Il n’existe pas beaucoup de choses en français sur le logiciel Scrivener. Se former à sa grande richesse complexe nécessite de longues heures de visualisation de vidéos ou d’étude de manuels, le plus souvent en anglais.
En cherchant, en janvier 2015, ce qui se faisait pour le prendre en main, je suis tombée sur des vidéos de François Magnan, formateur à Toulouse.
C’est François Magnan qui m’a donné envie d’aller au fond de Scrivener.
Comme je me suis formée en anglais, avec des vidéos et des tutorials et des manuals, dont je ne saisissais pas toujours bien l’équivalence dans mon logiciel Scrivener traduit en français, j’ai parfois buté sur des trucs que je ne comprenais pas du tout.
Par exemple, une auteure américaine montrait dans sa vidéo comment elle recopiait des chapitres pour créer d’autres chapitres dans ses modèles pour ses romans en série, toujours conçus de la même façon. J’ai mis du temps à comprendre comment elle faisait. J’ai fini par trouver Doublon dans Document. La mauvaise traduction du logiciel ne m’avait pas aidée. En général, un doublon est quelque chose que nous cherchons à supprimer de nos bases de données. Là où nos Mac nous proposent depuis trente ans de Dupliquer, il est marqué Doublon sur Scrivener. Depuis que j’ai compris que Doublon voulait dire Dupliquer, je fais beaucoup plus de choses.
Comme on le voit sur cette copie-écran, le logiciel n’est pas toujours complètement traduit. J’ai dû mettre au point des procédures simples pour me repérer. C’est l’objet de ce guide.
La Manip
Il existe une autre façon d’atteindre le Doublon en question. Dans le bas du classeur, près de la petite icône du Dossier +, dans la roue dentée, on peut trouver d’autres options.
[Ajouter, Doublon, Renommer, Placer dans la Corbeille…]
On voit que les traducteurs auraient mieux fait de traduire le Duplicate anglais par Dupliquer, comme ça l’est dans tous nos programmes Mac depuis toujours.
Formations francophones existantes
Le site scrivener.fr n’est pas, comme on pourrait le croire, une filiale française du logiciel Scrivener. C’est une formation payante qui a déposé le nom de domaine scrivener en France. C’est très cher. Enfin, trop pour moi. Et j’aime bien chercher moi-même.
Comme l’auteur de Scrivener, Keith Blount, j’écris sur Mac, la plate-forme d’origine du studio d’écriture. Il n’existe rien d’écrit, à ma connaissance, sur Scrivener pour le Mac dans le monde francophone. J’espère combler un vide par ce petit Guide pour vous aider, plus vite que je ne l’ai fait, à démarrer sur Scrivener.
Si cet article vous a plu, merci de le commenter, l’aimer, le partager. C’est ainsi que nous progressons tous ensemble depuis l’invention de l’Internet.
Scrivener est un formidable studio d’écriture, qui remplace désormais tous les traitements de texte utilisés depuis trente ans de travail sur ordinateur personnel.
Ce que Scrivener peut faire pour vous
Ouverture facile et rapide
Écriture créative et dynamique, plus jamais linéaire
Possibilité de récupérer un document écrit sur Word, Open Office, ou Pages, en le scindant en chapitres
Travail par chapitre, scène, idée, note, pour écrire sans se soucier de la mise en forme
Possibilité de changer de place aux chapitres pour refaire le plan
Plan facile à faire à partir d’un document exporté en OPML d’une MindMap
Page facile à faire à partir d’un document exporté en TXT d’une MindMap
Article de blog facile à faire à partir d’une page
Gestion de nombreux documents en un seul lieu Recherches (pages web, photos, notes) pour ne plus jamais égarer ses notes de travail
Une idée égale une note ou une page, classée, ou en attente dans le module Recherches
Table des matières automatique pour ebook (Kindle, iPad, liseuse)
Table des matières pour PDF dans l’édition papier à la demande (CreateSpace, Draft2Digital, Lulu)
Mise en forme à la fin du document selon les critères d’exportation
Publication sur toutes les plate-formes numériques au format ePub (toutes tablettes et liseuses) et mobi (Kindle)
Exportation en la plupart des formats d’écriture (rtf, html, doc, docx, etc.)
Modèles (en anglais) pour les thèses, les romans, les pièces de théâtre, les poèmes, les scénarios
Possibilité de faire rapidement ses propres modèles
Sauvegarde possible sur Dropbox pour continuer un projet sur un autre ordinateur
Sauvegarde automatique
Plus jamais de plantage quel que soit l’ampleur du projet
Que vous soyez étudiant, écrivain, auteur, blogueur, doctorant, journaliste, professeur, responsable, éditeur, scientifique, dans votre travail comme votre vie personnelle, que vous écriviez comme moi votre Journal, que vous ayez besoin d’écrire des rapports, des mémoires, une thèse, un roman, une pièce de théâtre, ou que vous vouliez publier le recueil de vos poèmes, vous avez tous besoin de Scrivener.
La maîtrise de Scrivener m’a ouvert des possibilités créatives et éditoriales que j’attendais depuis longtemps. Pour vous, ce le sera aussi, en suivant le Guide simple en français que je vous prépare sur Scrivener et dont je publie ici quelques chapitres.
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La page Scrivener en cours d’écriture peut s’exporter en html pour faire des articles de blog. J’utilise WordPress pour mes blogs. Voici ma méthode, plus simple et rapide que tout ce que j’ai déjà expérimenté.
La Manip
Fichier Exporter Fichiers… Raccourci Mac : Majuscule Command E Enregistrer dans Exporter le fichier au format html
Ici j’explique la façon de faire un article de blog à partir de la page Scrivener illustrée de copies écran
Pour les illustrations en copie écran
Dans ce guide, je cherche toujours les procédures les plus simples. Voici celle que j’adopte pour publier sans souci et rapidement un article issu d’une page rédigée sur Scrivener.
Sur Scrivener, je vais dans Modifier, Insérer, Image depuis un fichier, je cherche mon dossier Capture d’écran, je récupère la bonne copie écran et je l’insère dans la page à l’endroit que je souhaite illustrer.
J’ouvre la page html avec Chrome, Fichier, Ouvrir le fichier, je copie l’ensemble (Raccourci Mac Command A, Command C) et le colle (Command V) sur un nouvel article de blog WordPress. Voici le résultat d’une copie de chapitre.
Je termine l’article de blog à ma convenance et le publie.
Attention Si vous faites un ebook au format .epub en l’illustrant par des captures d’écran, renommez-les avec des titres simples, les caractères accentués ne passeront pas ePubCheck.
Note
Il vaut toujours mieux préparer son article en l’illustrant d’abord dans Scrivener, que d’écrire la page texte dans Scrivener et l’illustrer ensuite sur WordPress. Vous gagnerez du temps en intégrant vos images depuis le dossier créé à l’exportation en .html par Scriv.
Conclusion Après avoir pratiqué de nombreuses façons de publier sur le Web, depuis près de vingt ans, y compris en testant de nombreuses applications sur tablette Android ces dernières années où j’étais privée de MacBook, je peux affirmer que Scrivener est l’outil le plus fiable, le plus facile, le plus simple à utiliser.
Merci Scrivener !
En fait, Scrivener est tellement riche qu’il y a peut-être des solutions encore plus simples. Dans ce cas, n’hésitez pas à les partager. Merci.
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J’ajoute une page, qui devient un chapitre, quand j’en ai besoin, où je le souhaite, quitte à changer mon plan ensuite.
Cette nouvelle page peut être un document pour une thèse ou un mémoire, un poème, une scène de roman, de scénario, de pièce de théâtre, ou tout ce que vous voulez. L’imagination est au pouvoir !
Un des gros avantages de Scrivener sur les traitements de texte.
Cet article avait été écrit pour la version Mac de Scrivener. Je travaille actuellement à un nouveau guide pour Windows. Cette procédure ne marchera pas aussi bien sur Windows que sur Mac, où elle est parfaite. D’après le manuel anglais, pour que les liens restent cliquables dans le document PDF, il faut avoir Microsoft Word 203-2013 installé sur l’ordinateur et paramétrer les Options d’Import/Export de Scrivener avec les Convertisseurs de sortie pour PDF.
Créer une table des matières sur Scrivener pour un fichier PDF imprimable
Scrivener, l’excellent studio d’écriture de Literature&Latte, est parfait pour créer des fichiers .mobi et epub. Il permet aussi de créer des fichiers PDF avec Table des Matières, qui soient exploitables dans des fichiers d’Impression à la Demande, comme Create Space.
La procédure est simple, il suffisait de la trouver. Je la partage avec vous, qui avez besoin de l’écriture dans votre vie personnelle ou professionnelle.
Créer un nouveau fichier dans le classeur (en cliquant sur la petite croix verte. Mettre le fichier en haut du tapuscrit, pour avoir une Table des Matières au début du livrel.
Dans le projet d’écriture, sélectionner les dossiers des parties qu’on souhaite voir apparaître dans la Table des Matières.
On peut aussi ouvrir chaque dossier de façon à sélectionner tous les chapitres de chaque Partie du livrel.
Dans Modifier, descendre à Copy Special, continuer sur la droite et descendre à Copier les documents comme TdM (pour Table des Matières).
Retourner dans le fichier intitulé Table des Matières.
Coller et appliquer le style. Les codes apparaissent sur la page et la Table des Matières se fera automatiquement lors de la Compilation par Scrivener.
Ensuite, Compiler en PDF. Vérifier le PDF.
La table des matières apparaît avec le numéro des pages. Ça marche !
Belles écritures à vous qui me lisez !
Gaelle Kermen
Les manips
Sélection des dossiers des parties avec le raccourci [Maj+clic+C] Ou Modifier -> Sélectionner avec les sous-dossiers, tout est sélectionné ou [alt+cmd+A] Modifier −> Copy Special -> Copier les documents comme TdM Table des Matières -> Coller et appliquer le style Compiler en PDF
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Au fil des années j’ai accumulé les livres, je les ai dévorés, relus, prêtés, perdus, retrouvés. Je ne saurais pas me passer de la lecture, j’en ai autant besoin que de l’écriture au quotidien. En septembre 2010, j’ai changé ma façon de lire, je suis passée à la lecture exclusivement numérique. Et je ne reviendrai pas au papier. Voici un aperçu de ce que j’ai pu lire en cinq ans de lecture numérique, plus de 500 livrels, un voyage littéraire dans les deux derniers siècles.
En découvrant le Kindle, j’ai exploité les ressources du Domaine Public, plus accessibles en numérique qu’en papier.
Comme Alexandre Dumas était un des deux auteurs français (l’autre étant Jules Verne) présentés sur mon Kindle 3, j’ai commencé par le lire dans la version Amazon. Je l’ai dévoré plutôt, car à peine avais-je fini La Reine Margot, le premier lu, que j’avais envie d’attaquer un autre livrel du cher Alexandre. C’est l’effet Kindle : une certaine compulsivité de lecture. Alors, j’ai dévoré tout ce que j’ai pu trouver comme romans historiques, me donnant une idée plus vivante des Rois de France et de notre Histoire européenne que les études historiques plus sérieuses sur les ancêtres d’une jeune amie aristocrate dont j’avais fait l’arbre généalogique (Généalogie Charette-Bourbon) en 2006.
Dans la foulée, j’ai attaqué tout Michel Zevaco, dans le style des romans populaires d’Alexandre Dumas, un journaliste anarchiste dont les premiers romans ont été publiés en feuilleton dans le journal de Jean Jaurès, et qui a revu certains épisodes historiques avec truculence. D’ailleurs je préfère son personnage de Pardaillan à celui de D’Artagnan. Làencore j’ai lu tout ce que je trouvais de lui, un vrai régal.
Puis, restant dans la littérature populaire, que j’avais ignorée tout au long de ma vie de grande lectrice, j’ai attaqué Eugène Sue, Les Mystères du Peuple, des ouvrages de longue haleine, qui occupent bien les jours pluvieux d’hiver.
J’ai relu toute la Comtesse de Ségur, le premier auteur que j’avais lue dès que j’avais su lire, vers cinq ans, dans la bibliothèque rose de ma grande sœur, avant d’attaquer la bibliothèque verte de mon grand-frère avec Jack London et Joseph Kessel un peu plus tard. La comtesse m’a fait régresser avec délice dans un monde où les serviteurs employaient parfaitement les subjonctifs imparfaits.
J’ai aussi lu presque tout Stendhal et Sand, écrivains ennuyeux. J’ai vécu ça comme un pensum à chaque fois.
Pour me remettre, je me suis offert les œuvres complètes de Marcel Proust, le genre de choses que je ne peux pas imaginer en version papier Pléiade, hors de ma bourse, et j’aime toujours me replonger dans quelques morceaux aimés à jamais, que la table des matières numériques me permet de trouver quand j’en ai besoin.
La littérature traditionnelle contemporaine
Avant de mourir, j’ai tant de trous à combler dans ma culture littéraire que je ne suis pas tentée par ce qui sort. Pour moi la littérature n’est pas un bien de consommation, avec une date limite de péremption, qu’on jette après usage. Les livres sont des monuments, des œuvres d’art, dont le temps conserve les meilleurs, qui ne sont pas forcément dans l’air du temps. Je ne m’intéresse donc pas aux rentrées littéraires, ni aux Prix, ni aux Best-Sellers, ni aux Tops 10 ou 100. Dans le numérique, j’apprécie de pouvoir trouver des ouvrages relatifs à mes sujets de recherche ou d’intérêt, même quand on ne parle plus d’eux.
Je ne sais donc pas grand chose des auteurs « à la mode », je vois passer quelques infos sur les réseaux sociaux, c’est tout. J’ai juste lu Le Goncourt piraté de Michel Houellebecq, La Carte et le Territoire, que j’ai trouvé encore plus ennuyeux que Sand ou Stendhal, c’est peu dire ! On ne m’y reprendra plus. Pas de temps à perdre.
La jeune Charline Schierer avait publié un premier roman fantastique écrit à 16 ans, L’appel du Shatral, en février 2012. Elle vient d’en publier un deuxième, pas encore lu, mais que je le lirai. Le premier était prometteur.
Cercle de sagesse, Adam Molariss, un sage parle de la place Jmaa el Fna de Marrachech, 2013
Je suis une fidèle des gros pavés thriller deJacques Vandroux, ses thèmes celtiques et culturels ont tout pour me plaire. Il faut juste prévoir une journée entière de récupération des forces devant soi, car une fois qu’on commence le livrel, on a envie d’aller au bout !
Écran tablette Cube Pierres couchées de Jacques Vandroux
Dans les auteurs francophones indépendants, j’ai aussi découvert Florian Rochat, un ancien journaliste suisse, qui a écrit un très beau livrel : La Légende de Little Eagle, l’héroïque histoired’un pilote de guerre américain de 18 ans. Cette histoire m’a sensibilisée aux sacrifices de certains pilotes anglais ou américains pendant la guerre de 39-45, comme il y en eut sur ma propre commune.
Le livre a eu aussi des suites historiques réelles, que Florian Rochat raconte dans son dernier billet de blog, merveille de l’écriture qui relie les générations au-delà du temps.
Culture anglo-saxonne
Au début de ma lecture numérique sur Kindle, j’ai d’abord dévoré les écrivains classiques français ou francophones que j’avais délaissés au cours de mes vagabondages de jeunesse, quand la littérature anglo-saxonne des années 50 me formait plus que celle de ma propre culture française, comme Jack Kerouac, Henry Miller, Anaïs Nin, Lawrence Durrell ou Malcolm Lowry.
Depuis vingt ans que je suis sur Internet, la facilité de lecture sur le support numérique me permet de lire en anglais ou en américain tous les jours. J’ai rarement l’occasion de pratiquer mon anglais à l’oral, mais je peux lire des articles ou des livrels dans cette langue que j’ai eu la chance d’apprendre en Angleterre même, avant de l’apprendre au lycée de Lorient en seconde langue en Quatrième (à mon époque on était au lycée dès la classe de Sixième).
Lectures en anglais
Je me suis longuement plongée dans l’œuvre de John Galsworthy, un peu le Marcel Proust anglais, qui eut le Prix Nobel de Littérature en 1932. J’ai lu en version originale des livres dont j’avais étudié des extraits au lycée Hélène Boucher en arrivant à Paris l’année scolaire 1960-61, Forsyte Saga. La BBC en avait tiré une très célèbre série télévisée diffusée en 1967 en Angleterre, diffusée par l’ORTF sur la 1ere chaîne française en octobre 1970.
Puis, j’ai lu presque tout R.L. Stevenson, reprenant avec délices en anglais des livres lus autrefois en français, comme Voyage autour des Cévennes avec un âne, ou L’île au Trésor. J’ai particulièrement apprécié Kidnapped.
Et comme Stevenson faisait référence à son compatriote Walter Scott, j’ai lu aussi presque tout Walter Scott, commençant d’abord par la traduction faite par Alexandre Dumas de son Ivanhoé, dont je regardais à 12 ans les épisodes à la télévision anglaise avec Roger Moore.
J’ai continué à lire en anglais tout ce que je trouvais, essayant de lire par ordre chronologique les œuvres de Sir Walter Scott, baronet de Abbotsford. J’ai passé un hiver avec son Journal, une merveille pour comprendre la genèse de l’œuvre d’un grand écrivain. J’ai fini par acheter ses œuvres complètes.
Walter Scott m’a donné envie de relire Jane Austen, qui elle-même m’a donné envie de me plonger dansla lecture de Ann Radcliffe, aux romans effrayants, la première romancière gothique, qui eut beaucoup d’influence sur la littérature de l’époque, puis sur le cinéma fantastique. Une féministe aussi, pas assez connue.
Complete Works of Ann Radcliffe, Delphi Classics
J’ai relu certains romans des sœurs Brontë et tous ceux que je n’avais pas lus dans ma jeunesse, avec souvent de bonnes surprises en découvrant ce qui est moins connu, comme les trois romans de la troisième sœur qui a publié sous le nom de plume de Anne Brontë, dont The Tenant of Widldfell Hall. J’ai lu aussi une biographie passionnante de leur frère Branwell Brontë. Le destin tragique de cette famille m’a accompagnée plusieurs mois. J’avais acheté la version complète et je lisais tout dans l’ordre. Ce fut un hiver très riche.
Complete Works by The Brontes, Delphi Classic
Désirant lire des livres plus contemporains, j’ai lu une grande partie de Virginia Woolf. Mais par l’hommage qu’elle rendait à sa grand sœur féministe George Eliot, elle m’a donné envie de me plonger dans l’œuvre complète de celle-ci, qui m’a beaucoup plus passionnée que notre George Sand, dont la vie est un chef-d’oeuvre en soi, qu’elle n’a jamais su rendre par sa littérature. Toutes deux avaient choisi un prénom masculin pour être éditées dans un monde sexiste.
Complete Works by George Eliot
Puis ma condition d’auteur Smashwords m’a fait bénéficier d’un abonnement ‘un an sur Scribd, la bibliothèque américaine numérique. Et pendant un an j’ai dû lire sur tablette, car l’application Scribd ne passait pas sur mon vieux Kindle 3.
Lecture en américain sur Scribd
J’ai relu en version originale tous les livres de Tony Hillerman, aux polars ethnologiques dans les réserves indiennes du côté d’Albuquerque au Nouveau-Mexique, que je lisais au fur et à mesure de leur parution en français en les empruntant à la bibliothèque de mon bourg. J’ai retrouvé l’esprit navajo de « marcher dans la beauté », de rendre grâces le matin au soleil levant, toutes choses que j’aime à pratiquer dans ma propre vie, avec mes critères personnels de travail sur mon paysage breton, qui animent mes cahiers de chantier, cahier autant pratiques que littéraires.
Après, pour rester dans la littérature féministe, j’ai relu Marylin French célèbre dans les années 70, dont j’ai relu en version originale certains ouvrages qui avaient fait sa réputation. Mais elle m’a presque autant ennuyée que George Sand.
Alors, j’ai découvert le livre de Walter Isaacson : Steve Jobs et je me suis laissée emporter par sa vie passionnante, qui, comme celles de tous les grands hommes, dépassent tous les romans qu’on pourrait en faire. J’ai lu tout sur Steve Jobs, en reconnaissant que rien n’égalait la bio d’Isaacson.
Puis j’ai lu tout ce que je trouvais sur Mark Zuckerberg, en commençant par The Facebook Effect, de David Kirkpatrick. Et quand on me parle du film sorti sur son histoire, je ne vois aucun rapport avec ce que j’ai lu sur lui, écrit par des gens qui l’ont fréquenté depuis sa jeunesse. Je préfère la version de la réalité à celle de la fiction. Respect ! On peut suivre Zuck sur son compte Facebook.
Bilan de 5 ans de lecture numérique
La lecture traditionnelle sur les livres papier que j’ai pratiquée pendant près de 65 ans m’avait comblée et rien ne me semblait aussi beau qu’une bibliothèque chargée de livres.
J’ai changé de conception de lecture en recevant le Kindle3 il y a cinq ans, je lis encore plus qu’avant, et j’ai amélioré ma mémorisation, je me sens plus riche en ressources intérieures.
Mais j’ai aussi changé ma conception de l’habitat pour un désencombrement général.
Désormais, je rêve d’une maison plus petite, plus aérée, sans papiers envahissants, sans accumulation d’objets prenant la poussière. Les murs ne seraient plus chargés de livres comme ils le sont encore chez moi, remparts de sécurité contre la vacuité et la peur de la mort.
Je rêve que les murs laissent place à plus de tableaux, œuvres uniques gardant la vibration des artistes qui les ont conçues au delà du temps.
Je rêve d’un mobilier simple et beau, sobre et noble, comme les meubles Knoll de ma jeunesse parisienne des années 60-70, une table et des chaises Saarinen, dont les lignes m’émeuvent toujours, et sur un guéridon assorti, je vois un Kindle, un iPad, un MacBook.
C’est tout. C’est tant.
Ceci sera, j’espère, une autre histoire, que je pourrai raconter dans mes cahiers de chantier et sur le blog de mes travaux d’Hercule, Kerantorec.
Bonnes lectures à vous, qui m’avait suivie jusqu’ici dans ce voyage littéraire à travers le temps, ce qui prouve que vous êtes vous-mêmes de grands lecteurs ou de grandes lectrices. Bien à vous !
La lecture est le plus grand loisir de ma vie, celui qui me détend après mes gros chantiers, intellectuels ou physiques, celui qui m’apprend le monde, me cultive, me fait rêver et voyager, me nourrit et me comble depuis mes toutes jeunes années. Au fil des années j’ai accumulé les livres, je les ai dévorés, relus, prêtés, perdus, retrouvés. Je ne saurais pas me passer de la lecture et longtemps j’ai pensé ne pas pouvoir me passer des livres, en tant qu’objets. Pourtant en septembre 2010, j’ai changé ma façon de lire, je suis passée à la lecture exclusivement numérique. Et je ne reviendrai pas au papier. Si vous hésitez encore à franchir le pas, mon expérience peut vous guider dans vos choix de supports de lecture numérique.
Je lis tous les jours, plusieurs heures par jour en hiver, en été au moins un quart d’heure ou une demi-heure avant de m’endormir, moment sacré entre les deux mondes de la vie et des songes.
Ma bibliothèque personnelle est assez conséquente, elle recèle plus de trois mille ouvrages. Elle a été importante tout au long de ma vie et je n’imaginais pas me passer de livres.
Sauf depuis cinq ans ! Cinq ans qui ont changé les habitudes que j’avais depuis cinquante ans, souris papivore que j’étais jusque là.
La date du changement est le 16 septembre 2010 et c’était à Toulouse, avant le Festival numérique de la Novela 2010 (album Flickr).
Ce jour-là j’ai reçu mon Kindle 3, précommandé sur le site d’Amazon, à l’époque uniquement U.S, depuis le 23 août. J’en ai testé la première citation le 23 septembre, dans le message adressé par le créateur d’Amazon, Jeff Bezos.
Welcome gaelle
– Highlight Loc. 9-15 | Added on Thursday, September 23, 2010, 10:50 PM
Our top design objective was for Kindle to disappear in your hands – to get out of the way – so you can enjoy your reading. We hope you’ll quickly forget you’re reading on an advanced wireless device and instead be transported into that mental realm readers love, where the outside world dissolves, leaving only the author’s stories, words, and ideas. Thank you and happy reading!
Sincerely,
Jeff Bezos
Founder and CEO Amazon.com
La réception du Kindle a changé ma vie. La mutation d’un monde en papier à un monde numérique s’est faite en un quart d’heure pour la prise en main de l’appareil et en quelques jours pour abandonner le papier, le temps de finir un gros pavé de Ken Follet que ma fille m’avait prêté (Les piliers de la terre). Depuis ce jour, j’ai laissé les auteurs s’adresser directement à mon cerveau, à mon cœur, à mon âme, en oubliant le support pour ne garder que le texte et ses messages.
J’ai apprécié tout de suite :
– Sa facilité d’emploi, je pouvais l’avoir dans la poche de mon manteau de voyage, ou dans une pochette en bandoulière à sa taille avec mes papiers et mon petit appareil photo, numérique lui aussi.
– Le confort de l’écran E-Ink, lisible même en plein soleil et c’est bien agréable en été de pouvoir lire au soleil. Aucun autre écran ne permet cette lecture. On peut lire des heures sans fatigue visuelle.
– Sa solidité : j’ai raconté à l’époque les mésaventures subies par mon Kindle, j’avais marché sur lui une nuit, plus tard il avait reçu du café à Paris. Malgré tout ça, cinq ans après il marche toujours !
– La gestion d’Amazon : j’ai apprécié l’aisance avec laquelle je pouvais télécharger des ebooks de mon compte en 30 secondes, pas une de plus. Comme je fouillais surtout le Domaine public, Amazon me proposait le même type d’achat, gratuits la plupart du temps.
– Send to Kindle : une extension de navigateur permet d’envoyer sur la liseuse tous les documents qu’on a besoin de lire, que ce soit un article de blog trouvé sur le net ou un document personnel.
– L’envoi par email : Amazon fournit un email special pour l’envoi de documents sur la liseuse, une fonction très pratique pour relire ses manuscrits, les afficher sur l’écran du Kindle permet de voir tout de suite lesfautes et de les souligner, pour une correction ultérieure dans le support d’origine (Word, Pages, Scrivener, etc.).
Contrairement à ce qui s’est souvent dit, Amazon n’emprisonne pas ses clients et il est très facile de copier les livres trouvés sur d’autres plateformes au format .mobi pour les mettre dans le dossier Documents de la liseuse qui s’affiche sur l’écran dès qu’on connecte le Kindle à l’ordinateur. J’ai donc trouvé beaucoup de mes bonheurs en littérature francophone sur :
–Ebooks gratuits : livres francophones du domaine public, des bénévoles y font un travail remarquable, leurs corrections sont impeccables, et ils pourraient donner des leçons à bien des professionnels.
– BNR la Bibliothèque Numérique Romande : on y trouve Jean-Jacques Rousseau, par exemple. – Feedbooks : livres francophones du domaine public, et autres catégories, payantes. – Gallica: pour les PDF, car les textes en .epub ne sont pas corrigés par un œil humain après le scan et on n’a pas toujours le temps de le faire soi-même.
J’ai donc changé avec le Kindle toutes mes habitudes de Grande Lectrice devant l’Éternel.
Abandon quasi immédiat du livre papier En 5 ans, je n’ai pas dû lire plus de dix livres sur papier – des relectures de ma bibliothèque lors de la correction de mes 50 ans d’écriture sur cahiers – ou parce que j’avais prêté mon Kindle à un jeune ami opéré pendant sa convalescence.
Abandon du besoin d’aller chercher des livres à la bibliothèque Désormais je trouvais tout sur Internet qui depuis quinze ans déjà (l’été 1995) était ma principale source de richesses et d’information.
Abandon du plaisir d’aller parfois dans des librairies chercher de quoi combler mon besoin de connaissance J’avais déjà perdu cette habitude que mon petit budget ne me permettait plus d’assouvir, j’avais la chance d’avoir des amis voisins aux bibliothèques bien fournies et nous échangions nos livres avec passion. Désormais je pouvais tout trouver tout de suite, sans attendre, sans me déplacer, sans bouger de mon ermitage choisi.
Abandon des livres des éditions traditionnelles En me connectant sur l’Internet dès la mi-1995, j’avais délibérément décidé de changer de monde et d’aider à le changer aussi. Depuis vingt ans, le monde numérique me convient, je m’y sens mieux que dans l’ancien. J’y reste. Je me fie plus aux billets de blogueurs passionnés comme moi, ou à d’autres auteurs francophones, qu’aux articles de critiques, journalistes, ou animateurs télé, puisque je ne regarde plus la télé non plus. C’est peut-être une forme d’autisme social, mais j’y trouve ma sérénité et préserve ma créativité.
Le prochain billet de 5 ans de lecture numérique détaillera les lectures que j’ai faites sur les différents supports.
Comparaison entre les supports de lecture numérique
Tablettes
En tant qu’auteur Smashwords, j’ai bénéficié d’un Abonnement gratuit d’un an à Scribd, bibliothèque numérique américaine, qui m’a un peu obligée à lire sur les tablettes, l’application n’existant pas pour le Kindle3 (mais est valable pour le Kindle Fire).
J’ai fait l’essai de diverses Apps Android, peu convaincantes. Aucune ne m’a satisfaite comme le Kindle ou l’iPad.
J’ai éprouvé une grande fatigue des yeux.
Les batteries ne tiennent jamais longtemps sur les tablettes, alors que le Kindle reste chargé des semaines et l’iPad des jours.
Le seul point positif que j’ai apprécié dans les tablettes, c’est que les couvertures sont plus attrayantes en couleurs que sur le Kindle en noir et blanc, disons même gris. On en voit un exemple avec la couverture du livrel de Jacques Vandroux, Les Pierres Couchées, sur Kindle et tablette. Les tablettes sont donc pratiques pour voir le catalogue de la bibliothèque, moins agréables pour lire les livrels.
Ecran Kindle de Pierres couchées de Jacques VandrouxEcran tablette Cube Pierres couchées de Jacques Vandroux
J’ai quand même dû lire 100 livres en trois ans sur mes tablettes, la plupart l’année de l’abonnement Scribd.
Sur Kindle j’ai lu 400 livres, la plupart énormes, en quatre ans, sans fatigue, ni des yeux, ni des bras. Car lire des gros livres m’étaient devenu très pénible en vieillissant (bientôt 70 ans quand même !).
L’iPad1 que j’ai reçu d’une amie début juillet 2015 est le plus récent support numérique que j’ai testé.
La bibliothèque de l’iPad (je cherche des livres de jeunesse pour mes petits-fils)
Son étagère de bibliothèque en faux bois est vraiment moche et ne cadre pas avec le style Apple. C’est sans doute pour garder les habitudes visuelles de lecture sur papier, ce dont je ne me soucie plus guère depuis cinq ans que j’ai abandonné la lecture sur papier.
Confort, réactivité, écran :
L’iPad présente un certain confort par la réactivité des pages et son écran est plus agréable que tous ceux que j’ai eus sous les yeux en trois ans de tablettes Android (six tablettes en trois ans, à éviter !). Il est le meilleur pour voir les illustrations des ouvrages illustrées. Je n’ai pas essayé les bandes dessinées, ni les mangas, mais j’imagine que ce doit être parfait.
Traduction, recherches, citations :
L’iPad est aussi le plus pratique pour traduire (il suffit de mettre le pointeur devant le mot), souligner, rechercher sur le Web ou sur Wikipedia, ou extraire des citations. J’y ai lu six ebooks en trois mois, ce qui est une bonne moyenne d’été.
Pourtant, pour lire, ne faire que lire, et partager des citations, le Kindle reste mon favori, même dans sa version 3, avecson clavier archaïque d’avant le Minitel.
Confort Le Kindle reste le plus confortable pour les yeux, et je sais de quoi je parle, il m’arrive de lire entre trois et six heures par jour en hiver.
Traduction, recherches, citations, partage Le Kindle reste facile pour traduire, il faut un peu plus de manips que sur l’iPad, mais ça marche très bien, et ce doit être parfait avec les nouveaux Kindle tactiles. Il est parfait aussi pour souligner, copier des citations, les partager sur Facebook et Twitter. Au bout de cinq ans je l’utilise toujours.
Le Kindle actuel vaut moins de 70 euros. C’est beaucoup moins cher que celui que j’ai payé 150 euros il y a cinq ans. Certaines fonctions de recherche ont dû être améliorées depuis cet ancêtre.
Amazon vient de sortir une nouvelle tablette à moins de 60 €. J’ai eu en main la tablette Kindle Fire de mon petit-fils, c’est un meilleur outil que toutes les tablettes Android que j’ai eues en main. L’écran est beau, la manipulation est agréable, la batterie tient bien, l’outil est solide et il marche bien.
Cette nouvelle tablette peut réunir l’avantage de gestion du compte par Amazon et celui du partage des lectures. Si je n’étais déjà bien équipée avec mes Kindle et iPad de 2010, géniales antiquités, ce serait mon choix.
***
Bilan de cinq ans
Moins de lectures disparates, soumises aux modes, ou aux parutions.
Plus de lectures suivies, approfondies, comme si je comblais en fin de vie les lacunes culturelles de ma jeunesse.
De grande lectrice sur papier, je suis devenue lectrice compulsive, boulimique, commençant un nouveau livrel dès que j’en ai fini un, cherchant à lire les œuvres par chronologie d’écriture, pour mieux comprendre l’évolution de l’écrivain, la genèse de son œuvre.
Inconvénient Je ne tiens plus une bibliographie à jour par année sur une base de données et je ne fais plus de fiches de lecture comme j’en publiais autrefois sur mon site internet quand des livres me marquaient particulièrement.
Avantage Je prends plus de notes de lectures dans mon Journal de Vie, que je pense publier un jour. Et je suis persuadée que cette méthode me permet de mieux mémoriser les ouvrages lus, puisque je m’en souviens des années après, quand certaines de mes contemporaines ont tout oublié au bout de quelques jours ce qu’elles ont lu sur papier.
En attendant la publication de mes derniers cahiers, car j’ai le projet de les publier dans leur ordre chronologique, je prévois de publier quelques fiches sur mon blog d’auteur. Certaines lectures marquent les prises de conscience importantes et induisent certains tournants de vie. Il est bon de les partager, c’est ainsi qu’on s’informe et progresse. À bientôt !
4 ans sans MacBook c’est trop dur, mais j’ai sauvé le mien avec 1 kilo de riz
Ces dernières années, mes blogs ont été bien négligés. Le naufrage de mon MacBook en mars 2011 avait stoppé toutes mes velléités d’écriture de blog ou de publication de photos. Je n’ai quasiment rien écrit ni publié pendant quatre ans. J’en ai profité pour faire d’autres choses, comme saisir 15.000 pages de Journal et de Chantier sur un eMac de 2004. Ou abattre 210 arbres à la tronçonneuse. Ou faire tous les meubles dont j’avais besoin pour être confortablement installée pour écrire. Mais ça m’a manqué de ne pouvoir bloguer quand j’en avais besoin, ni de publier aisément les photos que je continuais à prendre.
1 an d’essais de Windows
J’ai bien essayé d’autres solutions proposées par des amis sincèrement désireux de m’aider, en me prêtant, l’une un NoteBook Sony, l’autre un PC portable HP. Hélas ! trois fois hélas ! Windows n’a pas l’ergonomie de Mac OS X, j’y ai perdu mon temps et mon inspiration s’est tarie. Des essais, mais rien de concret.
3 ans d’usages d’Android
Puis j’ai passé trois ans sur des tablettes Android et là j’ai perdu de l’argent, de l’énergie et encore beaucoup de temps.
Android, c’est bien au début, c’est tout beau, tout neuf. Ça fait même semblant d’être comme Apple.
On ajoute les applications dont on a besoin et là ça commence à coincer. Très vite on a des écrans noirs nous avisant que l’application en question ne veut pas s’ouvrir, juste quand on voulait l’utiliser.
Si on met une application de nettoyage pour optimiser la batterie, on risque de devenir cardiaque par les messages de mauvaise santé affichés sur l’écran dès le réveil, alors qu’on n’a encore rien fait avec la machine. Et on devient parano avec des messages de vol de mémoire. Et on piaffe pendant les mises à jour quotidiennes avant de commencer quoi que ce soit.
Alors on est obligé de désinstaller les applications dont on a vraiment besoin (Facebook, ou un dictionnaire Latin que j’étais si contente de mettre sur mes tablettes) et on finit par se demander à quoi ça sert.
Je n’ai jamais tant juré de ma vie, tant ça marche mal. Une vraie charretière.
Pour que Android marche correctement, il faudrait changer de tablette ou de smartphone tous les six mois ou tous les ans, ce qui devient très onéreux.
Je trouve dommage qu’Android soit devenu un standard et que tant de gens pensent faire une bonne affaire en achetant moins cher une tablette ou un smartphone Android qu’un produit Apple. C’est deux fois moins cher, peut-être, mais ça marche dix fois moins bien et moins longtemps, ça c’est sûr.
Pour avoir pratiqué d’autres systèmes pendant quatre ans, je sais maintenant que rien ne remplace un MacOs ou un iOS.
Sauvetage du MacBook par un simple sac de riz d’un kilo
Heureusement pour ma créativité, j’ai récupéré mon MacBook. En l’enfermant pendant quatre jours dans un grand sac plastique avec un kilo de riz dans une pièce bien sèche, ma chambre, il est ressuscité de son oxydation, alors que les experts qui l’avaient vu à l’époque du naufrage avaient diagnostiqué une carte mère grillée, que mon modeste budget n’avait jamais permis de remplacer, les assurances ayant trouvé une clause d’exclusion pour ne pas prendre l’accident en charge.
J’ai eu l’idée du sac de riz en regardant un épisode de Meurtres au Paradis où le premier inspecteur anglais préconisait de mettre un portable tombé dans l’eau de mer dans du riz, sans l’allumer, et ça marchait. Moi, j’avais tenté d’allumer le MacBook. J’ai essayé quand même, je n’avais rien à perdre, le MacBook était inerte depuis quatre ans. Ça a marché. Je n’oublierai jamais le bonheur d’entendre le bruit du MacBook qui se réveille de son long sommeil.
J’ai récupéré mon MacBook en bonne forme, sa batterie reste chargée comme autrefois, j’ai retrouvé mes petits là où je les avais laissés.
Il a juste perdu la lettre t en cours de route, t sans doute parce qu’il avait été noyé par une tisane, comme me l’a suggéré Frédéric Daubagna de l’agence Aestetype de Toulouse, dont je conte la visite sur mon blog de voyage.
— Il manque un t parce qu’une tisane l’a noyé, dit Frédéric.
— Avec un café, il manquerait un c, dit Jacques.
— Et avec du whisky il manquerait un w, ajoutai-je.
Alors, j’ai offert un petit clavier acheté chez Pearl, comme celui que j’avais pour écrire plus vite sur mes tablettes Android. Je le pose sur le clavier du MacBook et je travaille aussi bien qu’avant son naufrage, car même âgé de sept ans, mon MacBook marche mieux que ma dernière tablette de six mois seulement.
Toujours est-il que depuis le 18 mars, date historique de mes retrouvailles avec mon cher MacBook, j’ai pu aussi récupérer mes photos (je n’avais plus de système me permettant d’ouvrir iPhoto 09′) quelque chose comme 25.000, plus celles que j’avais prises en quatre ans, stockées sur mes tablettes. Elles s’affichent en un clic, alors que j’attendais des minutes pour moins de 2000 sur les tablettes. Je les ai classées et sauvegardées, sur Google Photos pour partager les albums privés et sur Flickr pro pour les albums publics pour illustrer mes blogs.
J’ai aussi un iPad depuis juillet, donné par une amie, qui, m’entendant râler une fois de plus contre les tablettes Android qui ne marchaient jamais, a pensé que je ferai meilleur usage qu’elle de son iPad. C’est vrai. C’est mon meilleur ami d’écriture de notes de départ. C’est le premier iPad, l’historique, celui qui a bouleversé le paysage des tablettes. Mais même obsolète avec son système iOs 5.1.1, mon vieil iPad one marche mieux que toutes les tablettes que j’ai eues entre les mains en trois ans.
Au mois d’août 2015, j’ai repris l’écriture de blogs et la publication des albums photos. J’ai publié quelques articles sur mon blog de voyages : hentadou.
L’inspiration est revenue avec l’iPad pour la prise de notes sur Simplenote pour mon Journal et sur SimpleMind+ pour construire les articles. Tout s’exporte vers le MacBook pour la mise en forme des articles, ou des cahiers que je suis en train de travailler, sur Scrivener. Je n’ai plus à me soucier de technique, tout roule, tout marche, tout fonctionne. Je peux avoir tous les programmes dont j’ai besoin ouverts en même temps. Rien ne me ralentit. Je n’ai plus qu’à écrire, à reprendre des notes restées en brouillon, des projets restés en instance, quand tout était si compliqué que les bras m’en tombaient, que le désespoir me guettait, que la dépression m’accablait.
Maintenant je peux aller au bout de mes rêves, juste portée par de bons outils, dans l’harmonie retrouvée.
Je vous dis donc à bientôt pour de nouvelles lectures. Bel équinoxe d’automne 2015 !
Gaelle
23 septembre 2015 Kerantorec
Extrait du Journal de vie 2015 Sauvetage du MacBook apres 4 ans d’inaction
Mercredi 18 mars 2015 21:19
Un miracle a eu lieu aujourd’hui, 18 mars, entre la Saint Patrick hier et la Saint Joseph demain. Le MacBook est revenu à la vie. Incroyable, mais vrai ! Après quatre jours de repos dans un sac en compagnie d’un kilo de riz Basmati, j’ai rechargé la bête ce matin. Cet après-midi, après ma sieste, j’ai tenté de la démarrer. Et j’ai entendu le doux bruit de rallumage du MacBook, pas entendu depuis le 2 mars 2011 de sinistre mémoire. Je croyais au miracle et le miracle est arrivé. J’ai vu l’écran s’allumer, restant blanc d’abord, puis un dossier s’afficher avec un point d’interrogation, il cherchait un système d’exploitation et ne le trouvait pas, j’avais dû mal remettre le disque dur d’origine dans le boitier. Alors j’ai branché l’ancien disque dur sur un port USB. J’ai vu une pomme, puis un écran bleu, un peu trop longtemps à mon goût, l’adrénaline montait, car je ne savais pas si l’ordinateur allait remarcher, mais en définitive j’ai attendu moins longtemps que chaque fois que j’allume la tablette, surtout quand je dois la redémarrer parce que l’écran reste noir. Et j’ai retrouvé mon environnement d’autrefois, le tableau de Samson, Carribean Moonen fond d’écran et tous les dossiers tels que je les avais laissés. Enfin, je vais pouvoir reprendre mon vrai travail d’écriture. Ouf !
Vous désactivez l’Adult filter, sinon vous ne verrez que mes deux premiers, car mon écriture devient de plus en plus chaude au fil des années et des amants ;-).
Vous créez un compte de Library.
Vous cliquez sur le livrel pour l’acheter, là un cadre s’affiche demandant si vous avez un Coupon Code. C’est dans cette case qu’il faut mettre le code correspondant au livrel. Vous actualisez et le montant est de 0 $USD.
Vous pouvez alors télécharger le livrel aux formats qui vous intéressent.
Si vous changez de support de lecture, pour un Kindle, un eReader, un iPad, ou une tablette, vous pourrez revenir télécharger d’autres formats, autant que vous le souhaiterez.
Ce premier livrel commence à mon arrivée à Paris, venant du port de pêche de Lorient, il va de 1960 à 1965. Je parle de Paris, de l’internat du lycée Hélène Boucher, de mes passions amicales, presque amoureuses, et aussi de la Bretagne l’été 1962, à Quimper et aux Glenan, de la guerre d’Algérie parce que mon grand-frère y était, de l’assassinat du président Kennedy, qui a bouleversé ma vision du monde, de mon séjour à l’Arche de Lanza del Vasto, disciple de Gandhi… Les fins de semaine et les vacances, je venais chez mes parents à Saint-Leu-la-forêt, participant au cours de théâtre. Dans cette découverte de la vie par les yeux d’une très jeune fille de 14 à 18 ans, vous vous reconnaîtrez souvent, car c’est le témoignage d’une intériorité universelle.
Et surtout n’hésitez pas à faire vos commentaires sur le site, avec ma reconnaissance.
Gaelle Kermen
7 mars 2012
crédit photo : Photographie universitaire David et Vallois, photo de la classe 2nde 8b lycée Hélène Boucher, Paris, 20e, année 1960-61, détail
Depuis mars 2011, je n’ai plus de MacBook, je n’interviens donc plus dans la blogosphère ni sur les réseaux sociaux. Je pensais survivre difficilement à une telle perte, car j’ai le cerveau à fleur de clavier.
J’ai survécu à ce drame.
Certes j’avais la lecture sur Kindle en compensation et j’ai dévoré 250 livres électroniques en 13 mois, mais le Kindle n’est pas une tablette permettant de taper du texte et bloguer tranquillement. C’est un outil de lecture qui nourrit mon cerveau avec allégresse, mais ne remplace pas un MacBook.
J’ai quand même fait beaucoup de choses, que je n’eusse sans doute pas pris le temps de faire aussi intensément si j’avais eu le MacBook : comme ranger ma chaumière de fond en comble, retrouver quelques trésors, réaménager mon bureau, construire quelques meubles, refaire ma chambre, un coin cuisine et la salle de bains. J’ai pris des notes dans mon cahier de chantier afin de les publier, un jour, quand je serai dans la période « cahier de chantier à publier ».
J’ai quand même à la maison un bel eMac vintage qui me permet de tenir mon journal, car sans cette respiration naturelle de l’écriture quotidienne, là vraiment je meurs…
autoportrait flou en soie féraud 70
J’ai donc continué à saisir mes cahiers de l’année 70 et en lisant la description d’une robe du soir en crêpe de Chine imprimé de Per Spook, que j’avais taillée dans une chute récupérée à la boutique Louis Féraud, où je travaillais pendant mes études à la fac de Vincennes, j’ai réalisé que j’avais conservé de nombreux modèles de l’époque des cahiers.
En effet, j’ai à peu près trente ans de mode et haute-couture dans mes garde-robes. J’ai tout photographié après avoir remis en état, par ravaudage les vêtements, par cirage et recollage les sacs, ceintures, souliers et accessoires. Les photos illustreront les articles de blog que je pense faire pour compléter les livrels déjà publiés et ceux qui sont en attente de publication ou de saisie.
J’ai aussi bien travaillé sur la correction des premiers cahiers saint-loupiens et parisiens. Sur mes cinquante ans d’écriture en cahiers, les années 60 sont disponibles en cinq ebooks, Au Loin un Phare, Le Vent d’Avezan, Le Soleil dans l’Oeil, Aquamarine 67, Les Maquisards du Bois de Vincennes, et une compilation du texte de tous les cahiers, sans commentaire, Journal 60(les liens donnés ici permettent d’acquérir tous les formats de liseuses à votre convenance).
Si je peux reprendre ce mois-ci la gestion de mes blogs, photos, vidéos, ou intervention sur Facebook, Twitter, c’est que je suis venue à Toulouse passer les fêtes avec mes filles, je squatte leurs MacBook et iMac. Chez moi en novembre, deux amis m’avaient prêté leur netbook ou PC portable, j’ai pu parer au plus pressé, mais leurs outils sont sans commune mesure avec les Macs. J’ai de meilleurs moyens d’expression dès que je remonte le disque dur de mon défunt MacBook sur un des Macs de mes filles, avec la simple suite iLife, iPhoto et iMovie, ou Bento pour les bases de données.
Je vais donc patienter pour pouvoir m’offrir un MacMini l’an prochain et l’iPad dans deux ans, c’est tout ce que mon très petit budget me permet de prévoir… tant que mes droits d’auteur sont confidentiels sur Amazon, Apple, Sony ou Smashwords, mais quand tout le monde sera équipé d’une liseuse ou d’une tablette, mes livrels trouveront leur public… ;-)
J’ai pu bloguer un peu récemment.
Deux articles sont sur mon blog de voyages hentadou :
J’ai évidemment encore beaucoup de choses à gérer, quelques photos à télécharger sur ma galerie Flick pro, des vidéos à monter sur iMovie et à mettre sur YouTube, mais que de bonheurs en perspective à partager avec vous qui me lisez.
Je vous souhaite un très beau solstice d’hiver 2011 et de belles fêtes de Noël chaleureuses, où que vous soyez dans le monde, avec mes meilleures vibrations.
Je vous souhaite de recevoir une liseuse pour Noël ;-)
Gaelle
livres lus sur le Kindle mi octobre 2011 en 13 mois
Grand ménage à Kerantorec. Je vide mes étagères, placards, armoires, je sors des vieilles revues, des disques, des pièces de costumes bretons et je les vends ce jeudi 14 juillet 2011 au Troc et Puces de Kergroes en Moelan-sur-Mer, route de Kerfany, de 9h à 18h.
GPS: 47.8135044, -3.6297042
Marine à la terrasse du Buci, photo de Jacques Morpain, 1967
pas mal de monde dont beaucoup que nous ne connaissons pas comme d’habitude quand Marianne invite
en début de soirée j’ai ouvert la porte à Marianne qui arrivait avec des amis du Buci
derrière elle une fille
ainsi que
mais dans l’ombre du palier où n’arrive jamais la lumière je le reconnais
mais je vous ai vu déjà
il n’y a pas très longtemps
oui dans la rue
devant la Chope
j’achetais le Monde
c’est fantastic
il a dit c’est fantastic avec cet accent tonique à peine amerloque
sur la deuxième syllabe
qui est-il
Marianne a fait sommairement les présentations en bafouillant avec son charme bien à elle
Brendan est américain d’origine irlandaise comme son nom l’indique il fait une thèse à la Sorbonne vous vous êtes peut-être vus là-bas
Marine est bretonne toute mignonne elle fait de jolies robes et elle a des tas de pensées dans sa petite tête
Marianne savait toujours mettre les gens en contact et en valeur
il y avait au moins trente personnes assises par terre et sur le lit dans l’espace restreint du Pot de Fer
à manger des crêpes
bien sûr pour le folklore deux ou trois pseudo-beatniks plus ou moins beurrés ou camés
l’autre qui était l’autre mais j’oubliais déjà mon récent boy-friend petit bourgeois que ma robe courte gênait et qui ne pouvait s’empêcher de tirer sur l’ourlet comme si ça avait quelque importance
Brendan s’est assis par terre le dos contre un côté de l’armoire calme les mains ouvertes sur les genoux
yeux très bleu irlandais
il a dit aujourd’hui c’est mon anniversaire de naissance
le 2 février le jour de la Présentation du Seigneur au Temple
vingt-sept ans aujourd’hui
aquarius être de l’air pur et de la fraternité à partir des sources initiatiques
si j’ai bien compris ce premier soir il était à Paris depuis trois ans pour faire une thèse d’Université sur l’ascèse de l’esprit à la Sorbonne
à Paris Brendan cherchait Dieu
quand j’étais gosse en Bretagne au catéchisme j’avais appris que Dieu est partout et en tous lieux
Brendan cherchait Dieu dans les rues dans les visages rencontrés ou en lui-même
maîtrise de soi
recherche de Dieu
quand je lui ai parlé de l’Arche de Lanza del Vasto il a dit
il faut que j’aille là-bas
cette fascination qu’il exerçait déjà sur tous
même quand il se taisait
parce qu’il parlait peu Brendan
et toujours avec douceur
cette fascination qu’il exerçait déjà sur tous
au-delà des apparences
il était différent
ses vêtements
qu’avaient ses vêtements de si particulier
un peu fatigués peut-être dans la pénombre du Pot de Fer
son bonnet de laine il l’avait posé en haut de l’armoire où il est resté des mois dans l’épaisse poussière oubliée
quand je me suis réveillée le lendemain matin j’ai su que quelqu’un était venu à notre rencontre
quelque chose d’autre dans nos vies dans ma vie
un signe peut-être
***
Marianne le connaissait depuis pas mal de temps comme elle connaissait tous les américains de passage à Paris entre Montparnasse et Saint-Germain entre la Coupole et le Buci suivant certains itinéraires empruntés par Fitzgerald Hemingway ou Miller
Brendan elle ne s’était pas contentée de le rencontrer du côté de la Seine elle l’avait retrouvé l’été dernier chez des amis communs à Mikonos elle avait aussi dû partager la même chambre au fond du jardin dans l’île
Brendan étudiait le zen et passait ses journées en méditation sur des dessins ésotériques
Marianne avait le droit de faire la bouffe le ménage et surtout de se taire
beaucoup de problèmes Brendan disait Marianne qui s’y connaissait en problèmes à l’époque il était complètement fou en crise grave
après Mikonos ils s’étaient perdus de vue la bouffe le ménage le silence et les petits dessins zen c’était trop pour Marianne elle savait seulement qu’il était resté huit jours à Délos seul huit jours et huit nuits sur les plages désertes de Délos
puis elle l’avait retrouvé vers le Buci ou la Contrescarpe et hier elle avait pensé qu’il irait très bien dans le cadre du Pot de Fer qu’il nous manquait ce genre d’échantillon sociologique pour parfaire nos Pot-de-Fer-parties on avait eu pas mal de peintres poètes musiciens et tout et tout mais jamais encore de mystiques
Anne avait déjà rencontré Brendan un soir d’hiver à la Chope avec Marianne elle avait été impressionnée en apprenant qu’il avait passé huit jours seul à Délos son rêve
après le départ d’Anne Brendan avait demandé à Marianne
avec son sale accent du sud
est-ce qu’on peut baiser avec elle
mais comme disait Marianne qui s’y connaissait
beaucoup de problèmes avec les nanas Brendan
The stats helper monkeys at WordPress.com mulled over how this blog did in 2010, and here’s a high level summary of its overall blog health:
The Blog-Health-o-Meter™ reads This blog is doing awesome!.
Crunchy numbers
A Boeing 747-400 passenger jet can hold 416 passengers. This blog was viewed about 1,400 times in 2010. That’s about 3 full 747s.
In 2010, there were 11 new posts, not bad for the first year! There were 24 pictures uploaded, taking up a total of 9mb. That’s about 2 pictures per month.
Née en 1946 en Bretagne sud, France, Gaelle Kermen a reçu à Paris de 1964 à 1972 une formation en philosophie, sociologie et droit aux universités de la Sorbonne, Droit-Assas et Vincennes-Paris-8.
Portrait de Gaelle Kermen par Ana Le Doze-Samson, 2010
L’internet et Gaelle Kermen, une belle aventure humaine
Gaelle Kermen est une pionnière du Web depuis 1995 dès les débuts sur Compuserve, alors que rien n’existe encore en français, considérant qu’il faut s’impliquer en tant qu’auteur, pour que le Web ne reste pas anglophone.
Elle publie son roman de jeunesse Aquamarine 67 en février 1997 sur son premier site internet du Club-Internet, puis sur ceux de Wanadoo et Free (archives de 1997 à 2009.
Elle ouvre une des premières boutiques en ligne francophones (chronodynamie.com, service en gestion du temps) dès mars 1998 sur un serveur américain implanté en Europe, ce qui permet de lever l’interdiction française de cryptage des données, réservé encore aux militaires.
Le réseau de l’Internet a bien évolué depuis les débuts. Désormais Gaelle Kermen blogue sur WordPress, selon ses sujets de prédilection : chantiers maison et jardin, voyages, écriture.
Elle expérimente les réseaux sociaux comme une expérience sociologique et une discipline quotidienne d’écriture, dans les statuts Twitter de 140 signes et les profils Facebook en 420 signes.
Fidèle d’Apple™ depuis 1992, elle rêve d’avoir un iPad®, dont l’innovation lui parait une révolution aussi importante que lui apparaissait celle de l’Internet en 1995, alors que peu de gens y croyaient et se formaient à ce changement de comportements.
Pour l’instant elle a un Kindle®, qui lui permet de voyager avec tous les grands auteurs de l’humanité, elle retrouve ce que Barthes appelait Le Plaisir du Texte en lisant près d’un livre par jour et elle corrige ses livrels avec une précision inégalée jusque là.
Lorsque Amazon ouvre sa plate forme d’édition numérique aux auteurs et éditeurs non anglophones le 18 janvier 2010, elle publie immédiatement Aquamarine 67 sur ce support de diffusion dès le 20 janvier. Elle s’y sent un peu seule comme auteur francophone, étant entourée de gens éminents certes, mais tous morts, comme Verne, Hugo, Dumas, Racine, Corneille, Zola…
Aussi lorsque Steve Jobs présente l’iPad la semaine suivante, elle décide d’être présente sur ce support révolutionnaire dès les débuts. Grâce à l’éditeur numérique Mark Coker, créateur de Smashwords Inc, le pari est tenu (pour l’instant sur l’iBookstore US, UK, CA, DK mais non FR, IT, etc).
Les oeuvres sont publiées sans DRM (Digital Rights Management ou bloquage désagréable des fichiers numériques). La publication des oeuvres en numérique permet de les rendre accessibles de tous les pays du monde. Leur bas prix les met à la portée de tous. Enfin, Gaelle Kermen reste propriétaire de tous ses droits. Matriarche bretonne de 64 ans, elle apprécie de n’avoir de compte à rendre qu’à ses lectrices et lecteurs.
Relation directe de l’auteur au lecteur
L’auto-édition est une notion courante chez les anglo-saxons (Indie Authors) mais peu crédible en France, où on se laisse empeser par des structures que l’on croit immuables, alors qu’elles sont obsolètes. Gaelle Kermen fait le pari de l’indépendance des auteurs. Elle appelle les auteurs francophones à investir le réseau en sortant des chemins balisés pour de nouveaux paradigmes, de meilleurs droits et une meilleure relation avec le lectorat, but premier de l’écriture.
Gaelle Kermen écrit sur la vie, le rythme des saisons, la politique, l’histoire du monde, les technologies qui améliorent la vie des êtres vivants, la littérature, la musique, la peinture, le jardin, le travail du bois ou du chanvre, pour la construction d’un cadre de vie permettant l’épanouissement de chacun en harmonie avec le monde qui le porte.
Gaelle Kermen, 64 ans, vit en ermite sur un domaine en Bretagne qu’elle restaure et entretient volontairement seule. Elle y écrit ses cahiers (1960-2010) et reste connectée au monde par internet et les réseaux sociaux. Elle fait le choix de ne publier ses écrits qu’en mode numérique.
Les gros cahiers sont de marque Clairefontaire, Héraclès, Oxford, La Pérouse, Chambord, pour les premiers, Carrefour, Euromarché, Esquisse, Conquérant, CA1, pour les derniers. Parfois, ce sont des blocs sténos, pour écrire en voyage ou dans les cafés.
Depuis l’été 2009, je m’emploie à les saisir sur mes Macintosh, les mettre en forme, afin de les publier en ebooks, ou livrels, ou livres électroniques, pour rester francophone.
Le récolement des cahiers a été fait dans une base de données du logiciel Bento, de FileMaker. Les premiers cahiers publiés couvrent la période 1960-1968.
Les Cahiers en chiffres
Quelques chiffres actualisés au mois de décembre 2010 :
De septembre 1960 à octobre 2008, j’ai écrit 11.831 pages manuscrites sur 84 cahiers papiers.
Les pages seront plus nombreuses car elles ne comprennent pas les lettres non expédiées, mais conservées depuis 50 ans dans les cahiers, qui seront mises dans le corps du texte.
Depuis juillet 2009, j’ai saisi 3.822 pages manuscrites, ce qui correspond à 1.900 pages numériques
Depuis octobre 2008, je tiens mon journal de vie et mon cahier de chantier sur MiLife de Matt Reagan, pour Mac.
J’en ai extrait 04 cahiers numériques, un cahier de vie et un cahier de chantier par année, en 869 pages ce jour.
Villemagne, 31 aout 2010
Ce matin, j’ai précommandé le Kindle Wi-Fi, d’Amazon : de 139 dollars, la note arrive à 156 euros avec la livraison et les taxes de douane, ce qui augmente de 50 euros ce que j’avais prévu. Mais c’est un investissement professionnel. Il m’est nécessaire de lire mes textes en cours de correction sur un outil de lecture numérique. Quand je pense que lors de la publication d’Aquamarine 67 sur la plate-forme digitale d’Amazon le 10 janvier dernier, je n’étais même pas capable de lire mon texte directement car il n’existait pas encore d’application Kindle for Mac… j’avais dû attendre d’un lecteur le rapport sur la présentation de mon livre. Amazon a bien avancé depuis.
Toulouse 10 septembre 2010
Le Kindle d’Amazon va être livré la semaine prochaine, il est actuellement en préparation ! Formidable. J’ai vraiment hâte d’avoir cet objet en poche lorsque je fais des petits trajets ou des haltes, car je ne veux plus porter des choses lourdes mais j’ai encore besoin de lire.
Toulouse 14 septembre 2010
Mon Kindle d’Amazon a quitté le Kentucky hier dans l’après-midi et voyage en ce moment par UPS. Il est supposé arriver demain. Mais je serai à Villemagne et devrai attendre de revenir à Toulouse. Je ne pouvais pas savoir la date de livraison, lors de la précommande du 31 août il était question du 17 septembre. Impeccable. Voilà qui va donner un autre angle de vue à ma vie. Dans la cohérence de mes écrits.
Toulouse 16 septembre 2010
Chez Coralie, rue Arnaud Bernard, j’ai fait livrer le Kindle à son atelier où il y a toujours quelqu’un.
J’ai pris en main le Kindle, rien à voir avec un produit Mac et quand on est habitué à l’ergonomie si évidente des magnifiques produits Apple, on ne peut qu’être déçu. Mais le Kindle est à la portée de ma bourse actuelle, alors que l’iPad ne l’est pas encore. Mais il est sûr que j’aurai un iPad pour voyager, sans une seconde d’hésitation, et il me servira pour lire dans mon lit quand je serai à la maison.
En attendant, un bon point pour le Kindle, c’est bien pratique pour lire en mangeant, il n’y a pas besoin de tenir les pages… Je sais, ce n’est pas bien de lire en mangeant et jusqu’ici je ne le faisais jamais, appliquant la maxime de Montaigne : quand je mange, je mange, quand je lis, je lis. Je sens que là ça va être possible de lire en mangeant, à condition de ne pas avoir les doigts trop gras en cliquant sur la page pour en changer…
Comme je veux utiliser cet outil en voyageant léger, je rentre en avion par Ryanair avec un seul bagage cabine de moins de 10 kilos, je n’ai pas commandé l’adaptateur de recharge de la batterie. Le cable USB livré a permis une charge très rapide de la batterie.
Toulouse 17 septembre
Premières impressions : c’est un outil vraiment moche quand on est habitué à naviguer sur Mac depuis 18 ans. Il est peu ergonomique : on a envie de toucher l’écran mais rien ne se passe, donc il faut taper sur un clavier qui date d’avant la guerre de 14.
Puis on s’y fait.
Léger : 240 g.
Peu encombrant, la taille d’un livre de poche en plus fin.
Ca se connecte en Wi-Fi et hop j’ai téléchargé Aquamarine 67 à toute vitesse.
Hier au restaurant avec Mélanie on cherchait le sens d’un mot, j’avais le Kindle, on l’a trouvé tout de suite sur le dictionnaire anglais livré sur l’appareil.
Ce matin, je viens de m’offrir le luxe (gratuit) de télécharger tout Proust, tout Platon, tout Tolstoï et en bonus, Les Poésies du troubadour Peire Raimond de Toulouse que j’irai lire sur un banc de l’Hôtel d’Assezat, très bientôt… Oui, chacun son luxe !
Donc ce sera un bon outil que j’aurai toujours en poche dans mon manteau dès que je sortirai de chez moi…
Toulouse 18 septembre
J’ai trouvé une pochette Nike à Decathlon pour porter tous mes appareils numériques, GPS, appareil photo Canon, Kindle et j’ai été tout de suite plus à l’aise pour circuler. Chaque appareil a beau ne pas peser lourd, j’avais près de 800g dans mon manteau et je le trouvais lourd.
Toulouse 20 septembre
Déplacement à la campagne. Dans le métro, à l’aller comme au retour, j’ai lu dans le Kindle. En attendant une amie, j’ai lu aussi et je l’ai testé au grand soleil de septembre. Impeccable. Pas fatigant du tout. J’ai fini une nouvelle tirée des Soirées de Médan d’Emile Zola, en PDF, le soir j’ai commencé les Poésies du troubadour Peire Raimon de Toulouse, en occitan traduit et publié dans les années 1912-1920. Très beau texte.
Je sens que déjà j’aurai du mal à me passer de cet outil de lecture si pratique.
Villemagne 22 septembre 2010
Je peux désormais voyager léger et lire dans le train sans problème.
Je suis très excitée par cette nouvelle expérience.
Je me trouve dans la situation d’il y a deux ans quand je décidais de passer mes cahiers en écriture numérique exclusive sur le MacBook en abandonnant les cahiers papier, trop lourds, bien que très beaux, lisses et odorants, pour ne plus taper que sur le clavier du MacBook pour collecter mes notes et idées.
Maintenant tous mes livres seront lus sur le support électronique du Kindle Amazon. Je viens de finir un de mes derniers livres papiers trouvés chez Ana : de Ken Follet, Les Piliers de la Terre, j’y ai pris beaucoup de plaisir par la joie de me retrouver dans l’Angleterre de l’époque de la guerre de succession entre Etienne de Blois et l’impératrice Mathilde, les deux étant les ancêtres d’Edwina de C., ainsi que leur successeur Henry II, époux d’Aliénor d’Aquitaine.
J’y vois le même symbole de changement de civilisation. A cette époque les livres ne se présentaient pas du tout comme nous les connaissons et le savoir était réservé aux clercs. L’imprimerie a démocratisé la circulation des idées comme le support de lecture numérique peut bouleverser la donne aujourd’hui.
Villemagne 24 septembre
Il y a déjà le bonheur de lire tout simplement avec aisance, facilité, concentration. Comme je ne le ressentais plus depuis un certain temps.
L’an dernier au retour du voyage en Hollande, j’avais eu besoin de vivre dans « la haute note jaune » décrite par Vincent van Gogh. J’avais ressorti ma collection des livres de Proust qui me suivent depuis mes 18 ans. J’avais tout relu, dans l’ordre chronologique d’écriture, pas celle de l’édition, celle de l’expression de l’auteur. De Jean Santeuil en passant par les Plaisirs et les Jours et Contre Sainte Beuve avant d’aborder la troisième lecture de La Recherche du Temps Perdu. J’avais enfin à me mettre sous la dent, ou plutôt sous les yeux, un matériau à la hauteur de mes attentes d’une vibration tonale puissante et conséquente. Impossible de lire ce que je trouvais à ma portée, arrivant de la bibliothèque ou prêté par des amis, dans les récentes parutions à part quelques ouvrages anglo-saxons que je lisais dans le texte original mais dont les traductions me retombaient des mains.
C’est ainsi d’ailleurs que je suis tombée sur le Journal 1988 de Renaud Camus qui a aussi comblé mon attente d’un texte digne de ce nom. Après Proust, c’est tout ce que je pouvais lire, les autres exemplaires de publications récentes n’ayant laissé aucune trace dans ma mémoire et coûtant beaucoup trop cher pour leur contenu.
J’éprouve la même intensité de vie, de découverte, d’espérance, que lors de ma période d’exigence de changement de vie de l’été 2009, quand j’ai décidé de reprendre la saisie des cahiers pour les publier, lorsque j’en ai fait la priorité absolue de la fin de ma vie, suivant les injonctions reçues de Vincent et Théo van Gogh sur la tombe d’Auvers pour la valorisation de l’oeuvre de Samson et mes devoirs de collectionneuse et celles reçues de Marcel Proust dans la salle du Musée d’Orsay pour la publication de mon oeuvre personnelle, gardée au secret depuis cinquante ans.
J’éprouve la même intensité de lecture avec le Kindle tel que je l’ai ménagé selon le terme de Montaigne qui me plait mieux que la traduction littérale de management employé en général pour faire style comme dirait Ana.
Je l’ai depuis une semaine et déjà j’y ai ai lu plusieurs ouvrages que je n’eusse pas lus si je m’étais contentée de lire ce que je trouvais en papier. Certes j’ai fini avec bonheur Les Piliers de la Terre de Ken Follet trouvé chez Ana en rangeant ses documents en vue du déménagement de la semaine prochaine. Ce sera sans doute un de mes derniers livres en papier. Je sais déjà que je n’en achèterai plus, comme je ne conçois plus un seul instant d’acheter le moindre CD de musique alors que je peux tout télécharger directement sur mon MacBook et sur mon Kindle. Je n’ai jamais acheté de CD-Rom ni de DVD car j’étais déjà sur internet lorsque ces outils sont sortis et ces déluges de papier et plastique manufacturés d’une forme destinée à imiter les livres m’ont toujours parus factices et trop peu rapides eu égard à la rapidité de réaction de l’internet tel que je le pratiquais déjà. De plus ils étaient beaucoup trop chers pour mon budget alors que je pouvais trouver des logiciels en ligne bien plus abordables, la plupart du temps sur des sites américains.
Qu’ai-je mis sur mon Kindle ?
J’y ai téléchargé tout de suite des auteurs à la hauteur de celle de mon cher ami Marcel Proust. Des auteurs qui, comme lui, ont balisé mon chemin d’apprentissage du monde et de réflexion personnelle, comme Tolstoi et Shakespeare, que l’on retrouve dans mes carnets dès le début, Tolstoi dont j’ai lu Guerre et Paix l’été de mes 15 ans et Shakespeare que j’ai eu le privilège de voir monté par Peter Brook au Théatre des Nations dès mes 16 ans et joué par la Royal Shakespeare Company et dont je garde au coeur des références inégalables.
J’ai téléchargé sur mon Kindle environ 120 ouvrages du domaine public en plus de mon édition numérique d’Aquamarine 67 d’Amazon de janvier 2010. Et mon ego est satisfait de voir mon livrel entre ceux de Emmanuel Kant et de Ruddhyar Kipling quand j’opère un tri par auteur et entre Anna Karenine de Tolstoi et As You Like It de Shakespeare.
J’y ai aussi téléchargé en le convertissant dans Calibre mon premier volume des cahiers 01 Le Vent d’Alezan et je suis heureuse de le trouver en tête juste au-dessus de A La Recherche du Temps Perdu… On a les satisfactions qu’on peut. Moi cela me met en joie et me tonifie l’esprit pour continuer le travail de corrections en cours.
En une semaine, j’ai donc fini les 1000 pages papier du livre de Ken Follet, qui me passionnait puisqu’il décrit le monde des ancêtres d’Edwina et Audrey, vu du point de vue d’un moine et de maçons ou tailleurs de pierre bâtisseurs de cathédrale. Mais j’ai lu aussi plusieurs ouvrages numériques. Chaque fois que je dois attendre quelque part, je le sors de mon sac, acquis pour lui, la mise en oeuvre est simple, je le garde en veille, il affiche alors un portrait en gris d’écrivains et se réveille d’une simple poussée pour afficher la dernière page de lecture en cours. Impossible donc de perdre sa page et l’avancée de la lecture me laisse voir ce qui reste encore à lire, en pourcentage et en pointillés.
J’ai lu la lettre de bienvenue de Jeff Bezos dont la teneur me plait beaucoup, j’en ai gardé la fin en citation pour l’utiliser dans un article. Car on peut copier des citations et écrire des commentaires qui restent conservés sur mon compte Amazon mais que je peux récupérer aussi quand je connecte le Kindle au MacBook.
J’ai lu d’abord en anglais le mode d’emploi puis en français.
J’ai beaucoup butiné dans les ouvrages téléchargés pour en reflairer la teneur et j’ai commencé la vérification de mon texte Le Vent d’Avezan en vue de le corriger sur l’original, ce qui était le but premier de mon acquisition de cet outil : voir comment mon lectorat pouvait lire mes textes destinés à la publication numérique.
Mais j’ai aussi fini quelques titres.
J’ai donc lu Les soirées de Médan de Zola et ses amis, Maupassant, Huismans, Céart, Hennique et Alexis. J’ignorais tout de ce livre, j’ai découvert le monde de la guerre de 70, à l’époque de la naissance de Proust. Je me sens plus riche depuis. J’ai lu àmon petit-fils Noé en anglais la nouvelle de Michelle de Villiers, éditée sur Smashwords, sur les trois animaux qui ont voyagé dans la première Montgolfière et atterri dans le parc du château de Versailles à la cour du roi Louis XVI, à l’époque où l’ancêtre d’Edwina était encore Comte d’Artois.
J’ai lu intégralement hier soir le troisième volume du Guerrier de Lumière de Paulo Coelho, je ne suis pas fan de ce genre de lectures pourtant populaires, car j’ai toujours l’impression qu’on enfonce des portes ouvertes, mais j’apprécie l’attitude de l’auteur qui met ses textes en libre disposition sur internet. Et Guerrier de Lumière m’évoque un certain tableau d’Yves Samson, Guerrier sur le Chemin.
J’ai lu aussi Adolphe de Benjamin Constant, classique restée dans les oubliettes des bibliothèques qu’il m’est arrivé de fréquenter, chez mes parents, chez moi ou ailleurs. Voici une lacune de comblée.
J’ai commencé la lecture des Poésies du Troubadour Peir Raimon de Toulouse, d’une grande beauté. Où aurais-je trouvé ce texte du 13e siècle traduit et publié en 1912 et 1920 ?
J’ai commencé celle de La Reine Margot d’Alexandre Dumas père que je n’avais jamais lu et qui prend pour moi un relief particulier puisque je connais maintenant l’histoire des ancêtres d’Edwina. Henri IV est un de mes préférés et mes ancêtres protestants ont sans doute été concernés par la Nuit de la Saint-Bartélémy.
Une semaine après ma prise en main du Kindle, reçu en quarante huit heures des Etats-Unis, après quinze jours de précommande, je peux affirmer que jamais plus je ne pourrais vivre sans cet outil de lecture qui apporte à mon cerveau exigeant de la matière noble.
Ce soir, je suis prête à reprendre ma lecture sur le Kindle, je veux finir Adolphe de Benjamin Constant que je ne me rappelle pas avoir jamais lu de ma vie. Je crois que je vais dévorer comme lorsque j’étais petite fille, aujourd’hui j’ai lu sur le divan, puis dans le train, puis dans le métro. J’ai eu un joli sourire de la jeune femme en face de moi quand elle m’a vu remettre simplement le Kindle dans la poche de mon manteau à la descente de la station Saint-Cyprien-République.
Toulouse 26 septembre 2010
J’étais trop contente, trop fière de télécharger des dizaines de livres du domaine public, les derniers étant les textes de John Ruskin sur ses voyages en Italie, dont Venice’s Stones ou Mornings in Florence.
Et puis, soudain, le Kindle n’a plus été connecté. Or ce n’est pas parce que j’ai téléchargé une centaine de livres que ce dernier est rempli puisqu’il doit permettre plus de 3000 livres.
J’ai voulu regarder ma liste de livres, dans Home, en cliquant d’abord sur un PDF que j’avais déjà lu et là j’ai eu un message disant que la fonction de lecture des PDF n’était pas encore implémentée alors que jusqu’ici j’ai pu lire plusieurs livres sous ce format.
J’ai essayé de revenir à d’autres livres, j’ai eu un écran blanc avec en haut le Dictionnaire Oxford. J’ai voulu ouvrir d’autre livres déjà lus ou que je venais de télécharger, toujours un écran vide avec en haut dans la barre le premier titre de la bibliothèque : Adolphe de Benjamin Constant.
J’ai essayé de revenir au Menu à Settings pour redémarer comme cela m’était conseillé sur le premier écran, mais je n’ai pas trouvé cette fonction Restart. J’ai changé de page et j’ai cliqué sur La fonction Réseaux sociaux Manage et là ça a gelé. J’ai éteint manuellement et redémarré le Kindle mais il est revenu à un écran vide avec le titre Settings sans mouvement.
J’ai éteint et rallumé et depuis je n’ai qu’un écran blanc comme lorsque le Kindle est éteint.
J’ai connecté le Kindle au MacBook, sans que le Kindle monte sur le bureau et qu’aucun écran ne s’affiche comme cela se faisait habituellement quand il charge sa batterie.
La batterie était à moins de sa moitié.
J’avais téléchargé plus de 200 livres.
J’avais aussi quelques fichiers de musique MP3.
Je viens d’envoyer mon rapport à Amazon sur le Kindle Support.
Toulouse 24 septembre suite tout remarche !
J’ai rechargé la batterie. J’ai plusieurs fois activé le bouton en bas et finalement tout s’est remis en place. C’est donc une question de batterie, qui semble tenir moins longtemps que ce qui est prévu car sur la semaine j’ai passé deux jours à Villemagne sans Wi-Fi.
Donc je suis heureuse d’avoir transmis cette expérience délicate pour rassurer les personnes qui auraient le même problème.
Tout est bien qui finit bien ! Je peux continuer ma route avec le Kindle dans ma poche…
On the road again…
27 septembre
La réponse d’Amazon ne s’est pas fait attendre : la mise à jour du système est recommandée pour éviter les problèmes que j’ai rencontrés hier matin.
Néanmoins, il me semble que la batterie ne tient pas aussi longtemps que ce qui en est dit sur les modes d’emploi. Je ne me connecte donc en Wi-Fi que lorsque je veux télécharger de nouveaux livrels. Et Amazon me propose d’autres titres du Domaine Public proches des auteurs que j’ai déjà téléchargés, retrouvant le bonheur de lire ou relire mais en anglais cette fois des livres qui ont enchantés mon enfance de 8 à 12 ans comme Fenimore Cooper, Jack London ou Mark Twain et tous mes classiques francophones. L’horizon est infini.
Sur les 10.000 pages des cahiers écrits à la main depuis 45 ans, j’ai saisi sur Mac environ 3.000 pages. Je viens de corriger les premiers cahiers de 1962 à 1966.
Cela fait un cahier saint-loupien (écrit à Saint-Leu-la-forêt) de 102 pages format PDF et un cahier Cournot (où il est beaucoup question de Patrice et Michel Cournot) de 206 pages.
Je les propose gracieusement à la lecture de beta-lectrices et beta-lecteurs avant toute publication.
Je m’occupe parallèlement de retrouver des personnes dont il est question dans les cahiers afin de savoir si elles acceptent que leur nom soit publié ou si je dois romancer l’histoire où elles apparaissent, ce que j’avais fait pour Aquamarine 67.
En général, on a peu de risque de voir sa réputation ruinée par le fait d’apparaitre dans mes notes de Journal d’adolescence et de jeunesse. J’ai beaucoup de tendresse pour mes personnages. C’est ma façon de garder vivants les gens que j’ai ai aimés et qui ont traversé mes années.
Pour le cahier Cournot, j’ai déjà l’aval du fils de Patrice, Matthieu-David Cournot, et du fils de Michel, Jean-François Cournot.
J’ai aussi celui de mes anciens voisins de la rue de Boissy à Saint-Leu-la-forêt, Jo et Christian Bloch, des gens exceptionnels à qui je ne peux que rendre hommage.
Cette beta-lecture me permet d’impliquer mon lectorat dans la genèse de l’édition numérique de mes écrits. Elle est conforme à ce que je ressens de la nécessité d’une nouvelle écriture qui ne passe plus par un support papier et qui dès le début doit être conçue pour être lue sur différents supports.
Elle engage aussi ma responsabilité d’auteur et m’oblige à continuer ma démarche. Donc c’est un sacré coup de main que vous me donnerez par vos réactions et vos commentaires privés. Moi, j’espère vous donner du plaisir à découvrir l’univers d’une jeune fille pas vraiment rangée des années 60 en région parisienne.
Je tiens au courant de mes progrès dans la saisie des cahiers mes amis et contacts sur Twitter et Facebook.
Si la beta-lecture de mes premiers cahiers vous intéresse, mailez-moi : aquamarine67 ad free point fr.
Dans le bandeau de mon blog gaellekermen.net, j’ai écrit : eWriter une autre conception de l’écriture .
Une autre ecriture #1
Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours écrit, dès huit ans, dix ans, quatorze ans. J’ai gardé mes cahiers et carnets à partir de 14 ans, l’année 1960, à mon arrivée de Bretagne à Paris. J’ai toujours su qu’un jour je les publierai.
J’avais l’impression que je n’avais pas ma place dans le monde de l’édition parisienne, cotoyée un temps quand j’ai été chroniqueur littéraire à France-Culture en 1970. J’avais arpenté alors les grandes maisons qu’étaient (sont encore pour combien de temps ?) Gallimard, Grasset, Le Seuil, Robert Laffont, il y en avait une cinquième recommandée par mon directeur d’émission au Panorama Culturel de la France, je l’ai oubliée.
Je n’ai pas fait long feu dans ces milieux, ni de l’Edition ni de la Culture. J’étais trop extraterrestre pour des gens qui campaient sur leurs acquis et s’accrochaient à leur privilèges, appliquant le système de la « reproduction » des « héritiers » formulé par Bourdieu et Passeron, ce dernier ayant été mon directeur de maîtrise de socio à la Fac de Vincennes-Paris VIII en 1972.
Plus tard, l’été 1995, quand nous avons ressorti de la cave mes archives, »sous l’oeil du soleil, à la face du monde », comme disent les Druides, j’ai retrouvé le manuscrit d’aquamarine 67, écrit ces années-là. Mais que je n’avais pas jugé bon de montrer alors à Michel Polac dont je partageais quelques nuits. Il était pourtant critique littéraire et animait l’émission Post-Scriptum.
En 1995, j’ai tenté d’envoyer à quelques éditeurs des extraits papier du macuscrit, des extraits seulement parce que je n’avais pas les moyens d’imprimer un manuscrit complet, avec une disquette comprenant la version Word, dont je savais que c’était le format exigé par les éditeurs. J’avais ajouté un format eBook sur HyperCard, car je croyais déjà au livre numérique.
Les réponses reçues étaient atterrantes de banalité, genre « n’entre pas dans nos collections » etc. Je n’ai pas insisté. Je ne pouvais pas payer plus de frais postaux que je ne l’avais fait. Mes ressources étaient consacrées à nourrir mes enfants, que j’étais seule à élever, et à conserver un toit, toujours menaçé de saisie. J’avais dû supprimer tout ce qui n’était pas indispensable à notre survie, dont le téléphone et la voiture.
Par contre, j’avais un ordinateur Mac, un LCIII, acheté avec une rentrée d’argent imprévue, la liquidation par la Société Rannou de Quimper d’actions achetées par mon grand-père dans les années 20, revenant à ses petits-enfants.
Internet commençait à arriver en France, par Compuserve. J’ai fait remettre le téléphone pour aller sur internet. J’ai su tout de suite que j’y serais plus à l’aise que dans un monde où je me sentais toujours en décalage, parlant des années à l’avance de choses que les gens autour de moi ne pouvaient même pas imaginer.
Mon amie Martine Moore, peintre à Arles, qui a inspiré le personnage d’Hélène dans Aquamarine 67, m’a dit alors que déjà, au Pot de Fer, je leur parlais d’une base de données qui serait mondiale, où on irait chercher les informations dont on avait besoin.
Le moment arrivait enfin. Je participerais à cette nouvelle aventure de découverte d’une terrae incognitae.
Sur ce nouveau support, j’ai écrit des centaines et des centaines de pages.
Et je n’ai plus jamais éprouvé le besoin d’être éditée sur papier.
Pourquoi ?
Parce que j’avais des lecteurs, enthousiastes dès que j’ai publié aquamarine 67 sur mon premier site, intéressés par ce que j’exprimais dans mes nombreuses pages. Des lecteurs qui savaient bien me le dire, ce qui me soutenait bien lors des quelques découragements qui parfois m’ont saisie devant les difficultés matérielles ou morales.
Alors qu’est-ce qui fait l’écrivain ?
Le support en papier ?
Son contenu ?
Le fond ou la forme ?
C’est le lecteur.
Pas l’éditeur.
La seule chose qui compte, après qu’on ait écrit, c’est d’être lu.
A défaut d’être éditée, j’ai toujours été lue. Sur internet.
A l’occasion des Trente ans de l’Auberge de Montfa fêtés aujourd’hui, 1er mai 2010, je publie mes notes bibliographiques, écrites lors de la lecture des deux tomes de TROUS DE MEMOIRE de Benoist Rey, qui refait là-bas sa fameuse recette de « Tête de Veau sauce Benoist« .
Ma base de données bibliographiques Bento (FileMaker) a les champs suivants :
Date de création TITRE Auteur Editeur Lieu d’édition Pages Type de livre Appréciation Prix Origine ISBN Mots-clés Taille Année d’édition Langue
10 déc. 2009 LES TROUS DE MEMOIRE tome 1 Benoist Rey les éditions libertaires 17 St-Georges d’Oloron 160 autobio 12€ bibli Montfa Jean-Yves 2-91-4980-24-8 guerre d’Algérie, Egorgeurs, livre, 14 x 21 cm 2006 française
Premier tome des trous de mémoire, son enfance et sa jeunesse à Paris, sa guerre d’Algérie, ses engagements, ses amitiés, ses rencontres.
J’ai eu l’occasion de croiser deux de ses amis : le dessinateur-auteur-acteur Roland Topor lors d’un vernissage en 66 ou 67, boulevard Saint-Germain à Paris (c’est peut-être dans aquamarine ou dans mes cahiers ?) et l’éditeur-écrivain Jacques Vallet, que j’ai vu récemment à Kerandrege, village voisin du mien, et à qui j’ai permis de retrouver ses articles inédits des années 70-80 écrits sur Atapi en code ascii, en leur mettant simplement l’extension .TXT.
Le monde est petit. Mais ces gens sont des grands. Un jour, ils feront partie des classiques, comme l’ont été les écrivains de la Beat Génération, la génération avant eux, aux Etats-Unis, étudiés désormais dans les Collèges et les Universités. Respect.
Le style de Benoist est rapide, morcelé, comme l’a été sa vie. Pas de temps en digression, il va à l’essentiel. Son témoignage sur la guerre d’Algérie sera sûrement un classique. A lire.
Jacques Vallet va m’apporter les articles de Benoist Rey publiés dans sa revue Le Fou parle.
Ces deux livres sont précieux, ils sont dédicacés de la main de Benoist Rey. C’est Jean-Yves Baduel qui me les a confiés, ils les a trouvés dans la bibliothèque de l’auberge, immense. Il tenait à ce que je les lise au cours de mon séjour à Villemagne en décembre 09, car il était impressionné que j’aie pu lui fournir autant d’informations sur « son » auberge après qu’il m’eût téléphoné pour me demander comment il pourrait en retrouver l’histoire. Je pensais à une histoire ancienne, en fait l’histoire avait trente ans. A suivre…
10 déc. 2009 LES TROUS DE MEMOIRE tome 2 Benoist Rey les éditions libertaires 17 St-Georges d’Oloron 160 autobio 12€ bibli Montfa Jean-Yves 978-2-914980-50-0 guerre d’Algérie, Egorgeurs, livre, 14 x 21 cm 2006 française
Ce second livre est non moins précieux puisqu’il est dédicacé à Pierrot, celui qui a repris l’auberge en l’an 2000, jusqu’à la céder à Jean-Yves, dit Le Chat, cet automne 2009. Ce tome est entièrement consacré à l’histoire de l’auberge de Montfa en Ariège que Benoist Rey a créée et fait tourner du 1 mai 1979 à l’an 2000.
Moi je vais déjà retenir une table pour la Tête de Veau sauce Benoist que Benois Rey viendra lui-même faire ce jour-là à l’auberge. C’est dans le contrat de gérance. Beau programme. Et le 1 mai 2010 fêtera les trente ans de l’auberge.
C’est l’Ariège vers Daumazan, moins montagneuse que la nôtre, celle du Bosc au-dessus de Foix où j’ai eu mes deux filles aînées avec Jean-Claude Portet. Nous sommes arrivés dans la région à un ou deux ans de décalage.
Ce n’est pas tout à fait ainsi que nous avons vécu l’Ariège, même si beaucoup de gens des communautés avoisinantes passaient aussi chez nous. Et les travaux d’Hercule incessants entrepris par Benoist sont à l’opposé de mon défi de tout reconstruire seule, en ermite, mon domaine breton.
Le résultat doit être très différent, puisqu’il y a une piscine, un centre culturel etc. Jamais à court de projets, d’idées, de coups de gueule, de libertés, le Benoist !
J’aime beaucoup « La supplique aux cochons » qu’il a élevés et sacrifiés pendant son séjour à Montfa. Tout est pantagruélique chez Benoist et j’aime ça, cette force de vie qui passe par l’art du bien manger et bien boire des grands vins. J’aime beaucoup ce qu’il a écrit dans le train Toulouse-Paris pour sa maman qui allait mourir. Jacques Vallet avait publié ce billet dans le Fou parle.
L’autre jour Jean-Yves, en me remettant le livre, me disait, après avoir parlé de Jacques Vallet et moi avec Benoist Rey au téléphone :
—Tu vas sûrement retrouver des gens que tu as connus.
Lecture faite, non : Benoist est né en 1938 comme mon frère aîné Youennick, qui a fait la guerre d’Algérie (et en a aussi été transformé à vie). Nous ne sommes pas de la même génération. Je suis née en 46, après la guerre. La seule personne du livre que j’ai connue est Dominique Maurin en 71, quand je faisais des reportages pour France-Culture, lorsqu’il jouait avec Annie Duperey au Théâtre de le Ville à Paris La guerre de Troie n’aura pas lieu de Giraudoux. Dominique est à Montfa au moment du suicide de son frère Patrick Dewaëre et c’est Benoist qui le lui annonce.
Tout ceci me donne encore plus envie et courage de saisir mes cahiers car j’y retrouverai toutes les notes de mes rencontres parisiennes.
Et bien sûr j’attends avec impatience le mois de mai pour rencontrer en vrai un personnage aussi charismatique que Benoist Rey.
L’auberge est reprise par Jean-Yves Baduel, dit Le Chat, qui est un cuisinier, un chef, d’une grande culture générale. En admirant et respectant l’esprit fondateur, il donnera à l’auberge sa propre dimension personnelle, non moins charismatique.
Post Scriptum : je n’ai pas pu descendre en Ariège pour cette date et ne suis donc pas des leurs en ce jour mythique mais je le suis par la pensée et le cœur. Et par ce modeste « post » ou @rticle.