas. Essayez et vous verrez. Sans le guide, je n’aurais sans doute jamais trouvé tout ça toute seule ! En fait, il ne faut pas hésiter à manipuler les fichiers et les éléments, c’est comme si on les prenait en main pour les mettre ailleurs. Pratique !


 Nouvelles fonctions


Glisser-Déposer

Une nouvelle façon de manipuler les outils est le Glisser-déposer que nous faisions avec nos souris, puis avec nos doigts sur les tablettes tactiles. On sélectionne, on appuie, on glisse, on lâche.


Le Dock

Première expérience : faites glisser le bas de votre écran vers le haut : le Dock apparait en bas de votre écran.

iOS11_dock

Le Dock en bas d’écran où vous pouvez stocker vos applications les plus utilisées, vous les faites glisser comme vous le faites sur Mac ou sur Android.

iOS11-barresmenubas

A droite : les trois dernières applications utilisées.


Le nouveau panneau de contrôle

Refaites le même geste et vous voyez apparaître le nouveau panneau de contrôle.
Vous voyez les dernières pages utilisées dans le grand écran, sur le côté le nouveau panneau de contrôle, en bas le nouveau Dock.

iOS11_dock-controle

Selon l’appui, on fait apparaitre différents éléments.

Par exemple le panneau de contrôle ne présente que quatre éléments en haut lorsqu’on le fait apparaître : mode Avion, Données cellulaires, Wifi et Bluetooth.

En appuyant, on voit apparaitre deux autres éléments : AirDrop et Partage de connexions.

iOS11_appui6
Six éléments dans le panneau de contrôle après appui long

Multitâche

Le Multitâche du système iOS11 s’apparente au Finder des ordinateurs Mac de bureau.
En faisant glisser le Dock : on peut partager des fenêtres d’applications. On peut aller jusqu’à quatre selon le guide. Sur mon iPad mini 4, deux fenêtres me suffisent déjà à compléter beaucoup d’éléments de mes écritures. Sur un grand iPad Pro, peut-être cette pléthore se justifie-t-elle, mais l’expérience m’a appris que souvent « le mieux est l’ennemi du bien ». Je ne prends donc que ce dont j’ai vraiment besoin en adéquation avec ma philosophie de vie.

Les manips s’appellent Split View et Slide Over. Bon, moi il me suffit de comprendre comment ça marche pour faire ce que je veux : écrire. Donc je fais glisser jusqu’à avoir ce que je souhaite pour travailler avec mes fenêtres et faire apparaître les éléments dont j’ai besoin, comme des photos ou du texte.

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Ici deux applications l’une à côté de l’autre, Notes et Photos. On peut régler les fenêtres en déplaçant la poignée au milieu. On peut supprimer temporairement Photos en glissant l’application vers la droite.

 

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J’ai fait glisser une photo de la Pellicule de Photos dans une page de Scrivener. La manip est pratique. L’album reste à disposition si j’en ai besoin plus tard. Tout est très rapide.

La poignée du milieu sert à gérer l’importance des pages.

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  Files ou Fichiers Explorer

Je retrouve dans cette nouvelle ouverture de Files ou Fichiers un élément que j’aimais dans le système Android et qui me manquait depuis que j’étais passée sur iOS. J’aimais bien fouiller un peu partout et j’avais du mal avec l’iPad. C’est plus clair maintenant. On peut aussi sauvegarder des trucs toujours sur Dropbox, sur iCloud bien sûr, mais aussi sur Google Drive, ou d’autres nuages, ce qui permet de passer plus aisément d’un système à l’autre. On pouvait le faire avant par l’intermédiaire des applications. Là, c’est plus direct.


Notes

Notes est devenu une application très complète.

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 Avantages pour Scrivener


Facilités de lire des notes dans une fenêtre et d’écrire dans l’autre

En ayant deux fenêtres d’application sous les yeux, il est beaucoup plus facile de travailler avec une documentation extérieure. On avait déjà deux fenêtres de travail verticales ou horizontales sur le Scrivener de bureau, mais il fallait d’abord importer une page web dans un dossier en dehors du Manuscrit ou avoir importé un texte dans une autre page.


Rapidité d’intégration des photos dans une page

J’avoue que si j’avais eu ces nouvelles possibilités d’intégration des photos dans les guides que j’ai écrits depuis bientôt deux ans, j’aurais été encore plus efficace ! Pour mémoire, pour les premiers guides pour Mac et Windows, j’utilisais des recadrages internes aux deux systèmes et c’était beaucoup plus long. Pour le guide iOS, j’utilisais Skitch, puis finalisais le formatage sur le système Mac de bureau. Pouvoir recadrer et annoter d’un geste, dès la capture d’écran, une illustration d’un texte est un sacré gain de temps.


Notes précieux auxiliaire

L’application Notes a beaucoup évolué pour être compatible avec Apple Pencil utilisé sur iPad Pro. Mais, même sans cet usage, elle est très agréable à utiliser en auxiliaire de recherches et de notes. Personnellement, je l’utilise énormément. Je laisse tomber SimpleNote, que j’utilisais beaucoup sur mes tablettes Android, depuis que je suis passée sur iOS. Avec les nouvelles mises à jour, il est encore plus facile de transmettre une information de Notes à Scrivener pour l’exploiter dans un texte.


Petit truc du clavier virtuel

Le nouveau clavier virtuel présente d’autres caractères grisés au-dessus des lettres habituelles. Pour les écrire dans un texte, il suffit de faire glisser la lettre vers le bas. On gagne un temps fou à ce petit jeu d’apparence anodine, car on n’a plus besoin de faire apparaitre le clavier des chiffres, ou, sur un clavier physique, d’appuyer sur la touche majuscule pour obtenir les chiffres. C’est très rapide et agréable de pouvoir d’un geste avoir les accents et les caractères spéciaux comme le hashtag ou l’arobase rassemblés sur la gauche.


Conclusion

Voici donc quelques manipulations nouvelles à faire sur l’iPad ou l’iPhone pour écrire avec encore plus d’efficacité qu’avant sur l’application Scrivener for iOS 11.

Nous avons nos propres préoccupations d’écritures selon nos objectifs créatifs. Si vous avez vu d’autres possibilités que celles que j’évoque ici, n’hésitez pas à partager vos idées.

Nous avons désormais un groupe Facebook francophone Scrivener(FR) où nous pouvons poser nos questions en cas de panne ou blocage et partager nos découvertes et expériences. Merci à Mathieu pour cette initiative de rentrée 2017 !

Bientôt le mois de novembre, mois du Nano. J’avais fait le camp de juillet dernier. Le NaNoWriMo 2017 devrait être une bonne cuvée avec de si bons outils de travail. Je m’y prépare déjà et vous en dirai plus très bientôt !

Belles écritures !

Gaelle Kermen,
Kerantorec, le 10 octobre 2017


Crédits

Guide de Nicolas Furno sur iTunes
Groupe Facebook : Scrivener (FR) 
Scrivener for iOS 11 sur iTunes

Comment télécharger un ebook sur Iggybook avec un code promo

Comment télécharger un Service de Presse sur Iggybook

Un des avantages de la plateforme de publication francophone Iggybook pour les auteurs indépendants ou les petites maisons d’édition est de pouvoir fournir des Services de Presse avec un code Promo gratuit.

Je l’expérimente moi-même pour tous mes livres depuis l’année 2016.

Comment télécharger un Service de Presse sur Iggybook

Le premier réflexe est de mettre le code promo que j’ai fourni dans le champ qui s’affiche en bas de la fiche du livre numérique.
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IGB-ficheiOW70

Mais ça ne marchera pas à ce stade si vous n’avez pas créé de compte au préalable. Si vous avez un compte il faut vous connecter à chaque session avec Identifiant et Mot de Passe.

  1. Il faut donc d’abord cliquer sur Acheter et remplir les données de compte (même moi en tant qu’auteur, je dois le faire à chaque fois). Puis alors mettre le code promo dans le champ réservé à cet effet.
  2. Ensuite on a la page de téléchargement dans les deux ou trois formats proposés par la publication.
  3. Après avoir téléchargé l’un ou l’autre, on peut revenir en arrière dans la page (flèche en haut à gauche) pour télécharger l’autre format.

L’application Kindle et son format mobi marche très bien sur Android, beaucoup la préfèrent aux applications lisant les epub. Après c’est au lecteur ou à la lectrice de décider.

Cette promo ne demande pas de données bancaires.
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Ouvrir les ebooks dans les différents supports numériques

[ Voir l’article sur Comment lire un ebook ]

Bonnes lectures !

Gaelle Kermen,
Kerantorec, le 15 septembre 2017


Gaelle Kermen est écrivain diariste, experte du logiciel anglais Scrivener. Sociologue polyvalente, diplômée es Sciences Humaines et Sociales des Universités françaises de Paris : la Sorbonne (66) et Paris-8 Vincennes (1969 à 72)

Gaelle Kermen a écrit des guides disponibles sur toutes les plateformes numériques en plusieurs formats de lecture : Scrivener plus simple pour Mac et Windows, pour permettre aux auteurs francophones d’écrire et publier plus facilement avec le logiciel anglais Scrivener. Le troisième guide est Scrivener plus simple pour iPad  et iPhone.

Chris Simon (auteur de Memorial Tour et Lacan et la boite de mouchoirs) :
« Nouveau Guide Scrivener pour ceux qui écrivent sur iPad et iPhone – Les guides de Gaelle Kermen sont complets, faciles à utiliser et vous feront gagner des heures de recherches et d’essais !«

Comment lire un ebook

Comment lire des ebooks

Comment lire des ebooks.png

Glossaire

Si vous cliquez sur l’icône d’un ebook sur un PC sans application de lecture numérique, il est fort probable que votre ordinateur vous propose Word pour le lire. Mais Word est un traitement de texte pour écrire et on ne lit pas d’ebook avec un logiciel d’écriture.

Les fichiers numériques se lisent dans trois formats courants : epub, mobi, PDF.


Sur Ordinateurs Pc ou Mac fixes

On peut lire sur les ordinateurs, mais c’est beaucoup moins pratique, agréable et confortable que de lire sur une liseuse ou sur une tablette, bien au chaud sous la couette en hiver ou dans sa chaise-longue l’été.

Format mobi

Pour lire le fichier mobi issu des publications faites sur la plateforme Amazon, une application Kindle a été développée pour tous les systèmes. Elle est bien organisée, à partir du compte créé sur Amazon, et permet les citations, les partages et les annotations, (si le fichier n’a pas été publié avec DRM).

Application Kindle pour PC

Application Kindle pour Mac


Format epub

Le format epub est très agréable et permet les citations, les partages, les annotations (si l’éditeur n’a pas mis de blocages, ce qui est une erreur fatale, équivalant à scier la branche sur laquelle on se croyait confortablement assis !).

Je corrige les manuscrits sur mon vieil iPad 1 de 2010, en faisant les surlignements et annotations nécessaires, c’est très pratique. Avant, je le faisais sur mon Kindle de septembre 2010, mais il n’a pas tenu le choc aussi bien que l’iPad historique, toujours aussi beau qu’à sa naissance !

Travailler ainsi sur tablette fait partie des bases de travail d’écriture comme de lecture.


Sur Mac

Pour lire le format epub, format standard choisi par la plupart des plateformes, sauf Amazon, l’application iBooks est livrée en standard sur tous les Mac : iBooks sur Mac


Sur Windows

Ebook-Reader sur Win [ https://icecreamapps.com/fr/Ebook-Reader/ ]

Calibre [ https://calibre-ebook.com/ ]

Adobe Digital Edition [ http://www.adobe.com/fr/solutions/ebook/digital-editions/download.html ]


Sur tablettes Android

Google Play [ Sélection d’applications de lectures ]


Sur iPad ou iPhone : iBooks est livré en standard

Les liseuses Nolim ou Kobo sont conçues pour lire le format epub.


Le format PDF est en général lisible par tous les supports informatiques et numériques avec le logiciel Adobe-Acrobat-Reader : https://get.adobe.com/fr/reader/


Et pour compléter mon expérience, voici un tableau récapitulatif de toutes les possibilités : http://fr.upblisher.com/e-lecteur/comment-lire-ebooks


Bonnes lectures !

Gaelle Kermen,
Kerantorec, le 15 septembre 2017


Gaelle Kermen est écrivain diariste, experte du logiciel anglais Scrivener. Sociologue polyvalente, diplômée es Sciences Humaines et Sociales des Universités françaises de Paris : la Sorbonne (66) et Paris-8 Vincennes (1969 à 72)

Gaelle Kermen a écrit des guides disponibles sur toutes les plateformes numériques en plusieurs formats de lecture : Scrivener plus simple pour Mac et Windows, pour permettre aux auteurs francophones d’écrire et publier plus facilement avec le logiciel anglais Scrivener. Le troisième guide est Scrivener plus simple pour iPad  et iPhone. Elle publie aussi ses archives Cinquante ans d’écriture en cahiers.

Chris Simon (auteur de Memorial Tour et Lacan et la boite de mouchoirs) :
« Les guides de Gaelle Kermen sont complets, faciles à utiliser et vous feront gagner des heures de recherches et d’essais !«

ScrivenerApp avec SimpleMind : importer un fichier texte

Sur ce blog, j’ai déjà dit tout le bien que je pensais de la possibilité de construire des projets conséquents à partir d’une carte mentale, heuristique ou mindmap, en l’exportant en OPML pour avoir toutes les parties et chapitres prêts à être rédigés et travaillés. Cette solution est valable pour le logiciel de bureau pour Mac et Windows.

Il est aussi très facile d’exporter un texte issu d’une mindmap dans un projet Scrivener ouvert sur l’application de l’iPad ou l’iPhone. Je viens de le tester sur l’application SimpleMind+ pour iOS.

Actuellement, je prépare la version numérique d’un livre consacré au Festival de Wight 1970, dont j’ai publié des articles de blog récemment, 47 ans plus tard à l’heure près. Voir le blog ACD Carpe Diem pour ces archives des temps passés.

Si le texte d’origine a été extrait de mon Carnet de voyage 70, et sera publié dans le cahier de l’année 70, j’avais envie de faire le bilan de ce que représentait Wight maintenant, non seulement pour moi, mais pour les Veterans qui ont apprécié de voir des photos inédites prises par mon photographe de l’époque.

J’ai donc pris mon iPad pour réfléchir, j’ai ouvert l’application SimpleMind+ et j’ai noté mes idées à bâtons rompus, sans me soucier de la forme, en me laissant guider par l’inspiration et le souvenir. En peu de temps, l’essentiel était écrit. J’ai exporté les différents formats par mail. Dans ma messagerie, j’ai ouvert le fichier IOW70 maintenant.txt, je pensais le copier et le coller dans Scrivener, mais j’ai vu que l’on pouvait l’exporter directement dans Scrivener, dans un projet ouvert.


J’ai ouvert le fichier texte et cliqué sur l’icône Exporter en haut à droite.


J’ai ouvert le projet IoW70 dans mon tableau de bord Scrivener de l’iPad. J’ai cliqué ensuite sur l’icone de Scrivener.

En un clic, j’avais la trame de mon chapitre dans le projet du nouveau livre. Je vais pouvoir le retravailler dans le contexte du livre.

Cette procédure ne marche pas avec d’autres applications comme Notes ou Simplenote, je viens d’essayer. Comme je l’ai dit souvent, le fait de démarrer un projet sur une mindmap et de l’exporter sur Scrivener a débloqué beaucoup de limites que je m’imposais moi-même en levant bien des inhibitions d’écriture.

Une procédure simple et efficace comme tout ce que nous permet l’application Scrivener for iOS, une fois de plus. Et j’en apprends encore tous les jours !

Bonne rentrée de belles écritures !

Gaelle Kermen
Kerantorec, le 4 septembre 2017


SimpleMind+ pour iOS

Scrivener for iOS sur iTunes

Articles sur le Festival de Wight 1970 vu par 2 Frenchies

Groupe Facebook des Veterans de Wight 70

Isle of Wight 1970 : lundi 31 août matin du départ

Extraits du carnet de voyage du mois d’août 1970 tenu par Gaelle Kermen au cours du Festival Isle of Wight 1970 à paraître dans les cahiers 1970. Photos inédites de Jacques Morpain.


Personnages
Gaelle Kermen, étudiante à la fac de Vincennes Paris-8, diariste, 24 ans,
son petit frère Bruno, 12 ans
son cousin Jacques Morpain, étudiant à la fac de Paris-Dauphine, photographe, 23 ans

Texte de Gaelle Kermen (1970)
Photographies de Jacques Morpain (1970)

Tout a été pris sur le vif, sans censure, tel que le festival a été vécu, en direct.


île de wight lundi 31 août 1970 matin du départ

réveil sur la pente au milieu des boites de conserve et des feuilles de journaux emportées par le vent

le ciel est couvert

c’est richie heavens qui termine ce festival
égal à lui-même
avec grande force et virulence

dernier jour à wight

on n’a pas pu entendre beaucoup richie heavens il fallait plier bagages et partir avant qu’il ne soit trop tard
on l’entendait derrière les tôles

un dernier passage aux toilettes

déjà la queue s’étendait sur des miles et des miles pour quitter l’île

en bons français on a essayé de resquiller mais ça n’a pas marché
alors comme tout le monde on a piétiné sagement ou presque

c’était sinistre ce petit matin gris sur le camp de tôles
comme si le festival était condamné
l’impression que c’était fini et qu’on ne reviendrait pas
et finalement une forte envie de sortir de là de cette crasse

on a attendu cinq heures

au bout de trois heures il s’est passé quelque chose de surprenant
la queue s’est dissoute
sans doute certains sont passés devant les autres
des français vraisemblablement
et tout le monde a suivi

alors on s’est retrouvés pressés en masse sur une largeur de 20 mètres de fils de fer barbelés tendus par les bobbies toujours imperturbables

impossible d’avancer

c’est vers ce moment qu’il s’est mis à pleuvoir les premières gouttes de notre semaine anglaise

quelques no rain no rain ont tenté de jaillir comme à woodstock
mais ça a fouarré
peu de communication

un seul type a failli faire copuler la masse
il avait profilé de la cohue pour rafler un paquet de tranches de pain sur l’étalage d’un marchand de soupes et sandwiches et il le distribuait autour de lui
ça a failli être beau mais ça n’a pas duré

et il a plu

certaines nanas avaient des robes légères et les bras nus

on a essayé aussi de chanter we shall overcome
sans grande conviction non plus
premier couplet et fini

les bobbies sont très calmes
ils attendent qu’on soient rangés avant de nous laisser monter dans les cars qui attendent vides depuis une heure

un officier se décide à demander qu’on recule pour déblayer la route
please will you please

évidemment nos flics français prendraient moins de gants et moins de temps pour nous faire dégager

c’est touchant cette politesse mais prodigieusement agaçant totalement inefficace

d’ailleurs un anglais furieux hurle
use your brain
injure suprême

finalement j’en ai marre ça a duré trop longtemps cette gentille attente
maintenant à chaque poussée je gueule systématiquement

je gueule
ma non-violence je l’oublie
je ne supporte plus la promiscuité de ces corps autour de moi et je suis responsable de bruno qui à chaque fois reçoit un coup de sac à dos dans la gueule

alors je hurle

il semble que ça paye car les bobbies se retournent inquiets

nous avons pu monter dans le prochain car

épuisement

chaleur


un dernier bain à ryde s’avère nécessaire

puis on prend l’hovercraft


à portsmouth un chauffeur de taxi nous dit que wight avait été le plus grand festival du monde c’était le mieux organisé aussi parait-il the best ever organised festival of the world


dire qu’on aurait le courage de retourner à wight l’an prochain s’il y a un autre festival pour l’instant ce serait difficile

à moins bien sûr que dylan revienne

mais on ne regrette pas d’être venus

ça valait le coup

mélanie éveillant le soleil c’est peut-être la plus belle chose qu’il m’ait été donné de voir
en intensité
en étrangeté

fin du carnet de voyage sur le festival de wight 70


 

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Texte de Gaelle Kermen – Crédit photos : Jacques Morpain 1970
en mémoire de Bruno le Doze (10/11/1957-10/09/1997) page hommage 1997
ACD Carpe Diem 2017

 

Isle of Wight 1970 : dimanche 30 août dernier soir

Extraits du carnet de voyage du mois d’août 1970 tenu par Gaelle Kermen au cours du Festival Isle of Wight 1970 à paraître dans les cahiers 1970. Photos inédites de Jacques Morpain.


Personnages
Gaelle Kermen, étudiante à la fac de Vincennes Paris-8, diariste, 24 ans,
son petit frère Bruno, 12 ans
son cousin Jacques Morpain, étudiant à la fac de Paris-Dauphine, photographe, 23 ans

Texte de Gaelle Kermen (1970)
Photographies de Jacques Morpain (1970)

Tout a été pris sur le vif, sans censure, tel que le festival a été vécu, en direct.


île de wight dimanche 30 août 1970 dernier soir

je venais de penser qu’il n’y avait rien de comparable avec l’an dernier
en bas la foule n’a pas la force compacte de celle qui attendait dylan
pour rappeler l’atmosphère on a mis le disque hare krishna
importance psychanalytique du besoin de recréer les situations
mais ça ne marche pas

puis jethro jull
très bon
dingue

enfin jimi hendrix
bien parti
il joue l’hymne anglais comme il avait joué l’hymne américain à woodstock

mais il semble ne pas avoir la forme qu’il avait à woodstock

avec hendrix j’ai eu de nouveau l’impression que personne ne croyait plus à la musique à la paix à l’amour ni ceux qui chantaient ni ceux qui les écoutaient

tout au long du festival la question d’argent était revenue trop souvent

le même speaker qui avait pleuré sur ses millions de livres de déficit annonce joyeusement que six cent mille personnes sont venus à wight et que c’est magnifique

joan baez passe après jimi

elle parle de son mari
l’armée américaine le change régulièrement de prison
now he is at new-york

je m’ennuie
ou alors je l’ai entendue trop souvent raconter la même chose
six fois déjà
elle a toujours le même répertoire
une chanson de dylan en premier
puis let it be des beatles qu’elle a toujours aimé
là c’est oh happy days
oh my god

j’ai adoré joanie
j’aimais son visage de femme forte d’intelligence
l’an dernier elle avait coupé ses cheveux courts comme après une psychanalyse
je l’aimais pour un beau geste qu’elle avait eu un soir de printemps à paris au bullier en 1965
elle parlait de non-violence de gandhi de martin luther king
j’y croyais
c’était la belle époque du mcaa enfin le mouvement contre l’armement atomique des marches de la paix à taverny

ce soir-là au bullier joanie avait été prise à partie par des marxistes-léninistes
et dany cohn-bendit s’était approché du micro pour la défendre
oui oui oui comme je vous le dis
dany était fou de joanie et joanie dans son émoi lui avait pris la main
et dany flamboyait
c’était très beau

ensuite quelqu’un avait parlé de dylan
ils étaient séparés déjà
elle a eu un beau geste de la chevelure pour éluder
il a changé elle a dit
et il y avait dans son geste de la main toute la souffrance des femmes abandonnées
avec une rare beauté

je l’aimais pour ça
et pour sa brillance spirituelle ironique typiquement américaine
maintenant elle m’ennuie

elle est la première accusée de se faire payer trop cher
alors elle s’est décidée à dire qu’elle donnait son cachet de 12 000 livres en partie à des retardés mentaux et en partie à son école de non-violence de carmel
un peu trop tard

on a du mal à y croire et c’est bien dommage parce qu’elle au moins avait l’air d’y croire à la musique à la paix à l’amour


léonard cohen passe après joan baez

il est 4 heures du matin

ici sur la colline le vent de la mer repousse les paroles

je cherche des bribes de chanson dans le vent

je pensais que la voix cassée pleine de charme trouvait sa véritable dimension autour d’un simple feu de bois comme ça devait l’être à hydra d’après ce que m’a raconté platon lorsque nous étions en toscane ils étaient amis à l’époque de song for a room

mais il suffit de descendre quelques mètres pour jouir de l’amplitude douce et écorchée des chansons de cohen

plusieurs sont de l’album song from a room dont i know tonight will be fine avec une nouvelle manière de s’accompagner

sa voix se fait plus impératrice plus exigeante sur la foule en grande partie endormie à cette heure de la nuit

il fait bien son boulot
mais il manque une dimension celle que mélanie a su capter au petit matin

après seams so long ago nancy
il a dit good night friends

ça n’a pas déliré

ou je me suis endormie

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Texte de Gaelle Kermen – Crédit photos : Jacques Morpain 1970
en mémoire de Bruno le Doze (10/11/1957-10/09/1997) page hommage 1997
ACD Carpe Diem 2017

 

Isle of Wight 1970 : dimanche 30 août après-midi au festival

Extraits du carnet de voyage du mois d’août 1970 tenu par Gaelle Kermen au cours du Festival Isle of Wight 1970 à paraître dans les cahiers 1970. Photos de Jacques Morpain.


Personnages
Gaelle Kermen, étudiante à la fac de Vincennes Paris-8, diariste, 24 ans,
son petit frère Bruno, 12 ans
son cousin Jacques Morpain, étudiant à la fac de Paris-Dauphine, photographe, 23 ans

Texte de Gaelle Kermen (1970)
Photographies inédites de Jacques Morpain (1970)

Tout a été pris sur le vif, sans censure, tel que le festival a été vécu, en direct.


île de wight dimanche 30 août 1970 après-midi

plus tard nous remontons au festival et là c’est une sacrée fumisterie

nous avons pu entrer dans l’arène puisque maintenant c’est free depuis l’attaque des palissades
je me demande comment on a osé faire payer 3 livres pour ne rien entendre
impossible de discerner la jolie voix de l’adorable donovan

en bas ça ressemble maintenant à un meeting organisé par le parti communiste au bois de vincennes
on est venus en famille passer le dimanche après-midi au festival
on est allongés au soleil
on n’entend que dalle
on participe à peine
comment le pourrait-on puisqu’il semble que seuls les premiers rangs jouissent de la touchante présence de donovan

bref il n’y a que sur la colline qu’on entende quelque chose
la colline c’est toute la grandeur du festival
la nuit ça a autant de gueule qu’un pèlerinage à lourdes
je ne suis jamais allée à lourdes mais je m’attends souvent à voir tomber à genoux les gens sur cette colline comme je l’avais vu à la salette quand j’étais petite

mais où est celui ou celle qui nous fera mettre à genoux ce soir
dylan n’est pas là
i misses him m’a dit un américain

dylan reste le plus grand
on vend ici son disque illégal bootlegger un disque tout blanc très rare au prix de 2 livres et demi
on vend aussi son tarentula ce qui devait être son roman écrit au fil des chambres d’hôtel ou autre mais qu’il n’a pas publié parce qu’il a eu son accident de moto
tarentula est une soixantaine de pages polycopiées signées robert zimmerman son vrai nom pour 10 shillings

rien n’est comparable à dylan
je me rappelle la retransmission du festival de wight 69 faite par michel lancelot sur europe 1 dans campus

il annonçait parfois tranquillement l’arrivée des beatles ou des stones dans l’assemblée
eux qui déchaînent les foules quand ils se produisent quelque part ici leur arrivée ne troublait personne ils étaient là comme les autres au même titre que les autres venus voir le plus grand

le film de pennbaker dont’ look back sur dylan passe ici le soir
nous l’avons vu à londres au paris-pullman
un dylan d’il y a 5 ans en 65
un dylan insoupçonnablement beau
des yeux tendres aux longs cils
des cheveux d’ange
un dylan qui n’a rien a voir avec celui des photos habituelles ni avec celui de l’olympia 66
un dylan vivant mouvant riant mordant
un dylan incisif et doux

deux très belles scènes dans le film
l’une est plus ancienne que le film et date des débuts de dylan chantant only a pawn in their game entouré d’ouvriers noirs
il articulait consciencieusement dans le micro
il avait les cheveux plus courts et encore cet air de boy-scout qui aurait grandi

l’autre se passe dans une chambre d’hôtel à londres entre deux concerts à l’albert hall
joanie baez chante une mélodie très douce
longs cheveux noirs autour du visage grave
elle s’accompagne à la guitare
dylan est devant sa machine à écrire
il écrit
tac tac tac tac
de temps en temps il s’arrête et se laisse bercer par le rythme de la berceuse de joanie
puis il reprend
tac tac tac tac
elle continue avec love is just a four letters word de lui
bientôt il prend lui-même une guitare et il improvise avec elle

oui je crois que dylan est le seul qui me ferait mettre à genoux sur cette colline

 

pentangle bon groupe musique brillante
la chanteuse jacqui mac shee est agréable à entendre
enfin un groupe qui ne se traîne pas dans l’après-midi

le soir la musique jaillit plus spontanément plus naturellement
ce groupe commence à accélérer le rythme de la journée
mélodies sans grande originalité mais bien menées
il nous semble les avoir toujours connues dans une enfance anglo-saxonne

mais si pentangle a bien commencé eux aussi se traînent maintenant
ou alors c’est le vent qui a tourné
on attend toujours plus
ce festival n’a plus grande motivation
je compte sur hendrix et heavens pour chauffer la nuit car ni cohen ni baez n’auront assez d’énergie pour transcender ce festival

les moody blues enfin

le soleil s’embrume dans leurs délicates harmonies dont le melotron retranscrit tous les sons d’un orchestre symphonique
ils auraient sans doute gagné à jouer la nuit
mais ils terminent ce que mélanie avait éveillé
le jour
avec un grand calme et beaucoup de rêve

bien sûr on a droit à night in white satin tube célèbre depuis deux étés au moins
et de leur opéra days of future passed
puis c’est timothy leary is dead de leur search of the lost chord
hommage à la drogue
hommage à la sagesse
hommage à om om om

dans le ciel vibrant un cerf-volant cherche aussi des harmonies perdues dans le rythme
ils font un beau succès les moody blues
grande classe

l’année dernière le melotron était tombé en panne sur scène la foule avait attendu calmement que celui des moody blues qui l’a inventé l’ingénieur le répare
très britannique comme attitude


un organisateur s’obstine à dire que ce n’est plus la peine de détruire les palissades puisque le festival était gratuit désormais

il n’avait pas compris que les plaques de tôle qui s’en allaient comme des petits pains servaient à se protéger du vent pour la nuit

un type à qui on demandait comment il s’était débrouillé pour gagner de l’argent à wight nous a dit
ben on faisait des baraques et on les revendait

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Pentangle on stage

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Texte de Gaelle Kermen – Crédit photos : Jacques Morpain 1970
En mémoire de Bruno le Doze (10/11/1957-10/09/1997) page hommage 1997
ACD Carpe Diem 2017

 

Isle of Wight 1970 : dimanche 30 août midi sur la plage

Extraits du carnet de voyage du mois d’août 1970 tenu par Gaelle Kermen au cours du Festival Isle of Wight 1970 à paraître dans les cahiers 1970. Photos de Jacques Morpain.


Personnages :
Gaelle Kermen, étudiante à la fac de Vincennes Paris-8, diariste, 24 ans,
son petit frère Bruno, 12 ans
son cousin Jacques Morpain, étudiant à la fac de Paris-Dauphine, photographe, 23 ans

Texte de Gaelle Kermen (1970)
Photographies de Jacques Morpain (1970)

Tout a été pris sur le vif, sans censure, tel que le festival a été vécu, en direct.


île de wight dimanche 30 août 1970 midi sur la plage

dimanche midi sur la plage

comme il ne se passe plus rien on descend vers la plage de l’autre côté de la colline
là aussi pour descendre la falaise c’est la queue anglaise bien tranquille
sauf pour les hells angels qui sautent dangereusement

nous descendons par un chemin escarpé

en bas c’est la foule
comme une grande migration venue des collines
les hillbillies descendent

beaucoup sont nus
les inhibitions s’annihilent

une danse effrénée commence
en rite primitif
appels sur l’eau
rythmés par les mains frappés ou des galets entrechoqués
peace peace peace
les mains lancent l’eau vers le ciel en prière de fécondité
quelque chose de très beau
quelque chose de très grand


à bout de forces le groupe qui était devenu immense se dissipe

un peu plus loin sur la plage une fille et un type dansent nus
rythme des mains autour d’eux

beaucoup de photographes
enfin quelque chose de folklorique à prendre

tout à l’heure un type s’est baigné en même temps que moi
il s’est assis ensuite derrière nous
ils étaient français
je croyais qu’ils nous avaient entendu parler français nous aussi
je l’ai entendu dire je voudrais prendre une photo d’elle mais ça m’ennuie de la prendre à son insu dans cette position
son copain lui dit demande lui

ils se sont levés
le jeune type barbu qui s’était baigné en même temps que moi s’est approché
excuse me please may i
j’ai dit je suis française
ah bon alors est-ce que je peux vous prendre en photo
oui de toutes façons je suis myope

très ému il m’a photographiée
très timide il a dit merci

après le voisin de jakez un français aussi lui a demandé s’il pouvait photographier sa femme

et puis après les gens ne demandaient même plus
c’était la mitraille

c’était magnifique cette offrande des corps au soleil et à la mer
au pied des falaises de wight
peut-être un des plus beaux moments à conserver au cœur avec ce matin la voix étrange de mélanie éveillant la colline et la campagne
rien que pour ça ça valait le coup de venir à wight


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Crédit photos : Jacques Morpain 1970
en mémoire de Bruno le Doze (10/11/1957-10/09/1997) page hommage 1997
ACD Carpe Diem 2017

 

Isle of Wight 1970 : dimanche 30 août matinée

Extraits du carnet de voyage du mois d’août 1970 tenu par Gaelle Kermen au cours du Festival Isle of Wight 1970 à paraître dans les cahiers 1970. Photos inédites de Jacques Morpain.


Personnages
Gaelle Kermen, étudiante à la fac de Vincennes Paris-8, diariste, 24 ans,
son petit frère Bruno, 12 ans
son cousin Jacques Morpain, étudiant à la fac de Paris-Dauphine, photographe, 23 ans

Texte de Gaelle Kermen (1970)
Photographies de Jacques Morpain (1970)

Tout a été pris sur le vif, sans censure, tel que le festival a été vécu, en direct.


île de wight dimanche 30 août 1970 matinée

vers dix heures les barricades sont attaquées juste au pied de notre colline
entre les deux barricades les flics attendent avec les chiens
une brèche se fait des deux côtés sur une musique de richie heavens qui souhaite good morning in the sunshine


10h15 attaque des chiens dans la grande brèche sur musique toujours pleine d’humour it’s a lazy day
trois minutes avant des messages en français proclamaient
ce n’est qu’un début
très impressionnante cette attaque des chiens avec des échanges de coups rythmés de loin en loin par les chocs des tôles qui tombaient et un disque très caustique de mélanie encore

c’est l’attaque de l’univers concentrationnaire


10h30 il y a six chiens pas plus

un type traverse le passage entre les deux palissades
au milieu il se retourne avec naturel et fait signe aux autres
ça y est c’est gagné
ils passent
tout le monde passe
ce n’est qu’un début continuons le combat

les chiens aboient toujours
des mecs de l’autre côté de l’arène essaient de remettre les palissades mais en vain
les contestataires entrent dans l’enceinte

au micro un type parle en français
car bien sûr les français sont tenus comme responsables des troubles
les français aidés des hells angels bien sûr
et aussi des anarchistes algériens il paraît
mais où vont-ils chercher ça

le type donc nous fait savoir que les organisateurs prétendent avoir un déficit de 90 millions de livres ce qu’il aurait aimé pouvoir vérifier
pour lui le problème est que 200 000 jeunes sont venus ici à wight sans argent pour la plupart en stop dormant par terre pour voir des types qui touchent une fortune pour faire les pitres devant nous
la question est de savoir pourquoi ils demandent de telles sommes tout en se prétendant pour la paix la liberté et l’amour

il se proposait de le leur demander quand il a été coupé
place à la musique

il semble que les français soient d’accord avec lui
ça rejoint ce que nous disait hier soir le journaliste qui nous a interviewés
les anglais n’ont pas conscience d’être récupérés ils acceptent de payer 3 livres parce que les types qui chantent se font payer des millions alors que les français refusent de payer 3 livres parce qu’ils n’admettent pas que les chanteurs soient payés des millions

de même les anglais ne se sentent pas brimés par les palissades de tôle qui pour les français rappellent l’univers concentrationnaire et ils pensent tout de suite à changer l’état des choses

qui a raison
les jeunes anglais semblent choqués par les incidents
quelqu’un dit que ce qui est arrivé ces dernières heures is really disgusting

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Texte de Gaelle Kermen – Crédit photos : Jacques Morpain 1970
en mémoire de Bruno le Doze (10/11/1957-10/09/1997) page hommage 1997
ACD Carpe Diem 2017

 

Isle of Wight 1970 : dimanche 30 août au matin

Extraits du carnet de voyage du mois d’août 1970 tenu par Gaelle Kermen au cours du Festival Isle of Wight 1970 à paraître dans les cahiers 1970. Photographies de Jacques Morpain.


Personnages :
Gaelle Kermen, étudiante à la fac de Vincennes Paris-8, diariste, 24 ans,
son petit frère Bruno, 12 ans
son cousin Jacques Morpain, étudiant à la fac de Paris-Dauphine, photographe, 23 ans

Texte de Gaelle Kermen (1970)
Photographies de Jacques Morpain (1970)

Tout a été pris sur le vif, sans censure, tel que le festival a été vécu, en direct.


île de wight dimanche 30 août 1970 au matin

vers 6 heures je suis éveillée par cette voix étrange qui dissipe rauquement les brouillards sur la colline sur la campagne sur la mer
c’est mélanie
la petite mélanie seule en scène avec juste une guitare
elle est très loin et pourtant très proche

en bas les corps sont toujours étendus entre les feux épars

ici sur la colline des têtes ébouriffées sortent des sacs de couchage des bustes se redressent et applaudissent ce matin trop beau

mélanie qui lance sa voix vers le ciel

mélanie presque fragile qui casse sa voix pour mieux l’insinuer entre les dernières brumes entre les dernières fumées des derniers feux qui se rallument les uns après les autres

mélanie qui éveille la colline et les champs là-bas jusqu’à la mer immense

mélanie étrange et délicate qui  d’un coup de baguette magique laisse deviner le soleil derrière la colline

mais c’est déjà fini

elle a disparu

à sa place un disque des beatles he comes the sun
mais avec mélanie le soleil était plus émouvant et plus grandiose

le disque continue avec le cri d’un coq pour nous réveiller
good morning
les anglais ont toujours le sens de l’humour

de l’autre côté de la colline l’herbe s’étend doucement en terrain de golf jusqu’aux falaises qui dominent la mer

le soleil a jailli d’entre les nuages en un cercle de feu parfait et tout est beau parmi les ordures qui jonchent le terrain

j’ai tout effacé
moi qui ne supporte plus la crasse
en m’asseyant sur une motte de terre cernée de boites de conserve vides de bouteilles et de sacs en papier déchirés et tout et tout
j’oubliais tout
fascinée par mélanie et le spectacle qu’elle avait fait surgir au petit matin du dimanche

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vers 9h nouveau réveil

les gens sont restés dans l’arène depuis la fin de l’entertainment et c’est bien normal puisque mélanie a fini de chanter à 7 heures on ne voit pas très bien pourquoi ils s’en iraient ça devrait être musique ininterrompue

mais il y a un problème de billets
les organisateurs avaient peur qu’ils ressortent revendre leurs billets aux nouveaux arrivants après s’être fait mettre une marque sur la main à la sortie réservée à ceux qui ont déjà un billet
c’était un peu compliqué et les organisateurs avaient de plus en plus peur de perdre de l’argent

ils en avaient déjà perdu la voix à force de demander
please please will you go out

comme personne ne bouge une nana propose que tous ceux qui étaient dans l’enceinte brûlent leur billet

ils deviennent mesquins ces organisateurs

les grands arguments dégringolent
on veut créer un new world et on n’est même pas capable de rester en paix
le monde entier nous regarde

on nous fait ce chantage de la paix et de l’amour chaque fois que les organisateurs ont peur de ne pas rentrer dans leurs frais

si vous ne délogez pas de la colline on arrête le festival

si vous ne sortez pas de l’arène on arrête le festival

je me rendors


Texte : Gaelle Kermen – Crédit photos : Jacques Morpain 1970
en mémoire de Bruno le Doze (10/11/1957-10/09/1997) page hommage 1997
ACD Carpe Diem 2017

 

Isle of Wight 1970 : samedi 29 août

Extraits du carnet de voyage du mois d’août 1970 tenu par Gaelle Kermen au cours du Festival Isle of Wight 1970 à paraître dans les cahiers 1970.


Personnages :
Gaelle Kermen, étudiante à la fac de Vincennes Paris-8, diariste, 24 ans,
son petit frère Bruno, 12 ans
son cousin Jacques Morpain, étudiant à la fac de Paris-Dauphine, photographe, 23 ans

Texte de Gaelle Kermen (1970)
Photographies de Jacques Morpain (1970)

Tout a été pris sur le vif, sans censure, tel que le festival a été vécu, en direct.


île de wight samedi 29 août 1970

c’est très beau cette colline sertie de feux de camp avec la mer au loin en vibration

bien sûr l’air s’est rafraîchi tout est humide il a fait trop beau dans la journée mais nous dormons à la belle étoile

juste éveillée parce que je reconnaissais dylan dans days of 49 qui résonnait étrangement dans la nuit

c’était un disque il était 4h30

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au réveil nous voyons sortir de la tente voisine notre cousin gaby et son copain jean-pierre nous avons dormi à deux mètres d’eux

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disques toute la matinée


enfin vers midi et demi john sebastian est annoncé

tout le monde est debout bras levés
puis on se donne la main
une gigue effrénée démarre
ça a de la gueule vu de haut

john sebastian arrive aussi beau qu’à woodstock et nous souhaite un good morning dans cette isle of wight
ce qu’il chante est bien gentil mais je n’en raffole pas
à woodstock il avait joui du fait que juste avant lui on avait annoncé la naissance d’un bébé alors il avait enchaîné sa chanson sur les bébés les papas et cetera
ici il chante plusieurs airs connus ça chauffe un peu il essaie de faire chanter mais il n’a pas la chaleur d’un pete seeger pour entraîner les foules
ça reste mièvre


l’arène se remplit
dans un cercle quelques voitures bizarres évoluent entre le buggy et la soucoupe volante surmontées d’antennes s’agitant au rythme de leurs déplacements


il y a des drapeaux américains soviétiques anarchistes
la croix gammée des hells angels voisine avec the jesus revolution
tout coexiste
sans encore vraiment copuler

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sur la colline l’ambiance monte avec le vent

sur cette colline c’est un monde à part qui s’organise

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on voit passer des types avec des branchages
il y a une grande activité chez les hillbillies

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incroyable l’imagination des gens pour se loger

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les premiers arrivés au festival dès mercredi avaient pu se servir des bottes de paille autour de l’enceinte de tôle et s’étaient construit de véritables petits hôtels avec appartements indépendants
sur les portes en carton ou en toile chiffonnée on lisait les prénoms des heureux occupants

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sur la colline on se sert surtout des buissons et des plaques de la palissade qui eut le mauvais goût de longer le sommet de la colline pour empêcher les hillbillies de descendre à la plage bien sûr elle a été démontée et réemployée

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les chanteurs défilent l’après-midi dans le soleil

joni mitchell fait un beau succès
les anglais l’adorent
en france elle est beaucoup moins connue

longue robe jaune safran de moine bouddhiste
longs cheveux blonds sur guitare

voix belle bien modulée
mais un peu décevante sans vrai tonus

après joni mitchell on a droit à tiny tim affreux petit mec remuant délirant et désopilant
voix dingue en réminiscences des vieux disques de 1925
il met enfin une touche hilarante dans ce festival où les gens ont presque tous tendance à se prendre au sérieux
il nous arrache des éclats de rire malgré nous
très enlevé il passe des rythmes de graine de violence à ceux des années trente de rock and roll the clock à alexander band rag time
tout y passe même down by the river
enfin l’ambiance chauffe et c’est pour l’instant le meilleur moment
on se demande où il va chercher sa voix il semble ne pas se fatiguer il peut changer n’importe quoi et ça marche à fond
tout le monde tape dans les mains debout
on s’attend même à l’entendre chanter god save the queen


miles davis
j’accroche moins

ou je m’endors déjà



quelques airs de country western en entracte
gigue et polka ça marche toujours pour mettre de l’ambiance


mungo jerry commence avec in the summer time
ça marche très fort puisque c’est le tube de l’été

beaucoup de monde maintenant dans la nuit douce
on se sent proches

des feux s’allument

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les gens de l’île viennent de l’autre côté de la colline en famille pour assister de haut au spectacle

 


et les voilà
les ten years after
tant attendus en merveilleux échos de batterie roulant de la colline à la mer
that’s great

il y a eu aussi les doors et les who très bons

mais tard dans la nuit
et je crois que j’ai dormi

la nuit est belle
pas humide comme la dernière

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Crédit photos : Jacques Morpain 1970
en mémoire de Bruno le Doze (10/11/1957-10/09/1997)
ACD Carpe Diem 2017

 

Isle of Wight 1970 : vendredi 28 août après-midi

Extraits du carnet de voyage du mois d’août 1970 tenu par Gaelle Kermen au cours du Festival Isle of Wight 1970 à paraître dans les cahiers 1970.


Personnages :
Gaelle Kermen, étudiante à la fac de Vincennes Paris-8, diariste, 24 ans,
son petit frère Bruno, 12 ans
son cousin Jacques Morpain, étudiant à la fac de Paris-Dauphine, photographe, 23 ans

Texte de Gaelle Kermen (1970)
Photographies de Jacques Morpain (1970)

Tout a été pris sur le vif, tel que le festival a été vécu, en direct.


vendredi 28 août 1970

île de wight vendredi fin d’après-midi

le bus a traversé la campagne ensoleillée de l’île et nous a dégueulés au milieu d’un immense camp de tôles

première surprise dans la chaleur de la poussière les terrains de camping sont dégueulasses les tentes nagent dans les détritus les boites de coke de whitney ou de beans éventrées sont jetées là sur place après usage les journaux déchirés
tout et n’importe quoi

à un endroit près de l’entrée la pisse qui descend des chiottes fait une mare de boue
les toilettes sont sommaires mais nombreuses
l’an dernier il paraît qu’il n’y en avait qu’une demi-douzaine et ça faisait des kilomètres de queue
elles sont préfabriquées ça ressemble à un jeu de meccano précaire une plaque de tôle avec un trou au milieu et dessous des tranchées
un peu le système que j’ai connu à l’arche de lanza del vasto aux camps d’été
ça engraisse le terrain
dans trois jours il suffira de remettre la terre
il n’y a pas de porte ce qui file une constipation monumentale aux milliers de personnes venues au festival parce que comme disent certaines non on peut vraiment pas chier devant tout le monde

plus grave est le manque de sanitaires
en tout une dizaine de robinets dont seuls les deux premiers daignent déverser de quoi se laver une dent creuse
après on se plaindra que les jeunes sont sales
que les hippies surtout sont sales
parce qu’il suffit d’être venu ici pour avoir droit à l’étiquette hippie

comment les anglais si habitués à ne jamais rien laisser tomber à terre puisqu’ils risquent chaque fois une amende de 10 livres comment ont-ils fait de cet endroit une immense poubelle alors que le festival commence à peine

nulle part je n’ai vu de poubelles
il aurait pourtant été simple de placer à endroits réguliers des litters vidées chaque matin
ce n’était pas le cas

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une seule solution pour ne pas mourir étouffé dans ce champ d’ordures
monter vers l’air pur de la colline
là-haut on avisera

nous avons longé un couloir d’arbres baptisé desolation row d’après le titre d’une très belle chanson de bob dylan

ça sent un peu le haschich par endroit mais beaucoup moins qu’on ne s’y attendrait

les bosquets ont été aménagés en véritables appartements protégés par des tôles
ça ne manque pas la tôle dans la région

apparemment c’est derrière ces palissages de tôles grises décorées de slogans contre la reine contre les flics contre le fric que se déroule le festival

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sur la colline on respire un peu mieux et surtout on entend très bien
le vent est bon et nous porte merveilleusement tous les sons

la campagne s’étend jusqu’à la mer
la colline est émaillée de tentes
en bas c’est la foule concentrée dans la tôle

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 un type a pris le micro
il gueule en anglais contre les flics les flics qui sont là entre les deux rangées de tôle qui cernent la prairie du festival il gueule contre l’exploitation qu’on fait de nous sous prétexte de musique

bravo camarade pas normal de devoir payer 3 pounds pour la paix et l’amour

le type est un français qui parle bien l’anglais c’est jean-jacques lebel
on l’appelait le pape des happenings vers les années soixante-cinq il occupait anarchiquement l’odéon et la sorbonne au mois de mai soixante-huit et depuis il itinère entre les facs de nanterre et vincennes

il n’a pas tort
c’est gênant de voir en bas les bobbies avec des chiens policiers
les tôles ça fait camp de concentration
pour les anglais ce sont de simples palissages
pour les français ça devient tout de suite des barricades donc quelque chose à foutre en l’air

hier il y a eu de la bagarre
les organisateurs ont voulu virer les types installés sur la colline parce que ça leur faisait perdre de l’argent

je remarque une chose
tout à l’heure en bas on n’entendait rien du tout
on se demandait même si le festival était commencé
mais ici sur la colline on entend très bien
et au moins on respire

pourquoi irions-nous prendre un ticket
ça devrait être gratuit un festival de pop music puisqu’au départ pop voulait dire popular je crois
les temps changent puisque joan baez a demandé 12 000 livres de cachet
pas mal pour une militante non-violente
je veux bien croire que le lait guigoz du bébé gabriel coûte cher et que le mari david a besoin de petits mandats pour améliorer son ordinaire entre les grèves de la faim dans ses prisons successives
quand même on parle beaucoup trop d’argent ici
dommage

notre première surprise en descendant du bateau a été de constater que le train était gratuit
pour une seule station il est vrai
après dans le car on s’est dit c’est trop beau pour que ça continue
en effet le ticket était à 6 shillings
dans les boutiques le fish and chips est à 3 shillings en temps normal c’est moitié moins
autour de l’arène de tôle on ne trouve rien à moins de 2 shillings et c’est dérisoirement mince

un type a expliqué pourquoi on ne pouvait pas faire autrement que de mettre le tarif du ticket à 3 pounds mais je n’ai pas compris et il a dit enfin
let’s make place to the music sit down

la musique c’est un disque des beatles let it be qui résonne mieux que l’orchestre précédent
on attend quand même autre chose

les gens ici ne m’étonnent pas
ce sont ceux que je rencontrais aux marches de la paix à la belle époque beatnik


près de nous sur la colline ça s’organise
une douzaine de types et de nanas plus deux chiens se sont installés dans une tranchée
sur un feu une bouilloire pour le thé ils sont bien équipés ils ont des haches des pelles et tout

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le soleil descend très lentement le long de la colline
on domine
on pourrait même méditer
ils ont dit la même chose de nietzsche à kerouac en passant par miller
les hillbillies


c’est formidable de penser qu’on a trois jours devant soi au soleil sur la colline à se noyer de musique
trois jours à oser être soi-même


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les chiens et les policiers entre les deux palissades de tôle

20h30 environ ça y est ça semble commencer
les lumières cernent le parc
un gros projecteur est même braqué sur la colline pour prévenir les troubles
ce qui me permet au moins de prendre des notes dans mon carnet de voyage

le podium s’est allumé pour chicago

le soleil s’est perdu
la nuit est tombée
humide

en bas le festival ressemble à un grand bateau sur la mer
de temps en temps des fusées de feu d’artifice strient le ciel entre les étoiles

la musique
rien de génial encore

on est remontés pour se coucher après avoir mangé un morceau en bas

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Texte : Gaelle Kermen – Crédit photos : Jacques Morpain 1970
en mémoire de Bruno le Doze (10/11/1957-10/09/1997) page hommage 1997
ACD Carpe Diem 2017

 

Scrivener (FR) : un groupe Facebook francophone

Scrivener (FR) : un groupe Facebook francophone

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En cette rentrée 2017, je suis heureuse de vous annoncer la création d’un groupe en français pour les utilisateurs francophones du logiciel et de l’application Scrivener.

Ce groupe permettra de collecter les informations en français et de répondre à vos questions.

Merci Mathieu pour cette belle initiative pratique.

Groupe Facebook : Scrivener (FR) 

Je vous souhaite la meilleure rentrée possible avec les excellents outils qui libèrent la créativité.

Belles écritures !

Gaelle Kermen,
Kerantorec, le 28 août 2017

 

ScrivenerApp : Show App Settings réinitialiser les réglages

L’amie qui a fini la réécriture de son roman dans mon bureau de Kerantorec a donc acquis un iPad nouveau de 2017 à 409 euros à la FNAC de Lorient, où nous avons reçu un excellent accueil.

IPad2017Argent32Go

Je l’ai guidée dans sa prise en main. On a fait la mise à jour en iOS 11.3.3, comme je l’ai faite récemment sur mes plus anciens iPad et iPhone. On a téléchargé l’application Scrivener et mon guide Scrivener plus simple pour iPad et iPhone sur iTunes.

Des accessoires ont été commandés pour son iPad chez Pearl et Amazon. On a connecté le clavier Bluetooth à l’iPad. Impeccable. Essais. C’était bon, sauf pour les guillemets.

J’ai voulu lui montrer qu’on devait changer certains paramètres pour écrire en français, pour les guillemets avec espace insécable en particulier. Et là, je suis tombée sur une bogue de châtaigne. Impossible de retrouver les paramètres de Scrivener lorsque je cliquais sur Show App Settings où nous pouvons organiser l’application selon nos habitudes d’écriture, prévoir les sauvegardes automatiques et les synchronisations avec Dropbox.

J’ai regardé sur mon iPad mini, c’était pareil : je me retrouvais sur les Réglages iOS de l’iPad dans le dernier champ utilisé.

Pas de panique : il y a toujours une solution à tout.

J’ai cherché sur le forum de Scrivener for iOS et j’ai très vite trouvé la solution.

Scrivener-forum-iOS

La solution : réinitialiser les paramètres des Réglages de l’iPad ou de l’iPhone

Il faut double-cliquer sur le bouton rond Home ou Menu.

Toutes les fenêtres récemment ouvertes apparaissent.

ReglagesUp

Choisir la fenêtre de Réglages (Settings) et la pousser vers le haut. La fenêtre disparait.

Rouvrir l’application Scrivener. Cliquer en bas du Classeur (Binder)sur Show App Settings.

ShowAppSettings

On retrouve ses petits. Cette fois, on arrive sur les Réglages spécifiques de l’application Scrivener et on peut tout régler à sa convenance.

Reglages-Scrivener

On peut aller dans Editor et Syncing & Sharing pour vérifier les paramètres indispensables que je rappelle ici.

Reglages-Editor

Pour bien synchroniser l’application avec le dossier Dropbox où vous mettez les projets partagés avec vos ordinateurs de bureau ou autres mobiles, vous sélectionnez Syncing & Sharing.

Reglages-Synchro

Pour paramétrer les guillemets françaises en chevron avec espace insécable, on va dans Spelling & Substitutions, puis dans Smart Punctuation.

Reglages-SmartPunctuation

On cherche Double Quotes.

Reglages-DoubleQuotes

Et on sélectionne les guillemets à chevrons avec espaces insécables pour écrire en français sur une application anglaise avec une bonne typographie.

ReglagesGuillemets

Manip de paramétrages des guillemets à chevrons avec espaces insécables :

Show App Settings  -> Réglages Scrivener -> Spelling & Substitutions -> Smart Punctuation -> Double Quotes -> abc guillemets avec espaces insécables

Belles écritures de fin d’été et bonne rentrée avec d’excellents outils !

Gaelle Kermen
Kerantorec, le 25 août 2017


Budget d’équipement de base pour écrire sur Scrivener for iOS

Le Nouvel iPad 2017 à la FNAC (409 €)

Clavier Bluetooth pour iOS chez Pearl (20,99 € clavier + port)

Housse pour iPad 2017 chez Amazon (11,99 €)

Application Scrivener for iOS sur iTunes AppStore (21,99 €)

Guide francophone Scrivener plus simple pour iPad et iPhone sur iTunes (6,49 €)

Total investissement de rentrée littéraire : 470,46 euros


FNAC de Lorient

Forum Scrivener for iOS sur le site de Literature&Late


 

Recette de glace au yaourt maison et aux mures du talus

Recette de glace au yaourt maison et aux mûres du talus

Ingrédients

  • 285 g de mûres sauvages (c’est tout ce que j’ai réussi à cueillir, tant c’est fastidieux et dangereux, je passe mon temps à avoir des épines dans les doigts, même avec des gants, qui sont toujours percés au bout !)
  • 140 g de sucre
  • 2 yaourts bio ou maison


Ustensiles

  • 1 pichet pour le jus
  • 1 chinois pour passer le jus et fruits
  • 1 sorbetière Lagrange
  • Des ramequins pour faire des portions individuelles plus faciles à servir que des glaces extraites d’un grand bac comme dans le commerce. Les industriels mettent des adjuvants que je ne mets pas.

Procédure

La veille

Je cueille les mûres sans me prendre trop d’épines. Je les pèse et les couvre de la moitié du poids en sucre cristallisé.

Je laisse macérer au frais. Du jus commence à sortir.

Je fais crever les fruits dans une casserole pour que le jus sorte encore plus. Ou au micro-ondes, je les passe deux fois 2’5, soit cinq minutes.

Je verse l’ensemble fruits et jus au chinois en poussant avec un pilon.

Je garde les fruits pour aromatiser des yaourts ou comme hier agrémenter un porridge préparé dans l’Instant Pot qui a un programme pour ça. Recette plus bas.

Je laisse refroidir le sirop de mûres obtenu pendant que la cuve de la sorbetière reste au congélateur. Une nuit pour moi. Et je mets les récipients pour les glaces aussi à refroidir au congélateur.

Le jour du turbinage

« Une glace est toujours meilleure quand elle vient d’être turbinée. »

C’est ce que disait Christian Millau, le célèbre critique gastronomique qui vient de mourir, dans les années 70 aux débuts de la revue Le Nouveau Guide Gault-Millau dont ma sœur était secrétaire de 1969 à 1972. Je n’ai jamais oublié le conseil entendu à la radio quand j’étais étudiante et gagnais des sous en écrivant des enveloppes pour les abonnements de la revue avec toute la famille et les amies. Les listings des adresses étaient en bandes perforées, mais on écrivait les adresses à la main, c’était très chic encore !

Grâce au Guide, ma sœur était logée dans un appartement agréable au sixième étage du 10 rue du boulevard Poissonnière, à côté du journal L’humanité, avant qu’il déménage rue du Colonel Fabien. Elle me faisait la grâce de m’y héberger quand j’étais à la Fac de Vincennes. C’est là que j’ai écrit Aquamarine de 69 à 72 et que j’ai rempli de nombreux cahiers, tant la vie alors était intense et passionnante.

Donc, après une pensée émue pour Christian Millau qui nous avait bien intéressés à la gastronomie et aux bons produits (nous en avions souvent à la maison, restant des dégustations faites pour le journal), je sors le pichet du jus de mûres en sirop et j’ajoute deux yaourts.

Je mélange bien à la cuiller en bois ou au fouet. Inutile de salir le bol du blender ni même un fouet pour mixer plus finement l’appareil, les pales de la turbine vont se charger de bien mélanger le tout au cours du turbinage.

J’allume la sorbetière. La mienne est une Lagrange, elle affiche 40 minutes. Les pâles tournent. Je verse alors l’appareil du pichet dans le trou de la sorbetière.
Je pars faire autre chose, car j’ai toujours beaucoup de choses à faire sur mon domaine ou au bureau, là je devais finir des corrections par Antidote sur le roman d’une amie à qui j’ai prêté mon bureau depuis avril pour qu’elle le retravaille.

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Je reviens quarante minutes plus tard et c’est prêt. Je goûte. C’est parfait pour moi. Pas trop sucré. Pas trop lourd. Pas trop gras. Savoureux comme je l’espérais. Avec une texture parfaite comme je l’aime.

Je sors les petits ramequins réfrigérés et je verse des portions de crème glacée aux mûres du talus.

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Je garde un ramequin pour mon déjeuner au freezer le temps de dresser ma table. Tous les autres sont déjà mis au congélateur, deux par deux, pour ne pas les laisser trainer à l’air libre dehors. Je les sortirai assez tôt avant un déjeuner entre ami-e-s pour qu’ils ne soient pas trop durs et reprennent fière allure.
C’est un sorbet aux yaourts et aux fruits de saison vraiment simple à faire et réussir.

Recette du porridge à l’Instant Pot

Proportions

On mesure une tasse de flocons d’avoine pour une tasse et demi de lait dans un récipient allant au bain-marie, on pose ce récipient dans la cuve inox de l’Instant Pot où l’on a versé deux verres d’eau.

porridge du Comptoir irlandais

Cuisson

On allume l’Instant Pot, on appuie sur le bouton Porridge, on part faire autre chose. On revient, c’est prêt et chaud, ça n’a pas brûlé et on n’a pas de casseroles à laver ou à récurer.

porridge Instant Pot

 

Et voilà le porridge avec les mûres récupérées. En cuisine plus simple :

Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.

Lavoisier d’après AnaxagoreIMG_4481

Bon appétit et bel été !

Gaelle Kermen, Kerantorec, 15 août 2017


Sur Christian Millau et le guide gastronomique Gault et Millau

https://fr.wikipedia.org/wiki/Christian_Millau

Camp NaNoWrimo juillet 2017 : la fin

La fin est dure, mais gratifiante

Le 28 juillet 2017, j’écrivais sur Facebook après la session d’écriture matinale :

« #CampNaNoWriMo plus que 2200 mots pour arriver à la fin. Les mots sont dans la tête, le cerveau pense les derniers chapitres, mais le corps s’épuise, souffre, ralentit. La phase la plus difficile du Camp est là… On lâche rien ! »

Oui la fatigue est là et m’empêche de continuer le travail dynamique de rédaction. Tout devient laborieux. Le « mois » est trop long pour moi.
Par contre, le livre est écrit. J’ai tissé la toile du tissu dans lequel je pourrai tailler des pièces et les assembler pour en faire un bon ouvrage comme j’ai su le faire en couture, puis en menuiserie ou maçonnerie.
Mais désormais, après cette nouvelle expérience, je m’organiserai autrement en préparant mieux le projet.

Une jeune amie Facebook, Marie-An Avel, qui écrit des livres Jeunesse, a commenté hier un de mes posts en me disant qu’elle fera un prochain NaNoWriMo, grâce à cette phrase d’un de mes derniers articles de blog :

« Bel été à toi aussi. Bonne fin de camp NaNOWriMO. Trop occupée cette année, mais l’idée me tente pour une prochaine fois, surtout par rapport à cette phrase que tu écris dans ton blog : « Et c’est ainsi que j’ai avancé. Sans cette carotte symbolique devant moi, l’âne que je suis aurait trouvé de nombreuses raisons pour vagabonder le long des haies à faire tout autre chose qu’à écrire mon livre. Rien que pour ça, le NaNoWriMo est intéressant. Car cette concentration est la base même de la vie créative, qui doit de temps en temps, pour produire quelque chose de valable, se donner des impératifs et un cadre de travail. » Tellement vrai !🙂 »

Ce qui prouve qu’on me lit, que je n’écris pas au désert et m’encourage à continuer.

En effet, voilà qui change toutes les perspectives. Pour l’instant, je travaille seule dans mon coin et j’ai besoin de cette solitude choisie pour bien faire mon œuvre. Mais la prochaine fois, pour le mois de novembre, je publierai sans doute sur mon blog et Facebook et Twitter des appels à cabane francophone. Le terme de cabin n’est peut-être pas celui qui est choisi pour les sessions des mois de novembre ou avril, nous aviserons alors. Ainsi nous pourrons nous soutenir moralement par des mails sur le site du NaNo.

Je préparerai mieux le travail. Cette fois le projet était déjà décidé, mais je n’avais pas imaginé le faire tout de suite. C’était une très bonne idée de me lancer dans cette aventure dès le premier jour du mois de juillet en m’enregistrant sur un coup de tête, trouvant la perspective d’un travail suivi soudain évidente. Je l’affirme, ce cadre m’a permis de faire le premier jet d’un livre qui me tient à cœur, une sorte de testament presque.

Mais quatre semaines, c’est trop long pour moi. Ou j’ai trop traîné la première semaine en négligeant le texte, parce que je finissais un volet en menuiserie. Il me semble que trois semaines intensives sont un très bon rythme. Je comprends que dans ma cabine, certains auteurs américains aient fini leur roman de 50 000 mots autour du 21 juillet, la validation devenant possible sur le site à partir du 20.

Trois semaines, c’est le temps que j’avais mis en décembre 2016 pour rédiger le guide Scrivener plus simple pour Mac. Vingt et un jours, c’est le temps de prendre de bonnes habitudes. On se met en mode « poule qui couve et ne s’éloigne jamais du nid » pour faire un travail profond et suivi. Vingt et un jours, c’est le temps de faire un poussin. C’était une excellente expérience.
Je vais désormais caler mes projets en fonction des NaNo. En les organisant mieux le mois précédent, quand les mails commencent à inspirer les habitués.

La prochaine fois, je préparerai le travail à faire le mois d’avant et je me focaliserai sur la rédaction les trois premières semaines du mois, pour éviter l’extrême fatigue que je ressens actuellement. Le genre de fatigue qui nous met en risque. Ces derniers jours, mon pied droit a glissé sur une plaque de mousse sous la pluie et je suis tombée, mains en avant, dont l’une tenait Monsieur Proust de Céleste Albaret que je voulais relire, ce qui a amorti le choc. Je me suis bien reçue, mais je savais que c’était un avertissement, je ne devais pas en faire trop. Un peu plus tard, je me suis coincée le pouce gauche en fermant une fenêtre ! Faut être un peu fatiguée pour en arriver là. Pouce donc ! Stop enfin !

J’arrive au bout et ça fait du bien de savoir que j’ai fini le livre, la matière du livre, sa structure. Je vais pouvoir le laisser reposer. Je le reprendrai plus tard, dans pas trop longtemps, pour ne pas en oublier la substantifique moelle et le message à transmettre. Je sais qu’il continuera à me hanter encore et que sans doute je complèterai certains chapitres. Mais l’essentiel est fait, et grâce à Scrivener for iPad, j’ai le sentiment de l’avoir déjà bien fait. Les corrections et les relectures seront facilitées et le temps est déjà gagné !

Victoire ! J’ai écrit plus de 42000 mots. J’ai fini. Je suis épuisée, mais je l’ai fait.
J’ai gagné le Camp du NaNoWriMo de juillet 2017. J’ai rempli le défi des mots que je m’étais imposés. J’ai gagné contre moi-même et c’est une des plus belles victoires que l’on puisse obtenir. Je suis en accord avec ma vie. Je marche dans la beauté. Vive le NaNo !

Maintenant, un peu de repos est mérité, en essayant d’éviter le NaNo blues post scriptum, suite habituelle de toute production créative. Travail au jardin, tonte, taille, bouturages, conserves et confitures sont au programme de la semaine. Un grand ménage aussi !

Belles écritures estivales à vous !

Gaelle Kermen, Kerantorec, le 1 août 2017

Lien au site du Camp NaNo 2017 : http://campnanowrimo.org/campers/gaellekermen


PS Tout a été construit, écrit et enregistré sur le site du NaNo via l’application Scrivener pour iPad, sans laquelle je n’aurais pas travaillé aussi bien et vite. Merci à Keith Blount et à l’équipe de Literature & Latte dont le travail change la vie des gens qui écrivent. Fini le labeur, place à la joie !

 


© MBB 2019
Portrait de l’auteur au panama et bandana © MBB 2009


Gaelle Kermen est écrivain diariste, conseil en informatique et management du temps depuis 25 ans, experte du logiciel anglais Scrivener. Sociologue polyvalente, diplômée es Sciences Humaines et Sociales des Universités françaises de Paris : la Sorbonne (1966) et Paris-8 Vincennes (1969-1972)

Gaelle Kermen a écrit des guides Scrivener plus simple pour Mac et Windows, pour permettre aux auteurs francophones d’écrire et publier plus facilement avec le logiciel anglais Scrivener. Le troisième guide est Scrivener plus simple pour iPad  et iPhone.

Chris Simon (auteur de Memorial Tour et Lacan et la boite de mouchoirs) :
« Nouveau Guide Scrivener pour ceux qui écrivent sur iPad et iPhone – Les guides de Gaelle Kermen sont complets, faciles à utiliser et vous feront gagner des heures de recherches et d’essais !« 

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Camp NaNoWriMo derniers jours

Mardi 25 juillet 12:1012:10 Je viens de franchir la ligne d’arrivée des 31000 mots. La cible est devenue verte sur Scrivener, rouge sur le site du Camp NaNoWriMo. Je pourrais m’en tenir là, mais j’ai encore des choses à écrire.


Comme en saut en hauteur ou à la perche, je remonte la barre à 40 000. Il faudra écrire 9 000 mots en six jours pour valider le projet le 31 juillet et faire partie des gagnants (contre eux-mêmes !). C’est faisable si je me tiens à mon projet.

Une bonne grillade au feu de bois va me récompenser ce soir. Je joue le jeu du Camp !

Jeudi 27 juillet 2017 7:50

Derniers jours du Camp Nano. Le temps est pourri, je n’écris plus dehors comme je le faisais depuis le printemps, j’écris dans mon lit, comme cet hiver. Et j’y travaille bien, dès le réveil si possible, l’écriture matinale est plus automatique, plus subconsciente, elle se révèle parfois plus juste que l’écriture raisonnée et formatée. Je suis ce flux. Je ne relis rien. Je regarde juste si tel ou tel sujet a été complété. La relecture fera la censure, pour l’instant je suis dans l’écriture pure et dure. Celle qui ne supporte aucune interruption, aucune contrainte, celle qui réclame toute l’attention, l’exigeante, la vitale. Si je n’écris pas, je sens que je vais mourir. Sensations extrêmes. J’écris comme si mon souffle allait manquer si je défaillais sur la route, j’écris comme si mon sort en dépendait si je trébuchais sur une pierre du chemin. J’écris parce que les idées, les souvenirs, l’expérience, l’exigent. Derniers chapitres à compléter. Je ne veux pas me mettre de stress, puisque je suis seule à décider de la longueur du livre que je veux écrire, mais j’ai besoin d’avoir une certaine tension pour me remettre au travail chaque matin, pour créer une certaine routine déclenchant la réflexion systématique et l’écriture automatique.

Le corps réclame ce que le cerveau lui demande. J’ai envie d’écrire parce que j’ai déjà parcouru tous ces mots depuis le 1 juillet , que j’ai remonté la barre plus haut que l’objectif de 31000 mots (1000 mots par jour) et, bien sûr, parce que j’ai encore des choses à dire sur le sujet que j’ai choisi.

Hier, j’ai supprimé une partie, non encore écrite, mais prévue dans la Mindmap lors de la première réflexion. J’étendais trop le champ des références de création à mes chantiers physiques et revoyant mon plan, je trouvais cette partie hors sujet du moment, à réserver plutôt aux cahiers de chantier que j’ai l’intention de publier un jour, dans pas trop longtemps. Le mettre dans le plan du premier projet était une louable intention, mais je passerais trop de temps à la développer maintenant. Elle a le mérite d’être déjà organisée et, si je pensais devoir l’écrire, je reprendrais la partie dans le dossier Recherches où je l’ai classée et l’exporterais dans un nouveau projet. Pour un nouveau livre sur les travaux entrepris à Kerantorec.

Pour l’instant, pendant ces derniers jours du Camp NaNo de juillet 2017, je vais me consacrer au sujet principal, La vie créative plus simple, avec des exemples liés à la littérature. J’ai encore quelques chapitres à rédiger.

Que m’a déjà apporté le Camp NaNo ?

 Essentiellement le cadre du temps et de l’avancée du projet. Je suis trop solitaire par choix pour avoir besoin de travailler en réunion avec d’autres NaNoteurs (il paraît qu’on s’appelle comme ça quand on est francophone) comme cela peut se faire dans les lancements et les fins de NaNoWriMo. Si j’habitais encore Paris, si j’étais plus jeune, sans doute aurai-je apprécié ces réunions et peut-être même en aurai-je organisé. Mais la gestion de mes propres énergies ne me permet plus ce genre d’excès. Je vis bien désormais quand je suis un rythme plus régulier, sans nuit blanche.

Mais en m’inscrivant sur le site du Camp Nano, je me suis engagée publiquement, et ça fait toute la différence du monde. Je peux afficher le total des mots écrits chaque jour et je trouve ça très excitant. Parfois je vois que j’atteins une barre symbolique, comme l’était celle des 31 000 mots, atteint le 25 juillet. Il manque juste cinquante et quelques mots pour la franchir. Souvent, dans un ultime effort après ma séance d’écriture, aussi épuisante qu’un séance de bûcheronnage dehors, je regarde un chapitre pour voir si je ne peux pas le compléter et alors, la magie surgit, l’inspiration est encore, et cent ou deux cents mots s’ajoutent encore.

Et c’est ainsi que j’ai avancé. Sans cette carotte symbolique devant moi, l’âne que je suis aurait trouvé de nombreuses raisons pour vagabonder le long des haies à faire tout autre chose qu’à écrire mon livre. Rien que pour ça, le NaNoWriMo est intéressant. Car cette concentration est la base même de la vie créative, qui doit de temps en temps, pour produire quelque chose de valable, se donner des impératifs et un cadre de travail.

Allez, j’y retourne ! 36 049 mots, il reste un peu moins de 4 000 mots à écrire pour arriver à la barre des 40 000 mots que je me suis imposés. Hier, j’en ai écrit plus de 3 500 ! La vie est belle !


Belles écritures estivales !

Gaelle Kermen, Kerantorec, le 27 juillet 2017

Scrivener et iPad : exemple de correction de roman

 

Beaucoup d’entre vous ont l’habitude d’utiliser le mode Révision pour faire les Corrections sur Word, OpenOffice ou Pages. Moi non. Depuis que j’utilise des outils numériques, j’ai laissé de côté beaucoup d’habitudes liées au papier. Je ne corrige donc pas de cette façon mes ouvrages ou ceux d’autres auteurs que je conseille.

L’an dernier, j’ai partagé mon bureau avec une amie qui devait réécrire son roman, un roman commencé dans les années 90, qui devait être revu et travaillé pour sortir sa « Vérité à la face du monde, sous l’œil du soleil », comme disent les Druides de Bretagne ou d’ailleurs. Je l’avais initiée à Scrivener et elle a fait un travail qui semblait impossible sur le petit notebook tournant sous Windows qu’un ami lui avait prêté. Elle devait en particulier recomposer les parties de son roman et n’y parvenait pas sur Word, c’est pourquoi elle était venue me consulter.

Elle a tout réécrit avec bonheur sur Scrivener. Au moment de la révision générale, nous avons fait la relecture du livre à l’aide de deux iPad. Comment avons-nous procédé pour cette correction de roman ?

Après la rédaction sur Scrivener pour Mac et la correction avec Antidote, j’ai enregistré le manuscrit en le compilant en plusieurs formats de lecture numérique : PDF, pour vérifier ce que donnerait le livre en impression papier, en mobi pour Kindle, pour le tester sur ma liseuse (qui a rendu l’âme au bout de sept ans, juste après), enfin et surtout en ePub pour le corriger sur iPad.

J’ai enregistré le roman sur deux iPad, mon iPad mini 4 et l’iPad 1 historique qui me sert à relire les manuscrits, parce que son grand écran est très confortable, prêté à mon amie. Chacune de notre côté avons relu le livre et l’avons annoté si une erreur de typographie ou de sens nous sautait aux yeux.

Mon amie n’est pas du tout habituée aux outils informatiques. Elle a eu un PC sous MS Dos en 1993-95, sur lequel elle avait écrit la première version de son livre, en partie chez moi, ici à Kerantorec, lieu d’inspiration pour les créateurs. Puis plus rien, alors que moi je démarrais sur Internet, elle en restait au stylo et au papier. Un fossé s’était creusé. Autant dire qu’avec Scrivener, elle passait de la 2CV à la Mercedes, comme elle me l’a dit elle-même, ou du piano-bar d’un bouge parisien à un Steinway de Carnegie Hall…

Elle a très vite compris comment on pouvait lire et annoter les points à revoir. Elle a aussi apprécié le fait d’être dans son jardin ou dans son lit et de relire son roman comme elle l’aurait fait avec un livre en papier, sauf que cette fois les annotations restaient dans la mémoire de l’iPad, nous pourrions nous en servir pour revoir la correction finale. Elle pouvait agrandir la police pour que les erreurs lui sautent aux yeux.

Nous nous sommes revues pour la dernière étape avant le formatage d’édition. Comme l’iPad 1 est connecté à mon réseau WiFi, la synchronisation a été lancée entre les deux iPad dès qu’elle est entrée dans mon bureau, les annotations se sont reportées dans le roman avec des couleurs différentes, mes annotations étaient en jaune, les siennes en rose.

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Assise à côté de moi avec l’iPad 1, mon amie m’a dicté les points à reprendre en cherchant au fil des pages les pages où un mot était souligné ou un groupe annoté. Ou en consultant le fichier des Notes. Le travail était fluide, complet, rapide, efficace.

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Il suffisait ensuite de refaire la manipulation pour une dernière relecture au cas où j’aurais fait une erreur lors des corrections, en changeant un mot, le logiciel peut en mettre un autre sans qu’on s’en aperçoive. Nous avons fait une deuxième lecture du document corrigé. Mon amie avait encore des choses à préciser, ce qu’elle a pu faire dans le document d’origine. On a lu et relu plusieurs fois. Enfin, on a décidé que c’était bon. Les fichiers ont été exportés dans les formats numériques de lecture : PDF, ePub, mobi, et d’écriture en .doc pour Word prêt pour son éditrice.

Nous avons particulièrement aimé cette aisance de lecture et de correction permise par les iPad, y compris celui qui a près de huit ans. Le travail a été facilité et beaucoup mieux fait que si nous avions imprimé les deux cents pages du livre pour le relire sur papier et l’annoter avant de reporter les notes sur le document d’origine écrit sur Scrivener, détaillé en parties, chapitres et sous-chapitres pour un repérage plus facile.

Je corrige de cette façon beaucoup plus vite qu’en comparant deux textes avec des couleurs. Je garde les flux et rythme naturels et spontanés du texte. Car les corrections n’impliquent pas seulement les erreurs d’orthographe, syntaxe, grammaire, mais aussi le style et le son unique de chaque phrase.

Gaelle Kermen
Kerantorec, le 24 janvier 2018

CampNaNoWriMo : quatrieme semaine

Le samedi 22 juillet 2017 marquait le début de la quatrième semaine du Camp NaNoWriMo 2017. J’avais prévu d’entamer la révision du projet.

Bilan des trois premières semaines

J’ai bien progressé, mais je n’ai pas fini la rédaction comme je le pensais en élaborant mon programme. Le long week-end du 14 juillet a vu plusieurs passages chez moi qui ne m’ont pas laissé autant de liberté d’écrire qu’en temps normal. Ma concentration n’est jamais la même quand je suis seule, qu’il y a du monde chez moi ou que je suis interrompue dans mon élan.

Je n’ai donc pas fini la rédaction que je pensais terminer en fin de troisième semaine. Je voulais revoir l’ensemble du livre en fin de Camp, il me faudra reporter cette tâche au mois d’août, ou plus tard après avoir laissé reposer le projet.

Je dois écrire encore bien des chapitres prévus au plan de départ réfléchi sur la mindmap (carte mentale ou heuristique en français). Et comme une idée en fait jaillir une autre, j’ajoute de nombreuses pages au projet dans le classeur de Scrivener for iOS.

Pourtant, il ne faut jamais s’inquiéter de ne pas écrire tous les jours. Après le 14 juillet, j’ai repris l’écriture et la courbe du projet sur le site du Camp NaNoWriMo a repris de la hauteur.

Lors d’une nouvelle interruption forcée le jeudi 20 juillet pour aider une amie à corriger son manuscrit, je n’avais rien pu écrire sur le livre. Le vendredi 21, je lui ai montré comment revoir elle-même tout le roman, je l’ai laissée se débrouiller, j’ai pu me remettre à l’écriture. Entre le matin et le soir, j’ai écrit plus de 3 000 mots et dépassé les 22 000 mots du projet.

Ce temps suspendu a permis aussi au livre de s’approfondir, comme une maturation. Il semble acquérir sa vie propre, son souffle personnel. Je le trouve moins sec, moins injonctif, moins formaté, plus discursif, plus anecdotique, plus vrai. En fait, dans nos échanges, oraux ou écrits, ce sont les histoires qu’on se rappelle. On peut écouter ou lire une démonstration intéressante, mais c’est l’histoire racontée par le conférencier ou l’écrivain que le cerveau ludique mémorisera. Aussi, je lâche les chevaux, je les laisse aller où ils veulent en fonction du thème choisi dans chaque chapitre et sous-chapitre. Et l’écriture devient facile, logique et euphorisante.

J’allais oublier de parler de Virginia Woolf dans le chapitre sur l’environnement de travail que je croyais avoir fini quand je suis descendue déjeuner avec mon amie pour que nous reprenions des forces entre nos écritures parallèles, elle en bas, moi en haut. Et bien sûr, en écrivant sur Virginia, je suis arrivée à Vita, à sa writing-room si bien organisée dans la tour du château de Sissinghurst, dont les jardins restent une source d’inspiration pour le mien.

Ce concept de chambre d’écriture m’est cher depuis des années et j’ai enfin réussi à construire moi-même le cadre de la mienne. Je peux désormais transmettre mes secrets de construction et mes bonnes habitudes qui me permettent de gérer tant de choses avec peu de forces, encore moins de moyens matériels, mais beaucoup de stratégie, d’inventivité et de créativité. Pour beaucoup de bonheur.

Se soutenir dans l’écriture

Certains Camps NaNo se font en réunion de plusieurs écrivains dans un lieu comme une bibliothèque ou un café. La stimulation est réelle. On peut échanger ses points de vue, se soutenir, s’inspirer. Le site du NaNoWriMo propose de s’inscrire en ligne. C’est plus facile pour les Américains, mais je sais que ça existe aussi à Paris.

Chez moi, c’est un mini Camp. En bas, dans mon bureau, une amie travaille à son roman. Moi, je suis en haut dans mon lit, parce qu’il pleut et que je ne peux pas être dehors, j’avance le projet de mon essai sur la Vie créative plus simple. Nos échanges se font à l’occasion d’une interruption pour manger un peu et nous réhydrater après une session d’écriture matinale, rien d’obligatoire pour ne pas déranger l’autre, ou lorsque mon amie s’en retourne dans son village au bord de la mer. Nous respectons nos travaux mutuels. Nos discussions sont le plus souvent littéraires. Et l’inspiration surgit parfois…

Ce dimanche, Scrivener for iOS me signale que mon projet a dépassé les 26 000 mots. Je dépasserai sans doute les 27 000 dans la journée. Il pleut, c’est bien d’écrire, pendant que les bassins se remplissent,  le jardin reverdit, les plantes revivent.


Et le site affiche une flèche sur le rouge du centre de la cible. Le but est proche !

Belles écritures estivales !

Gaelle Kermen, Kerantorec, le 23 juillet 2017

Trouver un lieu de Camp ou de NaNoWriMo pour travailler aux côtés d’autres auteurs : http://nanowrimo.org/local-volunteers

Camp NaNoWriMo : changer ses objectifs de projet

En standard, par défaut, sur le site du Camp NaNo de juillet ou lors du mois de novembre NaNoWrimo, le réglage du roman prévu pour un mois d’écriture est de 50 000 mots, soit l’équivalent d’un roman comme The Great Gatsby de F. Scott Fitzgerald (Gatsby le Magnifique). 50 000 mots représentent un roman de 200 pages environ, si on se base sur une page de 250 mots. Ceci varie selon les éditeurs et les paramètres de formatage. Ce n’est qu’une base de références.

Changer les objectifs du projet
Cet objectif élève le nombre de mots à écrire chaque jour à 1600 mots. Si on ne se sent pas confortable avec cette session d’écriture quotidienne, si on n’a pas assez de disponibilité dans l’emploi du temps, mais qu’on veut quand même aller au bout de son roman ou essai, on peut changer ses objectifs de projet. Il vaut mieux changer ses prévisions que de renoncer à son projet.

On le fait dans le champ Goal des paramètres du projet. Le site fera tous les calculs et graphiques en fonction de ce paramètre.

Personnellement, je n’aime pas me mettre de pression. Au bout de quelques jours, j’ai abaissé mes prétentions de 50 000 mots à 31 000 pour un objectif moyen de 1 000 mots quotidiens. Il n’est pas impossible que je remonte le total d’objectif du projet en fin de semaine puisque j’avance bien désormais. Je le fais sur Scrivener en cours de rédaction d’habitude, quand je vois que j’ai encore des choses à dire. Sinon le logiciel de bureau me signale régulièrement que j’ai dépassé mes objectifs. Le faire sur le site du Camp donne un cadre public à mon engagement.

Pour l’instant, 1000 mots en période estivale de vacances me sont possibles. Quand on habite dans une région touristique comme la Bretagne, on peut être interrompu dans son travail par des gens en vacances. Je limite les visites, mais parfois j’en accepte et ça change tout mon programme.

L’important est d’être régulier et un peu obstiné. Car, une fois qu’on est dans le vif de la rédaction, les idées viennent, s’entrechoquent et on n’est satisfait qu’après les avoir couchés sur la page du traitement de texte, ou de Scrivener for iOS si on a la chance d’utiliser l’outil nomade si pratique.

Valider son projet sur le site du Camp

Au 20 juillet, il devient possible d’enregistrer son texte dans le compteur de mots qui s’affichent sur le site du Camp NaNoWriMo à côté du compteur de mots du projet et de Update.

Alors s’affiche la fenêtre qui permet de copier le fichier entier pour en faire le décompte des mots écrits au cours du Camp NaNoWriMo. Le texte n’est pas conservé par le site, j’ai juste pour compter et valider le projet en tant que Winner (Gagnant-e).

Belles écritures estivales !

Gaelle Kermen, Kerantorec, le 23 juillet 2017

Tableau d’équivalence entre le nombre de mots et le nombre de pages à consulter sur l’article http://www.aproposdecriture.com/combien-de-mots-doit-compter-un-roman. Ce barême n’a pas de valeur absolue, tout dépend des éditeurs et des formatages adoptés.

Le nombre de mots se trouve en bas des pages en cours sur les traitements de texte ou dans Révision, statistiques, etc.

On ne doit pas confondre le nombre de mots avec celui des caractères (espaces comprises). Les deux s’affichent dans les statistiques. Un feuillet de journaliste se calcule en caractères, non en mots. Ici, dans le projet du Camp NaNo, on compte en mots.

Camp NaNoWriMo